World Tour 22 (Belgique) : Le bilan

vendredi 5 juin 2009

Bonjour à toutes et à tous,

Cela fait déjà 5 semaines aujourd’hui que je suis rentré de mon Tour du Monde et je me rends compte que je n’ai toujours pas terminé la série de mail « World Tour ».  En ce jour je reprends donc ma plume, ou plutôt mon clavier, pour faire le résumé et tirer le bilan  des 6 mois exceptionnels que je viens de vivre et qui sont encore tout chaud dans mon esprit. Cet article, que j’ai commencé à écrire en Floride, c’est bel et bien de ma Belgique et de ma ville de Liège que je le termine.

Mon aventure de 6 mois vient de toucher à sa fin et en laisse bien entendu présager beaucoup d’autres.   6 mois? C’est étrange, j’ai vraiment l’impression d’avoir quitté la maison il y a deux ans! Quand je repense au portefeuille perdu dans un taxi de Singapour, j’ai souvent l’impression que ce n’est pas arrivé sur ce voyage ci mais il y a quelques années au cours de vacances précédentes.  En réalité, même quand je repense à l’Arizona j’ai l’impression que c’est déjà bien loin. La raison en est toute simple évidemment : le voyage a été tellement intense et chargé que j’ai multiplié les différentes expériences, les pays si différents et les rencontres… Le tout me donne tellement de points de repère et de souvenirs que c’est difficile de tout caser dans l’espace que mon cerveau veut bien accorder à ces 6 derniers mois.

J’aimerais commencer cet article par un retour en arrière et une revisite des pays traversés et des moments forts du voyage. C’est le 3 Novembre que j’ai quitté la maison avec Geoffrey en direction de l’Asie. Depuis, je suis entré dans 13 pays différents sur 3 continents, 6 en Asie, 4 en Océanie et 3 en Amérique du Nord. Dans certains de ces pays mon passage a été éclair, alors que dans d’autres il a été beaucoup plus approfondi. Voici un petit récapitulatif du voyage….

Après une étape de 24 heures à Singapour, avec Geoffrey, nous sommes arrivés en Thaïlande. Pays que nous avons traversé ensemble du Sud au Nord en 3 grosses semaines avant de faire une incursion au Myanmar. De là je suis parti seul vers le Laos que j’ai traversé du Nord au Sud en 10 jours pour rejoindre le Cambodge où je suis également resté 10 jours. C’est ensuite par le Sud que je suis entré au Vietnam alors que je prenais mon avion au Nord du pays deux semaines plus tard. Il était alors temps de rejoindre des têtes plus connues pour passer les fêtes, et c’est ainsi que j’ai atterri en Australie pour y passer une dizaine de jours. Avec Geoffrey de nouveau, nous avons pris la direction de la Nouvelle-Zélande où nous avons passé 8 jours ensembles avant que je ne continue ma route au pays des kiwis pour encore plus d’1 mois. L’étape suivante était l’invité surprise de ce tour du monde puisque j’ai ajouté en dernière minute un passage d’une semaine par le Vanuatu. Tout aussi « pacifique » a été la dizaine de jours passée aux Fidji avant de partir pour l’Amérique du Nord. La traversée de Vancouver à Miami via Los Angeles et Chihuahua n’a pas été sans peine mais en un peu moins de deux mois, je serai parti du Sud Ouest du Canada pour rejoindre le Sud Est des Etats-Unis tout en passant par le Mexique et le Sud Ouest US! Il parait qu’il faut le faire une fois dans sa vie…

Evidemment un tel périple est rempli de moments forts qui sont marqués dans ma mémoire et qui me seront autant d’anecdotes et d’histoires à raconter. En voici une série qui prouve la richesse de ce voyage:

– Le passage de ma licence de plongée pendant la mousson à Ko Tao

– La journée en scooter au bord de la rivière Kwaï

– Les 80 kilomètres de nuit en Tuk-Tuk pour rejoindre Ayutthaya

– Le trek dans la jungle thaïlandaise avec rafting, ballade à dos d’éléphants et sympathiques rencontres

– Le passage clandestin par la montagne d’un contrôle militaire au Myanmar

– Le repas au Myanmar où j’ai demandé aux charmantes demoiselles de m’amener à manger sans avoir le moindre indice de ce que j’allais avoir dans mon assiette.

– Le passage de la frontière Thaïlande – Laos en barque!

– La descente du Mékong pendant deux jours.

– Vang Vieng « La Mecque » des backpackers

– La merveille des temples d’Angkor Wat au Cambodge

– La croisière dans la baie d’Ha Long

– La visite des villages de minorités ethniques dans le Nord du Vietnam

– Les retrouvailles belges le lendemain de Noël à Port Macquarie

– Le Nouvel An sur la plage à Sydney pour la deuxième fois de ma vie

– L’embourbage de la voiture au bord d’une rivière en Nouvelle-Zélande

– La recherche de baleines en hélicoptère

– Les repas entre travailleurs à Blenheim

– La visite des caves néo-zélandaises et californiennes

– Le skydive à Taupo

– Le volcan Yasur en éruption au Vanuatu

– Le village « préhistorique » de Yakel

– Les îles paradisiaques des Fidji

– La shark dive aux Fidji!

– Le ski par -32 degrés en Alberta au Canada

– Le ski par 5 degrés à Salt Lake City

– Le Golden Gate de San Francisco

– Los Angeles et Beverly Hills, Hollywood, Universal Studio,…

– Las Vegas, baby….

– Les parcs nationaux de l’Ouest américain : Le Grand Canyon, Dead Horse Point, Arches National Park, le Yosemite, The Big Sour, Death Valley, Monument Valley, la Mesa Verde, le Canyon de Chelly!

– La descente du canyon de Chelly à cheval avec un guide Navajos

– Les bars de La Nouvelle-Orléans

– …..

Et je passe tellement d’endroits ou de moments qui pourraient également se retrouver dans cette liste!

Si j’ai souvent exprimé le fait que ce Tour du Monde se faisait en solitaire, c’est parce que je me suis souvent retrouvé en tête à tête avec moi même et que j’ai bouclé la boucle seul. Cependant il ne faut pas se méprendre, la réussite de ce voyage est aussi liée à beaucoup d’amis et de personnes qui ont fait un bout de chemin avec moi. Il y a ceux rencontrés sur place, mais il y a aussi tous les amis que je connais de plus longue date qui m’ont accueilli chez eux ou accompagné sur une partie de la route. Il y a bien entendu Geoffrey avec qui j’ai visité Singapour, la Thaïlande et avec qui je suis rentré au Myanmar, puis que j’ai retrouvé pour 3 semaines en Australie et en Nouvelle-Zélande. Dans cette catégorie, j’ai également une pensée pour Laura et Etienne retrouvés pour quelques jours en Australie, Jay et Franki avec qui j’ai passé le Nouvel An à Sydney, Jane Waddell chez qui j’avais passé 1 mois voici 4 ans et qui m’a de nouveau accueilli à bras ouverts chez elle à Sydney, Alexis qui était mon maître de stage au Mali et qui m’a donné la chance incroyable de visiter le Vanuatu, Cédric que la chance a placé sur ma route à Salt Lake City, Rémi qui est venu passer son dernier voyage de célibataire en Californie, Vincent qui m’a accueilli chez lui au Mexique, Benja qui en a fait de même à La Nouvelle Orléans, et enfin ma famille de Floride chez qui j’ai terminé mon voyage! Et puis comme voyager c’est aussi rencontrer des nouvelles têtes, je ne peux passer sur tous ceux qui m’étaient inconnus et avec qui je partage de superbes souvenirs :

– Nicole et Dominic en Thaïlande

– Rens, Maaike et Peter en Thaïlande et au Laos

– Nicole et Luc au Laos

– Susana et Naomi au Vietnam

– Bindy, Emily et Rhéa en Australie puis en Nouvelle-Zélande

– Benoît, Sophie, Petra, Arwid, Jimmy, Federico en Nouvelle-Zélande

– Maaike, Shereene, Marian, Benja aux Fiji

– Eliette, Marie aux Etats-Unis 

Bien entendu le monde n’est pas peuplé uniquement de backpackers et d’européens! Aujourd’hui je suis impressionné par la différence entre les diverses cultures et ethnies qui peuples notre planète. Je trouve magnifique, interpellant, intriguant, fascinant que des joueurs de casinos de Las Vegas aux indigènes du Vanuatu nous soyons tous des êtres égaux, et pourtant si différents, membres de la même espèce! Et pour ce rendre compte de cette diversité humaine, il faut absolument voyager le monde…. Je suis heureux de pouvoir me dire que sur mes derniers voyages, j’ai rencontrés des indiens d’Amazonie au Pérou, des habitants des montagnes chiliennes, des Dogons du Mali, des Mongs du Vietnam, des Aborigènes d’Australie, des Maoris de Nouvelle-Zélande, des Ni-vanuatus du Vanuatu, des cow-boys australiens, les américains de « l’Amérique profonde » mais aussi ceux de Hollywood, Las Vegas, New-York et Vancouver….

 Bien entendu un tour du monde ne se réalise pas sans que surviennent quelques problèmes. Mais bon, comme le veut ma devise, qu’ils soient mentaux, physiques ou logistiques, ces problèmes finissent toujours par se transformer en souvenirs. Voici un petit tour des moments difficiles:

– 12 heures après mon départ je perdais mon portefeuille à Singapour!

– la solitude au Cambodge et pendant ma remontée du Vietnam

– à mon arrivée à Sydney, le blocage de ma carte Visa par ma banque qui m’avait gentiment renvoyé une nouvelle carte chez moi à Liège

– la chute de mon nouvel appareil photo dans le sable qui causa directement sa mort

– le vol de mon sac à dos pendant la soirée du Nouvel An à Sydney (sac qu’on a retrouvé sur le dos du voleur dans un bus)

– les journées à m’arracher les mains dans les vignobles néo-zélandais pour gagner des clopinettes

– la sortie du bus à Banff en Alberta au Canada par -32° alors j’arrivais de +37° aux Fidji!

– la vie dure qui est menée aux backpackers pour voyager aux Etats-Unis

– la grippe qui arriva en Arizona

– la tempête de sable en Arizona et la tempête de neige au Colorado… 

J’ai envie d’écrire à propos d’une chose: la chance. Un grand nombre de fois j’ai entendu dire « Tu as bien de la chance ». Chaque fois, j’avais pourtant tellement envie de répondre que ca n’avait rien avoir avec de la chance! Economiser pendant deux ans, quitter son boulot sans savoir de quoi l’avenir sera fait, quiter sa famille et ses amis  pour contourner le monde en solitaire avec un sac sur le dos et un budget étriqué, je n’ai pas l’impression que ce soit de la chance. Pour moi c’est juste la volonté de vivre son rêve au moment où il est possible et de ne pas laisser passer l’occasion lorsqu’elle se présente. Partir faire de la plongée en Thaïlande, traverser la Nouvelle-Zélande, bronzer sur des îles paradisiaques des Fidji ou parcourir les Etats-Unis, c’est  un choix difficile à prendre (même si ça peut paraître étonnant)! Et la chance, ça ne se choisit pas….

