World Tour 19 (USA) : La démesure amércaine

Re-bonjour à toutes et à tous,

Comme promis, je reviens directement dans la foulée de l’article 18. Et pour cet article nous allons faire un bon en arrière et revenir à mon séjour californien. Je reprends donc là où je vous avais laissé à San Francisco, c’est à dire juste avant l’arrivée de Remi, et j’irai jusqu’à mon arrivée dans l’Arizona que vous venez juste de découvrir. Je ne voulais évidemment pas vous laisser sur l’article précédent et vous allez vite comprendre que si les derniers jours n’ont pas été roses, la dizaine qui a précédé a été toute différente!

Les Etats-Unis sont souvent présentés ou peut être se présentent souvent comme étant le pays des libertés. De mauvaises langues anti-américanistes seraient vite tentées de dire que c’est le pays de la liberté de ne pas avoir d’assurance maladie (1/4 de la population n’en a pas), de ne pas savoir où est l’Europe sur une carte du monde (il y en a déjà énormément qui ne savent pas où est New-York sur la carte du pays), de jouer avec des flingues dans les écoles, de conduire des énormes pick-up à 17 ans mais de ne pas pouvoir entrer dans un pub avant 21 ans,…! Et ce n’est pas tout à fait faux… Mais la liberté américaine, ce n’est pas juste ça. Et je pense que voir un peu le pays de l’intérieur ça donne déjà une autre image. La liberté américaine ça peut aussi être le fait de mener la vie que tu veux, de t’habiller comme tu veux sans avoir à supporter le jugement de ses voisins. Alors qu’on se représente souvent les Etats-Unis « fashion » des stars, je n’ai jamais vu un pays où il y a une concentration aussi importante de personnes à l’air déganté, loufoque ou ringard (ma seule phrase prouve mon coté européen « corporate »). Pas question de devoir porter un certain type de vêtement pour entrer dans un casino ou un restaurant par exemple. On y croise aussi bien des cow-boys, des hippies ou des grand-mères en training. On a vu avec Remi un gars marcher en plein Las Vegas en boxer et pantoufles.

Un autre sens de la liberté ici est inévitablement lié à l’histoire. Les traces de la conquête de l’Ouest et des voyages des pionniers cherchant l’eldorado sont impressionnantes.

Mais le vrai sens de la liberté américaine pour moi c’est la liberté d’entreprendre et même d’entreprendre les choses les plus folles, les plus démesurées ou meme les plus stupides. Une fois qu’on a une idée et qu’on a les moyens dans ce pays, j’ai l’impression qu’il n’y a pas grand chose qui peut t’arrêter. Las Vegas, Hollywood ou encore le fait que des familles de pionniers ont pu traverser Death Valley (La Vallée de la Mort) en sont les meilleures illustrations.

Revenons donc  à San Francisco. J’ai retrouvé Remi à l’aéroport le vendredi soir. Retrouvailles qui ont bien failli ne jamais avoir lieu suite à une incompréhension de timing. Bref après nous être cherché pendant plus d’une heure dans l’aéroport de San Francisco, nous avons fini par nous trouver et regagner le centre. La fatigue des voyages respectifs pour arriver à SF ne nous a bien entendu pas empêcher de trinquer aux retrouvailles et de commencer à réfléchir à ce que nous allions faire de ces 10 jours ensembles. Ce n’étaient évidemment pas les idées qui manquaient. Il était plutôt question de se demander lesquelles de ces idees nous n’allions pas pouvoir faire!

Quoi qu’il en soit, les rues de San Francisco valaient bien la peine qu’on s’y attarde la journée du lendemain. Si nous avons malheureusement raté la visite de la célèbre prison d’Alcatraz (les tickets partent visiblement à la vitesse de l’éclair), nous avons pu profiter des vues sur la célèbre baie, sur la prison qu’Al Capone appelait « Home » et sur le superbe et tellement « filmogénique » Golden Gate Bridge. Notre balade dans les nombreuses rues en pente – desquelles ont voit toujours bondir les voitures dans les films américains –  nous a notamment fait atterrir dans un Dim Sum de Chinatown. Les Dim Sum sont des restaurants chinois où les serveuses passent entre les tables avec des chariots remplis de différents plats. Il suffit de prendre ce qui nous tente et la serveuse fait une croix sur une souche. A la sortie on paie en fonction du nombre de croix qu’on a sur sa souche. Le principe est amusant et réserve toujours de nombreuses surprises et découvertes culinaires. J’avais découvert ce principe avec François à New-York et l’occasion était trop belle de retenter le coup avec Remi. Au rang des surprises ou erreurs on peut retenir les beignets sucrés qu’on a pris d’entrée pour des accompagnements salés.

