Amérique du Sud

PEROU – BOLIVIE – CHILI

Introduction
1ère étape : La Jungle Amazonienne
2ème étape : Cusco et le Machu Picchu
3ème étape : Le lac Titicaca et La Paz
4ème étape : Le Salar d’Uyuni et la Sud Lipez
5ème étape : La remontée du Chili
6ème étape : Arequipa et le Canyon de Colca
Conclusion


Introduction

Deux semaines après notre retour d’Amérique du Sud, je me décide à raconter par écrit les aventures et péripéties que j’ai vécues avec cinq amis durant un voyage qui restera gravé longtemps dans nos mémoires. Après avoir retracé par mails mes expériences lors de mon stage au Mali, puis lors des neufs mois que j’ai passés en Australie avec un Working Holiday Visa, je ne pouvais pas ne pas continuer sur ma lancée. C’est pourquoi ce texte retracera le voyage qui nous a emmenés au Pérou, en Bolivie et au Chili durant ce mois de septembre 2007. La différence avec mes deux premiers récits est que celui-ci est raconté d’une traite à posteriori, après mon retour en Belgique, alors que du Mali et d’Australie j’avais écrit régulièrement mes mails afin de vous tenir au courant de l’évolution de mon séjour. Le fait d’être parti un mois durant lequel le programme était abondamment chargé en activités intenses a donc quelque peu modifié mes habitudes.

Comme je l’ai déjà stipulé dans le premier paragraphe, nous sommes partis dans cette aventure à 6 amis. Je pense donc qu’avant toute chose, une brève présentation du groupe s’impose. Nous nous connaissions tous par différents moyens, certains par les scouts de Saint-Louis ou du Sart-Tilman, d’autres par le collège, toujours de Saint-Louis, voire même du Sartay… Trois d’entre nous étaient passés par les mouvements de jeunesse de Saint-Louis et les trois autres par ceux du Sart-Tilman. A part moi, tous venaient de finir leurs études et c’était donc l’occasion de s’offrir un beau voyage pour fêter ça. Celui avec lequel j’avais déjà le plus voyagé était bien entendu Impala, Matthieu, avec qui j’avais passé quatre années de chef scout. Ensuite nous retrouvons dans l’équipe deux vieux amis de rhéto de la troupe amie-rivale, Jérôme et Thibaut. Cédric, que je connaissais du Sartay, complétait le trio du Sart-Tilman. Et enfin, le dernier arrivé, Max, qui a accroché l’avion avant le décollage.

Comment l’idée de ce voyage est-elle née et comment s’est-elle développée ? Je me souviens que j’entendais déjà parler d’un voyage en Amérique du Sud quand on était en rhéto. Un groupe de quatre, Matthieu, Jérôme, Thibaut et Cédric, s’est formé il y a presque un an pour finalement concrétiser ce projet. Personnellement je me suis joint au groupe quelques mois plus tard lorsque j’ai été certain de pouvoir prendre le mois de septembre complet de congé. Max s’est rajouté au groupe de justesse deux semaines avant le départ. Notre volonté était de faire un voyage le plus aventureux possible, mais le temps limité dont nous disposions et la multitude d’endroits que nous souhaitions voir imposaient tout de même une certaine préparation. En ne réservant que nos premiers billets de vols internes, nous avons tenté d’établir un programme auquel nous tenterions de nous tenir. Toute la difficulté consistait dans le fait de ne pas perdre de temps sur place dans la recherche de moyens de transport ou dans la recherche de guides locaux. Finalement, nous nous en sommes tirés plus facilement que prévu sur place, ce qui nous a même permis de rajouter des étapes à notre programme. Un bon lonelyplanet et un guide du Routard joints aux quelques conseils récoltés constituent des atouts de poids dans la réussite d’un tel voyage.

Comme nous l’avions fait sur place, je vais découper notre voyage en 6 grands volets correspondants aux 6 grandes parties du séjour : la jungle amazonienne, Cusco et le Machu Picchu, le lac Titicaca et La Paz, le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez, la remontée du Chili, et enfin Arequipa et le Canyon de Colca.

Tout a commencé pour moi le mardi 4 septembre 2007 lorsque Thibaut, Cédric, Matthieu et Jérôme sont passés chez moi vers 3h30 pour m’embarquer en direction de Zaventem. Max, lui, était parti la veille et nous attendait déjà à Lima. Je n’étais pas non plus sur le même vol que les autres. Ma réservation plus tardive m’avait obligé à prendre un vol American Airlines avec plusieurs étapes. J’ai donc embarqué sur un vol matinal en laissant derrière moi les 4 amis qui arriveraient plusieurs heures avant moi à destination. Mon premier vol des quatre qui allaient s’enchaîner était Bruxelles – Londres. Vol sur lequel je me suis retrouvé par hasard avec Tom qui allait outre-Manche pour une réunion. Une longue traversée en bus puis à pieds de cet aéroport gigantesque, et j’étais prêt à embarquer pour mon deuxième vol : London – Miami. Sept heures plus tard, en Floride, je découvrais la sécurité excessive des Etats-Unis. Miami a été à l’aller comme au retour la seule ville par laquelle je suis passé à ce jour dans laquelle j’ai dû récupérer mes bagages et les re-cheker pendant le transit. Avant cela, j’avais eu droit à la prise de photo et des empruntes digitales, ainsi qu’à une engueulade du douanier parce que j’avais mal rempli le formulaire à lui remettre… Etant obligé de sortir de la zone de transit, j’ai ensuite du repasser toutes les formalités de douanes avant de pouvoir attendre patiemment mon troisième vol en direction de Lima.

Arrivé en fin de soirée au Pérou, je retrouvais mes cinq autres comparses qui s’étaient rassemblés. L’équipe était à destination et au complet ! Mon premier repas péruvien fut, il faut bien l’avouer, un Mac Donald dans l’aéroport. Après le repas, nous nous sommes dirigés une nouvelle fois vers la zone de départ, des vols internes cette fois, pour le dernier vol du voyage aller. Le vol à destination d’Iquitos n’étant que le matin suivant, nous avons trouvé quelques banquettes super confortables sur lesquelles nous avons pu passer une nuit de tout repos…

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1ère étape : la Jungle Amazonienne

C’est au petit matin que commença ce que nous avons qualifié de première étape du voyage. Nous avons donc embarqué à bord d’un vol de la compagnie Lan Peru qui nous a emmené vers la ville d’Iquitos. Au fur et à mesure que l’atterrissage approchait, une vue sur la plus grande forêt du monde se dégageait. Nous avons en fin de compte débarqué dans un petit aéroport qui est semble-t-il, même si c’est dur à croire, international. Deux carcasses d’avions décoraient la piste !

Iquitos, plus grande ville péruvienne du bassin amazonien, est construite à quelques centaines de mètres du plus grand et plus mythique fleuve du monde, le long d’un bras de celui-ci. Il s’agit également de la plus grande ville isolée au monde. On entend ici par isolée le fait qu’elle n’est pas accessible par voie terrestre. Il faut donc venir ici par avion (1h depuis Lima) ou par bateau (15 jours depuis Lima). Les habitants locaux optent plutôt pour la deuxième solution moins onéreuse. C’est donc assez impressionnant de se dire que tout ce que l’on trouve dans cette ville est produit sur place ou a été acheminé par voie fluviale !

Vous pouvez donc imaginer aisément qu’il n’y a pas beaucoup de voitures dans les rues d’Iquitos… On y trouve juste quelques taxis et les véhicules des habitants les plus riches. Le moyen de transport local, c’est le mototaxi. Ce qui nous a d’ailleurs valut les premières grosses rigolades du séjour. Nous avons effectivement directement opté pour ce sympathique moyen de transport plutôt que pour les taxis. Un mototaxi est une sorte de pousse-pousse chinois mais tiré par une moto et non pas par un homme qui court. Une ville remplie de mototaxis avec le charme de la circulation des pays en voie de développement, c’est assez folklorique. Le trajet s’est vite transformé en course ! Comme nous nous étions super bien amusés, nous avons recommencé plusieurs fois l’expérience du transport local même quand nous n’en avions pas besoin, au grand plaisir des conducteurs.

A Iquitos, notre première idée était de passer la journée en ville, de trouver un tour avec guide pour aller passer 3 jours et 2 nuits dans la jungle et d’y partir le lendemain. Mais nos plans ont vite été modifiés ! A peine arrivé sur la Plazza des Armas (comme toutes les places principales du Pérou), nous avons été accueillis par les rabatteurs des différentes agences locales. Bien que le Routard ne le conseille pas, nous avons suivi un des gars vers une agence appelée Carrousel Tapira. L’agence était située au premier étage d’une maison qui aurait été classée d’insalubre en Belgique. Là-bas, différentes personnes se sont relayées pour nous expliquer ce qu’ils proposent. On a même eu droit au discours en espagnol, en anglais puis en français. La proposition nous a beaucoup plu. Pourtant, méfiant, j’ai voulu aller prendre des infos avec Impala à l’office du tourisme avant de nous engager avec la première agence venue. Alors que nous cherchions ces infos, nous avons fait la connaissance d’un jeune allemand qui vit là-bas depuis un an et qui nous a fortement déconseillé Carrousel Tapira. Nous étions alors fort embêtés, surtout que l’office du tourisme a confirmé ces informations. L’allemand, qui ne perdait pas le Nord, travaillait en fait pour une autre agence où il nous a vite emmené afin de nous proposer son programme. Là, j’avoue, que j’ai vraiment pris position en faveur de l’allemand, et qu’avec Impala puis Max, nous avons essayé de convaincre les trois autres que la première agence était foireuse. Ce que nous ne sommes pas parvenus à faire ! Voyant notre hésitation, la première agence avec qui nous discutions depuis des heures nous a alors proposé de partir tout de suite, et ainsi de gagner un jour d’expédition gratuitement. De plus, ils nous ont proposé de payer 70$ d’avance et 30$ au retour si nous étions satisfaits. Nous avons fini par accepter et nous ne l’avons vraiment pas regretté !

Tandis que nous laissions une bonne heure à l’agence pour préparer le matériel nécessaire (bottes, eau potable,…), notre guide, Jose, nous a fait découvrir le quartier populaire de Belen. Il s’agit de la partie la plus pauvre de la ville sur laquelle s’étend un énorme marché sur où l’ on peut trouver de tout et de n’importe quoi dans des conditions parfois douteuses. Nous étions en fin de saison sèche, ce qui fait que le niveau des eaux était au plus bas. En saison des pluies, le niveau du bras de l’Amazone monte d’une dizaine de mètres et inonde le quartier et le marché dans lequel on circule alors en pirogue. Pour vivre dans ce quartier, il y a deux solutions. La première est de construire son habitation sur pilotis, la majorité des maisons sont donc toutes hautes perchées. D’autres optent pour des maisons flottantes qu’ils attachent au lit de la rivière pour éviter de ce retrouver 300 kilomètres plus loin à la saison sèche. Sur ce marché, notre guide nous a fait goûter quelques produits locaux : du masato, manioc mâché, salivé et recraché; des tomates jaunes ; ainsi qu’un fruit jaune très dur à écorce rouge, l’Aguaje. Rien de tout cela n’était réellement fort bon. Après une balade en pirogue, nous avons tout de même mangé une pastèque au pied d’une maison locale.

De retour à l’agence, il devenait temps d’aller embarquer en direction de la jungle. Nous avons donc encore repris un mototaxi en direction de l’embarcadère où nous sommes montés à bord d’un petit bateau à moteur. A peine partis, nous faisions déjà demi tour car le bateau prenait l’eau ! Nous avons donc laissé la moitié de l’eau potable derrière nous et nous sommes repartis. Nous avons remonté l’Amazone sur 120 kilomètres en deux heures. Un trajet qui aurait pu durer des heures tellement il était agréable d’admirer les rives du fleuve et de découvrir les petits villages qui y étaient éparpillés. Quel plaisir de se sentir dépaysé à ce point ! Difficile à croire que nous pouvions être à Liège 36 heures plus tôt… Sur le trajet nous avons fait une pause dans un village dans lequel nous avons acheté des chiques pour les enfants et bien entendu nos premières bières péruviennes. C’était de l’Iquitena (à Cusco c’était la Cuscena, à Arequipa c’était l’Arequipena,…). Nous avons siroté note bière en regardant les dauphins roses amazoniens !

Arrivé à destination, le bateau s’amarre à une berge ou des habitants du village le plus proche viennent emporter du matériel en échange de quelques soles. Nous endossons nos sacs à dos, attrapons nos bottes, et nous sommes partis vers l’orée de la jungle. A ce moment nous ne savions pas exactement où se situait le campement, et donc si nous devions marcher 100 mètres ou bien pendant 3 heures ! Le village voisin de notre campement se trouvait à peine quelques dizaines de mètres plus loin. Nous avons donc traversé celui-ci sur un long sentier en béton. J’avoue avoir été très surpris de trouver du béton ici, mais nous avons vite compris que tous les villages en étaient pourvus afin d’éviter à la population de vivre dans une gadoue phénoménale pendant toute la saison des pluies. Le village s’étirait donc tout en long sur plus d’un kilomètre en suivant ce chemin. En marchant, nous découvrions avec plaisir les innombrables bananiers, citronniers et arbres tropicaux. Plus ou mois au milieu du village, nous avons quitté le chemin pour nous enfoncer dans la jungle sur des sentiers. Nous avons découvert la première embûche du séjour une quinzaine de minutes plus tard lorsque nous sommes arrivés au passage de la rivière nous séparant du campement. Alors qu’une drache bien locale se rapprochait à vue d’œil, il nous fallut faire notre première traversée sur un « pont » réduit à son plus simple élément, c’est-à-dire deux bois croisées descendants dans l’eau. Toujours avec nos sacs de 20 kilos sur le dos et alors chaussés de nos bottes, nous glissions donc sur le premier bois pour remonter, le plus sereinement possible et en évitant tout dérapage incontrôlé, la deuxième partie du pont. Pour toute aide : des piquets de bois particulièrement instables enfoncés dans la vase ! Le premier passage était assez délicat, mais après une quinzaine d’expériences, nous le faisions les yeux fermés et les doigts dans le nez…

Le campement n’était plus loin. Quelques centaines de mètres plus loin et nous arrivions dans une clairière au milieu des arbres gigantesques et de la végétation abondante. Là, étaient construits 3 baraquements sur pilotis à environ 1 mètre de hauteur, deux étaient consacrés aux chambres et le troisième à la pièce commune (avec hamacs, petit bar et tables) et à la cuisine. Nous avions à peine franchi la porte battante de la pièce commune que l’orage éclata et que le déluge commença. Dans la forêt, il faisait très chaud et l’humidité était très élevée. Une sorte de mini singe venait nous piquer des bananes dès que nous avions le dos tourné. Et malgré le fait que notre guide n’arrêtait pas de nous dire que c’était un renard, « it’s a fox », nous ne l’avons jamais cru… Nous avons fait la connaissance de Marlène, une française venue seule avec un guide, de la cuisinière, et de Margarita, qui s’occupait de l’entretien et qui avait l’habitude de prendre sa douche sous la pluie. Après un bon repas avec des produits locaux et une bonne Iquitena, nous avons été découvrir nos chambres. Max et Impala en prirent une et les quatre autres s’installèrent dans la seconde. Les lits, protégés de moustiquaires, étaient aussi rustiques que l’endroit, ce qui faisait tout le charme de notre campement. Cette nuit là, épuisés par le voyage, le sommeil ne fût pas long à trouver !