J’ai bien entendu aussi quelques remerciements à adresser, car sans des aides à certains moments j’aurais sans aucun doute connu des moments bien plus difficiles. Et bien entendu, les premiers remerciements vont à mes parents qui étaient toujours là pour arranger les bidons en Belgique lorsque j’avais un problème (et je pense entre autre à toutes les difficultés liées à mes cartes de banques…). Je remercie ensuite tous les amis dont j’ai parlé plus haut pour leur accueil pendant mon voyage ou le fait d’être venu m’accompagner pendant un bout de chemin. Merci également à ma famille et  aux amis avec qui je suis toujours resté en contact, qui m’écrivaient et qui me donnaient de leurs nouvelles. Vous n’imaginez pas à quel point ça fait plaisir de recevoir des nouvelles du pays quand on est au bout du monde! Et enfin il me reste à remercier tous les lecteurs de ce blog. Ces articles ça me fait un souvenir personnel incroyable, mais s’ils n’avaient pas été lus et appréciés comme ils l’ont été je ne me serais jamais tenu à les écrire jusqu’au bout. Ce me faisait toujours un plaisir énorme de recevoir des retours et des commentaires par rapport à mes articles. Comme j’étais ravi de voir les statistiques du blog ou de recevoir des messages de félicitations de parfaits inconnus lisant mes articles dans différents pays! Il y a eu pendant ces 6 mois plus de 7000 visites sur le site et il y avait presque 200 personnes qui lisaient chaque nouvel article dans les 3 jours de sa publication sur le blog.

Aujourd’hui je me suis très vite réhabitué à la vie belge. Le retour au pays c’est un moment auquel j’ai pensé et que j’ai imaginé des dizaines fois, comme lors de mon année en Australie d’ailleurs, et pourtant la magie du retour est finalement très courte. Et la raison en est très simple. Après les heureuses accolades de retrouvailles, je me rends vite compte que la famille et les amis n’ont pas changé et que les liens ne se détériorent pas en 6 mois. Tout reprend donc très vite comme si rien ne s’était passé et pourtant à l’intérieur de moi il y a un rêve de réalisé, des nouveaux amis aux 4 coins de la Terre, une vision de plus en plus large de notre magnifique planète et une aventure humaine dont je sors plus que grandi.

A peine rentré, j’ai très vite déménagé pour m’installer toujours à Liège mais pourtant à la campagne…. J’ai jusqu’ici bien profité de mes amis et je compte encore bien le faire, mais je commence bien entendu à me mettre en quête d’un nouveau boulot.

On me demande souvent si je n’ai pas trouvé un pays où je voudrais m’expatrier. Mais malgré les merveilles dont regorge le monde, l’endroit où je veux vivre c’est toujours bien ici. On se rend compte à quel point on est bien chez soit lorsque l’on voyage.  Je suis donc plutôt un adepte du « partir loin pour toujours mieux revenir ». Pourtant il y toujours une chose qui m’énerve fort chez nous, c’est le négativisme et la complainte. Combien de fois dois-je écouter des gens qui se plaignent de notre système politique pourri, de l’insécurité dans nos rues, de mauvais patrons, etc….? Pourtant je pense que les gens qui se plaignent en permanence de notre vie en Belgique, ce sont des personnes qui ne sont jamais sorties bien loin au dehors de nos frontières. Il y a bien peu de femmes et d’hommes qui vivent dans un système démocratique comme le notre, qui ont droit à un système de justice et de police comme le nôtre, qui bénéficient de lois sociales comme les nôtres, qui ont accès aux ressources qui sont les nôtres ou qui peuvent bénéficier d’un système d’éducation comme le nôtre! Et il n’y a pas besoin d’aller au Cambodge, au Mali ou en Bolivie pour s’en rendre compte, il suffit d’aller dans n’importe quel état des Etats-Unis…

    

 Un Tour du Monde ….. ça s’est fait!!!! Quelle belle planète!

 

A bientôt j’espère pour de nouvelles aventures,

 

Goral

 

Publicités

World Tour 21 (USA) : De porte en porte

mercredi 22 avril 2009

Bien le bonjour à toutes et à tous,

La traversée des Etats-Unis d’Amérique du Nord au Sud et d’Ouest en Est, … ça, c’est fait! Et pour le même prix, je pourrais presque dire un Tour du Monde,… ça, c’est fait! Effectivement, maintenant je ne peux plus dire que la fin de ce tour du monde approche à grand pas. La fin est là juste devant moi et il ne me reste plus qu’à faire mon sac une dernière fois et à embarquer pour ce dernier trajet qui va me ramener à la maison.

J’avoue que durant ces jours qui viennent de passer depuis mon dernier article je ne me suis pas trop concentré sur le tourisme… J’ai plutôt profité de ces derniers jours pour visiter la famille et des amis dans la région. D’un point de vue tourisme, je pense que j’ai eu ma dose et que la vue d’une plage de Miami ne m’enchante plus comme elle l’aurait fait si j’avais fait mon tour du monde dans l’autre sens (quoi qu’à vrai dire je ne suis pas vraiment sûr que ça m’aurait enchanté même dans l’autre sens…). Le fait d’être toujours bien accueilli ces derniers jours m’a un peu préparé au retour et m’a replongé dans une sorte de vie plus normale, ou plutôt moins vagabonde. Pourtant pour passer de « porte en porte » j’ai tout de même du dormir encore quelques nuits dans « The Big Grey Dog » (un bus Greyhound).

Le lendemain de mon dernier article, je me suis rendu à Monterrey où j’allais pour rendre visite à Vincent Neuray qui enseigne le français dans une école locale. Ca n’a pas été si simple qu’il ne semble pour se retrouver, mais avec l’aide de nos parents respectifs j’ai fini par aboutir chez lui et par rencontrer ses collocs. Nous avons ensuite passé une excellente soirée dans un bon restaurant argentin où on a arrosé le repas d’un vin….. mexicain! Je ne savais pas qu’on faisait du vin au Mexique et pourtant il était positivement surprenant! Encore une idée pour compléter ma cave à vin du monde à coté des Coste du Rhône…. Après cette visite très agréable mais rapide, j’ai repris ma route vers la Floride et donc évidemment vers la frontière. Comme prevu, les formalités sont plus importantes pour rentrer aux USA que pour en sortir mais dans mon cas c’est passé comme une lettre à la poste. J’ai l’impression que de voir un européen passer la frontière dans un bus mexicain amusaient plus les douaniers qu’autre chose… Il n’y avait d’ailleurs pas d’autres non latino dans ce bus.

J’ai de plus en plus compris au long de la traversée de ce continent que le Greyhound, et même les bus en général, ne sont pas vraiment un moyen de transport privilégié des classes aisées américaines. J’y ai croisé l’Amérique profonde et parfois même très profonde. Et lorsque je dis à quelqu’un par quel moyen de transport je voyage, il me regarde toujours comme un tordu sorti de l’asile. J’ai d’ailleurs vu quelques personnes se faire sortir du bus cette semaine parce qu’ils n’avaient pas de papiers ou transportaient de la drogue…

Quoi qu’il en soit, je suis bien arrivé a La Nouvelle Orléans où j’ai retrouvé Benja qui passe une année à la Tulane University. Comme il est en période d’examens, j’ai visité la ville en le laissant étudier afin qu’il soit prêt pour une bonne fête en soirée! La Nouvelle Orléans est une ville que j’aime beaucoup et certainement celle que je trouve la plus agréable à vivre de celles que j’ai visité aux USA sur ce trip (NYC reste difficilement battable mais ce n’était pas sur ce voyage ci). Jusqu’à ce jour, c’est pour moi la seule ville américaine qui a gardé son cachet historique, ses vieilles maisons telles qu’on les voit dans les films qui se passent dans « le Sud », des musiciens afro-américains qui jouent du jazz ou du blues dans les rues,… Je suis sûr que c’est le genre de ville dans laquelle il est très dangereux d’aller pour étudier tellement la vie nocturne est attirante et envoutante! D’ailleurs, alors que Benja m’avait dit qu’on allait juste prendre un verre parce qu’il devait travailler le jour suivant, nous sommes rentrés à 4h du mat après une soirée festive et arrosée. Il avait pour l’occasion demandé à quelques charmantes amies de se joindre à nous et finalement le petit verre a tourné au style de soirée qu’on a jamais envie de quitter. Cette soirée m’a aussi clairement fait réaliser que bouger tous les jours au tour du monde c’est génial, mais ce n’est pas comme ça qu’on se fait des vrais amis qui viennent d’un peu partout… L’Erasmus ou autre séjour universitaire est bien plus approprié aux rencontres et à la naissance de nouvelles amitiés. C’est certainement une chose qui m’aura manqué durant ce voyage. J’avoue que j’étais même un peu triste de devoir laisser La Nouvelle Orléans si rapidement derrière moi. Si le temps n’était pas compté et si ce n’était pas la période des examens, c’est certainement le genre d’endroit dans lequel j’aurais aimé rester un peu plus longtemps.

De nouveau le lendemain je reprenais la route, mais cette fois c’était pour passer ma dernière nuit dans un bus. Ca me fait presque « bizarre » d’écrire que je ne dormirai plus dans un bus…. Cette fois j’ai pris la direction de la Floride et plus particulièrement de Fort Lauderdale, une trentaine de kilomètre au Nord de Miami. Ma raison de me rendre à Fort-Lauderdale et même d’avoir placé cette ville comme l’étape finale de mon tour du monde est que j’ai de la famille qui habite ici. Effectivement il y a probablement une cinquantaine d’années, le frère de ma grand-mère maternelle a pris ses cliques et ses claques et est parti vivre le « rêve américain ». D’abord à New-York puis en Floride, il a fondé une famille et ma mère a donc 1 cousine et  2 cousins américains et moi j’ai ainsi des petits-cousins et une grande tante ravis de m’accueillir. Mon oncle est décédé il y a quelques années et alors qu’il aura tant insisté pour que je vienne lui rendre visite, il n’aura malheureusement plus été là pour me recevoir. Je viens donc de passer 5 jours dans ma famille américaine où je suis actuellement logé chez ma tante Oratzia. Mon cousin Tino, que nous avons reçu en Belgique l’été passé, s’est principalement occupé de moi et m’a fait visiter les alentours.