Le lendemain matin nous avons pris possession de la voiture qui allait nous emmener à travers la Californie. Lorsque l’employé de l’agence a vu que nous allions à Las Vegas, il a bien tenté de nous refiler une Ford Mustang a prix légèrement plus élevé. Mais notre but (ou en tout cas celui de Remi) n’étant pas de draguer les clones de Paris Hilton aux sorties des boites de nuit, nous avons résisté. Nous n’avons par contre  bien entendu pas résisté à traverser le Golden Gate en nous prenant pour je ne sais quel héros hollywoodien et à prendre une multitude de photos de lieux. Je suis désolé d’apprendre à Michel que le restaurant Alta Maria qui offrait (parait-il) une superbe vue sur la baie a été transformé en hôpital. Ce qui a abrégé notre passage par Saucalito.

Si je vous dis que notre première vraie destination était la Somona Valley (voisine de la célèbre et très touristique) Napa Valley, serez vous surpris? Pour notre culture, il nous semblait important de faire plus ample connaissance avec les vins californiens. Ce que nous avons fait mais en toute modération puisque la route continuait ce jour là. Nous avons donc choisi trois vignobles, plus nous aurait mis hors la loi! De plus chaque dégustation est payante ce qui limite aussi fortement le nombre de visite. Le soir nous avons continué notre route en direction du par national du Yosemite. L’avantage de voyager à deux – bien après de ne pas être seul et de voyager avec un ami – c’est que loger dans des motels revient au même prix que de loger dans des dortoirs… Nous ne  nous sommes donc pas privés …. et de toute manière on n’avait pas vraiment le choix.

Le lendemain, l’entrée dans le Yosemite fut un peu embêtante. Tout au long de la route nous voyions des publicités de vendeurs de chaines (pour voitures), et plus nous nous rapprochions de l’entrée du parc et plus nous comprenions qu’il était obligatoire d’avoir des chaines dans la voiture. De plus, la neige devenait de plus en plus présente sur le bord de la route. Comme nous n’avions aucune envie d’acheter des chaines pour le peu d’utilisation en prévision, nous nous sommes dit qu’on verrait bien à l’entrée du parc national. Et à cette entrée, nous sommes tombé nez-a-nez avec un panneau confirmant l’obligation d’avoir des chaines dans son coffre. Que faire? Passer et faire semblant de rien en prenant le risque? N’ayant aucun des deux l’âme d’outlaws nous avons décidé d’en parler à la charmante ranger de service. Elle nous a dit que la loi nous obligeait à en avoir mais qu’on ne devait pas les mettre car la route est dégagée. Elle nous a dit avec un grand sourire qu’on pouvait être contrôlé mais que tous les véhicules ne l’étaient pas. Ce qui voulait bien dire « Allez y mais je ne peux pas vous le dire ». C’est donc évidemment ce que nous avons fait… La vallée du Yosemite sous la neige était absolument superbe et je vous promets qu’un jour vous en aurez les photos….mais je ne sais pas quand.

L’étape suivante nous a ramenés sur la côte entre San Francisco et Los Angeles. La Highway 1 est une route incontournable pour qui visite la Californie. Elle longe la spectaculaire côte et ses falaises, la partie la plus impressionnante étant le Big Sour. Nous avons mis deux jours   pour atteindre la plaque Malibu! Et puis quelques mètres plus loin nous sommes tombés sur le centre des gardes côtes de Malibu. Nous n’avons évidemment pas résisté à une baignade glaciale sur cette plage mythique. J’ai attentivement vérifié les mensurations de la personne en poste ce jour sur la plage et malheureusement elle ne m’a pas donné l’envie de me noyer… C’était plutôt un Mitch qu’une Pamela. Pas de bol!

Nous avons ensuite trouvé un backpacker à quelques mètres d’Hollywood Boulevard en plein…. Hollywood. Le boulevard est peut être plus connu comme étant The Walk of the Fame avec toutes ses étoiles portant le nom d’une célébrité. Nous n’avons pas manqué de partir à la recherche des grands noms du cinéma sur ce très célèbre boulevard. Nous avons fini la soirée dans un des bars de Beverly Hills où bon nombre de stars ont commencé leur carrière. Nous avons été entubés dans l’un d’entre eux puisque nous nous sommes retrouvés seuls à écouter un bête groupe  qu’on a fini par vraiment laisser faire du bruit tout seul. Nous avons plutôt été voir des filles qui faisaient du rodéo sur une fausse vache dans une sorte de saloon. Oui, il y a des saloons à Beverly Hills! Le lendemain matin, je n’ai pas pu résister à l’envie d’acheter une carte des maisons des célébrités, et nous sommes partis voir à quoi ressemblent les maisons du quartier le plus célèbre du monde. Nous sommes ainsi passé devant chez Phil Collins, Johnny Depp et Vanessa Paradis, Jennifer Aniston ou évidemment l’immanquable Britney Spears (et même le feu rouge où elle s’est fait prendre avec son bébé sur les genoux en conduisant!!!)… De vrais gosses ou… des paparazzis. En prenant des photos nous nous sommes d’ailleurs imaginés quelques fois voir Bruce Willis sortir de chez lui pour nous « exploser la tronche ».  Nous avons passé le reste de la journée à visiter les studios d’Universal pour découvrir l’envers du décor. Une bonne partie des studios sont en fait un parc d’attractions qui plonge les visiteurs dans les décors et ambiance de certains films. Nous avions un peu hésité à faire cette visite, mais c’est un choix que nous ne regrettons absolument pas. C’était aussi instructif qu’amusant! Hollywood c’était déjà un avant-gout de démesure…