Notre premier réveil péruvien fût très matinal. Il fallait profiter du lever du jour pour faire une promenade « birds watching » (observation d’oiseaux). Equipés de jumelles, nous avons retraversé le fameux pont et nous avons suivi la rivière, le Rio Tapira, à la recherche des jacanas, perroquets, ibis et autres très beaux oiseaux qu’abrite la forêt amazonienne. Le déjeuner qui a suivi nous a fait découvrir les bananes frites, plat courant dans ce coin du globe.

A peine le temps de souffler que Ulysse, le guide de Marlène qui parlait un peu français, attrape sa machette et nous emmène au fond de la jungle à la découverte de la flore impressionnante qui s’y développe. La forêt amazonienne est connue pour être la plus grande pharmacie du monde ou encore le poumon de la planète ! La biodiversité qu’on y trouve est unique au monde et valait donc bien quelques explications. Mono et Jose nous ont donc frayé un chemin à coups de machette, et j’avoue que nous n’avons pas vraiment compris comment ils arrivaient à s’y retrouver. Il n’aurait vraiment pas été de bon ton de perdre contact avec le groupe à ce moment, surtout que dans cette végétation on ne saurait distinguer un éléphant à 20 mètres. Et le fait que l’on ne voit rien est d’autant plus étrange qu’on entend beaucoup d’animaux et de bruits étranges qu’on devine fort proches. C’est au cours de cette matinée que nous avons eu le plaisir de goûter de gros vers blancs, que je tenais absolument à déguster ! On n’a pas vraiment découvert l’Amazonie sans avoir dégusté ce produit typique que nos guides trouvaient dans des sortes de noix de coco qui pourrissaient sur le sol. Un bon coup de machette, et Ulysse nous présentait sourire au lèvre l’apéro qui croque bien dans la bouche ! Nous nous sommes ensuite désaltérés en buvant de l’eau contenue dans des lianes et nous nous sommes protégés des moustiques en mettant les mains sur des termitières. Lorsque les termites avaient envahi nos mains et avant-bras, nous les écrasions et nous nous enduisions le corps de cet anti-moustique naturel. Les habitants prennent parfois une termitière complète qu’ils jettent dans le feu de leur maison pour être tranquilles pendant un bon bout de temps. Nous avons également observé des traces de jaguars, des fourmis géantes et dangereuses, des singes voltigeant au dessus de notre tête, des arbres à caoutchouc, des lianes avec lesquels nous imitions Tarzan, et bien entendu beaucoup d’autres choses également.

Rentrés tard de ballade, nous avons tenté de nous reposer un peu avant une fin d’après-midi, une soirée et une nuit particulièrement mouvementées (et le terme est faible) ! Vers 4h30, alors que le ciel était encore bleu, mais l’horizon fort menaçant, nous attrapions quelques affaires pour aller camper une nuit à la belle étoile au bord d’un lac. Malgré les conseils de nos guides qui nous expliquent qu’il va y avoir une pluie diluvienne toute la nuit, nous n’écoutions que notre courage et notre cœur d’aventuriers pour persévérer dans notre idée. Nous empaquetons donc un k-w, une lampe de poche et un hamac et nous repassons traverser le pont en direction du village : en route pour une bonne nuit sous les étoiles. Alors qu’on arrivait dans le village depuis lequel il fallait traverser une rivière et marcher 20 minutes, le ciel s’assombrissait très dangereusement et le déluge devenait inévitable ! Ulysse et Jose tentaient tant bien que mal de nous faire changer d’avis en nous expliquant que passer 10 heures sous la pluie dans la jungle n’était pas marrant et qu’une fois la rivière traversée, on ne la repasserait pas de nuit. Ca se voyait qu’ils n’avaient pas du tout envie de passer ce type de nuit, mais que si nous l’avions décidé, il faudrait bien le faire. A ce moment une hésitation envahit le groupe, les trois sart-tilmantois voulaient absolument continuer malgré tout alors que le doute naissait chez Impala, Max et moi-même. Les guides nous ont proposé un compromis : on attendrait une heure dans la dernière baraque du village, et juste avant la nuit, si il ne pleuvait pas, on traverserait, si il pleuvait on retournerait au campement ! Nous étions d’accord et nous nous sommes remis en route quelques centaines de mètres avant d’apercevoir un paresseux perché au sommet d’un arbre. Nous l’observions avec plaisir lorsque Ulysse nous demanda si nous voulions le voir de plus près. Nous avons donc répondu oui et nous nous sommes dirigés vers l’arbre. C’est à ce moment que le petit guide pris sa machette et commença à abattre l’arbre qui faisait tout de même une vingtaine de centimètres de diamètre, malgré nos tentatives pour le dissuader. Un bon quart d’heure après, l’arbre, toujours avec le paresseux impassiblement accroché à son sommet, s’écroula sur ses voisins. Malheureusement, l’animal était toujours bloqué trop haut et Ulysse entrepris donc d’aller le chercher ! Pas de bol pour lui, il s’est empalé l’entrejambe sur la souche de l’arbre qu’il venait de couper. Nous avons fini par faire descendre le paresseux sur un long bois et nous avons observé sa drôle de tête et ces longues griffes avant de le remettre dans un autre arbre. Cet animal bouge tellement peu qu’en saison des pluies il est couvert de lichens !

Après cette aventure zoologique, nous sommes allés attendre dans une maison du village pour voir quelle allait être la tournure des évènements. Les indiens nous regardaient passer et nous pouvions lire sur leur sourire : « Ils sont fous ces européens ! ». Et c’est finalement au moment où la douche a commencé que nous avons pris la décision de tout de même traverser la rivière… La nuit commençait à tomber et il était donc temps d’y aller. Au grand dam de nos guides, les dés étaient jetés, la nuit allait être dure ! Rien que le passage de la rivière était toute une aventure. L’eau recouverte de nénuphars se traversait sur un radeau en bois que Jose poussait à l’aide d’une longue tige qu’il enfonçait dans le sol vaseux. Le radeau était fabriqué avec des rondins de bois attachés ensemble par des cordes et le tout s’enfonçait de 10 centimètres dans l’eau lorsque l’on montait à son bord. Nous pouvions passer à quatre personnes maximum en même temps. Evidemment le débarquement était assez délicat, et en essayant d’atteindre la rive j’ai pratiquement fait un grand écart qui a causé l’explosion de mon pantalon…Après la traversée des deux groupes, nous avons repris notre chemin dans la forêt. Non seulement mon pantalon était en lambeaux, mais en plus nous étions déjà complètement détrempés. Une quinzaine de minutes plus tard, les guides se sont arrêtés au beau milieu du noir, entre quelques arbres, et nous ont annoncé que nous étions arrivés à l’endroit où nous allions dormir, près du lac. Il n’était que 18h30 mais il faisait déjà nuit noire et les lieux n’avaient, dans ces conditions, rien de bien sympathiques. Le lac était tout bonnement laissé à notre imagination ! Les guides avaient pris une bâche avec eux qui leur servait de k-w et qu’ils ont attachée à quelques arbres pour nous faire un petit abri sous lequel il nous était difficile de tous se tenir debout. A ce moment, il ne nous restait plus qu’à attacher nos hamacs et tenter de nous endormir…

C’est à ce moment que les têtes ont changé et que l’entrain fonceur s’est transformé en « qu’est ce qu’on fout dans cet enfer ? ». L’enfer vert, nous étions dedans et bien dedans ! Les guides ont vite compris ce qui nous passait par la tête et nous ont proposé de retourner. Tant pis pour la traversée en radeau de nuit… Nous n’avons pas hésité longtemps et nous avons rebroussé chemin. Les guides nous ont demandé d’être fort prudents car il y avait toutes sortes de serpents, d’araignées et d’autres bestioles peux recommandables qu’on risquait de croiser pendant la nuit. Bien entendu, nous n’avions que trois lampes de poche pour le groupe ! Les seuls animaux que nous avons finalement croisés étaient des crapauds géants de la taille d’un ballon de volley (ils rebondissaient d’ailleurs fort bien) et dont certains étaient venimeux. Nous avons donc retraversé la rivière sur notre radeau de luxe et sommes retournés vers le campement en nous demandant ce que les autres nouveaux arrivants allaient bien pouvoir penser des intrépides belges. La soirée ne faisait pourtant que commencer !

Effectivement, bien que nous avions l’impression qu’il était déjà fort tard, il n’était encore que 8h. Et comme le shaman venait pour une cérémonie de l’ayahuasca avec Marlène, nous en avons profité pour y participer également. Les 3 couples qui étaient arrivés au campement cette après-midi ont dû aller dans leur chambre pour laisser place à cette coutume amazonienne ancestrale. La cérémonie de l’ayahuasca est un rite de purification célébré par un shaman, celui-ci est une personne très respectée dans les communautés indigènes qui connaît parfaitement la jungle et les plantes qu’on y trouve. Au cours de cette célébration, le shaman nous a fait boire une boisson à base de plante, l’ayahuasca, dont le principal ingrédient est de la liane hallucinogène.

Nous avons commencé le rite en nous vidant l’esprit en nous concentrant sur un arbre sacré. Après ce moment, nous avons été installés en carré, assis par terre et espacés d’un bon mètre, par les guides qui prenaient la chose très au sérieux et qui servaient d’interprètes avec le shaman. Ensuite, ce dernier a commencé à fumer une énorme cigarette de tabac local dont il soufflait la fumée dans tous les coins de la pièce pour nous protéger. Seule une bougie éclairait encore un peu la pièce alors que le shaman se préparait à servir sa potion. Il a d’abord servi un petit verre sur lequel il a sifflé une mélodie pendant quelques minutes avant de le donner à Marlène qui bu la boisson, répéta dans sa tête une formule magique, et repris sa place,…. Le shaman resservit un deuxième verre et recommença son sifflement envoûtant avant que Jérôme ne goûte au breuvage à son tour. En une demi heure nous y étions tous passés et nous nous demandions ce qui allait bien pouvoir arriver ! L’ayahuasca est de couleur rouge et dégage une odeur épouvantable qui n’a de comparable que son goût ignoble.
Nous n’avions d’ailleurs pas pu manger avant cette soirée car l’ayahuasca ne ferait qu’un bref passage dans notre organisme… Le shaman nous a ensuite mis des liquides parfumés dans le cou, a éteint la bougie pour nous plonger dans le noir et a commencé à jouer avec des instruments de musique pour nous plonger dans une ambiance spéciale. Peu de temps après, les premiers effets se sont faits ressentir, et nous étions vite partis dans un autre monde imaginaire et sans notion des distances et de l’équilibre… L’effet de l’ayahuasca n’a pas été le même pour tout le monde, chacun ayant vécu l’expérience de manières très différentes. Un guide est toujours resté près de nous pour vérifier que tout se passait bien.

Je passe volontairement les détails de cette soirée qui se doivent d’être contés oralement au cas par cas plutôt que de se retrouver dans ce récit. Et ceci afin de garder une certaine intrigue. Je dirais juste que ce fût un moment très spécial où l’on perd les notions d’équilibre et de distance, que l’on a des visions de choses complètement irréalistes, comme Blanche Neige par exemple, et que cette potion ne se digère pas si facilement que ça. Environ quatre heures plus tard, nous étions tous revenus à notre lit nous demandant encore ce qui avait bien pu se passer cette nuit là ! Tous sauf une, Marlène, qui n’ayant pas ressenti d’effets a repris une dose de potion shamanique qu’elle digéra fort difficilement à en juger par sa tête le lendemain matin. Il paraît même qu’alors qu’elle retournait à Iquitos ce jour là, ils l’ont emmenée à l’hôpital !

Au réveil, nous avions encore du mal à comprendre ce qui nous était arrivé. Dans nos lits, nous nous repassions le film de la veille et nous échangions nos impressions. Les premiers pas furent difficiles pour moi, je pense que contrairement aux autres je n’avais pas encore récupéré toutes mes facultés d’équilibre. Comme le veut la tradition, nous avons commencé cette journée par un jus de citron et puis nous avons pris le chemin de l’Amazone afin d’aller nous y baigner, ce qui est un requinquant efficace. Nous étions un peu embarrassés par rapport aux 3 couples qui avaient dû se demander dans quel monde de fous ils avaient débarqué la veille.

Les guides voulaient nous emmener sur une île de sable au milieu du fleuve d’où nous pourrions nager. Evidement ils ont voulu tous nous faire embarquer (les 6 belges et les 3 couples) dans une pirogue qu’ils étaient sensés faire avancer grâce à un moteur qui traînait dans le village. Comme le moteur n’a jamais marché, nous avons cuit pendant une demi heure sous un soleil de plomb avant qu’ils ne fassent passer une partie du groupe dans un vrai petit bateau à moteur qui allait lui-même tracter la pirogue. Ca nous a donné de belles scènes avec la pirogue qui partait dans tous les sens et l’allemand (marié de manière contre naturelle à une péruvienne) qui tentait de tirer sur la corde pour garder le contact avec l’autre partie du groupe. Nous avons fini par arriver tant bien que mal à destination et nous avons profité des eaux chaudes amazoniennes pour nous baigner. Ceux qui avaient déjà vu l’épisode de Grey’s Anatomy où un patient revenait de la jungle avec un poisson coincé dans l’urètre, comprennent qu’il y a toujours un petit stress à ce baigner dans ces eaux.

Puisque les guides avaient réussi à réparer le moteur pendant que nous faisions des batailles de boue ou que nous jouions à remonter le courant, le petit bateau motorisé est reparti et nous allions redescendre le courant tous dans la pirogue. Evidement dès que tout le monde était prêt au départ : plus moyen de démarrer ! On allait donc se laisser aller au fil de l’eau… Alors que certains cuisaient de nouveau dans la pirogue et s’enduisaient de boue pour faire une protection solaire, j’ai opté avec quelques autres pour le retour à la nage. Ce qui m’a valu un bel effort lorsque je me suis rendu compte que le courant allait m’emmener bien trop loin et que j’ai du lutter pour rejoindre la berge.