C’est ainsi que j’ai été ce week-end à Miami Beach et plus précisément sur la célèbre South Beach. Pour être tout à fait honnête, et bien que ce soit difficile de le faire comprendre à un américain (même si je n’ai pas essayé, je le sais), Miami Beach n’est pas l’endroit le plus extraordinaire du monde! Mais surtout n’allez pas répéter ça à mes cousins, comme ils ne parlent pas français ils ne devraient pas lire ses lignes… C’est vrai que la plage est belle, que l’eau est bleue turquoise, qu’il y a le soleil  et 25 degrés en hiver, et qu’il y a des palmiers…… Mais c’est aussi l’endroit peuplé de tous les riches retraités américains qui viennent passer leurs journées au soleil  loin de leurs trop bruyants petits enfants! Et si ce ne sont des retraités, ce sont toutes sortes de personnages plus tarés les uns que les autres que vous pouvez croiser sur ces plages! Par exemple, nous avons eu droit à un transsexuel qui dansait au milieu du trafic sur une musique d’ABBA et qui a lancé ses longues jambes sur le capot de la voiture… On a aussi eu droit au cycliste-bodybuilder en string qui roule sur la digue la tête plus bas que le guidon et le cul 20 centimètres plus haut que la selle pour que tout le monde puisse admirer l’athlète. Il aurait certainement pu être mon grand-père! Bref, pour moi qui préfère les petits villages, la montagne ou les plages désertes, je pense que la Floride ne sera jamais vraiment le genre d’endroit ou je viendrai passer mes vacances 

Ma meilleure découverte en Floride fut certainement les sushis… Tino m’a emmené deux fois en manger et je suis maintenant accroc. J’en avais déjà mangé « à emporter » à New-York et Sydney, mais ça n’avait rien de comparable. Et bien qu’évidemment les sushis de Fort Lauderdale sont les meilleures du monde, je suis tout de même bien déterminé à en trouver des semblables à mon retour! Pour le reste, j’ai bien entendu eu la visite de Tania et de « cousin Aldo ». J’imagine déjà François se plier en deux en repensant au moment où j’ai rencontré « cousin Aldo » pour la première fois à New-York et où je ne parlais pratiquement pas un mot d’anglais. Mon « interprète » s’était alors écroulé par terre de rire en me voyant essayer de communiquer avec ce cousin que je découvrais et m’avait laissé dans mon jus! 7 ans plus tard, la communication est évidemment beaucoup plus facile entre nous… Aussi non j’ai réussi à me cramer le dos sur la plage!

Demain je reprends donc le bus pour Orlando d’où je monterais dans l’avion en direction de l’Europe! Il me reste une dernière visite à rendre. Entre mes deux avions, j’irai manger un bout avec Pierre dans le centre de Londres.

Pour clôturer cette série d’e-mail qui vous ont fait suivre, voire peut être partager, mon Tour du Monde, il ne me reste plus qu’à en tirer le bilan…

 

Sébastien – Goral

 


World Tour 20 (Mexique) : Le ptit belge, le ptit belge est au Mexico!

dimanche 12 avril 2009

Bonjour tout le monde,

Allez, j’avoue qu’en période de déboires de nos Diables Rouges ce titre ne peut faire resurgir qu’une grosse nostalgie pour tous les amateurs de foot. Néanmoins, je n’ai rien trouvé de mieux et au pays où la Belgica est plus connue pour ses Diables Rouges que pour sa princesse Charlotte de Belgique, impératrice du Mexique, ça s’imposait.

Comme vous l’avez donc bien compris, j’ai passé la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique il y a quelques jours. Et pour ce faire, je tenais absolument à passer par El Paso, village doté d’une longue histoire dans les passages frontaliers des desperados, outlaws et autres spécimens du far-west. Comme je m’y attendais aussi, El Paso n’a plus grand chose avoir avec le village pouilleux qu’il fut et est simplement devenue une ville bien américaine avec juste un peu plus de mexicains.

Néanmoins, si c’est du pays des piments que je vous écris aujourd’hui, la majorité de l’histoire se passe toujours aux States. Je vous avais laissé dans  ma tempête de neige du Colorado… Et comme le veux le proverbe « Après la pluie, le beau temps! ». Ou alors comme mon proverbe personnel le veut, la maladie, la carte de banque et les tempêtes de sable et de neige ne sont plus que de vieux souvenirs. Les deux jours qui ont suivi ont d’ailleurs été tout simplement excellents! C’est donc sous un ciel bleu parfait et dans un paysage enneigé que je me suis réveillé à Cortez.

Ne voulant pas rester sur un échec dans la Mesa Verde, j’ai retenté ma chance et cette fois j’ai trouvé le parc national ouvert. J’ai donc opté pour une visite guidée des anciens villages troglodytes d’une civilisation indienne qui a disparu au 14eme siècle. J’avais déjà eu l’occasion de visiter des villages construits directement dans la roche à flanc de falaise au pays Dogon au Mali et je dois bien dire que c’est un concept qui m’intrigue et me fascine. Je suis d’ailleurs étonné par la similitude entre des villages d’origine pygmée et indienne construits il y a plusieurs siècles d’ici. En tout cas, j’ai trouvé la « Mine de l’allemand perdu » mais sans l’or que j’espérais y trouver!

Vu les deux jours perdus dans l’aventure, il n’était plus question de prendre un train de sénateur….. ou de députés régionaux c’est selon! J’ai donc directement embrayé (mais non j’avais une automatique…) sur Monument Valley qui était à environs 4 heures de route. J’ai donc rejoins la réservé Navajos et ce lieu qui est certainement celui qu’on retrouve dans le plus de films de John Wayne ou que vous pouvez malheureusement très bien visualiser en pensant à la pub de Marlboro. La voiture en a pris un coup, mais les coups d’œil en valaient bien le cout… 

Après une journée si bien chargée j’avais fini par me convaincre que je serais mieux dans un motel que dans la voiture pour passer la nuit… Je ne me reconnaissais plus! Est-ce vraiment le signe que le voyage touche à sa fin? Quoi qu’il en soit, je suis vite retombé les pieds sur terre lorsque je n’ai pas trouvé de chambre à moins de 100 dollars entre Monument Valley et Chinle. Vive l’Amérique, pays touristique pour les riches et les cars de pensionnés français mais où les backpackers peuvent toujours dormir dans leur voiture s’ils en ont une! Heureusement j’en avais une.

Le lendemain j’ai réalisé un vieux rêve au Canyon de Chelly! Je suis descendu au fond du canyon à cheval avec un guide Navajo! Là j’avoue je ne m’appelais plus Goral mais Mike et je me suis même surpris à faire semblant d’attraper le bétail avec un lasso (j’ai déjà attrapé du bétail au lasso en Australie, mais là je n’avais pas de cheval…). Je ne sais pas si le moment le plus impressionnant était la descente vertigineuse à flanc de canyon ou le moment où nous nous sommes mis au galop dans la pleine! Mes attributs masculins diraient que c’est le galop sans aucun doute…. Mais je ne peux m’empêcher de revoir une des deux américaines qui étaient avec moi (et qui est née dans un ranch donc qui se « débrouille » à cheval…) dont la selle s’est détachée en pleine descente et qui heureusement est tombée du bon coté du cheval! Moi qui m’attendais à une petite promenade de santé, j’en ai été pour une après-midi très physique, vertigineuse et où j’ai même plaint les chevaux de devoir passer par des endroits pareils… J’étais évidemment ravi! Et evidemment le décor était tout simplement grandiose.

Après tout cela, il était déjà temps de revenir à Flagstaff et de rendre la voiture avant de prendre le bus pour le Mexique. Alors que je m’attendais à un passage de frontière un peu difficile, c’est passé comme dans du beurre. Je n’ai même pas du sortir mon passeport (et je n’ai donc pas de cachet Mexique, ce qui me frustre un peu!). Ce sera probablement un peu plus sérieux au retour. Je suis donc arrivé à Chihuahua, ce qui est la dernière étape de mon parcour qui est influencée par Blueberry. Ce n’est certainement pas la partie la plus touristique et la plus belle du Mexique, mais ça je le savais avant de venir. En tout cas, il y fait plus chaud qu’aux USA, la vie est moins chère et en plus la nourriture est bien meilleure. Hormis visiter des grottes, je me suis lancé dans une marche un peu stupide dont j’ai le secret. En voyant les collines qui entourent la ville, je n’ai pas résisté à monter au sommet de l’une d’elle pour avoir un point de vue sur les environs. Evidemment je suis parti via le lit asséché d’un ruisseau puisqu’il n’y avait pas de chemin, je suis tombé sur un vieux péon mexicain qui habite une grotte de la montagne, je me suis arraché les jambes dans toutes sortes d’épineux divers et heureusement je n’ai pas été mordu par un serpent à la con. J’ai fini par arriver à mon sommet et en cherchant un autre passage vers la ville, je me suis retrouvé dans une sorte de bidonville local dont j’ai fini par me sortir. Cette petite promenade un peu foireuse  est à classer avec la descente de la colline présidentielle de Bamako au Mali ou des montagnes de Dalat au Vietnam. Heureusement les ballades « très foireuses » du Machu Picchu et du Canyon de Colca m’ont  poussé à prendre de l’eau avant de partir…

Si ce n’est par des tacos, des buritos, des nachos et des cocktails de fruits de mer, ces derniers jours ont surtout été marqués par la préparation de mon retour. J’ai avancé mon billet de retour d’une semaine pour pouvoir être présent au mariage de François, et ce ne fut pas aussi simple que je ne l’imaginais. En tout cas, mon retour est maintenant définitivement fixé au vendredi 24 avril. Alors que mon vol Miami-Londres devait être opéré par Virgin Atlantic, personne dans cette compagnie ne semblait pouvoir faire quelque chose pour moi. Après les avoir contacté plusieurs fois par téléphone, puis par e-mail en Belgique et aux USA, j’ai contacté mon agence de voyage à Londres qui m’a dit que je devais contacter Air New Zealand! Ce que j’ai donc fait, et où on m’a dit que le premier vol disponible entre Miami et Londres était le 24 avril et que j’allais donc manquer le mariage… Heureusement en cherchant un peu, l’operateur m’a trouvé un vol d’Orlando vers Londres pour le 23 avec arrivée le 24 matin. Le mariage étant le 24 en soirée, il me restait à trouver un moyen de rentrer à Liège ce jour là et à annuler mon séjour à Londres chez Pierre. Evidemment je n’avais pas prévu que les vols Virgin arrivaient à l’aéroport de Gatewick et non Heathrow (l’aéroport principal de Londres). Et bien entendu il n’y a aucun vol qui me permette de joindre Gatewick à Bruxelles pour être à Liège à 18h30. Etant donné que les trains sont à un prix exagéré, il me restait donc à acheter un billet d’avion d’Heathrow à Bruxelles. Je vais donc devoir changer d’aéroport à Londres et je finirai par arriver à Bruxelles à 16h30. J’aurai donc deux heures pour arriver au mariage, ce qui est plus que suffisant! Ouf…. le retour ça c’est fixé!

Ce soir je reprends ma route vers Monterrey au Nord Est du Mexique, d’où je repasserai aux Etats-Unis pour les 10 derniers jours de ce tour du monde!

Portez vous bien et bonnes vacances de Pâques pour ceux que ça concerne.

 

Mike Steve Blueberry……… euh Goral en fait.


World Tour 19 (USA) : La démesure amércaine

dimanche 5 avril 2009

Re-bonjour à toutes et à tous,

Comme promis, je reviens directement dans la foulée de l’article 18. Et pour cet article nous allons faire un bon en arrière et revenir à mon séjour californien. Je reprends donc là où je vous avais laissé à San Francisco, c’est à dire juste avant l’arrivée de Remi, et j’irai jusqu’à mon arrivée dans l’Arizona que vous venez juste de découvrir. Je ne voulais évidemment pas vous laisser sur l’article précédent et vous allez vite comprendre que si les derniers jours n’ont pas été roses, la dizaine qui a précédé a été toute différente!

