World Tour 18 (USA) : Le revers de la médaille

Bonjour tout le monde,

Quand rien ne va, rien ne va! Et croyez moi, je suis en train de bien expérimenter la véracité de la phrase…

Aujourd’hui, et exceptionnellement, vous allez recevoir deux nouveaux articles en même temps. Il faut dire que je vous ai un peu délaissé depuis plusieurs jours à cause d’un programme fort chargé. Etonnamment, ce premier article fait abstraction de la partie Californienne du voyage sur laquelle je reviendrai dans l’article 19.   

Dans tous mes articles je montre presque exclusivement le coté positif des choses et des événements qui surviennent. Et ainsi j’ai parfois l’impression de donner à « mes lecteurs »  une image de facilité et de bonheur continu aux 4 coins du globe. Je me rends aussi compte que ce n’est pas vraiment le cas et que mes récits ne seraient pas complets et sincères si je ne montrais pas qu’à certains moments c’est difficile de faire un tour du monde en solitaire (même si je ne suis pas sur un canoë avec des rames). Et je pense que le moment est bien choisi pour vous en donner une idée…. Effectivement depuis le départ de Remi et depuis que j’ai laissé Las Vegas derrière moi, rien ne va plus!

Pour en venir aux faits, j’ai quitté le Nevada lundi en direction de Flagstaff, une petite ville de l’Arizona. Pour moi l’arrivée dans l’Arizona devait coller parfaitement avec le retour du soleil et des hautes températures, la découverte du Far West, les innombrables lieux mythiques que sont le Grand Canyon, Monument Valley, Tombstone, la Mesa Verde, les villages fantômes, etc…  Je voulais donc louer une voiture pour visiter la région qui s’étend sur les frontières de l’Arizona, du Colorado, de l’Utah et du Nouveau Mexique.

Mon arrivée à Flagstaff m’a déjà vite fait comprendre que pour les degrés je repasserai une autre fois! Grâce aux supers horaires Greyhound, j’ai débarqué dans ce bled à 2 heures du matin (ça vous rappelle quelque chose la sortie du Greyhound en pleine nuit?). J’arrivais en short de Las Vegas et j’ai vite compris que l’activité locale actuelle était plus le ski que le rodéo! Je n’imaginais même pas qu’on skiait en Arizona (d’ailleurs demain ils clôturent la saison par une journée « tout nu sur les skis » — j’te jure l’Amérique….!). Il faisait froid mais ce n’était tout de même pas Banff. Heureusement j’avais réservé une chambre dans une auberge de jeunesse cette fois ci et j’ai donc sauté dans un taxi en direction de mon lit.

Les choses ont commencé à se gâter le lendemain matin quand je me suis réveillé. D’un coup je me sentais vidé de mes forces et je me sentais de plus en plus malade. Etant sorti pour m’acheter quelques aliments, j’ai vite compris que je n’irai pas bien loin avant d’être rétabli. En fin de matinée, fiévreux, j’avais déjà retrouvé mon lit. Les autres occupants de la chambre se demandaient d’ailleurs si je vivais toujours car ils n’avaient pas vu ma sortie matinale et à 4 heure j’étais toujours cloué au lit. J’ai fini par en sortir et me clouer devant la TV. Je ne sais pas si j’ai passé plus de temps devant la télé ou dans les toilettes mais en tout cas la journée ne fut pas des plus palpitantes. Il fallait pourtant que je me retape car j’avais loué une voiture à partir du 1er, c’est à dire le lendemain. Comme j’avais vraiment beaucoup de chance, j’étais sur un lit superposé sans échelle. Et si vous ne l’avez jamais essayé, sachez que ce n’est pas super facile de se partager entre son lit et les toilettes dans ce cas là! ….  Jusqu’ici j’avais résisté au froid polaire de Banff et au repas « araignée-grillons » du Cambodge, mais je ne sais pas si j’ai fini par trébucher sur les températures arizoniennes ou sur les cheeseburgers du MacDo. Il faut bien le dire ce n’est tout de même pas très glorieux!