Sur le retour, Matthieu a été surpris par une tarentule géante qui a traversé le chemin juste sous son nez. La surprise passée, alors que nous étions tous les deux, nous l’avons suivie pour bien l’observer et la photographier. Nous nous sommes bien entendu dépêchés d’appeler les autres pour leur montrer cette charmante bestiole. Et comme le guide la prenait en mains sans crainte, je me suis décidé à faire de même. Il n’y avait pas de danger tant qu’on ne l’écrasait pas.

Les problèmes mécaniques nous ayant fortement retardés, nous avons décidé d’aller rendre visite au shaman, qui nous avait invités, dans son village qui se situait bien plus enfoncé dans la jungle que notre campement. Après un repas composé, de nouveau, avec une sorte de cœur de palmier râpé au citron, nous avons remonté la rive du Rio Tapira à travers des paysages superbes. C’était certainement les plus belles vues que nous ayons eues de l’Amazonie. Le lit de la rivière presque à sec était verdoyant et bordé d’une jungle pratiquement impénétrable dans laquelle voltigeaient les oiseaux et les grands papillons colorés.

Le shaman nous accueillit dans un très beau village où il nous montra les principaux ingrédients de l’ayahuasca. Après quoi nous avons entamé une partie de foot entre la Belgique et le Pérou sur un terrain bien vert mais également plein de trous. La chaleur et l’humidité ambiante rendaient le match particulièrement difficile face à une équipe habituée à ces conditions. La sélection belge a malgré tout livré une prestation héroïque en tenant le nul vierge jusqu’à la fin des prolongations avant de s’incliner avec les honneurs aux tirs au but. Déshydratés, nous avons dévalisé le stock d’eau du petit magasin de forêt et nous avons fait les photos officielles de la rencontre.

La nuit étant tombée, le retour fût de nouveau assez folklorique. Jose voulait nous faire redescendre la rivière sur une pirogue dont il aurait besoin plus tard dans la soirée près du campement. Malheureusement pour lui, mais heureusement pour l’aventure, la rivière étant vraiment trop à sec et l’embarcation vraiment trop chargée par le poids de sept personnes, nous touchions le sol en permanence et nous sommes restés bloqués plusieurs fois. Jose étant alors obligé de descendre tirer la pirogue pour la remettre à flots et de recommencer ce manège tous les 10 mètres. Il finit par accepter notre proposition, qui était de descendre et de poursuivre à pieds pour faciliter son trajet. Ils restèrent à trois dans la pirogue tandis que les quatre autres, nous partions sur la rive pour une aventure pédestre. Ce qui a mis beaucoup de piment dans la soirée, c’est que nous marchions de nuit noire sans lampe de poche dans des marais abritant des animaux aussi sympathiques que les caïmans ou les anacondas, sans compter l’invasion de moustiques et autres insectes très amicaux. Me prenant d’une crise de motivation, je pris la tête du groupe d’un bon pas. Et régulièrement, nous entendions un « bloup » provoqué par un pas mal placé qui m’envoyait dans la vase jusqu’aux cuisses ! Avec l’aides des amis, je ressortais et nous recommencions notre ballade à tâtons jusqu’au prochain faux pas. A chaque fois, Jose qui avait la seule lampe mais dont nous nous étions de plus en plus éloigné criait pour voir si tout allait bien. Nous avons un peu retrouvé l’ambiance d’un bon vieux jeu de nuit scout mais dans un des conditions et un décor nettement plus impressionnants !

Après un souper bien mérité, nous sommes repartis vers la rivière pour la chasse au caïman. A peine arrivés à dix mètres du rio que nous avions repéré l’œil rouge d’un de ces fameux reptiles. Mono, un troisième guide, monta dans la pirogue, que nous venions de ramener, avec trois observateurs privilégiés puis s’approcha doucement du saurien. D’une manière que je déconseillerais à toute personne non-initiée, il plongea sur le petit caïman qu’il attrapa et ramena fièrement. C’était un très jeune animal qu’on a pu prendre en main avant de le relâcher dans son habitat naturel. Heureusement que nous ne sommes pas tombés sur la mère car elle aurait été beaucoup moins amusante que le fiston !

Le quatrième jour dans la jungle a été l’occasion de faire une activité que nous attendions beaucoup : la chasse aux piranhas ! Nous avons donc commencé la journée par une très belle balade en direction d’un lac situé à plus ou moins une heure et demi de marche du campement. Pour y arriver, nous avons traversé des cultures de bananes, mais surtout encore un pont typique qui était cette fois complètement sous l’eau. Nous marchions donc en équilibre sur un tronc que l’on ne voyait pas mais que nous devinions !

Arrivés à un superbe lac, Jose nous a montré la technique à appliquer pour une bonne pêche pendant qu’un brave homme habitant dans un petit paradis avec sa famille traversait l’eau sur une toute petite pirogue pour venir nous chercher. Je fus le premier à embarquer avec lui en direction de sa maison où il vit presque en parfaite autarcie de la pêche, de l’agriculture, de la chasse ou des cueillettes. En fait, tous les indiens que nous avons rencontrés dans la jungle vivent de cette manière, mais cette famille était vraiment la plus isolée que nous ayons vue. Arrivé devant la maison, j’ai été très surpris que le fils aîné essaie de me dire quelques mots en anglais. En fait, chaque fois qu’il voit un blanc venir pêcher le piranha avec ce guide, il se force à retenir quelques mots d’anglais. Cet adolescent m’a vraiment marqué par sa sympathie et sa débrouillardise. C’est lui qui nous a emmenés pêcher sur sa pirogue ou qui nous a créé un chemin différent pour le retour grâce à sa machette. Alors que sur le chemin du retour nous étions à bout de force à cause de la déshydratation, il nous a également coupé une liane à eau en plusieurs gourdes naturelles.

Pendant que certains nageaient avec les piranhas (ce qui n’est pas dangereux tant qu’on a pas de trace de sang sur soi), d’autres les pêchaient pour le dîner. Le matériel était bien entendu rustique : un bout de bois avec un fil et un crochet rouillé au bout. La technique était d’attacher un bout de viande avariée au crochet, de jeter sa ligne à l’eau et de tirer sa prise d’un coup sec dès que l’on sentait une bonne prise. Quand nous n’avions plus de viande, nous coupions une de nos prises avec laquelle on attrapait ses congénères ! Ca parait très simple comme ça, mais c’est beaucoup plus compliqué en réalité. Nous avons attrapé 5 poissons, mais nous en avons coupé trois directement alors que les deux autres ont fini en entrée pour le dîner. Et c’est du bon poissonet le piranha !

Lors de cette matinée, nous avons encore été observer des nénuphars géants, puis nous sommes repassés vers le fameux lieu de camping de la deuxième soirée qui était nettement plus beau de jour que de nuit ! Nous avons fait une dernière traversée sur le radeau qui a malheureusement cédé en pleine traversée, ce qui n’a pas manqué de nous procurer quelques sensations.

Après toutes ces aventures, il était déjà temps de rempaqueter tous nos vêtements, pleins de boue et bons pour un nettoyage complet, dans nos sacs et de retourner vers le bateau à destination d’Iquitos. Le chemin du retour a été beaucoup plus calme que l’aller. La fatigue de ces quatre jours nous avait assommés. Notre tête, déjà remplie de souvenirs était partagée entre la tristesse de quitter ces lieux mystiques et l’impatience de repartir vers de nouvelles aventures. Ca ne faisait que quatre jours que le voyage avait commencé et pourtant nous avions l’étrange impression d’être partis depuis bien plus longtemps. Le voyage se serait même terminé là que nous aurions déjà pu nous dire que nous avions passé des vacances magnifiques !

A Iquitos, nous avons trouvé une très sympathique auberge de jeunesse avant d’aller manger des spécialités locales dans un restaurant conseillé par Jose. Nos avons ainsi goûté le foie de tortue, l’alpaga, le caïman, etc… Avant d’aller voir le match Pérou – Colombie dans un café, nous avons également tous acheté un t-shirt souvenir et fait connaissance avec deux enfants de la rue, Diana et Luis.

Après une nuit bonne mais courte, à 5h30, nous avons repris notre dernier mototaxi en direction de l’aéroport pour un vol bien matinal. Et même si Matthieu et Cédric on cru se faire enlever par un chauffeur fou, nous avons bien tous embarqué en direction de Lima d’où nous reprendrions un vol vers les Andes et la très belle ville de Cusco. C’est ici que s’est terminée la première étape d’un voyage qui n’en était encore qu’à ses débuts.

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2ème étape : Cusco et le Machu Picchu

La deuxième étape de notre trip a donc commencé avec le vol Lima – Cusco qui allait nous faire passer de 0 mètre d’altitude à 3300. Dès notre arrivée le paysage avait bien changé, mais le défi du jour était surtout de s’adapter à l’altitude. Lorsque l’on va skier dans les Alpes, nous dépassons rarement les 2400 mètres, or ici nous étions déjà bien plus haut.

Nous avions repéré dans les guides un quartier qui avait l’air sympathique, et c’est dans cette direction que nous avons demandé à un taximan de nous emmener. Arrivés sur la belle place de San Blas, nous nous sommes mis en quête d’un hôtel que nous avons vite trouvé. La moyenne des prix que nous acceptions de payer pour une nuit était de 2,5 euros, ce qui peut certainement vous donner une idée du côté rustique de nos logements. Pourtant nous nous sommes retrouvés dans un endroit très sympathique avec une vue magnifique sur la cuvette andine dans laquelle s’est développée la ville. Le patron, très amical, avait bien évidement le traditionnel calendrier de pin-up dans sa cuisine et les douches glaciales ont marqué le début d’une longue disette sanitaire ! Le trajet vers l’auberge fût la première réelle épreuve contre l’altitude car à Cusco, aucune route n’est plate. Nous avons donc emprunté une rue en escalier, chargés de notre sac, et nous avons directement senti que le problème de souffle n’était pas qu’une légende ! Une bonne tasse de thé de coca, recommandée pour lutter contre ces circonstances particulières, n’a donc pas été de refus. Et enfin, la soirée a été calmement occupée par une découverte nocturne du centre ville, de la Plazza de Armas et par un bon restaurant, avant de se terminer par notre premier Pisco Sour au « Muse » qui allait devenir notre point de chute pour les soirées à venir.

La 6ème journée du voyage fût l’une des plus calmes avant de reprendre une série infernale d’aventures. Nous l’avons principalement consacrée à l’organisation de la suite de notre parcours, à la visite de la ville et de ses environs ainsi qu’à quelques achats. La première chose à faire absolument était de trouver des motos à louer pour aller visiter la Vallée Sacrée des Incas le lendemain. Après avoir fait plusieurs agences, nous avons trouvé celle qu’il nous fallait ! On nous y proposait des motos en bon état, pas chères et on nous promettait une brève séance de cours avant le départ. Nous avons payé un peu plus de 20€ pour une journée de moto alors qu’on aurait certainement payé 6 ou 7 fois le prix en Belgique. De toute manière, nous n’aurions pas pu le faire chez nous puisque seul Max avait son permis moto. Nous avons été surpris en voyant la taille des engins que nous allions devoir conduire et la tête de la fille de l’agence n’était pas triste non plus quand nous lui avons dit que nous ne savions pas conduire ce genre de truc ! Nous avons poursuivi nos tâches par la réservation des trains qui allaient nous ramener d’Aguas Calientes à Cusco trois jours plus tard et nous transporter jusque Puno le jour suivant. Ensuite, ce fut le tour de la préparation du trajet aller pour Aguas Calientes, mais là aucune réservation n’était possible : il nous faudrait attraper un bus le jour même. Toujours dans le volet organisationnel, nous avons du changer les billets d’avion que nous avions (!!!) acheté la veille à Lima car on nous avait refilé des billets Lima-Arequipa à la place de tickets Arequipa-Lima. Nous avions toujours utilisé la compagnie Lan Peru jusque là, mais pour l’occasion, nous avions choisi Aerocondor et nous n’étions pas au bout de nos surprises avec eux ! Evidement, dans ce style de compagnie aérienne, personne ne parle l’anglais correctement et comme personne ne parlait bien l’espagnol de notre côté, ça n’arrangeait pas les choses. Ce qui avait d’ailleurs causé la première erreur et qui nous a donné pas mal de difficultés pour la résoudre. Mais en persévérant, on arrive toujours à ses fins !

Après ces détails organisationnels, nous avons testé notre premier resto à 70 cents ! Et nous allions en faire beaucoup d’autres… Pour ce prix plus que modiques, nous avions toujours un menu avec une soupe composée de pâtes, de patates, de légumes et de gras en entrée. Venait ensuite, le steak and rice traditionnel : un steak d’alpaga, un pâté de riz, une feuille de salade, deux rondelles de tomates et deux rondelles de concombres avec parfois 3 ou 4 frites. Nous avons souvent profité de cette formule économique tout au long du séjour.

L’après-midi, nous avons gagné les hauteurs de la ville pour visiter la forteresse de Sacsayhuamán, vestige de l’époque Inca. Lors de la conquête du Pérou, les espagnols ont détruit tout ce que ceux-ci avaient construit. Il ne reste aujourd’hui que très peu de vestiges de cette civilisation tellement particulière et mystérieuse. A Sacsayhuamán ont retrouve encore les bases des remparts et de tours de la forteresse. Comme dans la ville de Cusco, on peut encore y admirer quelques murs bâtis de spectaculaires blocs de pierres qui s’emboîtent au millimètre prêt et ont ainsi une stabilité incroyable. Le plus gros bloc de ces remparts faisait 9 m de haut, 5 m de large et 4 m d’épaisseur, pour un poids d’environ 350 tonnes ! Difficile de s’imaginer comment les Incas qui disposaient de très peu d’outils arrivaient à transporter ces blocs dans un relief parfois vertigineux et à les tailler avec une telle précision. De là-haut, une superbe vue sur la ville s’offrait à nous. Alors que nous étions montés en taxi, nous avons choisi de redescendre à pied par un chemin au bord du quel nous avons tous acheté un bonnet de laine d’alpaga pour nous tenir chaud durant les froides soirées andines.

Le climat de Cusco était bien différent de celui d’Iquitos. Nous étions ainsi passés du bassin amazonien chaud et humide aux Andes où il faisait beau et agréable la journée mais où la température chutait pendant la nuit. Les polars et les bonnets étaient donc de sortie dès que le soleil était couché. Soleil qui se couche d’ailleurs très vite : en 15 minutes on passe du jour à la nuit noire. Il était donc temps de bien réfléchir à ça avant de s’aventurer n’importe où et n’importe quand !