Les Etats-Unis sont souvent présentés ou peut être se présentent souvent comme étant le pays des libertés. De mauvaises langues anti-américanistes seraient vite tentées de dire que c’est le pays de la liberté de ne pas avoir d’assurance maladie (1/4 de la population n’en a pas), de ne pas savoir où est l’Europe sur une carte du monde (il y en a déjà énormément qui ne savent pas où est New-York sur la carte du pays), de jouer avec des flingues dans les écoles, de conduire des énormes pick-up à 17 ans mais de ne pas pouvoir entrer dans un pub avant 21 ans,…! Et ce n’est pas tout à fait faux… Mais la liberté américaine, ce n’est pas juste ça. Et je pense que voir un peu le pays de l’intérieur ça donne déjà une autre image. La liberté américaine ça peut aussi être le fait de mener la vie que tu veux, de t’habiller comme tu veux sans avoir à supporter le jugement de ses voisins. Alors qu’on se représente souvent les Etats-Unis « fashion » des stars, je n’ai jamais vu un pays où il y a une concentration aussi importante de personnes à l’air déganté, loufoque ou ringard (ma seule phrase prouve mon coté européen « corporate »). Pas question de devoir porter un certain type de vêtement pour entrer dans un casino ou un restaurant par exemple. On y croise aussi bien des cow-boys, des hippies ou des grand-mères en training. On a vu avec Remi un gars marcher en plein Las Vegas en boxer et pantoufles.

Un autre sens de la liberté ici est inévitablement lié à l’histoire. Les traces de la conquête de l’Ouest et des voyages des pionniers cherchant l’eldorado sont impressionnantes.

Mais le vrai sens de la liberté américaine pour moi c’est la liberté d’entreprendre et même d’entreprendre les choses les plus folles, les plus démesurées ou meme les plus stupides. Une fois qu’on a une idée et qu’on a les moyens dans ce pays, j’ai l’impression qu’il n’y a pas grand chose qui peut t’arrêter. Las Vegas, Hollywood ou encore le fait que des familles de pionniers ont pu traverser Death Valley (La Vallée de la Mort) en sont les meilleures illustrations.

Revenons donc  à San Francisco. J’ai retrouvé Remi à l’aéroport le vendredi soir. Retrouvailles qui ont bien failli ne jamais avoir lieu suite à une incompréhension de timing. Bref après nous être cherché pendant plus d’une heure dans l’aéroport de San Francisco, nous avons fini par nous trouver et regagner le centre. La fatigue des voyages respectifs pour arriver à SF ne nous a bien entendu pas empêcher de trinquer aux retrouvailles et de commencer à réfléchir à ce que nous allions faire de ces 10 jours ensembles. Ce n’étaient évidemment pas les idées qui manquaient. Il était plutôt question de se demander lesquelles de ces idees nous n’allions pas pouvoir faire!

Quoi qu’il en soit, les rues de San Francisco valaient bien la peine qu’on s’y attarde la journée du lendemain. Si nous avons malheureusement raté la visite de la célèbre prison d’Alcatraz (les tickets partent visiblement à la vitesse de l’éclair), nous avons pu profiter des vues sur la célèbre baie, sur la prison qu’Al Capone appelait « Home » et sur le superbe et tellement « filmogénique » Golden Gate Bridge. Notre balade dans les nombreuses rues en pente – desquelles ont voit toujours bondir les voitures dans les films américains –  nous a notamment fait atterrir dans un Dim Sum de Chinatown. Les Dim Sum sont des restaurants chinois où les serveuses passent entre les tables avec des chariots remplis de différents plats. Il suffit de prendre ce qui nous tente et la serveuse fait une croix sur une souche. A la sortie on paie en fonction du nombre de croix qu’on a sur sa souche. Le principe est amusant et réserve toujours de nombreuses surprises et découvertes culinaires. J’avais découvert ce principe avec François à New-York et l’occasion était trop belle de retenter le coup avec Remi. Au rang des surprises ou erreurs on peut retenir les beignets sucrés qu’on a pris d’entrée pour des accompagnements salés.

Le lendemain matin nous avons pris possession de la voiture qui allait nous emmener à travers la Californie. Lorsque l’employé de l’agence a vu que nous allions à Las Vegas, il a bien tenté de nous refiler une Ford Mustang a prix légèrement plus élevé. Mais notre but (ou en tout cas celui de Remi) n’étant pas de draguer les clones de Paris Hilton aux sorties des boites de nuit, nous avons résisté. Nous n’avons par contre  bien entendu pas résisté à traverser le Golden Gate en nous prenant pour je ne sais quel héros hollywoodien et à prendre une multitude de photos de lieux. Je suis désolé d’apprendre à Michel que le restaurant Alta Maria qui offrait (parait-il) une superbe vue sur la baie a été transformé en hôpital. Ce qui a abrégé notre passage par Saucalito.

Si je vous dis que notre première vraie destination était la Somona Valley (voisine de la célèbre et très touristique) Napa Valley, serez vous surpris? Pour notre culture, il nous semblait important de faire plus ample connaissance avec les vins californiens. Ce que nous avons fait mais en toute modération puisque la route continuait ce jour là. Nous avons donc choisi trois vignobles, plus nous aurait mis hors la loi! De plus chaque dégustation est payante ce qui limite aussi fortement le nombre de visite. Le soir nous avons continué notre route en direction du par national du Yosemite. L’avantage de voyager à deux – bien après de ne pas être seul et de voyager avec un ami – c’est que loger dans des motels revient au même prix que de loger dans des dortoirs… Nous ne  nous sommes donc pas privés …. et de toute manière on n’avait pas vraiment le choix.

Le lendemain, l’entrée dans le Yosemite fut un peu embêtante. Tout au long de la route nous voyions des publicités de vendeurs de chaines (pour voitures), et plus nous nous rapprochions de l’entrée du parc et plus nous comprenions qu’il était obligatoire d’avoir des chaines dans la voiture. De plus, la neige devenait de plus en plus présente sur le bord de la route. Comme nous n’avions aucune envie d’acheter des chaines pour le peu d’utilisation en prévision, nous nous sommes dit qu’on verrait bien à l’entrée du parc national. Et à cette entrée, nous sommes tombé nez-a-nez avec un panneau confirmant l’obligation d’avoir des chaines dans son coffre. Que faire? Passer et faire semblant de rien en prenant le risque? N’ayant aucun des deux l’âme d’outlaws nous avons décidé d’en parler à la charmante ranger de service. Elle nous a dit que la loi nous obligeait à en avoir mais qu’on ne devait pas les mettre car la route est dégagée. Elle nous a dit avec un grand sourire qu’on pouvait être contrôlé mais que tous les véhicules ne l’étaient pas. Ce qui voulait bien dire « Allez y mais je ne peux pas vous le dire ». C’est donc évidemment ce que nous avons fait… La vallée du Yosemite sous la neige était absolument superbe et je vous promets qu’un jour vous en aurez les photos….mais je ne sais pas quand.

L’étape suivante nous a ramenés sur la côte entre San Francisco et Los Angeles. La Highway 1 est une route incontournable pour qui visite la Californie. Elle longe la spectaculaire côte et ses falaises, la partie la plus impressionnante étant le Big Sour. Nous avons mis deux jours   pour atteindre la plaque Malibu! Et puis quelques mètres plus loin nous sommes tombés sur le centre des gardes côtes de Malibu. Nous n’avons évidemment pas résisté à une baignade glaciale sur cette plage mythique. J’ai attentivement vérifié les mensurations de la personne en poste ce jour sur la plage et malheureusement elle ne m’a pas donné l’envie de me noyer… C’était plutôt un Mitch qu’une Pamela. Pas de bol!

Nous avons ensuite trouvé un backpacker à quelques mètres d’Hollywood Boulevard en plein…. Hollywood. Le boulevard est peut être plus connu comme étant The Walk of the Fame avec toutes ses étoiles portant le nom d’une célébrité. Nous n’avons pas manqué de partir à la recherche des grands noms du cinéma sur ce très célèbre boulevard. Nous avons fini la soirée dans un des bars de Beverly Hills où bon nombre de stars ont commencé leur carrière. Nous avons été entubés dans l’un d’entre eux puisque nous nous sommes retrouvés seuls à écouter un bête groupe  qu’on a fini par vraiment laisser faire du bruit tout seul. Nous avons plutôt été voir des filles qui faisaient du rodéo sur une fausse vache dans une sorte de saloon. Oui, il y a des saloons à Beverly Hills! Le lendemain matin, je n’ai pas pu résister à l’envie d’acheter une carte des maisons des célébrités, et nous sommes partis voir à quoi ressemblent les maisons du quartier le plus célèbre du monde. Nous sommes ainsi passé devant chez Phil Collins, Johnny Depp et Vanessa Paradis, Jennifer Aniston ou évidemment l’immanquable Britney Spears (et même le feu rouge où elle s’est fait prendre avec son bébé sur les genoux en conduisant!!!)… De vrais gosses ou… des paparazzis. En prenant des photos nous nous sommes d’ailleurs imaginés quelques fois voir Bruce Willis sortir de chez lui pour nous « exploser la tronche ».  Nous avons passé le reste de la journée à visiter les studios d’Universal pour découvrir l’envers du décor. Une bonne partie des studios sont en fait un parc d’attractions qui plonge les visiteurs dans les décors et ambiance de certains films. Nous avions un peu hésité à faire cette visite, mais c’est un choix que nous ne regrettons absolument pas. C’était aussi instructif qu’amusant! Hollywood c’était déjà un avant-gout de démesure…

Sans transition la suite! De Hollywood, nous sommes passés à Death Valley! Pour un changement, c’est du changement… Nous avons directement fait un retour au pays des cow-boys et de la sécheresse. La Vallée de la Mort est magnifique et c’est le genre d’endroit qui me transporte tout droit dans les aventures de Blueberry. Et puisque nous n’avions pas tout vu sur la première journée, nous y sommes même revenus le lendemain. Il y a 100 ans Death Valley était un enfer qu’on était heureux de quitter vivant. Aujourd’hui on y retourne par plaisir. Il faut avouer qu’en cette saison les températures y sont raisonnables (30 degrés) mais qu’en été la température peut rester de longues semaines au dessus de 50 degrés.