Heureusement le lendemain matin, je sentais déjà une amélioration. C’est donc confiant que j’ai appelé la compagnie de location de voiture qui est venue me chercher et chez qui je rempli toutes les formalités habituelles. Le problème suivant c’est présenté quand ma carte de crédit a été rejetée! Et non visiblement ce n’était pas un poisson d’Avril… Je savais que j’avais dépassé la limite de ma carte Visa pour le mois de Mars. Depuis quelques jours je vivais d’ailleurs sur les fonds que Remi a bien voulu me laisser. Mais je pensais vraiment que chez Fortis le mois commençait le 1er! Et ben vraisemblablement il commence le 2! Ce qui a donc signifié un retour à l’hôtel et une journée de plus devant la TV. Le bon coté évidemment c’est que j’ai eu un peu plus de temps pour me retaper. Je ne sais pas pourquoi je commençais à avoir la fâcheuse impression de perdre mes journées qui sont pourtant maintenant comptées!

Heureusement le lendemain allait tout de même s’avérer une très bonne journée. Une fois que ma carte de crédit a été acceptée, j’ai pris la route de l’incontournable Grand Canyon qui se trouve à 2 heures de Flagstaff. Tout le monde a déjà entendu parler de l’attraction touristique numero1 des Etats-Unis, et il faut bien reconnaitre que sa réputation n’a rien d’usurpée.  J’ai donc passé la journée à explorer les points de vue impressionnants sur le canyon formé par le Colorado. Certainement l’une des plus impressionnantes vue au monde! La profondeur et la largeur du canyon nous font presque perdre la notion des distances… Malheureusement en fin d’après-midi, le beau ciel bleu a commencé à se couvrir et ça n’annonçait rien de bon pour la suite!

Etant donné que lorsque l’on voyage à deux on paie la voiture et la chambre à deux, lorsque l’on voyage à 1 on paie la voiture et la chambre à 1. C’est mathématique! Le budget étant ce qu’il est (et on ne plaisante pas avec le budget) j’ai décidé que j’avais de quoi payer par jour soit la voiture soit la chambre… et comme j’avais déjà la voiture, il n’y aurait pas de chambre ce soir! La voiture se transformant donc en chambre…. (Vous suivez?). J’ai donc dormi dans la voiture (de toute manière une cabine au Grand Canyon, c’est tout de même beaucoup plus cher que les palaces de Las Vegas!). Et si la nuit ne fut pas de tout confort, j’ai tout de même bien trouvé un long sommeil. La journée qui s’annonçait allait être bien pire que la nuit qui s’était finalement bien passée.

J’ai directement pris la direction de l’aéroport pour tenter de faire un petit vol au déçu du Grand Canyon. Malheureusement tous les vols étaient annulés pour cause de trop grand vent… L’aéroport étant abrité du vent, je trouvais qu’ils exagéraient avec leur soit disant vent! Mais lorsque je me suis arrêté aux derniers points de vue sur le canyon que je n’avais pas eu le temps de voir la veille, j’ai vite compris qu’on ne parlait pas d’une petite brise printanière mais bien d’une tempête à décorner les bœufs! Le froid et la tempête ont eu raison de moi et j’ai repris ma route vers des contrées que j’espérais plus accueillantes.

Je suis donc parti vers l’Est en direction du Canyon de Chelly qui se trouve tout de même à plus de 250 kilomètres de là. Alors que la route aux abords du Grand Canyon est plutôt bordée de sapins, plus on descend dans les pleines de l’Arizona plus les étendues désertiques prennent le dessus. C’est donc un décor de sable ou de poussière rouge et de buissons secs qui s’étendaient devant moi. Et le phénomène naturel que je n’avais pas encore expérimenté qui devait se produire c’est produit! Tempête + sable = Tempête de sable! Ca aussi c’est mathématique… ou plutôt géographique. Quoi qu’il en soit, au début je roulais juste au milieu du nowhere par grands vents et avec des rafales de sables ou de buissons qui traversaient la route. Jusque la, ça allait. La visibilité n’était pas encore trop mauvaise. Mais les choses n’ont fait qu’empirer… Je me suis vite retrouvé au volant de ma Pontiac blanche en pleine tempête de sable. Pendant 10 secondes je voyais clairement, puis les 10 secondes qui suivaient je ne voyais plus à 3 mètres. Que faire dans ce cas? Ben je sais pas trop, le Lonely Planet n’en parle pas….