La soirée commencée au « km 0 », où mes amis diront que j’ai fort mal mangé, a continué au « Muse » avec des Pisco Sour et des musiciens locaux, avant de se terminer au bord du brasero de l’hôtel à admirer la ville illuminée.

Une journée folle, une « qui fait des souvenirs » comme le veut mon expression préférée, nous attendait le lendemain avec le parcours de la Vallée Sacrée en moto de cross, des 250 pour être précis. Et comme je l’ai déjà écrit, nous étions 5 à n’être jamais montés sur une moto pour un seul qui avait son permis ! Nous avons donc commencé par quelques leçons. Un instructeur a emmené chacun l’un après l’autre dans une petite rue déserte et plate afin de nous apprendre à démarrer et à passer les vitesses. Après avoir calé quelques fois, chacun a été apte à partir. Je vous laisse imaginer les critères demandés pour être prêt à une journée de moto dans les cols andins ! Le hic pour moi c’était que le garage se trouvait dans une rue bien en pente et que comme j’étais encore fort hésitant, j’ai calé trois fois avant d’arriver à partir complètement en zigzags et de toucher au passage la moto de Max. La fille de l’agence était, à ce moment, la tête entre les mains à se demander pourquoi elle nous laissait partir. L’instructeur qui a fait les 500 premiers mètres avec nous, nous a abandonnés à notre sort à un barrage de police où j’ai de nouveau craint de ne jamais redémarrer. Avant de nous laisser il nous a bien dit de ne pas dépasser les 50 km/h comme nous étions novices.

Nous étions parti pour une journée inoubliable sur les routes sinueuses et parfois vertigineuses des Andes. Des paysages extraordinaires s’offraient à nous à chaque virage et nous traversions des petits villages de plus en plus isolés. Alors que je respectais scrupuleusement les conseils de vitesse de l’instructeur, les cinq autres motards commençaient directement à tenter de faire exploser l’aiguille de leur compteur. Pourtant je reste convaincu de ne pas être un couillon, comme ils le pensent, mais plutôt un jeune homme prudent et un peu stressé, c’est vrai, par la découverte d’un sport mécanique comprenant tout de même certains risques ! Au premier arrêt, j’ai d’ailleurs réussi à faire tomber ma moto qu’on a eu bien du mal à faire redémarrer et je me suis encore planté 500 mètres plus loin presque à l’arrêt.

Notre première étape a été Ollantaytambo, à un peu moins de 100 kms du départ, où nous avons laissé nos motos sur la très belle place du non moins très beau petit village. La réputation d’Ollantaytambo est due au vestige d’une autre forteresse Inca que nous avons visitée et dont nous avons escaladé les très beaux escaliers. Je dois bien dire qu’on en jetait pas mal tous habillés avec notre veste de motard et notre casque au bras. Tous les regards se sont posés sur nous ! Mais comme la journée était déjà fort bien entamée et que avions d’autres visites à faire, nous ne nous sommes pas attardés de trop. Nous avons repris la route en sens inverse, et vu l’horaire serré que nous avions, nous avons donné un coup d’accélérateur supplémentaire. Dans de belles lignes droites de la vallée, j’ai fait une pointe à 93 km/h mais, même à cette vitesse, je me faisais larguer par le reste du « Joe Bar Team » (pour ceux qui on lu la BD du même nom). Nous avions très envie d’aller voir les Salinas de Maras, et pour ce faire nous avons du quitter la route et nous aventurer sur des pistes magnifiques. Ici, c’était de la vraie moto cross ! La piste s’est mise à descendre fortement, et nous l’avons suivie en hésitant un peu entre une attention de tous les instants et la tentation de perdre son regard dans les paysages vertigineux qui nous entouraient. Et si vous voulez mon avis, il valait mieux ne pas faire une sortie de piste qui se serait avérée impardonnable à certains endroits !

Les salinas ont fini par se dévoiler à notre regard. Il s’agit de 4000 bassins de sel qui on été fabriqués de mains d’hommes afin d’en extraire le sel. L’endroit était vraiment très impressionnant et malgré notre retard, nous n’avons pas résisté à aller nous balader au beau milieu de ce décor particulier. La remontée de la piste que nous venions de faire a été un réel plaisir malgré une petite chute dans un tournant quand j’ai failli rentrer dans Jérôme qui allait pour une fois moins vite que moi. Un peu plus tard, c’est Max et Cédric qui roulaient hors piste qui on fait une chute sans gravité pour Cédric mais avec un mal de genoux pour Max. Le chrono avait bien tourné et comme nous le craignions la nuit tomba comme un couperet nous plongeant dans l’obscurité totale. Alors que nous devions rentrer pour 6h, nous ne pouvions déjà plus espérer être de retour avant 18h30. Max n’avait même pas de phare ! Un grand stress nous envahit quand un conducteur s’arrêta à côté de Matthieu, Thibaut et moi-même qui étions derrière pour nous dire : « amigo accidento ». Nous avons repris la route pour aller voir se qui s’était passé. C’était Jérôme qui était tombé. Matthieu ne le vit pas sur le bord de la route tandis que Thibaut n’avait pas bien compris ce qui s’était passé et continua. Vive les amis quand on en a besoin ! Heureusement que je suis arrivé ! Je rigole bien entendu parce que je n’ai pas manqué de les charrier par rapport à cela par la suite. Jérôme avait en fait été ébloui par les phares d’une voiture venant en sens inverse juste au moment où une bergère traversait la route avec son troupeau. Jérôme n’a pu éviter un bœuf et donc l’embardée. Heureusement il n’était pas touché physiquement hormis des éraflures, mais ça a été un fameux choc ! La moto qui avait été mise sur le côté ne démarrait plus et de toute manière Jérôme n’avait plus trop envie de la conduire. J’ai donc attendu avec lui que les autres s’inquiètent et viennent voir ce qui s’était passé. Une heure plus tard, alors que nous commencions à geler sur place, Thibaut est revenu, puis après quelques explications, il est reparti chercher l’instructeur. Nous n’étions heureusement plus très loin de Cusco et celui-ci est arrivé, a réparé la moto et repris Jérôme en selle tandis que Thibaut conduisait le troisième engin. Et comme le phare de Jérôme et de l’instructeur ne marchait plus, j’ai du les coller le plus possible pour que mon phare éclaire pour les deux motos. Jérôme en fût finalement juste quitte pour quelques dollars de réparation. Je ne sais pas si vous pouvez vous imaginer à quel point j’étais heureux de voir que nous étions tous arrivés entiers à destination !

Il nous a bien fallu une pizza et des Pisco Sour pour nous remettre de nos émotions et pour arrêter mes jambes de trembler ! Que cette nuit fût bonne…

L’activité qu’on allait enchaîner directement était de se rendre au Machu Picchu récemment élu par un sondage populaire comme une des sept nouvelles merveilles du monde. Et comme Aguas Calientes, le village se trouvant au pied de ce merveilleux site, n’est pas accessible par la route, il y a trois possibilités pour s’y rendre. La première de celles-ci, et la plus commune, est de s’y rendre en train. Le monopole sur la voie de chemin de fer étant détenu par les anglais, le prix a flambé pour devenir la ligne la plus chère du monde au kilomètre ! De plus c’est extrêmement touristique et les habitants locaux ont le droit de prendre un autre train qui leur est réservé et heureusement moins cher. La deuxième possibilité est d’y aller à pied en 4 jours par le célèbre chemin de l’Inca. Le problème c’est qu’il faut réserver plus de 4 mois à l’avance et que ça coûte 200$. Il reste enfin un troisième possibilité beaucoup moins connue et utilisée, mais beaucoup plus amusante aussi. Pour ce faire, il faut prendre un bus pendant 6 heures qui nous fait traverser les Andes avant de prendre une camionnette pendant 2 heures qui nous fait contourner le Machu Picchu, puis enfin marcher pendant 2 heures également en suivant une ancienne voie ferrée qui arrive à Aguas Calientes. Nous avons bien évidement choisi cette dernière solution pour l’aller, et nous sommes revenus par le train ensuite.

Pour le départ de l’expédition, nous nous sommes rendus au terminal de bus. Le terminal local qui est d’ailleurs bien différent des terminaux touristiques. La place grouillait de péruviens chargés comme des mulets qui retournaient vers les villages de la montagne après un approvisionnement ou un bonjour à la famille. Nous avons fini par trouver un bus, dont l’heure de gloire était derrière lui, dans lequel il restait de la place et nous étions partis pour un spectaculaire voyage de 6 heures. Une fois que les sièges du bus étaient remplis, le chauffeur n’hésitait pas à vendre des tickets pour des places debout dans l’allée ! Nous étions donc bien chargés pour directement attaquer un bon tronçon de piste. Le premier arrêt a été causé par un bœuf qui avait traversé la route et dont la corde fixée de l’autre coté s’était prise dans les roues du car. Il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas moyen de s’ennuyer pendant ce style de voyage ; admirer les paysages et les villages traversés était déjà tout un plaisir. Après plusieurs heures, nous avons fini par franchir un col à 4000 mètres d’altitude pour déboucher sur une vallée très verte où les montagnes étaient de plus en plus recouvertes par la forêt tropicale. Nous étions dans un drôle de mélange entre les Andes et les prémices de l’Amazonie. Pas de problème de ravitaillement dans les cars péruviens, il y a toujours bien une vendeuse avec des beignets (ici des beignets aux pommes succulents). La descente fût mémorable car la route s’arrêtait au sommet (elle était en construction) et que nous avons donc dévalé la montagne sur une piste de terre pas toujours en excellent état. Quoiqu’il en soit, après la traversée de quelques villages dans la vallée, nous avons fini par arriver à Santa-Maria où nous avons directement sauté dans une petite camionnette Volkswagen en direction de Santa-Teresa !

Le chauffeur à chargé 20 personnes plus 4 enfants sur le toit ! Avec nous il y avait également trois espagnols, les autres étant des habitants de la montagne dont plusieurs écoliers qui rentraient chez eux après les cours. Le conducteur partit sur des chemins étroits qui bordaient le vide à toute allure. Nous voyions des gens qui traversaient la vallée grâce à des câbles auxquels était attachée une petite balançoire qui servait de siège. Alors que nous étions lancés à vive allure sur ces pistes qu’on ne croyait exister que dans les films, une autre camionnette qui descendait nous boucha le chemin, ce qui ne fit pas plaisir à notre chauffeur. Aucun des deux ne voulant reculer pour laisser passer l’autre, ils sont sortis des véhicules pour s’engueuler. Mais dès qu’ils mirent un pied sur le sol, l’autre conducteur prit un couteau et commença à poursuivre son adversaire qui courrait autour notre VW. Celui-ci attrapa un outil de justesse, la femme de l’autre sortit avec une sorte de bar à mine et ils finirent par s’expliquer et à tomber d’accord. Nous avons finalement pu reprendre notre folle ascension avant d’entamer une redescente sur un autre versant. Bref, après une fin de parcours miraculeusement sans problème et un passage par Santa-Teresa, nous avons été déposés à Hydro Electrica, la centrale électrique de la région. J’avoue ne pas très bien comprendre comment des gens font pour vivre et construire des minis villes et des centrales électriques dans des endroits aussi reculés mais non moins superbes !

A partir de Hydro Electrica, il ne nous restait « plus » qu’à suivre l’ancienne voie de chemin de fer qui devait nous mener jusqu’à Aguas Calientes. La marche était fort agréable, mais le temps nous était compté car la nuit n’allait pas tarder à tomber. Une heure plus tard, il faisait d’ailleurs nuit noire et nous avons sorti les lampes de poches pour continuer. Après le coucher du soleil, nous avons encore continué une heure dans ces conditions. Et c’est après avoir traversé quelques tunnels que nous avons atteint notre but et que nous avons trouvé un hôtel pour presque rien en 5 minutes. L’hôtelier bien sympathique nous a d’ailleurs aidé à acheter nos billets pour le Machu Picchu et nous a trouvé un resto fort bon marché avec de l’excellent vin ! Nous avons fini la soirée devant le match Pérou – Bolivie avant d’aller nous coucher car le réveil suivant serait particulièrement matinal.

Etait enfin venue la journée consacrée au mythique Machu Picchu ! Et comme nous n’avions pas l’habitude de faire dans la dentelle et le gringo (qualificatif caractérisant fort bien les touristes américains), nous avons choisi de nous y rendre à pied. Le moyen le plus courrant d’y aller étant de prendre les bus qui se succèdent à la chaîne dans un col construit pour cela. Et comme il faut être tôt au dessus pour en profiter au maximum, nous avons pris le chemin vers 5h30 ! Evidement nous n’avions pas déjeuné et nos bouteilles d’eau étaient vides. On s’est dit que ce n’était pas bien grave, que nous arriverions bien jusqu’à l’entrée comme ça et que nous nous ravitaillerions sur place. Nous avons donc grimpé pendant 1h30 sur ce chemin construit par les Incas à l’aide de pierres, ce qui en fait une sorte d’escalier irrégulier pas si facile à escaler. Je suis arrivé au dessus complètement à sec et je ne rêvais déjà que d’une chose : une bouteille d’eau. Malheureusement, contre toute attente, rien n’était encore ouvert à l’entrée du site ! Et comme seuls les 400 premières personnes pouvaient monter au sommet du Wayna Picchu, nous n’avions pas le temps d’attendre.

Après une heure d’attente, nous avons pu entamer la très exigeante montée du Wayna Picchu. Et bien qu’il soit conseillé de partir avec des réserves d’eau et que c’était un chemin difficile, nous sommes partis sans eau et déjà assoiffés avant de commencer. L’objectif de notre marche était d’atteindre le sommet de cette montagne où se trouvent les ruines de quelques habitations Incas. Tout le trajet je me suis répété qu’il fallait réellement un fameux problème psychologique, malgré l’extrême beauté des lieux, pour aller installer un village à cet endroit tellement difficilement accessible ! L’ensemble du site Machu Picchu et Wayna Picchu n’a été découvert qu’au début du 20ème siècle par un archéologue alors que les conquistadors espagnols ont très longtemps cherché l’endroit en vain. Quelques péruviens y vivaient pourtant toujours en autarcie ! Arrivés au sommet, un français nous donna quelques minutes de sursis en nous passant sa gourde, mais comme nous étions 6, nous n’avons osé prendre plus qu’une gorgée. Quoi qu’il en soit, le paysage était à couper le souffle et nous sommes restés un très long moment à admirer le Machu Picchu d’en haut avec les superbes vallées qui l’entourent.