De la Death Valley, nous avons rejoint l’étape finale de notre voyage commun : Las Vegas*. D’un coup nous sommes rentrés dans la démesure, l’exagération! Sur plusieurs kilomètres The Strip est rempli de casinos-hôtels tous plus grands les uns que les autres. Tous ces resorts débordent d’imagination et des dollars pour attirer toujours plus de joueurs. Les entrepreneurs n’hésitent pas à construire des lacs, chutes d’eau, montagnes russes, aquariums géants, cirques,… pour se faire remarquer et attirer les flambeurs de tous les coins des Etats-Unis, mais aussi du monde. Dans les rues nous avons croisé toutes sortes de personnages, de la jeunesse dorée aux retraités de l’Ohio qui viennent claquer le fric durement gagné ou facilement hérité. Bien qu’évidemment ils espèrent toujours repartir plus riches que ce qu’ils sont arrivés. A l’intérieur des casinos tout est mis en place pour mettre à l’aise et vous donner l’envie de rester. Cela va des danseuses sur les podiums derrières les tables de roulette, aux superbes blondes déguisées en lapines qui posent pour des photos (payantes tout de même c’est pour ça que je n’en ai pas), des boissons gratuites servies aux joueurs par des serveuses qui ont oublié leur jupe au vestiaire, des concerts, des boutiques de luxe, des restaurants buffet à volonté pour des prix cassés, des nuits dans des palaces à des prix ridicules (en week-end),…. D’ailleurs à propos d’hôtel, je me suis dit que j’allais voir le prix d’une nuit dans un des gros resorts les moins chers. Pour une nuit le samedi c’était 170 dollars, alors que le dimanche c’était 30 dollars! J’ai donc dormi le samedi en auberge de jeunesse super loin du centre et le dimanche dans un palace du Strip!

Las Vegas, c’est la ville ou les filles mettent leur robe de mariée et prennent le bus pour aller à la chapelle avec les témoins qui suivent! J’ai d’ailleurs pas compris pourquoi Aline n’était pas venue avec, ça aurait simplifié bien des préparatifs pour elle-même et Remi. Comme nous étions là, nous avons bien entendu consacré quelques dollars au jeu. Malheureusement une ligne que j’avais inscrite à mon budget comme « rentrée certaine » doit maintenant être ramenée à -30 dollars. Nous en sommes restés aux machines à sous mais nous avons pris plaisir à regarder les tables de roulettes, de black jack ou de poker. J’ai même bien étudié les règles et les tactiques après le départ de Remi, lorsque j’ai encore passé deux jours seul dans ce milieu de perdition et de débauche. Alors qu’on ne m’avait pas dit beaucoup de bien de Las Vegas, j’avoue que j’ai beaucoup aimé! Même si j’ai rêvé de machines à sous pendant les deux nuits qui ont suivi et que j’étais presque écœuré de la ville en la quittant. C’est une ville où il faut passer mais où il ne faut pas trop tarder sous peine d’y être vite accroc.

Nous nous sommes dits au revoir et à très bientôt avec Remi à 5 heure du matin après une nuit sous les lumières de Vegas. Je ne vous dis pas que la suite est pour dans quelques jours puisque vous la connaissez déjà!

Portez vous bien et à bientôt,

 

Goral

 

* Private joke comprendront ceux qui doivent. « La ville où tout le monde est fou, la ville où tout le monde ne dort pas, la ville où il y a plein de pscht » Et ben on l’a trouvée cette ville imaginaire!


World Tour 18 (USA) : Le revers de la médaille

samedi 4 avril 2009

Bonjour tout le monde,

Quand rien ne va, rien ne va! Et croyez moi, je suis en train de bien expérimenter la véracité de la phrase…

Aujourd’hui, et exceptionnellement, vous allez recevoir deux nouveaux articles en même temps. Il faut dire que je vous ai un peu délaissé depuis plusieurs jours à cause d’un programme fort chargé. Etonnamment, ce premier article fait abstraction de la partie Californienne du voyage sur laquelle je reviendrai dans l’article 19.   

Dans tous mes articles je montre presque exclusivement le coté positif des choses et des événements qui surviennent. Et ainsi j’ai parfois l’impression de donner à « mes lecteurs »  une image de facilité et de bonheur continu aux 4 coins du globe. Je me rends aussi compte que ce n’est pas vraiment le cas et que mes récits ne seraient pas complets et sincères si je ne montrais pas qu’à certains moments c’est difficile de faire un tour du monde en solitaire (même si je ne suis pas sur un canoë avec des rames). Et je pense que le moment est bien choisi pour vous en donner une idée…. Effectivement depuis le départ de Remi et depuis que j’ai laissé Las Vegas derrière moi, rien ne va plus!

Pour en venir aux faits, j’ai quitté le Nevada lundi en direction de Flagstaff, une petite ville de l’Arizona. Pour moi l’arrivée dans l’Arizona devait coller parfaitement avec le retour du soleil et des hautes températures, la découverte du Far West, les innombrables lieux mythiques que sont le Grand Canyon, Monument Valley, Tombstone, la Mesa Verde, les villages fantômes, etc…  Je voulais donc louer une voiture pour visiter la région qui s’étend sur les frontières de l’Arizona, du Colorado, de l’Utah et du Nouveau Mexique.

Mon arrivée à Flagstaff m’a déjà vite fait comprendre que pour les degrés je repasserai une autre fois! Grâce aux supers horaires Greyhound, j’ai débarqué dans ce bled à 2 heures du matin (ça vous rappelle quelque chose la sortie du Greyhound en pleine nuit?). J’arrivais en short de Las Vegas et j’ai vite compris que l’activité locale actuelle était plus le ski que le rodéo! Je n’imaginais même pas qu’on skiait en Arizona (d’ailleurs demain ils clôturent la saison par une journée « tout nu sur les skis » — j’te jure l’Amérique….!). Il faisait froid mais ce n’était tout de même pas Banff. Heureusement j’avais réservé une chambre dans une auberge de jeunesse cette fois ci et j’ai donc sauté dans un taxi en direction de mon lit.

Les choses ont commencé à se gâter le lendemain matin quand je me suis réveillé. D’un coup je me sentais vidé de mes forces et je me sentais de plus en plus malade. Etant sorti pour m’acheter quelques aliments, j’ai vite compris que je n’irai pas bien loin avant d’être rétabli. En fin de matinée, fiévreux, j’avais déjà retrouvé mon lit. Les autres occupants de la chambre se demandaient d’ailleurs si je vivais toujours car ils n’avaient pas vu ma sortie matinale et à 4 heure j’étais toujours cloué au lit. J’ai fini par en sortir et me clouer devant la TV. Je ne sais pas si j’ai passé plus de temps devant la télé ou dans les toilettes mais en tout cas la journée ne fut pas des plus palpitantes. Il fallait pourtant que je me retape car j’avais loué une voiture à partir du 1er, c’est à dire le lendemain. Comme j’avais vraiment beaucoup de chance, j’étais sur un lit superposé sans échelle. Et si vous ne l’avez jamais essayé, sachez que ce n’est pas super facile de se partager entre son lit et les toilettes dans ce cas là! ….  Jusqu’ici j’avais résisté au froid polaire de Banff et au repas « araignée-grillons » du Cambodge, mais je ne sais pas si j’ai fini par trébucher sur les températures arizoniennes ou sur les cheeseburgers du MacDo. Il faut bien le dire ce n’est tout de même pas très glorieux!

Heureusement le lendemain matin, je sentais déjà une amélioration. C’est donc confiant que j’ai appelé la compagnie de location de voiture qui est venue me chercher et chez qui je rempli toutes les formalités habituelles. Le problème suivant c’est présenté quand ma carte de crédit a été rejetée! Et non visiblement ce n’était pas un poisson d’Avril… Je savais que j’avais dépassé la limite de ma carte Visa pour le mois de Mars. Depuis quelques jours je vivais d’ailleurs sur les fonds que Remi a bien voulu me laisser. Mais je pensais vraiment que chez Fortis le mois commençait le 1er! Et ben vraisemblablement il commence le 2! Ce qui a donc signifié un retour à l’hôtel et une journée de plus devant la TV. Le bon coté évidemment c’est que j’ai eu un peu plus de temps pour me retaper. Je ne sais pas pourquoi je commençais à avoir la fâcheuse impression de perdre mes journées qui sont pourtant maintenant comptées!

Heureusement le lendemain allait tout de même s’avérer une très bonne journée. Une fois que ma carte de crédit a été acceptée, j’ai pris la route de l’incontournable Grand Canyon qui se trouve à 2 heures de Flagstaff. Tout le monde a déjà entendu parler de l’attraction touristique numero1 des Etats-Unis, et il faut bien reconnaitre que sa réputation n’a rien d’usurpée.  J’ai donc passé la journée à explorer les points de vue impressionnants sur le canyon formé par le Colorado. Certainement l’une des plus impressionnantes vue au monde! La profondeur et la largeur du canyon nous font presque perdre la notion des distances… Malheureusement en fin d’après-midi, le beau ciel bleu a commencé à se couvrir et ça n’annonçait rien de bon pour la suite!

Etant donné que lorsque l’on voyage à deux on paie la voiture et la chambre à deux, lorsque l’on voyage à 1 on paie la voiture et la chambre à 1. C’est mathématique! Le budget étant ce qu’il est (et on ne plaisante pas avec le budget) j’ai décidé que j’avais de quoi payer par jour soit la voiture soit la chambre… et comme j’avais déjà la voiture, il n’y aurait pas de chambre ce soir! La voiture se transformant donc en chambre…. (Vous suivez?). J’ai donc dormi dans la voiture (de toute manière une cabine au Grand Canyon, c’est tout de même beaucoup plus cher que les palaces de Las Vegas!). Et si la nuit ne fut pas de tout confort, j’ai tout de même bien trouvé un long sommeil. La journée qui s’annonçait allait être bien pire que la nuit qui s’était finalement bien passée.

J’ai directement pris la direction de l’aéroport pour tenter de faire un petit vol au déçu du Grand Canyon. Malheureusement tous les vols étaient annulés pour cause de trop grand vent… L’aéroport étant abrité du vent, je trouvais qu’ils exagéraient avec leur soit disant vent! Mais lorsque je me suis arrêté aux derniers points de vue sur le canyon que je n’avais pas eu le temps de voir la veille, j’ai vite compris qu’on ne parlait pas d’une petite brise printanière mais bien d’une tempête à décorner les bœufs! Le froid et la tempête ont eu raison de moi et j’ai repris ma route vers des contrées que j’espérais plus accueillantes.

Je suis donc parti vers l’Est en direction du Canyon de Chelly qui se trouve tout de même à plus de 250 kilomètres de là. Alors que la route aux abords du Grand Canyon est plutôt bordée de sapins, plus on descend dans les pleines de l’Arizona plus les étendues désertiques prennent le dessus. C’est donc un décor de sable ou de poussière rouge et de buissons secs qui s’étendaient devant moi. Et le phénomène naturel que je n’avais pas encore expérimenté qui devait se produire c’est produit! Tempête + sable = Tempête de sable! Ca aussi c’est mathématique… ou plutôt géographique. Quoi qu’il en soit, au début je roulais juste au milieu du nowhere par grands vents et avec des rafales de sables ou de buissons qui traversaient la route. Jusque la, ça allait. La visibilité n’était pas encore trop mauvaise. Mais les choses n’ont fait qu’empirer… Je me suis vite retrouvé au volant de ma Pontiac blanche en pleine tempête de sable. Pendant 10 secondes je voyais clairement, puis les 10 secondes qui suivaient je ne voyais plus à 3 mètres. Que faire dans ce cas? Ben je sais pas trop, le Lonely Planet n’en parle pas….