Plusieurs possibilités se présentaient :

1) Je ne vois plus rien donc je n’avance plus? Ce qui est le plus tentant est probablement le plus dangereux. Il y avait du trafic (et ce sont plutôt des cow-boys dans des gros pick-up) et s’arrêter n’importe comment est le meilleur moyen de créer un carambolage géant qui ferait parler de l’Arizona dans les gazettes européennes.

2) S’arrêter au bord de la route, presque aussi dangereux que l’option 1.

3) S’arrêter quand on voit un parking et attendre? Il y avait déjà une couche de poussière dans la voiture et les prédictions météo ne prédisaient rien de mieux avant le surlendemain! Pas raisonnable non plus…

4) Mettre ses 4 clignotants, tenter de ne pas perdre le contact avec les feux du pick-up de devant, surveiller que celui de derrière n’est pas trop proche, couper la musique pour se concentrer, suivre prudemment ce qu’on voit de la ligne blanche et tenter de sortir de cette merde? C’est donc cette solution que j’ai choisi.

Heureusement les 250 bornes n’étaient pas toutes complètement bouchées à ce point, mais à chaque fois que je me disais que c’était probablement fini, ça recommençait de plus belle. J’ai tout de même fini par arriver au Canyon de Chelly ou j’ai vite compris que je n’allais rien voir du tout et que ce serait la même chose pour demain. Le plus embêtant c’est qu’on m’a dit que ce serait la même chose pour Monument Valley. Il était 4 heures de l’après-midi, la visibilité avait l’air correcte et on me demandait 140 dollars pour loger là-bas. J’ai donc décidé de tenter de rejoindre l’état du Colorado en quête d’un terrain où le sable ne serait plus maître.

J’ai repris la route et quelques kilomètres plus loin je me suis retrouvé dans le même enfer qu’un peu plus tot. A ce moment, j’avais évidemment  décidé que budget ou pas budget il n’était pas question de passer la nuit dans la voiture dans ces conditions. Il fallait donc trouver un motel au plus vite et me préparer à y passer la nuit! Le premier motel n’est arrivé que 150 bornes plus loin dans la ville de Cortez au Colorado. J’y suis arrivé à 9 heure un peu abattu par la journée qui venait de se passer. J’allais presque sauter l’histoire, mais un moment la tempête de sable s’était arrêtée… pour la bonne raison que c’est la pluie qui s’est mise à tomber et qui a donc cloué sable et poussière au sol. Il me pleuvait dessu en plein désert de l’Arizona! Est-ce que vous pouvez croire ca? Moi j’ai encore du mal à y croire. Une semaine plus tôt, avec Rémi, on se disait qu’il ne fallait vraiment pas avoir de bol pour que la pluie se mette a tomber le jour où tu visites la vallée de la mort… et ben moi elle s’est mise à tomber le jour où je voulais visiter le désert arizonien!

Ayant fini par trouver une chambre dans un motel, je me suis dit que puisque je n’avais vu ni le Canyon de Chelly ni Monument Valley, j’avais bien mérité un bon petit plat. Sous une légère pluie j’ai donc trouvé un resto pour assouvir mon envie de spaghettis. Puisque c’était pas mon bon jour, j’ai eu droit à des spaghettis sauce « maison »  – je ne savais pas que « maison » était la marque de produit blanc des supermarchés locaux – et un verre de vin qui était à coup sûr coupé à l’eau (ou alors vraiment infect). Et pour couronner le tout, je suis sorti du resto non plus sous la pluie ou la tempête de sable mais bien sous une tempête de neige! Je me suis enfermé dans cette chambre d’hôtel et j’ai enfoui mes pensées noires dans mon livre. Heureusement que j’ai trouvé ce livre de Dan Brown (Deception Point) qui est actuellement mon seul objet de satisfaction.