La redescente, fort fort raide, s’est bien passée malgré la fringale que je sentais s’installer de plus en plus et le tremblement de jambe qui l’accompagnait. Je me suis englouti en 20 minutes un litre de Fanta (besoin de sucre), 1 litre d’eau (pour la soif), un sandwich et un brownies pour le déjeuner-diner. Ca a fait beaucoup de bien, il en était plus que temps. Après cette halte bien méritée, nous étions de nouveau prêt pour aller à l’exploration du plus célèbre des sites Inca. Nous nous sommes longuement promenés dans les rues du Machu Picchu et nous en avons visité ses différents quartiers, les ruines du temple du soleil, les terrasses ingénieusement construites en bordure de gouffre,… Nous avons également été voir le pont de l’Inca qui est construit en pierres à flanc de falaise et qui donne le vertige rien qu’en le regardant ! Nous sommes également restés en admiration, assis paisiblement, devant cette merveilleuse construction humaine. Si c’est en Amazonie qu’on a fait le plus de choses folles et en Bolivie qu’on a vu, pour moi, les plus beaux paysages, c’était certainement ici que nous avons vu l’endroit le plus mystérieux et la réalisation la plus impressionnante des mains de l’homme. Le Machu Picchu est aussi le lieu que nous ayons vu qui se reproduit le moins facilement en photo, et on pourrait dire tant mieux car ça oblige à aller sur place pour s’en rendre compte !

Alors que nos genoux commençaient à souffrir, nous avons encore redescendu le chemin vers Aguas Calientes avant de prendre un bain bien mérité dans les eaux fraîches de l’Urubamba. En fin d’après-midi, il était déjà temps de retourner vers Cusco, et le trajet retour fût beaucoup moins sympathique que l’aller puisque nous l’avons fait en train. Ce fameux train le plus cher du monde où le luxe jure avec le pays et qui est rempli de touristes fatigués par leur journée ! A Cusco, nous nous sommes remis de nos efforts avec des hamburgers géants accompagnés de jus de fruits fraîchement pressés, suivi évidemment des traditionnels Pisco Sour. Et c’est ici que s’est terminée la deuxième étape de notre voyage. Le lendemain allait laisser place à de nouvelles aventures !

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3ème étape : Le lac Titicaca et La Paz

Les trois étapes suivantes ont été beaucoup plus nomades. Bien que nous ayons déjà beaucoup bougé, nous allions carrément passer une douzaine de jours sans jamais dormir deux nuits au même endroit ! Cette troisième étape allait nous mener de Cusco à Uyuni, dans le Sud Ouest de la Bolivie, c’est à dire quelques milliers de kilomètres plus au Sud. Sur la route, nous sommes également passés par Puno et le lac Titicaca, ainsi que par La Paz.

Pour faire le trajet entre Cusco et Puno, nous avons reprit le train pour une journée complète. Nous étions ici dans un train qui nous correspondait déjà beaucoup plus, avec des locaux et quelques touristes plus aventureux que les gringos de la veille. Nous avions beaucoup tenu à faire ce trajet par voie ferrée afin de tester les différents modes de locomotion locaux. Et nous n’avons pas eu tort parce que nous avons passé une journée très agréable dans un paysage époustouflant ! Nous aurions pu rester dans ce décor des jours encore. Nous traversions de grandes plaines entourées de montagnes dans un paysage très sec et jauni par le soleil (c’était de nouveau dû à la fin de saison sèche dans laquelle nous nous trouvions). Au passage, nous pouvions apercevoir des villages et même des maisons isolés et entourés de troupeaux de lamas et d’alpagas. Nous entrions dans l’Altiplano, un grand plateau andin situé à 4000 mètres d’altitude et qui s’étend sur une bonne partie du sud du Pérou et sur le Nord de la Bolivie. Et comme je viens de le dévoiler, nous sommes encore montés d’un échelon en ce qui concerne l’altitude, Puno et le lac Titicaca se trouvant à 4000 mètres. Tout en profitant du paysage, nous avons également utilisé ce trajet de 10 heures pour faire des parties interminables de Président. La surprise du jour venait des hôtesses qui, bien que très classes à l’embarquement, se sont déshabillées pour passer la journée dans une sorte de maillot de gym intégral particulièrement moulant. Et vu le style des filles, beaucoup de passagers masculins avaient visiblement l’air perturbés, ce qui n’était pas du tout notre cas d’ailleurs ! Nous avons plutôt préféré prêter nos oreilles au groupe de musiciens qui animait le voyage (…) !

Puisque nos talents de négociateurs n’étaient déjà plus à prouver, arrivés à Puno, nous avons demandé à une rabatteuse de nous trouver un hôtel pour 10 soles (2.5€) la nuit. Ce qui fût fait, même si en réalité la chambre valait plus que cela. C’est typique du Pérou, à une certaine heure, ils préfèrent remplir leur hôtel à n’importe quel prix plutôt que de garder des chambres vides ! Nous avons également retrouvé dans cette ville une douche qui avait tellement fait défaut depuis plusieurs jours. Après un restaurant appartenant à une communauté religieuse un peu sectaire où on mangeait pratiquement pour rien, nous avons fait notre première vraie sortie nocturne en Amérique du Sud ! Nous pouvions nous le permettre, pour une fois, nous pouvions dormir le matin, le réveil était exceptionnellement programmé sur 8h !

Le lac Titicaca est le plus haut lac navigable du monde, et il s’étend sur le Pérou et la Bolivie. De plus, il s’agit d’un lieu et d’un nom mythique dans la naissance de la civilisation Inca. Une escapade sur ces eaux nous paraissait donc tentante. La visite matinale du lendemain sur les îles Huros n’a pourtant pas été ce que nous avons le plus apprécié de notre voyage. Bien que ces îles flottantes construites sur des couches de roseaux soient très belles et intrigantes, le cirque touristique qui y est organisé nous a quelque peu déplu. Après être arrivés avec un groupe de touristes sur une de ces petites îles flottantes qui devait faire 50 m², nous avons été docilement installés sur des bancs en roseaux pour assister à une séance d’explication et de mimes qui devait nous en apprendre plus sur la manière de construire ces villages flottants et sur les traditions des communautés locales. Les habitants étaient déguisés pour nous accueillir et nous vendre leur artisanat. Les femmes ont même chanté une chanson dans la langue de chaque touriste et, pour notre part, nous avons eu droit à « Gentille Alouette ». La situation était risible et nous étions plus gênés d’être là qu’autre chose. Au cours de la visite, nous avons également eu l’occasion de goûter du roseau et de faire un tour sur les très beaux bateaux qu’ils fabriquent toujours à base de roseaux ! Pour nous remettre de cette matinée, nous avons eu droit à un restaurant douteux où on nous a servi des pommes de terre pourries…

Nous avons ensuite pris la route de la Bolivie qui longeait le lac Titicaca et qui nous en offrait de très belle vue. La frontière péruvio-bolivienne n’a représenté aucun souci. Les deux postes frontières sont distants de 400 mètres et se franchissent à pieds tout en récoltant au passage les cachets nécessaires pour garnir notre passeport. Arrivés à Copacabana, nous avons du changer de car et embarquer à bord des transports boliviens encore plus rustiques que les péruviens. Il faisait alors nuit noire et nous ne pouvions plus que deviner les paysages. Et comme le pont sur le détroit au milieu du lac est inexistant, nous avons traversé ce passage sur un petit bateau pendant que le car embarquait sur un bac ! Bref, tout ça, ce sont des petites anecdotes qui pimentent un voyage… Le reste du trajet s’est bien passé et nous sommes arrivés à La Paz en soirée où nous avons suivi les conseils d’Heidi et nous sommes rendus dans une auberge ressemblant à un point de meeting entre des jeunes révolutionnaires gauchistes. Je pense que c’est l’hôtel le plus sale qu’ont aie trouvé sur notre séjour ! Peu importe, un bon hamburger géant et nous étions prêts pour aller goûter la bière bolivienne que les jeunes du pays avaient visiblement l’air d’apprécier. Notre bus du lendemain n’était qu’en fin d’après-midi, ce qui allait nous laisser le temps de profiter un peu de la ville et de dormir correctement.

La Paz est la ville qui connaît le plus grand dénivelé au monde ! Elle est installée dans une cuvette entre 3000 et 4000 mètres d’altitude… Je vous laisse imaginer les rues de la capitale bolivienne dans lesquelles il n’est pas facile d’en trouver une plate ! Depuis le nouveau règlement de la FIFA qui interdit les matchs internationaux au dessus de 3000 mètres, la Bolivie est même fort embêtée car elle ne peut plus jouer à La Paz… Il faut bien dire qu’il faut une fameuse condition physique pour y être tout à fait à l’aise et que l’on se retrouve vite à court de souffle. Tout cela ne nous a pas empêchés de nous balader sur les marchés dans les rues aux pourcentages fous. La Paz est également la seule ville au monde où les pauvres vivent en haut et les riches dans le bas. La raison en est qu’il y a une grosse différence de température entre 3000 et 4000 mètres et que donc les riches préfèrent laisser les places les plus froides aux habitants les plus pauvres. Une chose qui nous a marqué à La Paz, ce sont les gens encagoulés qu’on a pris un instant pour des FARC locaux mais qui sont en fait des cireurs de chaussures gênés par leur situation et qui s’en cachent donc de cette manière ! Ce matin là, nous avons multiplié les achats dans une ville où les prix sont réellement très bas. Malheureusement, ceci est dû au fait que la Bolivie est un des pays les plus pauvres du monde. Par contre, ici, on ne marchande pas d’un poil. Je me suis acheté un bon pantalon pour remplacer celui resté sur le radeau amazonien, Thibaut et Matthieu se sont achetés une veste en cuir pour 70 euros, nous avons tous acheté une vareuse bolivienne, Max devait quant à lui s’équiper en vêtements chauds pour les jours froids qui s’annonçaient. Quelques problèmes intestinaux m’ont empêché de continuer avec mes camarades et j’ai sauté dans un taxi pour retourner au plus vite à l’hôtel. Malheureusement, mon espagnol douteux, mon manque de connaissance de cette ville gigantesque et l’incapacité du chauffeur ont fait que je me suis retrouvé à l’autre bout de la ville dans un endroit dont j’ignorais le nom et la distance par rapport à l’auberge… J’ai dit au chauffeur de partir et j’en ai retrouvé un autre qui a finalement compris où je voulais aller. Ce qui est amusant, c’est que les 5 autres ont eu le même problème pour arriver à destination ! Sur cette petite aventure, nous avons repris nos sacs et nous sommes allés jusqu’à un point de vue sur la ville afin de bien nous rendre compte de la géographie particulière des lieux. Après cela, il était déjà temps de nous rendre au terminal de bus pour reprendre la route vers le Sud et vers Uyuni en particulier !

Le voyage entre La Paz et Uyuni, dans le Sud bolivien, fût certainement le plus inconfortable et le plus éprouvant que j’ai eu l’occasion de faire, mais quel souvenir et quelle aventure ! Je vous laisse imaginer un trajet de plus de 13h dans un bus qui devait déjà emmener les écoliers européens à l’école dans les années 70, le tout de nuit, dans le froid et sur une piste dans un état catastrophique. Nous avons simplement rebondi sur notre siège pendant toute la nuit. Mais vous ne savez pas encore tout, car une fois les places assises occupées, le chauffeur fait remplir l’allée centrale. Le car était dans un état de saleté difficilement concevable, et pourtant trois enfants dormaient à côté de moi dans l’allée. Ceux-ci roulaient par moment pour se retrouver sous mon siège. Ces enfants ont été remplacés un peu plus tard par une vieille dame qui avait des feuilles de coca collées sur le visage et qui a dormi également dans l’allée pendant quelques heures ! Il y avait très peu de touristes dans le bus, mais je me suis retrouvé par hasard à côté d’une suissesse alors que les 5 autres étaient inaccessibles avec les provisions au fond du car ! Bien entendu comme je m’endors dans n’importes quelles circonstances, j’ai tout de même somnolé légèrement, ce qui ne fût pas le cas de tout le monde. La pause à Oruro pour changer de bus ne nous aura même pas vraiment permis de nous dégourdir les jambes. Nous avons fini par arriver à 3h du matin dans ce village du bout du monde qu’est Uyuni, point de départ vers quelques uns des plus beaux paysages du monde ! Mais avant ces fameux paysages, il nous fallait tout de même récupérer quelques heures. Nous avons donc réveillé la moitié des hôteliers dont les établissement étaient complets avant d’en trouver finalement un qui nous a ouvert sa porte. Ce fût le plus bel hôtel dans lequel nous avons posé notre sac, mais la nuit fût également fort courte !

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4ème étape : Le Salar d’Uyuni et la Sud Lipez

Le lendemain matin, nous nous sommes directement mis à la recherche d’une agence avec laquelle nous pourrions partir pour un tour de trois jours à travers le Salar de Uyuni et le désert du Sud Lipez. Ce ne sont pas les possibilités qui manquaient et nous en avons finalement présélectionné deux. La première était une agence dont nous ne connaissions pas la réputation mais avec un guide qui parlait anglais, alors que la deuxième nous avait été recommandée mais il n’y avait que des guides parlant uniquement l’espagnol. Nous avons tout de même choisi cette dernière, « Colque Tour », et notre guide a été Donato qui venait à peine de terminer un groupe et qui remettait cela directement ! En une heure, tout le monde était prêt, nous avions acheté de l’eau, les sacs étaient empaquetés dans une bâche sur le toit du 4×4 bleu et Donato avait fait un bisou à sa femme. Il a également fallu aller mettre un cachet dans notre passeport à un bureau de douane car nous avions pris l’ « option aller simple » en direction du Chili ! Après un bref passage dans un cimetière de vieux trains, nous étions partis pour l’aventure…

Quelques kilomètres plus tard, nous sommes entrés dans le fameux Salar d’Uyuni ! Il s’agissait ici du plus grand désert de sel du monde. En y arrivant, on pénètre dans une étendue immense, plate et totalement blanche. Blanche à perte de vue ! La luminosité y est difficilement supportable pour les yeux sans lunettes, et pourtant l’éclat du sel est tellement beau au naturel. Il était très facile de s’imaginer sur une grande étendue de neige malgré la solidité du sol et le goût peu rafraîchissant du sol. Nous nous sommes donc enfoncés dans ce décor pendant un long moment. En chemin nous croisions des exploitations d’extraction ou encore un hôtel complètement construit en sel. Dans cette étendue, s’élèvent quelques îles dont une au bord de laquelle nous avons pique-niqué avec les yeux éblouis et ébahis. Cette île était couverte de cactus géants d’environ 6-7 mètres de haut à côté desquels nous nous sentions vraiment tout petits ! Un vent sec et froid ne rencontrait aucun obstacle sur ces étendues, mais ça ne nous a pas empêché de faire des séances photos et même à Thibaut de se constituer un book pour présenter sa veste en cuire qu’il ne quittait plus des yeux.