Plusieurs possibilités se présentaient :

1) Je ne vois plus rien donc je n’avance plus? Ce qui est le plus tentant est probablement le plus dangereux. Il y avait du trafic (et ce sont plutôt des cow-boys dans des gros pick-up) et s’arrêter n’importe comment est le meilleur moyen de créer un carambolage géant qui ferait parler de l’Arizona dans les gazettes européennes.

2) S’arrêter au bord de la route, presque aussi dangereux que l’option 1.

3) S’arrêter quand on voit un parking et attendre? Il y avait déjà une couche de poussière dans la voiture et les prédictions météo ne prédisaient rien de mieux avant le surlendemain! Pas raisonnable non plus…

4) Mettre ses 4 clignotants, tenter de ne pas perdre le contact avec les feux du pick-up de devant, surveiller que celui de derrière n’est pas trop proche, couper la musique pour se concentrer, suivre prudemment ce qu’on voit de la ligne blanche et tenter de sortir de cette merde? C’est donc cette solution que j’ai choisi.

Heureusement les 250 bornes n’étaient pas toutes complètement bouchées à ce point, mais à chaque fois que je me disais que c’était probablement fini, ça recommençait de plus belle. J’ai tout de même fini par arriver au Canyon de Chelly ou j’ai vite compris que je n’allais rien voir du tout et que ce serait la même chose pour demain. Le plus embêtant c’est qu’on m’a dit que ce serait la même chose pour Monument Valley. Il était 4 heures de l’après-midi, la visibilité avait l’air correcte et on me demandait 140 dollars pour loger là-bas. J’ai donc décidé de tenter de rejoindre l’état du Colorado en quête d’un terrain où le sable ne serait plus maître.

J’ai repris la route et quelques kilomètres plus loin je me suis retrouvé dans le même enfer qu’un peu plus tot. A ce moment, j’avais évidemment  décidé que budget ou pas budget il n’était pas question de passer la nuit dans la voiture dans ces conditions. Il fallait donc trouver un motel au plus vite et me préparer à y passer la nuit! Le premier motel n’est arrivé que 150 bornes plus loin dans la ville de Cortez au Colorado. J’y suis arrivé à 9 heure un peu abattu par la journée qui venait de se passer. J’allais presque sauter l’histoire, mais un moment la tempête de sable s’était arrêtée… pour la bonne raison que c’est la pluie qui s’est mise à tomber et qui a donc cloué sable et poussière au sol. Il me pleuvait dessu en plein désert de l’Arizona! Est-ce que vous pouvez croire ca? Moi j’ai encore du mal à y croire. Une semaine plus tôt, avec Rémi, on se disait qu’il ne fallait vraiment pas avoir de bol pour que la pluie se mette a tomber le jour où tu visites la vallée de la mort… et ben moi elle s’est mise à tomber le jour où je voulais visiter le désert arizonien!

Ayant fini par trouver une chambre dans un motel, je me suis dit que puisque je n’avais vu ni le Canyon de Chelly ni Monument Valley, j’avais bien mérité un bon petit plat. Sous une légère pluie j’ai donc trouvé un resto pour assouvir mon envie de spaghettis. Puisque c’était pas mon bon jour, j’ai eu droit à des spaghettis sauce « maison »  – je ne savais pas que « maison » était la marque de produit blanc des supermarchés locaux – et un verre de vin qui était à coup sûr coupé à l’eau (ou alors vraiment infect). Et pour couronner le tout, je suis sorti du resto non plus sous la pluie ou la tempête de sable mais bien sous une tempête de neige! Je me suis enfermé dans cette chambre d’hôtel et j’ai enfoui mes pensées noires dans mon livre. Heureusement que j’ai trouvé ce livre de Dan Brown (Deception Point) qui est actuellement mon seul objet de satisfaction.

Ce matin j’ai commencé la journée par dégager les 10 centimètres de neige qui couvraient la voiture. J’ai ensuite pu prendre la route vers la Mesa Verde où l’on peut visiter des habitations troglodytes d’une civilisation indienne disparue il y a bien longtemps. Arrivé à l’entrée du parc, je me suis fait refouler gentiment par le ranger qui m’a expliqué que je devais avoir un 4×4 ou des chaines pour accéder au parc après une telle chute de neige. Je me retrouve donc tout simplement au milieu de lieux qui me font rêver depuis toujours via d’innombrables héros de bandes dessinées et les seules occupations de la journée auront été de passer mon temps sur internet et de lire mon livre. Peut-être que ce soir j’aurai le grand plaisir de regarder une série sur Disney Chanel! Etant donne que la neige est donc sur le Colorado et que la tempête de sable souffle sur l’Arizona, je suis bloqué dans la chambre de motel de Cortez….

Vous voyez, faire un tour du monde ce n’est pas toujours si facile! Il y a parfois des moments où l’on préférerait être partout sauf là où l’on est… Des moments ou rien ne va, il y a en a bien entendu eu plusieurs autres au cours de ces 5 derniers mois, mais ils sont généralement suivis de moment où tout s’enchaine à merveille. Il faut juste prendre son mal en patience…

A l’heure où je termine ces lignes, un rayon de soleil fait son apparition. La météo annonce le retour du grand soleil pour demain et toute la semaine prochaine…

 

Goral – Sébastien

 

P.S. : La tempête de sable dans le désert donne des paysages complètement surnaturels. J’avais l’impression d’avoir des lunettes roses devant les yeux tellement le ciel, l’air, le sol et le relief étaient couvert de la poussière rouge du désert! Très impressionnant! 

 


World Tour 17 (USA) : Des pistes enneigées au désert de Moab

samedi 21 mars 2009

 

 Chères amies, Chers amis,

Je vous avais laisse il y a un peu plus d’une semaine dans un état de bonne rigolade, d’étonnement, de froid, voir même de stress! Comme vous pouvez le constater aujourd’hui, j’ai donc bien fini par sortir entier du grand froid canadien et par atteindre les Etats Unis d’Amérique. Soit dit en passant, ceux ci ne sont pas toujours plus chauds que l’Alberta…

Aujourd’hui je vais vous faire part des dernières nouvelles de mon voyage, ainsi que de mes premières impressions sur le pays de l’oncle Sam. Cette fois je ne vais pas suivre un ordre chronologique, mais je vais plutôt aborder les différents points dans l’ordre qui me passe par la tête!

Le ski entre amis

Moment marquant de la première semaine américaine, les brèves retrouvailles avec Cédric (pas mon frère) ont été l’occasion de passer un excellent moment entre amis sur les pistes de ski. Le hasard faisant parfois bien les choses, Cédric était de passage la semaine passée à Salt Lake City pour quelques réunions. Etant donné qu’il avait son samedi libre, l’occasion était trop belle de dévaler quelques pistes ensembles dans l’un des domaines les plus connus au monde. Evidemment la notoriété du ski à Salt Lake City n’est pas tout à fait étrangère aux Jeux Olympiques d’hiver qui s’y sont tenus en 2002. Avant ça, la ville devait être plus connue pour les mormons qui y vivent que pour les sports d’hiver. J’ai donc écourté légèrement mon séjour canadien pour ne pas manquer ces retrouvailles… De toute manière il faut bien dire que si ce n’était le ski, ça aurait été le froid polaire qui m’aurait chassé bien vite.

Il ne faut pas lui dire, mais la vraie raison qui m’a fait venir à Salt Lake, c’est que Cédric était logé dans un hôtel que je qualifierais de « somptueux » pour un backpacker qui dort depuis des mois dans des dortoirs sans salle de bain, des bus, des aéroports ou des tentes (je ne serais pas honnête si je ne rectifiais pas en rappelant le super accueil d’Alexis et Raquel au Vanuatu et de Jane en Australie) . Et dans son incomparable bonté, il m’a laissé occuper le deuxième Queen Bed de sa chambre. Non seulement il y avait une salle de bain, mais il y avait même du savon et des draps!!! Je ne vous fais pas un dessin pour vous expliquer que j’ai profité « à fond » de la piscine, des petits déjeuners et autres services de l’hôtel.

Après avoir flâné dans la ville le vendredi soir et pris une bière en cachette (j’y reviendrai),  nous nous sommes donc rendu samedi dans la station de Brighton à quelques kilomètres du centre-ville. Cette fois je n’avais que le matériel de ski à louer, il était totalement inutile de m’encombrer d’une veste ou d’un pantalon de ski. Si le soleil tapait aussi fort qu’en Alberta et que le ciel était aussi bleu, la comparaison s’arrêtait là : la température était beaucoup plus clémente! La qualité du ski était excellente. C’est probablement la première fois que je skiais sur des pistes aussi agréables. Ce qui est probablement du en partie au peu de monde et à la particularité qu’on skie presque toujours en pleine forêt de sapins! Ce n’est d’ailleurs pas rare qu’un sapin perdu se dresse en plein milieu de la piste. Par contre, c’était un domaine assez petit. Ce qui est parfait pour un jour, mais pour une semaine il faudrait changer régulièrement de domaine.

Bref, vous constatez que ma saison de ski n’a été composée que de deux journées. Mais quelles journées! Entre les Rocky Mountains canadiennes et Salt Lake City la saison fut donc excellente.

Pas facile le backpackisme

Les USA sont sans contestation le pays où il est le moins facile de voyager pour un backpacker indépendant comme moi. Au pays de la voiture, rien ne facilite la vie du piéton. Quand j’arrive dans un office du tourisme et que je dis que je n’ai pas de voiture, les gens commencent par ne pas comprendre. Puis c’est plutôt une expression de « mais qu’est ce que tu fous là alors? » qui prend le relais. Puis au final, c’est toujours la même réponse : « ben tu peux pas faire grand chose alors » ou  » tu n’as qu’à en louer une ».

Comme vous le savez déjà, j’ai acheté un abonnement sur les bus Greyhound qui m’a couté bien cher. Mais contrairement à ce que j’imaginais, c’est un moyen de transport très peu utilisé par les touristes. Ce qui fait que les principaux points d’intérêts touristiques qui ne sont pas sur les grands axes ne sont pas desservis. Et évidemment lorsqu’une ligne n’est pas assez rentable, elle est supprimée. Ce qui semble logique de la part d’une entreprise privée, mais qui ne m’a pas toujours bien arrangé!

Voici quelques exemples :

– Pour me rendre de Banff en Alberta au Canada jusque Salt Lake City via l’ancienne ligne Greyhound j’aurais mis une 20ène d’heures. Mais malheureusement la ligne a été fermée! Il n’y a donc plus aucun moyen (j’ai passé une heure avec un brave gars à l’office du tourisme de Banff) de passer la frontière entre l’Alberta et le Montana sans voiture. La seule solution a donc été de repasser par Vancouver (13 heures à l’Ouest) puis de reprendre un bus vers le Montana!!! D’où j’ai pu prendre un autre bus, après une attente de 1h a 7h du matin couché sur 3 chaises dans la station de Butte, vers Salt Lake City. Le trajet a tout simplement duré un peu plus de 50 heures…! Je suis parti mercredi vers midi et je suis arrivé vendredi après-midi après avoir retraversé la Colombie Britannique, l’Etat de Washington, l’Idaho, le Montana et enfin une partie de l’Utah. Jusqu’à présent c’est le plus long que j’ai fait.