Sans transition la suite! De Hollywood, nous sommes passés à Death Valley! Pour un changement, c’est du changement… Nous avons directement fait un retour au pays des cow-boys et de la sécheresse. La Vallée de la Mort est magnifique et c’est le genre d’endroit qui me transporte tout droit dans les aventures de Blueberry. Et puisque nous n’avions pas tout vu sur la première journée, nous y sommes même revenus le lendemain. Il y a 100 ans Death Valley était un enfer qu’on était heureux de quitter vivant. Aujourd’hui on y retourne par plaisir. Il faut avouer qu’en cette saison les températures y sont raisonnables (30 degrés) mais qu’en été la température peut rester de longues semaines au dessus de 50 degrés.

De la Death Valley, nous avons rejoint l’étape finale de notre voyage commun : Las Vegas*. D’un coup nous sommes rentrés dans la démesure, l’exagération! Sur plusieurs kilomètres The Strip est rempli de casinos-hôtels tous plus grands les uns que les autres. Tous ces resorts débordent d’imagination et des dollars pour attirer toujours plus de joueurs. Les entrepreneurs n’hésitent pas à construire des lacs, chutes d’eau, montagnes russes, aquariums géants, cirques,… pour se faire remarquer et attirer les flambeurs de tous les coins des Etats-Unis, mais aussi du monde. Dans les rues nous avons croisé toutes sortes de personnages, de la jeunesse dorée aux retraités de l’Ohio qui viennent claquer le fric durement gagné ou facilement hérité. Bien qu’évidemment ils espèrent toujours repartir plus riches que ce qu’ils sont arrivés. A l’intérieur des casinos tout est mis en place pour mettre à l’aise et vous donner l’envie de rester. Cela va des danseuses sur les podiums derrières les tables de roulette, aux superbes blondes déguisées en lapines qui posent pour des photos (payantes tout de même c’est pour ça que je n’en ai pas), des boissons gratuites servies aux joueurs par des serveuses qui ont oublié leur jupe au vestiaire, des concerts, des boutiques de luxe, des restaurants buffet à volonté pour des prix cassés, des nuits dans des palaces à des prix ridicules (en week-end),…. D’ailleurs à propos d’hôtel, je me suis dit que j’allais voir le prix d’une nuit dans un des gros resorts les moins chers. Pour une nuit le samedi c’était 170 dollars, alors que le dimanche c’était 30 dollars! J’ai donc dormi le samedi en auberge de jeunesse super loin du centre et le dimanche dans un palace du Strip!

Las Vegas, c’est la ville ou les filles mettent leur robe de mariée et prennent le bus pour aller à la chapelle avec les témoins qui suivent! J’ai d’ailleurs pas compris pourquoi Aline n’était pas venue avec, ça aurait simplifié bien des préparatifs pour elle-même et Remi. Comme nous étions là, nous avons bien entendu consacré quelques dollars au jeu. Malheureusement une ligne que j’avais inscrite à mon budget comme « rentrée certaine » doit maintenant être ramenée à -30 dollars. Nous en sommes restés aux machines à sous mais nous avons pris plaisir à regarder les tables de roulettes, de black jack ou de poker. J’ai même bien étudié les règles et les tactiques après le départ de Remi, lorsque j’ai encore passé deux jours seul dans ce milieu de perdition et de débauche. Alors qu’on ne m’avait pas dit beaucoup de bien de Las Vegas, j’avoue que j’ai beaucoup aimé! Même si j’ai rêvé de machines à sous pendant les deux nuits qui ont suivi et que j’étais presque écœuré de la ville en la quittant. C’est une ville où il faut passer mais où il ne faut pas trop tarder sous peine d’y être vite accroc.

Nous nous sommes dits au revoir et à très bientôt avec Remi à 5 heure du matin après une nuit sous les lumières de Vegas. Je ne vous dis pas que la suite est pour dans quelques jours puisque vous la connaissez déjà!

Portez vous bien et à bientôt,

 

Goral

 

* Private joke comprendront ceux qui doivent. « La ville où tout le monde est fou, la ville où tout le monde ne dort pas, la ville où il y a plein de pscht » Et ben on l’a trouvée cette ville imaginaire!

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2 Responses to World Tour 19 (USA) : La démesure amércaine

  1. Geoffrey dit :

    Plein de pscht ?… J’arrive ! 😉

    Goral, il est temps que tu reviennes, on le sent dans tes récits !

  2. Tom dit :

    je ne pensais pas que tu sortirais un jour de Las vegas, je t’imaginais viré accroc au jeu… 🙂

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