C’est les yeux déjà pleins d’étoiles que nous sommes arrivés dans un petit village où se trouvaient des dortoirs agréables. Et bien que nous ayons voulu aller voir le coucher du soleil, celui-ci s’est couché dans notre dos et nous avons donc juste respiré une dernière fois pour ce jour l’air pur et salé du salar. Malgré nos gros pulls, nos gants et nos bonnets, il ne fait toujours pas chaud quand le soleil s’est à couché à 3300 mètres. Nous avons de nouveau passé notre soirée à jouer au président, mais cette fois avec une et un anglais.

Le réveil fût bien évidement très matinal pour pouvoir profiter un maximum de la très belle journée qui s’annonçait. Une fois le 4×4 rempaqueté, nous laissions derrière nous l’étendue de sel pour nous diriger vers le désert du Sud Lipez. Celui-ci m’avait été annoncé comme un des plus beaux décors du monde, et je pense que c’est bien vrai. C’est en tout cas ce que j’ai vu de plus beau à ce jour. Le voyage nous menait d’un décor extrêmement plat à des pistes de pierres et de poussière avec beaucoup plus de relief. San Juan était le dernier petit village avant des centaines de kilomètres inhabités. Evidemment je n’ai pu résister à y acheter quelque chose afin que la seule trace que nous laissions dans ce petit bled du bout du monde ne soit celle d’un pneu. Je pense, et je suis même certain, que bien souvent peu d’argent dépensé par les touristes arrive dans les poches des villageois du terroir. Par notre style de voyage, c’est aussi à cela que nous avons fait attention.

Après San Juan, les volcans s’érigeaient partout autour de nous. Nous étions alors emmenés de main de maître par le chauffeur le plus rapide du circuit dans un paysage lunaire. Les couleurs étaient vraiment magnifiques. Les teintes rouges et orangées des volcans se détachaient sur le bleu parfait du ciel alors que nous voyions la piste se perdre en contournant les superbes obstacles se dressant sur son passage. Toutes les cartes postales de la région montrent des volcans tels que l’Ollagüe ou le Licancabur, je me disais cependant que la réalité serait autre et qu’il était impossible de voir ces vues dans un tour de trois jours. Pourtant, en fin de compte, ce sont les cartes postales qui paraissent bien tristes !

Après quelques heures de route, voire même de marche quand le 4×4 ne parvenait pas à passer chargé, au sommet d’une butte, notre première lagune s’étendait devant nous ! C’était un superbe plan d’eau de quelques centimètres de profondeur au pied d’un magnifique volcan au cratère enneigé. Les nombreux flamands roses constituaient l’attraction locale et la cible des appareils photos. Tout au long du tour, nous retrouvions les mêmes têtes qui faisaient le même circuit que nous, pourtant une fois que nous roulions, on se retrouvait seuls dans le décor. C’est au bord de cette première lagune que nous avons mangé un bon repas, comme toujours grâce à Donato. Bien que transis par le froid, nous serions bien restés là des heures à admirer les lieux et à regarder un renard du désert chercher après un peu de nourriture.

Nous avons repris la piste et bu du regard les vues qui s’enchaînaient. Entre les lagunes et en avant plan des volcans, nous croisions de temps à autre un groupe de vigognes ou un troupeau de lamas. L’assiduité de Matthieu à photographier les flamands roses nous a même poussé à dire qu’il préférait ramener des souvenirs des volatiles que de ses amis. Quoi qu’il en soit, nous sommes arrivés en fin d’après-midi au bord de la Laguna Colorada où nous allions dormir. Nous étions maintenant à 4300 mètres d’altitude et un vent glacial balayait les alentours. Après avoir déchargé nos sacs dans un baraquement plus que rustique, nous avons entamé une balade le long du lac pour pouvoir admirer la lagune d’un point de vue. La Laguna Colorada est réputée pour sa couleur très rouge due à des algues qui nourrissent les milliers de flamands des andes. Le moindre effort physique et nous nous retrouvions à bout de souffle ! Il a pourtant bien fallu entamer le chemin retour quand le soleil commençait à se coucher. Et je peux vous assurer qu’à partir du moment où nous nous sommes retrouvés dans l’ombre, nous avons moins rigolé ! Nous sommes arrivés complètement congelés dans notre chambre, et ce n’était pas sur nos lits en béton et dans un bâtiment chauffé par la plus simple chaleur humaine que nous avons eu facile de nous ressaisir. Heureusement une bonne soupe chaude nous attendait ainsi qu’un plat de pâtes et un thé de coca. Et bien que nous n’ayons pas quitté nos polaires, ponchos, bonnets et gants du repas, nous avons tout de même acheté 3 bouteilles de vins juste pour ne pas laisser notre sang geler pendant la nuit. Détail assez amusant : un bébé vigogne se baladait toujours dans le petit magasin du refuge au grand désespoir de la tenancière. Malheureusement Jérôme a explosé la troisième bouteille de pinard chilien pendant la traditionnelle partie de président et nous avons été condamnés à crever de froid toute la nuit ! Nuit que nous avons d’ailleurs passée sous 4 couvertes chacune pliée en deux… Je peux vous assurer qu’à 8h30, il n’y a plus personne qui sort de son lit dans ce coin du monde.

Dans ces cas là, le plus dur c’est évidement lorsque le guide nous réveille à 5 heure du matin pour reprendre la route. Imaginez vous retirer vos couches de couvertures et affronter une température de -10° en pyjama ! Je peux vous promettre que vous seriez vite réveillés et que vous préféreriez ne pas prendre de petite douche matinale… Le 4×4 fût très vite chargé et nous nous sommes engouffrés dedans bien serrés. Alors que le soleil venait de se lever, nous sommes arrivés en vue de geysers. Toutes ces colonnes de vapeur jaillissant du sol et ces marres de boue bouillante nous ont vite fait oublier le moment difficile que nous venions de passer. Evidement nous n’avons pu éviter de nous prendre pour Johnny sortant sur scène au milieu des fumigènes…. Bon c’est vrai que ça devrait peut-être rester entre nous ça !

Histoire de bien nous réchauffer, alors que nous étions maintenant à 5000 mètres d’altitude, nous avons été faire trempette dans des sources d’eau chaude à 38° ! Nous étions bien rentrés dans la période de tous les extrêmes durant laquelle nous sommes passés et repassés par toutes les températures et toutes les altitudes. Une fois que nous étions habitués à l’eau, il était déjà beaucoup plus délicat d’en ressortir et de se sécher (pour ceux qui prennent un drap pour partir en vacances) dans une température qui était remontée aux alentours de 4-5 degrés ! Quoi qu’il en soit, nous avons bien dû nous exécuter et reprendre la piste à travers une partie du Sud Lipez appelée le désert Salvator Dali en hommage au célèbre peintre qui a produit tant de natures mortes que l’on pourrait croire issues de ce lieu particulier. C’est dans ce désert que se trouve la Forêt de Pierres baptisée ainsi à cause de la forme particulière de rochers perdus dans les étendues de sable. Il restait une dernière étape avant de prendre le petit-déjeuner : la Laguna Verde. Cet endroit paradisiaque est situé entre les sommets enneigés du Chili et le célèbre volcan Licancabur. Nous avons pu profiter un bon moment de cette dernière vue extraordinaire sur une région qui ne l’est pas moins.

Après tous ces bons moments, il était maintenant temps de laisser la Bolivie derrière nous et de faire notre entrée dans un troisième pays d’Amérique latine : le Chili. Donato nous a donc déposés au poste frontière, complètement perdu dans la montagne, où nous avons embarqué dans un minibus avec d’autres touristes se rendant à San Pedro de Atacama, une ville dont le nom me laisse rêveur. C’est à ce moment que nous nous sommes rendus compte que nous avions bien fait de partir avec une agence réputée et basée des deux côtés de la frontière car nous avons croisé deux françaises qui attendaient depuis plus de 24heures qu’on se décide à les emmener à destination. La frontière de la Bolivie avec le Chili, c’est autre chose que celle avec le Pérou ! Ici nous avons eu droit à la fouille des sacs et les douaniers n’avaient pas l’air de prendre leur boulot à la légère. La frontière ne marquait pas seulement la fin de la traversée de la Bolivie, mais également la fin de la quatrième étape de notre aventure…

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5ème étape : La remontée du Chili

Après ces formalités administratives, nous avons découvert au Chili un pays beaucoup plus riche que la Bolivie. Le contraste en quelques kilomètres était frappant ! Perdu au milieu du désert de Atacama, le plus aride du monde, San Pedro de Atacama est, comme je l’ai dit plus haut, une ville au nom rêveur où l’on s’imagine croiser de vieux péons et des aventuriers au gosier desséché par la chaleur et la poussière. C’est pourtant aussi une petite ville où se retrouvent beaucoup de touristes pour entamer des tours dans les volcans, les lagunes et les salars avoisinants. Pour y arriver, nous sommes passés de 5000 à 2000 mètres d’altitude en une heure sur une route toute droite avec plein de bacs à gravier de secours sur le côté. Après un réveil à –10, il faisait maintenant 35°. Quand je vous disais que c’était le moment de tous les extrêmes ! D’ailleurs les premiers d’entre nous ont commencé à se sentir mal et ont du se résoudre à un passage au lit… Nous avons donc vite trouvé un hôtel et puis les vaillants sont allés au resto.

Nous avons passé l’après-midi à nous reposer, visiter ce charmant endroit et à préparer le trajet suivant. Cédric est même tombé sur un groupe de personnes qu’il connaissait ! Les drapeaux chiliens étaient sur toutes les maisons et nous avons donc fini par comprendre que nous étions le lendemain de la fête nationale. Et comme au Chili, la fête nationale est célébrée pendant toute la semaine, nous avons pu aller prendre l’apéro sur le petit « Village Gaulois » local. Nous nous étions tous un peu dispersé pendant l’après-midi, mais comme le hasard fait bien les chose et l’envie de tester la bière du pays a fait le reste, nous nous sommes retrouvés sur cette petite place où les autres touristes ne venaient pas. Tous, sauf Thibaut, malheureusement toujours souffrant dans son lit. Nous nous sommes bien amusés à regarder les chiliens danser de manière traditionnelle. Ceux-ci dansent avec un mouchoir en main qu’ils font tournoyer au dessus de leur tête ou passer devant le visage de leur partenaire. Nous avons encore beaucoup plus rigolé lorsque Jérôme s’est initié aux danses locales avec une autochtone.

Nous avons ensuite mangé un drôle de barbecue dans un restaurant. La serveuse nous a amené deux énormes plateaux de viande et rien que de viande. Quand nous avons demandé les légumes, elle nous a répondu qu’on avait commandé un barbecue et pas des légumes ! Bref, nous sommes retournés à la guignette de la fête nationale avec Max et Jérôme pour profiter encore un peu de la super ambiance locale. Alors que Max était retourné, nous ressemblions à deux oiseaux pour le chat ! Il n’a effectivement pas fallu 15 minutes pour que nous soyons invités par deux demoiselles, dont l’une beaucoup plus charmante que l’autre, à les rejoindre sur la piste. Comme nous étions les deux seuls blancs à la fête, nous nous sommes vite transformés en curiosités pour les centaines de personnes. Quoi qu’il en soit, nous avons passé une super soirée que nous n’avons d’ailleurs quittée que lorsque la police a fait la fermeture (c’est à dire pas très tard malheureusement).

La journée du lendemain a certainement été la moins bonne du séjour. Alors que nous étions bien en avance sur le programme que nous nous étions fixé, c’est la première journée qui nous a contraint à réduire l’allure (que nous avons vite rattrapée pendant la nuit). Nous avons pris un car vers 8h entre San Pedro De Atacama et Calama, une plus grosse ville à une grosse centaine de kilomètres de là. Les cars chiliens n’ont vraiment rien à voir avec ce que nous avions connu jusque là. Ils étaient d’un luxe étonnant, je dirais même mieux qu’en Europe. Il y avait pourtant toujours des gens debout dans l’allée. Alors que nous sommes arrivés vers 9h30 à Calama, et malgré de longues recherches dans toute la ville, nous n’avons pas pu trouver un car pour Arica, ville au Nord du Chili) avant 21h. Il nous a donc bien fallu occuper notre journée comme nous pouvions en dormant dans un parc, en visitant un minimum une ville sans énorme intérêt ou encore en faisant un championnat de billard remporté par Thibaut qui avait retrouvé toute sa forme. Alors que nous comptions dormir à Arica, nous avons finalement dormi dans le bus qui nous y emmenait pendant une dizaine d’heures.

A ce moment, nous ne savions toujours pas si nous irions dans le parc national de Lauca. C’est pour avoir des informations que nous sommes allés réveiller aux petites heures un aubergiste français qu’on nous avait renseigné à San Pedro. Celui-ci, nous a donné quelques renseignements et un nom de personne chez qui dormir dans la montagne mais nous a expliqué qu’il était trop tard pour y partir une journée. La discussion qui a suivi, pour décider si nous consacrions deux jours au parc chilien ou si nous allions directement à Arequipa, a de nouveau, comme à Iquitos et Uyuni, été difficile. Mais nous avons finalement opté pour la solution offensive et nous avons trouvé un bus en direction de La Paz qui accepterait de nous déposer avant la frontière sur le bord de la route d’où nous marcherions vers un petit village !

Pour ce voyage, nous avions fait notre retour dans un bus bolivien, et ça se voyait directement. Si les paysages étaient superbes, ce trajet de 3 heures nous a apporté son lot d’anecdotes. Alors que nous partions d’Arica au niveau de la mer, nous nous sommes retrouvés, en 3 heures, de nouveau à 5000 mètres. Vive les variations ! La route a commencé par longer un oasis au fond d’une vallée creusée dans le sable du désert de Atacama. Nous avions l’impression d’être entourés de dunes de plusieurs centaines de mètres de hauteur. Quelques kilomètres seulement après le départ du terminal international, le bus s’est arrêté à côté de plusieurs voitures dont les passagers ont commencé à donner au chauffeur, par la fenêtre des toilettes, des dizaines de lecteurs DVD, radios, etc… Nous avons vite compris que nous avions affaire à des chauffeurs – trafiquants qui passent en douce du matériel audio en Bolivie. Peut-être est-ce pour ne pas qu’on le regarde bizarrement que le deuxième chauffeur nous a laissé la fin d’un magnum de vin ! Alors que les pentes du col devenaient de plus en plus fortes et que nous entrions dans un paysage plus caillasseux, nous sommes tombés sur un camion qui venait, quelques secondes plus tôt, de sortir de la route dans sa descente et de s’écraser dans une crevasse. Le camion n’était pas beau à voir et nous imaginions le pire pour le conducteur. Nos chauffeurs – trafiquants ont sorti des barres à mine et, avec l’aide d’autres camionneurs, ont fait leur possible pour ouvrir l’habitacle du véhicule. Après de longs efforts, ils ont fini par réussir, mais nous sommes repartis directement sans savoir dans quel état se trouvait la personne à l’intérieur. D’autres conducteurs s’en occupaient. Il ne doit pas être difficile de s’imaginer la rapidité avec laquelle les secours peuvent arriver sur les lieux dans ces coins reculés et difficiles d’accès. Surtout quand les réseaux de GSM ne fonctionnent pas ! Après tout cela, les chauffeurs ont fini par nous déposer au bord de la route dans un décor qui était devenu différent de ce que nous avions traversé jusque là.