– J’ai du tout simplement sauter la visite du Yellowstone à laquelle je tenais beaucoup parce que je n’ai pas trouvé de moyen raisonnable de m’y rendre en plein hiver.

– L’office du tourisme de Salt Lake (tous aussi incompétents les uns que les autres – je pense que ce sont des pensionnés qui font ça pour rendre service mais en fin de compte ça marche pas) m’a assuré que si je ne louais pas une voiture je ne saurais pas aller à Moab (qui était ma solution de rechange suite à l’abandon de l’idée Yellowstone). En feuilletant mon Lonely Planet et Internet, j’ai donc fini par trouver moi-même un shuttle qui s’y rendait quelques fois par semaines! J’ai bien évidemment sauté sur l’occasion.

– Le problème c’est que lorsque je suis arrivé à Moab, j’ai appris qu’il n’y avait rien de possible à faire… sans voiture. J’ai donc loué une voiture une journée pour ne pas avoir fait le chemin pour rien CQFD!

En fin de compte j’ai donc perdu beaucoup de temps à chercher des moyens de transport ou à faire des détours dans ceux-ci. Heureusement ça valait vraiment chaque fois la peine lorsque j’y suis arrivé!

Les mormons

Salt Lake City a été fondée par et est devenue la capitale de l’Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours. Leurs membres sont plus connus sous le nom de mormons. Sans rentrer dans un débat religieux qui est visiblement déjà bien d’actualité, ceux qui me connaissent savent que la seule chose qui peut me plaire dans ce culte était le fait de pouvoir avoir plusieurs femmes (…)! (Je tends le bâton pour me faire battre puisque je vois déjà venir le commentaire du genre : « Commence par en trouver une avant de chercher la seconde »). Et ben ce n’est même plus le cas… S’ils sont surtout célèbres pour cette caractéristique, les mormons ne sont plus polygames puisque c’est depuis bien longtemps interdit aux USA et dans beaucoup de pays d’ailleurs. Seule une petite secte dissidente pratique toujours la polygamie de manière cachée je présume.

Cependant l’Etat de l’Utah, dont Salt Lake City est la capitale, est toujours bien aux mains des mormons. Tristement, l’Eglise et l’Etat forment toujours un même pouvoir! (Ceux qui reçoivent les mails de Pierre à Londres pourront certainement mettre nos récits en relation). L’Utah n’est donc certainement pas l’Etat le plus amusant du monde… La vie nocturne y est fort réduite. Et je ne vous parle même pas des dimanches où Salt Lake ressemble à une ville fantôme. Pour prendre un verre dans un bar, il faut montrer une pièce d’identité (comme dans beaucoup de pays pour les jeunes). Mais c’est la première fois qu’on me l’a demandée à moi. Et comme depuis la perte de mon portefeuille ma seule pièce d’identité est mon passeport, je le laisse toujours à l’hôtel. Résultat : Cédric a du acheter deux bières à des serveurs différents et j’ai du boire ma bière en cachette sans être vu!  Dans l’Utah on montre son ID jusque à 106 ans que j’ai pu voir sur un comptoir… Quand je pense qu’à New-York lorsque j’avais 18 ans je rentrais dans les bars avec une fausse carte d’étudiant!

Ma curiosité m’a poussée à aller faire la visite des institutions mormones. A mon grand étonnement les visites guidées gratuites sont faites par de charmantes jeunes filles venues passer 18 mois au service de Dieu! Je ne sais pas pourquoi je m’attendais à trouver de vieux boucs ou des horribles filles mais comme Cédric me l’avait dit, la visite valait le détour juste pour le sourire des sœurs presque toutes plus jolies et plus sympas les unes que les autres (et qui viennent du monde entier). Comme type de voyage elles décident cependant de passer 18 mois à prier et à travailler pour le culte 6 jours et 1/2 par semaine (le dernier 1/2 est consacré à leur lessive). Les entendre parler m’a souvent donné la chaire de poule tellement j’ai du mal à comprendre ce qui peut leur passer par la tête. Si elles avaient eu l’air « dérangées » j’aurais peut être pu en rire. Mais en fait elles m’inquiètent plutôt. Ou en fait je les plains. J’avais tellement envie de leur dire de passer ces 18 mois à profiter de la vie au lieu de consacrer leur existence à préparer leur mort…  Mais bon, chacun fais ce qu’il veut du temps qui lui est donné sur cette planète hein!

L’Amérique

Le bon coté du fait de voyager par Greyhound c’est que je suis très…. très loin des clichés de Paris Hilton, de Georges Clooney ou du couple Pitt-Jolie! Comme je m’en doutais les Etats-Unis c’est en bonne partie autre chose. Dans ces bus on rencontre tous types de personnages aussi amusants, intriguants ou je croirais parfois « mutants ». C’est souvent ….. folklorique. Croyez-moi!

J’utilise volontairement le mot Amérique pour les USA, ce qui est bien entendu une grosse erreur qu’on commet trop souvent et qui horripile particulièrement les sud-américains à juste titre!

Mais les Etats-Unis, c’est aussi et avant tout le monde imaginaire qu’on se forme à travers tous les films et livres qu’on dévore tout au long de notre vie. En tout cas, pour moi, lorsque j’ouvre mon Lonely Planet ou que je m’arrête devant une carte du pays, ce sont des centaines de lieux qui me sautent aux yeux. Des noms que j’ai l’impression de toujours avoir connus mais dont je ne sais finalement pas grand chose. Il y a des centaines de lieux où je me dis « là je veux y aller » et puis je me rends compte que tout ne sera pas possible pour cette fois-ci. Pour moi le Yellowstone, Tombstone, Tucson, El Paso, Fort Cheyenne, les Black Hills, les terres Navajos, San Francisco, Memphis, Nashville, la Louisiane, le Kansas, la rivière du Colorado et j’en passe des dizaines sont tous des lieux mythiques qui me font rêver et qui me plongent dans les bandes dessinées de Blueberry, Durango, Black Hills, les Tuniques Bleues ou dans les films de John Wayne ou même de Kevin Costner. C’est le monde imaginaire qui devient réalité!

Moab

Si Moab a été difficile a rejoindre et que j’y ai passé trois jours dans une sorte de camping ou vivent de manière permanente des femmes célibataires élevant une volée de kids, l’endroit est tout bonnement génial. Avec le Sud Ouest des USA j’entre bien entendu dans un domaine qui a été visité par beaucoup plus de monde, ce qui fait que je suis moins libre de vous raconter n’importe quoi (….je plaisante). J’ai souvent pensé à mes grands parents qui avaient tellement aimé leur passage dans la région.  Je comprends évidemment beaucoup mieux pourquoi!

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai donc loué une voiture pour la journée pour visiter Arches National Park et le Dead Horse Point. Comme son nom l’indique, dans le Arches NP on peut admirer de nombreuses… arches qui sont de véritables merveilles géologiques. C’est un des parcs les plus beaux du pays, mais je vous laisserai le plaisir de le voir en photos lorsque j’aurai le temps de mettre cela en ligne.

Dead Horse Point est peut être le plus beau point de vue que j’ai vu à ce jour. C’est en tout cas celui qui m’a fait le plus d’effet. Je me suis revu parcourir le désert et le canyon sur mon cheval en lieu et place de Mike Blueberry. Si je ne m’étais pas forcé à aller voir Arches National Park, je serais toujours assis au bord du canyon à contempler ce spectacle! Pour ceux qui se souviennent de la scène finale du film « Thelma et Louise », c’est là que ça a été tourné… Il en est de même pour la première scène de Mission Impossible 2 et pour bien d’autres films d’ailleurs.

 

 

Après un nouveau trajet de plus de 30 heures au travers de l’Utah et du Nevada, je suis finalement arrivé en Californie. Je suis maintenant à San Francisco où Remi arrive ce soir pour passer le dernier voyage de sa vie de célibataire. Ce coup-ci on va vraiment louer une voiture et profiter du temps qu’il nous est donné ensembles pour visiter le Sud Ouest.

Au plaisir de lire également de vos nouvelles,

 

Goral – Sébastien

 

P.S.: Pour ceux qui ne m’ont pas encore donné le moindre signe de vie, il ne vous reste plus beaucoup de temps ! 🙂

 


World Tour 16 (Canada) : La machine à remonter le temps!

mercredi 11 mars 2009

Je ne viens plus de Belgique……..   J’y vais!

Et oui, en arrivant sur le continent américain j’ai arrêté de m’éloigner du pays et au contraire je m’en rapproche! C’est une drôle de sensation de partir par l’Est et de maintenant me diriger vers la Belgique par l’Ouest…  De plus, j’ai fortement l’impression que le dernier mois et demi qu’il me reste va passer très vite! C’est toujours comme ça, au début on trouve que la date de retour est terriblement éloignée et puis à la fin on ne veut plus la voir se rapprocher. Je crois que ce qui est surtout une drôle de sensation c’est d’avoir trouvé la machine à remonter le temps! Et cette fameuse machine si recherchée c’est l’avion de la Pacific Airline qui m’a fait partir de Nadi, aux Fidji, le 7 mars à 22 heures et qui m’a débarqué de l’autre coté du Pacifique à Los Angeles toujours le 7 mars mais à midi! Et cela après 10 heures de vol… Ca c’est la magie de la  ligne de changement de jour qui traverse le Pacifique au  travers des Samoa. Je suis même arrivé à Vancouver 8 heures plus tard toujours avant de quitter les Fidji. Que doit-on dire quand on arrive à l’hôtel dans ce cas là quand la réceptionniste de Vancouver vous demande « Vous arrivez d’où? Le trajet a été long? ». Dans deux heures j’étais aux Fidji? Je serai à Nadi dans deux heures il y faisait très chaud? 

Bon, trêve de plaisanteries ce n’est pas bien extraordinaire et c’est juste une chouette particularité géographique. Mais il faut tout de même dire que pour un européen il n’y a pas énormément de raison de traverser cette ligne… Ce même avion m’a par contre bel et bien fait remonter le temps mais a destination d’une bien plus lointaine époque : la période glacière! Ou alors je me plante encore et je suis juste arrivé au Canada en plein hiver? C’est peut être bien possible mais alors je me demande bien quelle mouche m’a piqué au moment de réserver mon billet d’avion. Vu d’Europe, c’est peut être plus impressionnant de sauter d’un avion, d’aller voir un volcan en éruption ou de plonger avec les requins mais je pense que ce que j’ai fait de plus fou ces derniers mois c’est bien de venir me perdre en Alberta 2 jours après avoir quitté les Fidji! Oui, l’Alberta! Parce que Vancouver, qui est en Colombie Britannique, j’y ai plutôt bien survécu…. Mais l’Alberta! A l’heure où je vous écris ces quelques lignes je ne suis pas sur d’arriver à me sortir de cette province canadienne sans succomber à une pneumonie foudroyante! Tom voulais un peu de « goralisation » et ben voila il est servi.