Ce matin j’ai commencé la journée par dégager les 10 centimètres de neige qui couvraient la voiture. J’ai ensuite pu prendre la route vers la Mesa Verde où l’on peut visiter des habitations troglodytes d’une civilisation indienne disparue il y a bien longtemps. Arrivé à l’entrée du parc, je me suis fait refouler gentiment par le ranger qui m’a expliqué que je devais avoir un 4×4 ou des chaines pour accéder au parc après une telle chute de neige. Je me retrouve donc tout simplement au milieu de lieux qui me font rêver depuis toujours via d’innombrables héros de bandes dessinées et les seules occupations de la journée auront été de passer mon temps sur internet et de lire mon livre. Peut-être que ce soir j’aurai le grand plaisir de regarder une série sur Disney Chanel! Etant donne que la neige est donc sur le Colorado et que la tempête de sable souffle sur l’Arizona, je suis bloqué dans la chambre de motel de Cortez….

Vous voyez, faire un tour du monde ce n’est pas toujours si facile! Il y a parfois des moments où l’on préférerait être partout sauf là où l’on est… Des moments ou rien ne va, il y a en a bien entendu eu plusieurs autres au cours de ces 5 derniers mois, mais ils sont généralement suivis de moment où tout s’enchaine à merveille. Il faut juste prendre son mal en patience…

A l’heure où je termine ces lignes, un rayon de soleil fait son apparition. La météo annonce le retour du grand soleil pour demain et toute la semaine prochaine…

 

Goral – Sébastien

 

P.S. : La tempête de sable dans le désert donne des paysages complètement surnaturels. J’avais l’impression d’avoir des lunettes roses devant les yeux tellement le ciel, l’air, le sol et le relief étaient couvert de la poussière rouge du désert! Très impressionnant! 

 

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6 Responses to World Tour 18 (USA) : Le revers de la médaille

  1. PIerre dit :

    Il fallai bien un jour montrer l’envers du décor : c’est fait! Pour être pleinement profitable, toute expérience se doit de montrer ses deux facettes apparemment, l’une dont on profite à pleines dents, l’autre qu’il faut ‘mordre’ à pleines dents… Pour ta carte Visa, tu pourras remercier Geneviève : elle a réussi à faire monter ta réserve jusqu’au 15 mai… Car chez Visa-Fortis, c’est le 12 du mois que les paiements sont effectués… et tu aurais pu attendre ainsi 12 jours dans ton bled, avec ‘Deception Point’ qui aurait bien porté son nom! J’espère que comme tu l’annonces, les jours suivants seront autant meilleurs que bien mérités! bon vent!

  2. Alex dit :

    ben dis donc, on dirait que le ciel te tombe sur la tête. Je suis sûr que les jours qui arrivent effaceront vite ton sentiment de malaise. D’ici quelques jours ils ne seront plus qu’une vieille histoire qui nous fera pleurer de rire quand tu nous la raconteras à ton retour.

    Bonne continuation.

  3. Tom dit :

    Courage Goral! 😉 j’ai aussi eu la « chance » de (ne pas) voir le grand canyon sous la neige! déception au rendez-vous également! reviens-nous vite!

  4. Laura dit :

    Courage Goral!
    On sait aussi que ce n’est pas facile tous les jours!
    Les deluges, on a connu aussi et c’est vrai que ca tappe sur le moral…
    Mais, n’oublie pas ta phrase fetiche : ‘Ca fera des souvenirs’ et tu verras, on en rigolera bien!
    Gros bisous

  5. umberto dit :

    et la , rappelle toi , blueberry connait la neige et les emmerdes

    mais m^me quand tu racontes tes emmerdes , c’est gai et plaisant à lire , continue

    umberto

  6. Weerts dit :

    Salut Sébastien, t’es un chançard, y’a des milliers de personnes qui rêvent de voir l’Arizona et le Colorado sous la neige et toi tu es un des seuls Européens (le seul Belge!) a l’avoir vécu. Et puis vivre dans la voiture et dans un motel pourri c’est aussi la vie décrite dans des livres et des films donc une meilleure perception du pays Yankee. Aussi, tu auras peut-être plus de chance d’y retourner que dans les autres régions plus exotiques où tu t’es baladé. Tout le monde a vu le Grand canyon et la Mesa Verde mais personne n’a vécu ce que tu as expérimenté. Et pour le vin, n’oublie pas qu’il vaut mieux une bonne eau (ou bière) qu’un verre de vin au verre là où on est pas sûr de la qualité. Bon amusement pour la suite. Cheers

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