Le parc national de Lauca est situé autour du volcan Parinacota dans un décor de landes traversées par pleins de fins filets d’eau favorables au développement de mousses, d’herbes et de buissons. Nous étions donc toujours dans une région volcanique, mais plus dans une zone sèche telle que le Sud Lipez. Environ 5 kilomètres nous séparaient du minuscule village de Parinacota où nous souhaitions loger et d’où nous comptions partir faire une petite randonnée l’après-midi. Et comme l’heure était déjà bien avancée, nous avons accepté qu’une femme nous dépose au village en échange de quelques pesos. Nous savions qu’il n’y avait pas d’hôtel à Parinacota, le logement chez l’habitant était donc la seule solution. Nous avons trouvé notre bonheur chez une vieille dame qui avait deux pièces à sa maison dont une était bien aménagée avec 5 lits. Cédric s’est courageusement proposé pour dormir par terre.

Nous avons sans tarder entamé notre balade en direction du volcan Parinacota au pied duquel nous devions tomber sur une belle lagune. Le chemin s’est en fait avéré plus long que prévu et nous nous sommes un peu égarés. De toute manière, le sommet enneigé du volcan nous servait de boussole. Matthieu, à son tour touché par la contagieuse maladie qui nous décimait n’a pu atteindre le but et à bien du se contraindre à rebrousser chemin avant d’avoir pu atteindre les bords de la lagunes. Nous sommes restés un bon moment en admiration devant la vue englobant le plan d’eau au pourtour découpé, le majestueux volcan, les vigognes sauvages ou encore les foulques,… Et pour le plus grand plaisir de Max, nous avons même vu beaucoup de viscaches ! Pour le retour Jérôme et Thibaut ont pris le bon chemin alors que qu’avec Cédric et Max, comme des kamikazes, nous avons choisi de recouper à travers tout, mais comme nous n’avions plus le volcan en cible, c’était au pur feeling. Nous n’avons pas arrêté de monter et de descendre dans de la rocaille pendant une heure et demi. Et comme nous étions à 5000 mètres d’altitudes, tous ces efforts se payaient cash. J’ai commencé à me demander si nous avions vraiment eu une bonne idée quand je me suis foulé la cheville, que l’on voyait le soleil de plus en plus bas alors que nous n’avions pas la moindre source de lumière (il fait nuit noire en 15 minutes là) et que le froid glacial était en train de s’attaquer à mes membres dénudés ! De plus, nous ne savions plus très bien où nous en étions… Nous avons fini par tomber sur les pylônes électriques grâce auxquels nous sommes arrivés vivants mais congelés. Les deux autres étaient déjà bien au chaud au fond de leur lit. C’est cette soirée là que les médicaments ont été distribués à tout va, j’ai finalement été le seul épargné avec Max qui n’était pas trop affaibli non plus.

Nous avons ensuite été prendre notre souper dans la pièce de la vieille dame. Là c’était vraiment la vie avec une pauvre chilienne dans une pièce faisant office de cuisine, chambre et salle à manger. Une bonne soupe pleine de légumes, de patates et de gras nous a bien réchauffés et ouvert l’appétit pour le traditionnel steak d’alpaga. A 8h nous étions tous blottis sous nos couches de couvertures. Encore un détail marrant : pour nettoyer les toilettes après usage, il fallait jeter de l’eau avec un seau troué, ce qui n’était pas spécialement simple !

Après une nuit pas facile et un réveil matinal, nous avons remis notre sac sur notre dos et c’était reparti. Cette fois, nous avons fait le chemin à pieds jusqu’à la route au milieu des lamas et des alpagas. Au bord de la route, il ne nous restait plus qu’à attendre qu’un bus passe pour lui faire des signes et qu’il nous redescende à Arica. Impatients, quelques uns d’entre nous voulaient faire du stop, mais la vue du camion de la veille ne m’avait pas totalement rassuré. Finalement ce sont les deux mêmes chauffeurs que pour le trajet aller qui se sont arrêtés. Nous allions encore passer une grande journée de car, mais celle-ci serait la dernière.

A Arica, de retour au niveau de la mer, nous avons été au petit terminal duquel partent de vieux bus qui passent la frontière avec le Pérou. Nous nous sommes donc entassés dans ce vieux débris alors qu’un gars fort louche avait embarqué nos passeports… Heureusement, ceux-ci nous ont finalement été rendus. Ce bus se contentait de nous faire passer de Arica à Tacna, les deux villes frontalières, par un poste frontière neuf et extra moderne. Notre passeport était tamponné deux nouvelles fois et à chaque fois le chauffeur nous faisait passer en premier, probablement parce que nous étions les seuls avec un passeport étranger. De retour sur le sol péruvien, nous avons directement été accostés par un rabatteur qui nous a trouvé un billet de suite pour Arequipa, nous avons juste eu le temps de faire ce qu’il faut bien derrière un bus et nous étions repartis pour 8 nouvelles heures de car. Ce car était une vraie église, à chaque arrêt, plusieurs personnes entouraient le car et rentraient dedans pour vendre de tout et de n’importe quoi. Nous avons même eu un handicapé mental qui est venu chanter horriblement avec une pancarte autour du cou. Bien que c’était vraiment triste et atroce, il nous a bien diverti et c’est d’ailleurs le seul à qui nous avons donné quelque chose. Après ces neufs jours de nomadisme, nous arrivions enfin en pleine nuit à Arequipa.

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6ème étape : Arequipa et le Canyon de Colca

Nous voici déjà, ou enfin, à la dernière étape de notre voyage en Amérique du Sud. Arequipa est la deuxième ville du Pérou, elle est située au Sud Ouest du pays à une altitude de 2300 mètres. Nous y avons directement trouvé une auberge très sympa en plein dans le centre. Nous n’avons fait qu’y déposer nos bagages avant d’aller goûter l’Arequipena avec des français rencontrés à la sortie du dernier car. Les cafés d’Arequipa ont la particularité de faire des Happy Hours fort intéressantes et permanentes ! Nous en avons donc directement bien profités malgré un mec qui nous draguait et qui devenait de plus en plus lourd…

Notre première journée dans la ville blanche, appelée ainsi à cause de la couleur de ses murs a été consacrée à du repos, la visite de la ville et la réservation d’un tour pour les jours suivants. C’était donc, on peut l’avouer, une journée de repos bien mérité. La principale activité de la journée a été la visite du Couvent Santa Catalina. Ce couvent était une petite ville dans la ville où les bonnes sœurs originaires de familles riches pouvaient venir avec jusque 4 serveuses ou esclaves. Vivre là-bas était un luxe jusqu’au jour où un émissaire du pape a remis de l’ordre là-dedans. Aujourd’hui, il y a encore une poignée de religieuses qui vivent dans ces très beaux murs très colorés avec vue sur le volcan Misti.

Un restaurant mexicain a ensuite été l’occasion de nous mettre d’accord sur ce que nous voulions faire pour les jours suivants. Nous savions que nous irions dans le Canyon de Colca et nous avons, après réflexion, choisi un tour de trois jours avec le plus d’aventures possibles pour finir en beauté ! Nous avons donc opté pour de la rando et du VTT. Ce qui est impressionnant dans ces cas là au Pérou c’est que les agences sont toujours prêtes à partir directement. Ici, le gars voulait nous faire démarrer à 3 h du matin en direction de « Chivay City », ses deux mots préférés ! Nous avons dû le calmer et lui demander de nous envoyer un guide vers 8h, ce qui paraissait plus raisonnable.

Je n’ai pas encore écrit sur le fait que nous étions déjà un gros groupe. Tout le monde m’a demandé si faire un tel voyage à 6 ce n’était pas trop. En tout cas, moi je ne trouve pas. Evidemment nous avions la chance, ou plutôt la réussite, d’avoir constitué un groupe adéquat. Bien que nous n’étions pas tous les meilleurs amis du monde avant le départ, nous savions que nous nous entendrions tous très bien et surtout que nous partagions les mêmes valeurs et idées du voyage. Partir avec un groupe plus large, c’est aussi se donner la possibilité de ne pas être en permanence avec les mêmes personnes, de ne pas être assis pendant des milliers de kilomètres à côté du même ami ou de ne pas dormir 30 jours de suite à côté de la même personne. En Australie, j’avais passé 4 mois en tête à tête avec Jeff et je sais que nous avons tous le deux eu plusieurs fois envie de nous engueuler sévèrement malgré notre amitié. Vous avez tout de même vu que ça n’a pas toujours été facile de se mettre d’accord pour choisir des tours, mais en y mettant de la bonne volonté, je pense que nous avons toujours choisi les bonnes options. Un autre avantage d’un plus gros groupe, c’est que pour les tours nous ne devions pas faire avec l’avis d’autres personnes. Nous avions à chaque fois un guide et un véhicule rien que pour nous, avec qui nous faisions exactement ce que nous souhaitions.

Nous avons donc embarqué le lendemain à l’aube dans un van blanc en compagnie d’un chauffeur et de notre nouveau guide, Juan Jose. Vers midi, nous arrivions à Chivay la plus grosse bourgade aux alentours de la région du Colca. Comme repas, nous avons dévoré un très beau buffet de spécialités locales et comme c’était à volonté, nous ne nous sommes pas faits prier. A croire que nous en avions oublié l’activité de l’après-midi : le VTT !

Je ne sais pas si vous vous en rendez bien compte, mais je pense que pour aller faire du vélo dans les Andes, il faut être légèrement allumé. L’altitude étant nettement plus élevée qu’au Sart-Tilman, la moindre côte qui se profilait faisait battre la chamade à mon petit cœur. Du moins au début car je trouve que ça a été de mieux en mieux. Nous avons donc loué des vélos et nous sommes partis avec le loueur comme guide. C’était parti pour 25 kilomètres de pistes andines dans la Vallée du Colca, le canyon étant encore plus loin. Et même si nous n’avons pas vraiment escaladé des cols, il n’est pas évident de trouver quelques centimètres de plat dans la région. Le vélo était vraiment le moyen de transport idéal pour apprécier les paysages sensationnels qui s’offraient à nous. Dans toute la vallée s’étendaient des terrasses construites par une civilisation pré-inca qui sont encore utilisées aujourd’hui par les paysans pour cultiver, notamment, le quinoa. Ces ouvrages humains sont réellement très impressionnants et donnent au paysage un caractère unique au monde. Cette balade fut un effort aussi éprouvant que spectaculaire et mémorable ! Et à en juger par le guide que nous larguions dès que la route s’élevait, notre condition n’était pas trop mauvaise même si nous n’avons pas été mécontents de revenir à l’hôtel.

Le Canyon de Colca, vers lequel nous sommes partis le lendemain, est le deuxième plus profond au monde après un autre canyon également situé au Pérou mais qu’on ne visite pas. Nous nous sommes arrêtés à plusieurs points de vue pour observer l’impressionnant gouffre étroit et profond. L’endroit le plus connu du canyon est la Cruz Del Condor, un endroit d’une très grande beauté d’où l’on peut observer des condors tous les matins. C’est aussi l’endroit le plus touristique où l’on retrouve les touristes par dizaines. Nous avons observé, comme quelques centaines d’autres personnes, le plus grand rapace du monde partir en chasse. Ce que n’allaient pas faire tous les touristes qui nous entouraient, c’était descendre au fin fond du canyon ! Nous bien…

Remontés à bord du van blanc, nous avons repris brièvement la route en direction de Cabanaconde. Juste un peu avant ce village, notre chauffeur nous a déposés avec Juan Jose au départ d’un petit chemin s’éloignant dans le canyon. Le temps de mettre dans nos petits sacs deux ou trois objets nécessaires, de prendre les lunettes de soleil et de faire une photo de groupe et nous étions partis. Nous avons alors suivi pendant deux heures un petit chemin de rocaille fort abrupt par lequel nous avons descendu 1000 mètres de dénivelé en 5 kilomètres de marche ! La beauté du paysage a été sensationnelle tout au long de cette marche et il était parfois difficilement conciliable de l’admirer en permanence et de regarder où nous posions nos pieds. Le plus difficile dans une telle descente, c’est pour les genoux qui sont mis à très rude épreuve. Et lorsque l’on connaît l’état des miens, ça a de quoi inquiéter. Je suis tout de même arrivé jusqu’au Rio Colca, au fond du canyon, sans problème. Nous avons alors traversé un pont en bois suspendu puis nous avons continué notre chemin vers un petit village dans lequel nous avons mangé chez des habitants.

C’est la première fois de ma vie que j’allais dans des villages qui n’étaient accessibles que par plusieurs heures de marche. Nous avons traversé, au plus loin, des villages à 4 ou 5 heures de Cabanaconde, mais nous savons qu’il y en a encore d’autres bien plus loin à plus de 2 jours de marche. Les habitants ont l’habitude de retourner à la « civilisation » avec des mules qu’ils chargent un maximum et de revenir approvisionner leur village. Quand ils sont avec des animaux, ils empruntent le même chemin que nous, mais lorsqu’ils remontent seuls, ils coupent on ne saurait même pas imaginer par où ! L’électricité est arrivée dans ces villages il y a un an à peine et reste très peu utilisée. Alors que le sommet du canyon est très aride, la vallée est complètement verte, voir même tropicale. Autour du rio, se sont développés de véritables petits oasis avec des arbres fruitiers exotiques, des cultures et une végétation dense. C’est dans ce cadre enchanteur que nous nous étions arrêtés à midi.