Mais je reviens un peu avant les événements qui m’ont conduit ici et donc à mon arrivée à Vancouver. Vancouver, la plus grosse ville de Colombie Britannique à l’extrême Est du Canada, était encore une de ces villes que je trouve un peu mythique et que je rêvais de découvrir! Au même titre que l’étaient la Laponie, l’Amazonie, ou encore la Tasmanie, Vancouver ouvrait ma curiosité. Il faut dire qu’on ne connait pas grand chose de l’Est canadien en Europe si on n’a pas une bonne raison de s’y intéresser… Je suis donc arrivé au pays des caribous dans la nuit et c’est vrai que j’ai directement été saisi à la gorge par la température, mais ça ce n’était pas une surprise. Je m’attendais même plutôt à pire. Par contre j’ai vite compris que les touristes n’étaient pas accueillis de la même manière qu’en Océanie (et tout particulièrement aux Fidji). Ce n’est pas la sympathie qui étouffe les locaux ici! Et cette première impression n’a pas vraiment été renversée par la suite. Pour rejoindre le centre de la ville, il n’y avait plus que des bus classiques (pas de navette durant la nuit!). Et un gars de la circulation m’a si bien renseigné que j’ai fait la visite des parkings de l’aéroport avec mon sac sur le dos par la charmante température de 3-4 degrés. Rappelons que je venais de pas loin de 40 degrés « deux heures plus tard ». J’ai fini par arriver à mon backpacker vers minuit. A ce moment là, et  malgré mon polo, mon pull à capuche et mon K-W (mon sac est principalement rempli  de shorts et de t-shirts souvenirs du Vanuatu ou du Laos) j’ai vite compris que je ne pouvais pas vraiment me contenter de ça! J’avais un moment cru que je pourrais me débrouiller le temps de rejoindre la Californie avec ce que j’avais. Mais c’est vêtu d’une caisse en bois que je serai revenu si j’avais persisté!

Le lendemain, hormis m’acheter un polar canadien, j’ai donc consacré m’a journée à la visite de la ville. Ca m’a fait très plaisir de me retrouver dans une grande ville hivernale. J’ai même pris des photos des arbres sans feuilles et des grandes rues de style nord-américain. Vancouver est une ville très agréable mais c’est sa localisation qui me plait le plus. Du centre on voit les hautes montagnes qui entourent la ville. C’est aussi une porte d’entrée géniale pour les fjords et les grands espaces naturels de l’Est canadien. Mais étant donné que Cédric, un ami avec qui j’ai voyagé en Amérique du Sud, sera à Salt Lake City ce week-end, j’ai décidé d’accélérer mon séjour dans le coin afin qu’on ne se rate pas.

C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à « goraliser » comme dirait certains bons amis. Ayant tout de même encore 3 jours à consacrer au Canada je voulais « voir un peu du pays ». Et comme j’ai acheté un abonnement de bus de la bien célèbre compagnie Greyhound qui est valable pour deux mois sur tout le territoire canadien et américain, je me suis décidé à l’utiliser. Et comme un parc national à l’Est de la province de Colombie Britannique m’attirait beaucoup, j’ai  foncé!  Le Banff National Park est en fait situé en Alberta, juste à la frontière de la Colombie Britannique (mais ça je le savais). Ca me ferait 13 heures de car, mais ce serait à travers les paysages de forêts et de montagnes et au moins j’aurais vu a quoi ressemble cette province. J’ai donc discuté pendant bien longtemps avec le gars de la réception et on a trouvé le bus de 6h30 qui arriverait à 21h. C’etait un réveil très matinal pour l’état de fatigue dans lequel j’étais après le voyage mais ça devait en valoir la peine. Ce à quoi je n’avais pas pensé, c’est que ce coup ci je n’allais plus avoir droit à la machine à remonter le temps, mais bien à celle  à visiter le futur! Et surtout, surtout, que le gars de l’hôtel est un vrai crétin qui a fameusement fait empirer mon opinion sur les locaux!

A 5.30h je quittais donc l’hôtel dans la nuit de Vancouver sur laquelle tombait une neige épaisse. Je faisais encore bien un signe d’au revoir en direction de la réception et je notais une drôle d’expression sur le visage du gars qui est resté silencieux mais qui avait déjà compris! Je suis donc arrivé à la gare des bus avec une couche de neige sur la tête mais aussi avec un grand sourire pour demander mon ticket pour Banff dans le parc national du même nom. La dame a elle aussi tout de suite compris…. que je n’étais pas au courant du changement d’heure! Il n’était pas 6h05, mais la Colombie Britannique avait décidé d’avancer ses montres d’une heure en ce lundi matin et il était donc 7h05! Bien trop tard pour le bus de 6h30. Et le suivant était à 13h45….. Non seulement je me retrouvais bloqué à la gare pendant plus de 7 heures, mais en plus, la majeure partie de mon trajet allait se passer de nuit et j’allais donc beaucoup moins bien voir le paysage. Mais surtout, et c’est le plus embêtant, j’allais arriver à 4h15 à Banff! Un employé de chez Greyhound m’a alors dit que je ferais mieux de prendre carrément celui de 18h, ainsi j’arriverais à 8h45. Il a ajouté (en anglais) :  » Il fait très froid là-bas. Et le bureau de la compagnie sera fermé… ». Pour l’info (et pour bien visualiser), à Banff il y a 15.000 habitants, ce n’est donc pas vraiment le centre du monde. 

Comme si c’était de débarquer en pleine nuit dans un peu de froid qui allait m’effrayer! Je l’avais bien fait à Vancouver la nuit précédente. J’avais bien dormi  dehors en Allemagne par presque 0 degré le jour où je revenais du Mali. Et j’avais même dormi à la belle étoile, installé sur la neige,  sous le soleil de minuit de Laponie! Il ne savait pas à qui il parlait celui-là!!!! ……….. Et moi je ne savais pas que je parlais à un canadien qui connais un peu mieux son pays que moi!

J’ai donc débarqué à Banff à 4h du matin face à un mur de neige et le bus est ainsi reparti. Je me suis retourné et  à part quelques lumières du village je ne voyais que le bureau de la gare des bus fermé et noir! En posant le pied hors du bus j’ai été glacé instantanément. Et lorsque la lumière des phares du bus a disparu au loin, j’ai compris que je n’aurai pas du! A ce moment là je n’avais aucune idée de la température, mais je savais que ce n’était pas du même ordre de grandeur qu’à Vancouver. On était plus bas! Et même beaucoup plus bas… Je n’avais même pas une paire de gants et tout ce que j’avais de chaud était sur moi. Il fallait trouver un endroit pour me refugier ou j’allais me transformer en glaçon très rapidement. Je ne pouvais déjà plus bouger mes doigts que j’avais enfoncés dans ma poche. Il n’était même plus question de prendre la carte du village dans le Lonely Planet, je n’aurais pas pu tenir le livre. Je n’avais pas trop le choix: j’ai mis mes mains dans mon slip et j’ai marché avec mon sac sur le dos.  J’avais repéré dans le bus qu’il y avait un hôpital pas très loin du terminal. Je me suis donc dit que j’y trouverais peut être refuge. Je ne savais pas trop comment arriver à mon backpackers et surtout j’imaginais mal quelqu’un debout pour m’accueillir. La première maison que j’ai vue était le petit hôtel de police et il y avait l’air d’y avoir une permanence. J’ai continué mais je me suis dit qu’au pire j’y reviendrais. Puis quelques centaines de mètres plus loin, en face de l’hôpital, j’ai trouvé ce que je n’attendais pas : une station service 24h/24. On m’a indiqué le chemin du backpackers mais on ne m’a même pas demandé si je voulais me réchauffer. Je lui ai demandé « combien fait-il dehors? » et il m’a répondu « il doit faire quelque chose comme -30! » -30 vous avez bien lu. Il y a bien un moins devant le 3. Samedi soir j’étais aux Fidji par 40 et dans la nuit de lundi à mardi j’etais à Banff par -30. J’avais pris une différence de 70 degrés dans les gencives et je n’avais même pas une paire de gants! 15 minutes plus tard, c’est congelé que j’ai trouvé l’hôtel. Et à ma grande surprise un gardien de nuit m’a laissé entrer et m’a même fait m’installer dans une chambre. Un dortoir pour moi tout seul! Je n’ai jamais été aussi heureux  d’entrer dans une chambre. Et si au départ je me disais que j’allais économiser une nuit d’hôtel grâce au bus de nuit, à ce moment j’aurais même payé 200 euros pour une chambre!

 J’ai dormi 3 heures et je me suis levé tôt pour profiter de la journée! Si j’avais fait tout ce chemin, c’était pour skier dans les Rockies Mountains! Je n’avais jamais skié hors d’Europe, et j’avais vraiment envie de tenter l’expérience dans une des plus belles chaine de montagne au monde. Mais j’avais bien compris que ce n’était pas avec mon jeans et mon K-W que j’allais y aller. J’ai donc loué tout le matériel habituel, plus un pantalon et une veste chaude. J’ai aussi acheté une grosse paire de gants et une cagoule. Et à 10 heure j’étais en route pour la station de Lake Louise. Un froid pareil est inhabituel ici pour la saison! Ce n’est pas moi qui était complètement con mais c’est aussi la faute de la météo qui est partie en vrie ce 10 mars. D’ailleurs presque toutes les remontées mécaniques étaient fermées pour cause de trop gros froid. J’avais déjà vu des pistes fermées à cause du vent, de la neige, de la glace ou de risques d’avalanche, mais jamais parce qu’il fait trop froid! Il a fait -32 degrés ce matin! Et pourtant j’ai eu une journée magnifique!!! Le ciel était d’un bleu parfait et le soleil tapait… Le paysage était grandiose. Je skiais en « buvant » le paysage et les vues sur les énormes forêts de sapins canadiens et les montagnes impressionnantes des rocheuses! Quel plaisir de retrouver la sensation de skier et d’autant plus dans un tel cadre. Je m’arrêtais tout le temps pour prendre des photos, ce qui n’était pas facile étant donné les conditions. Car si je passais un super moment sur les pistes, toutes les couches possibles que j’avais n’arrêtaient pas le froid. J’étais frigorifié en plein soleil! Les photos que vous voyez dans l’album Canada sont chacune synonyme d’un moment de torture. Sortir ma main du gant me donne la chaire de poule rien que de le relater par écrit! Mon appareil photo m’a d’ailleurs bien fait comprendre qu’il n’aimait pas trop ma façon de voyager lorsque il s’est congelé avec l’objectif ouvert et qu’il ne voulait plus se fermer!

Quoi qu’il en soit, l’expérience du ski dans les Rocheuses valait bien tous ces moments un peu difficiles. Au moment où je vous écris, je suis dans le backpacker avec 3 pulls et de la buée sort de ma bouche. Demain je me dirigerai vers les Etats-Unis, mais pour le moment le trajet que je vais emprunter pour passer la frontière est encore un mystère car Greyhound a fermé la ligne entre l’Alberta et le Montana. Il me faut donc trouver un autre moyen ou alors je vais devoir repasser par Vancouver (c’est juste un détour de 30 heures de bus). 

Le ski dans les Rockies canadiennes ça me fera incontestablement des souvenirs!

Froidement, très très très très froidement, je vous dis à bientôt.

Goral,