L’après-midi, nous avons repris notre randonnée en remontant la montagne sur le versant opposé, en suivant des canaux d’irrigation, en découvrant de nombreuses plantes et fleurs et également en traversant des petits villages plus haut-perchés. Dans ces endroits du bout du monde, on retrouvait pourtant encore un bureau du ministère des affaires intérieures, une église ou une petite auberge. Pourtant tout ce qui se trouvait là avait été amené à dos de mules. Alors que nous avions remonté un beau chemin, nous sommes arrivés en vue de l’oasis dans lequel nous passerions la nuit. En contrebas, au fond du canyon, elle paraissait magnifique, par contre le chemin qui remontait vers Cabanaconde, que nous emprunterions le lendemain matin, était déjà fort impressionnant vu d’en face ! Attirés par les palmiers, la verdure et les petites chutes d’eau, nous nous sommes dépêchés de redescendre les chemins abrupts du Colca…

Les efforts de la journée ont été magnifiquement récompensés par notre arrivée dans un petit campement dans un décor luxuriant ! Nous avons été installés dans des sortes de petites huttes au toit et aux parois très fins qui auraient très facilement laissé passer la pluie en cas de malchance. En arrivant dans cet endroit, nous nous sommes tout de suite dit que nous aurions du programmer un jour complet de repos ici. De plus, ce que je n’ai pas encore dit, c’est qu’une superbe piscine avait été construite entre les rochers et était alimentée par les eaux des sources voisines. Nous ne nous sommes évidement pas faits prier pour plonger dedans et nous rafraîchir après une très belle journée de marche. Pour fêter l’anniversaire de Cédric dans un endroit aussi paradisiaque, une bonne bière à boire dans la piscine s’imposait naturellement. Oufti, que l’apéro est bien passé !!! Juan Jose, qui parlait français, a beaucoup apprécié et nous a pris plusieurs fois en photos pour faire sa publicité. Nous avons ensuite passé un bon repas à la lumière d’une bougie. Et comme nous étions d’humeur festive, après de nouvelles Arequipena, nous nous sommes laissés tenter par une bouteille de Pisco, l’alcool national qui ressemble à de la grappa. Evidement le prix des petits plaisirs achetés au campement était nettement plus élevé qu’ailleurs, mais lorsque l’on pense au travail nécessaire pour les y amener, on est tout de suite près à mettre ce qu’il faut. Etant donné que nous étions de nouveau les seuls debout à 8h30, nous avons refait une superbe partie de président avec quelques complications pour le perdant. Evidement c’est moi qui me suis retrouvé à devoir finir la bouteille de Pisco ! Nous avons passé une excellente, mais brève, nuit.

Notre dernier jour de vacances avant le trajet de retour allait être diablement long. Il a en effet déjà commencé avant l’aube car Juan Jose avait fixé le départ à 3h30 du matin ! Nous n’avons pas très bien compris quelle mouche avait piqué les guides locaux, mais dans le Colca, on prend son petit-déjeuner au dessus du canyon et non pas au fond ! Nous nous sommes donc mis en route à jeun, sans eau et avec la soirée de la veille encore un peu présente au fond de la bouche. Heureusement, une halte à une source était prévue avant d’entamer l’ascension. C’était ensuite parti pour une terrible montée de laquelle nous ne voyions jamais la fin. En trois heures, nous avons marché 5 kilomètres et remonté 1000 mètres de dénivelé ! Je dois bien dire que j’avais déjà connu des balades plus reposantes. La situation était d’autant plus spéciale que nous sommes partis dans le noir complet à l’aide de lampes de poche et que le jour s’est petit à petit levé sur les splendides décors du canyon. Celui qui avait le plus de mal était encore Juan Jose qui faisait des pauses toutes les dix minutes ! Et comme ça nous énervait assez de casser le rythme tout le temps, alors qu’il s’était arrêté, nous l’avons tous dépassé et continué notre chemin le laissant à l’agonie derrière. Ca me faisait un peu penser à Astérix Légionnaire lorsque les nouvelles recrues épuisent les centurions instructeurs et les laissent derrière. Nous, nous avons tout de même attendu notre guide plus haut et nous lui avons laissé le temps de se ravoir !

Evidement, en partant pour une telle grimpette sans avoir mangé, la fringuale nous guettait. Et logiquement, j’ai commencé à avoir les jambes qui tremblaient de plus en plus. Ce qui ne m’empêchait évidemment pas de poursuivre l’effort et de prendre du terrain à un Juan Jose à la dérive. Il n’empêche que j’ai été le plus heureux des hommes en tombant sur une petite dame et son fils emmitouflés dans des couvertures qui vendaient du pain, du chocolat et des biscuits au milieu du néant. Difficile à croire qu’une vendeuse puisse se trouver dans ce chemin, à une heure de la première habitation et à 6 du matin ! Quoi qu’il en soit, nous ne nous sommes pas posés de questions et nous lui avons acheté tout ce qu’elle avait (ou presque). Cette femme est devenue la personne que j’admire le plus au monde… La fin de la remontée du canyon s’est très bien passée, et nous avons fini par prendre le vrai déjeuner à Cabanaconde.

A ce moment, et bien qu’il était encore fort tôt, il était déjà temps de reprendre la route vers Arequipa. En chemin, nous nous sommes de nouveau arrêtés à la Cruz Del Condor ainsi qu’à plusieurs points de vue pour prendre quelques dernières photos de groupe. Pour le reste, nous nous sommes tous effondrés dans le van et nous avons dormi tout le trajet du retour.

De retour à Arequipa, il nous restait pas mal de choses à faire avant de reprendre l’avion comme, par exemple, faire des achats de cadeaux ou faire une énorme fête de départ ! Nous avons donc passé la fin d’après-midi dans une boutique près du couvent de Santa Catalina à acheter des bonnets, écharpes, vareuses de foot, ponchos, sacs ou autres bricoles. Je ne sais pas combien d’alpagas ont été tondus pour confectionner tout ce que nous avons acheté, mais nous sommes tous repartis les bras bien chargés. Evidement, vu notre nombre et la quantité d’achats, nous ne nous sommes pas privés pour marchander. Je pense que la fille de la boutique a fait la meilleure journée de sa vie ! Thibaut, quant à lui, a fini par réaliser son rêve et acheter des Santiag pour aller avec la veste en cuir bolivienne et le chapeau de cow-boy. Il ressemblait maintenant vraiment à son idole : Blueberry.

Après un repas chez un mexicain, il était temps de faire une vraie bonne soirée et de faire voir à Arequipa ce qu’était la Belgique ! Nous avons donc commencé calmement à l’hôtel avec un superbe gâteau d’anniversaire pour Cédric qu’avaient ramené Matthieu et Thibaut. Après quelques verres du traditionnel Pisco, nous nous sommes mis en route vers un pub irlandais que nous avons vite fini par trouver calme. Et après quelques cocktails, alors que nous décidions de déménager vers un lieu plus festif, nous avons été abordés par un péruvien qui venait fêter l’anniversaire d’une amie. Il n’en a pas fallu beaucoup plus pour qu’on prenne un verre avec eux et qu’on commence à bien se marrer. Sour (c’est le nom qu’on m’a rapporté), une future cardiologue qui parlait français est même venue se joindre à la conversation. Les filles étaient fort « sympas » et comme elles avaient visiblement l’air d’avoir envie de faire la fête nous n’avons pas eu trop de mal à les convaincre de venir avec nous dans un endroit plus « branché ». Nous les avons donc embarquées en laissant leurs amis au pub. Les choses se mettaient plutôt bien car elles étaient trois, et nous étions justement trois célibataires ! La soirée s’est donc fort bien déroulée et nous ne sommes pas passés inaperçus… Seul la fermeture du café a pu nous mettre dehors et encore, ça n’a pas été facile.

Voila, c’est donc ici que s’est terminée la sixième et dernière étape du notre voyage au pays des Incas et des Jivaros. Il nous restait maintenant à revenir en Belgique, ce qui n’allait pas spécialement être simple et qui nous a également apporté son lot d’évènements. Tout d’abord, après avoir récupéré nos esprits et fait le bilan de la veille, nous avons avalé un gros petit-déjeuner et nous avons pris un taxi pour l’aéroport. C’est là que nos aventures sont reparties de plus belle. Alors que tout s’était toujours admirablement passé avec les vols précédents, il a fallut que nous changions de compagnie aérienne au profit de Aerocondor. Et là, ça s’est moins bien passé. Au moment où nous étions prêts à embarquer, un attroupement s’est formé autour des hôtesses qui ont fait une déclaration en espagnol à laquelle nous n’avons évidemment rien compris. Aux réactions de la foule, nous avons pu vite juger que ce n’était pas une super bonne nouvelle. Lorsque nous avons pu atteindre les membres du personnel, nous nous sommes rendus compte qu’ils ne parlaient pratiquement pas anglais. Avec un peu d’efforts, nous avons tout de même compris que l’avion était reporté de plus de 5 heures, ce qui allait nous poser pas mal de problèmes. Le gros souci c’était que Thibaut, Matt, Jérôme et Cédric avaient leur vol international vers Madrid dans la foulée et qu’ils risquaient fort de le rater. Après de longues explications et une attente interminable, les hôtesses ont fini par nous mettre sur une rangée prioritaire et se sont arrangées avec le bureau de Lima pour que tout se passe bien pour nous. Et en effet, à l’atterrissage à Lima, nous avons directement été accueillis par une hôtesse qui nous a fait récupérer nos bagages prioritaires et nous a conduit aux guichets de la compagnie Iberia. Aerocondor avait donc rempli son contrat de justesse, mais le hic c’était que le vol Lima-Madrid était overbooké et que mes quatre comparses restaient en rade au Pérou ! En fin de compte, ce n’était si mal que cela d’être overbookés parce que ils se sont retrouvés a passer une nuit au Sheraton et avec un beau chèque voyage en mains. Max partant le lendemain aussi, j’ai finalement été le premier à quitter l’hémisphère sud et à arriver en Belgique.

Le trajet de retour ne fût cependant pas de tout repos. C’est même le voyage le plus long et le plus dur que j’ai fait en avion. Depuis Arequipa, sur mes quatre vols, trois ont été reportés, ce qui m’obligeait constamment à être attentif aux nouveaux horaires et aux nouvelles portes d’embarquement. Je n’avais pourtant qu’une envie : me coucher par terre dans un couloir et pouvoir dormir. Ce que j’ai tout de même fait de temps en temps. De Lima, j’ai donc repris un avion pour Miami où j’ai de nouveau été pris en photo et où on a également repris mes empreintes digitales… Sur le vol qui m’a emmené jusque New York, je me suis retrouvé à côté d’un gars au style rappeur hispanique qu’on pourrait croire tout droit sorti d’un gang. Bien que très « américain », il était très sympa et, pour fêter son anniversaire, il a commandé trois whiskey plus 1 pour moi. Il ne m’a même pas parlé, il s’est contenté d’écouter de la musique en buvant. Ensuite, il en a encore repris un pour chacun et là nous avons tout de même un peu discuté. A New York, j’étais de retour dans l’aéroport dans lequel j’avais passé tellement d’heures 6 ans plus tôt. De là, j’ai finalement repris un dernier vol, le dixième depuis le départ, vers Bruxelles où je me suis retrouvé de retour à la case départ.

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Conclusion

En tirant un bilan de cette fabuleuse aventure, je peux retenir énormément de choses. En voici quelques exemples. Tout d’abord, ce voyage a été l’occasion de traverser trois superbes pays, le Pérou, la Bolivie et le Chili en parcourant plusieurs milliers de kilomètres. Et pour les couvrir ces kilomètres, nous avons utilisé presque tous les moyens de transports possibles : l’avion, la marche, le bateau, la pirogue, la moto, le vélo, le mototaxi, le 4×4, le car, le van, la voiture, le radeau, le train,… Nous avons voulu donner à notre trip une orientation hors des sentiers battus et des passages ultra touristiques. C’est pourquoi nous avons privilégié les petites auberges rustiques, les restaurants locaux, les chemins bis ou tierce, les endroits reculés et difficiles d’accès. Nous avons également voulu marquer notre voyage d’expériences uniques que peu de personnes ont réalisées, comme la moto dans les Andes, le VTT dans le canyon de Colca ou la célébration de l’ayahuasca ! Au risque de faire sourire mes 5 amis, nous avons été de vrais backpackers pendant un mois.

Je retiendrai aussi les rencontres avec les habitants de ces différents pays qui ont généralement été d’une grande gentillesse et d’un accueil remarquable. Dans ces personnes quelques unes nous aurons marqué particulièrement, je pense à Jose, au patron de l’hôtel de Cusco, à la pauvre demoiselle qui nous a loué des motos, à la vendeuse du canyon de Colca, au gars de l’agence d’Arequipa (amateur de Chivay City), à Donato et Juan Jose, à la vieille dame chez qui nous avons dormi à Parinacota, au petit pêcheur de piranhas, à nos cavalières de la soirée à San Pedro De Atacama ou encore à Sour évidemment. Bref, vous voyez que même lorsque l’on ne parle pas la langue locale, on arrive toujours à se comprendre et à découvrir les autres.

Partir à la découverte sur un autre continent par ses propres moyens et sans garantie que nos idées seraient réalisables, c’est aussi s’exposer à des difficultés. Tout n’a pas toujours été rose, mais au pire ça fait des souvenirs ! Ici, je me remémore notamment, la brève période durant laquelle une épidémie nous décima pratiquement, le stress à l’aéroport d’Arequipa, la peur suite à l’accident de Jérôme, le début de nuit sous l’orage amazonien, les fringuales du Wayna Picchu et du Colca ou les grands débats pour se mettre d’accord sur une agence de voyage. En tout cas, je suis sûr que ce seront les premiers moments desquels nous reparlerons avec un grand sourire dans l’avenir.

Et puis, ce voyage, ce fût surtout une grande aventure humaine entre 6 jeunes amis rêvant de grandes aventures, de paysages hors du commun et d’expériences qui nous marqueront pour très longtemps.

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4 Responses to Amérique du Sud

  1. Cédric dit :

    J’ai pris un énorme plaisir à lire ton récit et à me remmémorer les souvenirs incroyables de ce voyage. Merci!

  2. Laura dit :

    Quel voyage dis donc! Tu es un tres bon conteur 🙂
    Je ne suis qu’au debut de mon voyage en Australie mais je suis maintenant certaine de ma prochaine destination…
    Je me rejouis de te voir chez les kangourous!

  3. melody dit :

    ahh voila l amerique du sud!!!!alalal j en ai des souvenirs la egalement…j ai vecu dans 3 conmtinents differents (actuellemnt je suis en australie)j ai de la chance mais mon prefere a ete la bolivie ou jai passe 12 ans de ma vie (actuellemnt j en ai 18)

  4. Jerome dit :

    Quel plaisir de relire ce récit 5 ans après!
    Merci Goral!

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