Australie

Australie

AUS 1 (NSW) : On the road again…
AUS 2 (NSW) : I love Sydney
AUS 3 (NSW) : And the Sun Shining…
AUS 4 (NSW) : Sydney on Beach
AUS 5 (NSW) : A long Birthday
AUS 6 (NSW) : Griffith : ses vignes, ses kangourous, son soleil…
AUS 7 (NSW) : Culture- Agriculture- Mode de vie ou Culture festive ?
AUS 8 (NSW) : Happy New Year
AUS 9 (TAS) : Un Goral au pays de Taz…
AUS 10 (TAS) : Wild Wild Tasmania
AUS 11 (VIC) : Australian Open
AUS 12 (SA) : The Great Ocean Road
AUS 13 (SA) : Builder a Naracoorte
AUS 14 (SA) : Outback via Oodnadatta Track
AUS 15 (NT) : Flinders Ranges, Uluru, Kata-Tjuta, Kings Canyon,…
AUS 16 (NT) : MacDonald Station
AUS 17 (NT) : Outback Party ou Goral le Cow-Boy ?
AUS 18 (NT) : Monica et Mataranka
AUS 19 (NT) : Les aborigènes
AUS 20 (WA) : Un petit détour de 8.000 kilomètres…
AUS 21 (QLD) : Le 7ème et dernier des Etats australiens, mais pas le moindre…
AUS 22 (NSW) : L’enfer des Whitsundays, le paradis de Fraser
AUS 23 (NSW) : La fin d’une belle aventure mais le départ de bien d’autres…


AUS 1 (NSW) : On the road again…

Un tout premier bonjour à tous, les pieds en bas !

Nous voici donc bien arrivés de l’autre côté de la Terre. Le départ a donc sonné très tôt le mardi matin. La première escale… a été l’aéroport CDG de Paris afin d’embarquer vers Kuala Lumpur, première ville asiatique que j’ai eu l’occasion de visiter, et ceci après un voyage assez inconfortable et peu reposant.

Kuala Lumpur est une ville énorme et très moderne. Au programme de la journée :
visite des Tours Petronas (qui font partie des plus grandes du monde), de Chinatown où nous avons mangé ‘local’, avec des baguettes, et tout et tout…., puis une large promenade dans une chaleur terrible qui ne nous a pas vraiment reposés.

L’étape suivante du trajet nous a menés de la Malaisie à SYDNEY où nous avons posé nos valises dans une auberge de jeunesse grand luxe (piscine, sauna,…)

La rédaction de ce premier mail est un peu rendue difficile par le clavier QWERTY que je n’ai pas l’habitude d’utiliser. C’est pour cela qu’il y a certaines fautes de frappe !!

Pour les sujets des mails que j’enverrai, je reprends de bonnes vieilles techniques d’Abeille et de Min, ainsi, ils commenceront par AUS comme Australie et entre () vous trouverez l’Etat dans lequel nous nous trouvons. Il s’agit évidemment de l’Etat au sens géographique et politique et non de notre état mental ou physique !! Nous arrivons au terme de nos deux premiers jours, dans la plus grande ville australienne. A ce stade, nous sommes allés voir le FAMEUX OPERA de Sydney, l’HABOUR BRIDGE et nous nous sommes déjà bien promenés.

De plus, nous avons une formation sur la vie en OZ et nous avons rempli quelques formalités (comme obtenir la preuve que nous disposons d’un Visa,…) Demain, nous déménagerons vers notre famille d’accueil. Malheureusement, le temps obtenu au cybercafé de l’hôtel touche à sa fin, je vous souhaite donc un bon week-end.

A bientôt, Sébastien

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AUS 2 (NSW) : I love Sydney

Hello everybody !!!

Voici presque une semaine que je suis parti et, pourtant, j’ai l’impression d’avoir quitté notre Belgique natale depuis des mois tellement de choses se sont passées, déjà ! En une semaine, j’ai visité une ville asiatique, fait 25 heures d’avion, habité dans une auberge de jeunesse, commencé à visiter une des plus belles villes du monde, et intégré une famille d’accueil qui me réserve pour le moment, tous les jours, des surprises !!
Un puzzle !!! Je compare mes premiers jours ici à la reconstitution d’un puzzle géant.
Les 2-3 premiers jours, je me suis dit que je n’arriverai jamais à m’y retrouver dans une ville pareille (gigantesque). Pourtant, maintenant, je progresse à grands pas.
Chaque jour, j’ai l’impression d’apprendre énormément. Je commence même à m’y retrouver dans les bus qui vont à la maison (et ce n’est pas une mince affaire !)

I LOVE SYDNEY !!!! Si je ne suis pas venu en Australie pour découvrir les villes, je dois bien avouer que je commence à vraiment bien aimer cette ville. Elle est GIGANTESQUE !!! Sydney s’est développée autour d’une superbe baie, et les vues magnifiques sont légions.
Le centre-ville, appelé ici la CITY (qui doit bien avoir la taille de Liège) est le Coeur de la Ville, il grouille de partout. Il y a ici un nombre incalculable de moyens de transport, on retrouve : des bus, des ferries, des trams, un réseau de métro, des trains, un monorail aérien, des taxi-boats,…. Pourtant, les déplacements ne sont pas spécialement simples, tellement la ville est DECOUPEE par les BRAS d’ OCEAN.

Je vous disais donc que j’avais intégré une famille d’accueil, ici. Et je dois bien dire que j’en ai déjà vu de toutes les couleurs avec eux ! Tout d’abord, pour rassurer la famille, je dois dire que je suis super bien tombé ! La famille est composée d’une mère et de ses deux fils, Tim (20) et Alex (17), de moi et d’une autre étudiante étrangère. Tout avait mal commencé quand j’ai voulu rejoindre la maison. Effectivement, après une longue attente à l’arrêt de bus indiqué sur une feuille remise par le WEP,, je me rends compte qu’il n’y a pas de bus le samedi (il faut avouer que j’ai mis une 1/2h. à comprendre l’horaire)
N’ayant plus le temps de prendre le bus (j’avais une heure précise pour arriver), je me décide à prendre le taxi, ce qui m’a coûté une fortune… Arrivé à la maison, je suis surpris de n’y trouver personne, j’attends donc 1H1/2 sur mon sac devant la maison. Jane (mère d’accueil) arrive enfin avec un air surpris. Elle n’était pas au courant de mon arrivée !!! Apparemment, j’aurais changé de famille mais on ne m’aurait pas prévenu !! Finalement, d’après ce que j’ai pu comprendre d’une conversation téléphonique, elle me trouvait sympa et a proposé de me garder. J’ai donc eu le choix, et je suis resté. Il faut dire que le quartier est superbe (beau quartier résidentiel, à 200 M. de l’océan que je peux voir de ma chambre)

C’est à la fin de cet épisode que la bonne nouvelle de la journée est tombée. Elle me dit : « There is a other student, a lovely german girl ». Tous les problèmes du début de journée : effacés !!! Margareth est donc ma voisine pour trois semaines et est effectivement très jolie et, en plus, très sympathique. Nous avons fait connaissance et je dois dire qu’elle a aussi comme avantage de parler anglais. Effectivement, pour le moment, on avait surtout rencontré des Belges et ce n’était pas top pour l’anglais. Jane ne m’attendant pas, avait prévu une sortie, le soir. Résultat : j’ai passé la soirée seul avec Margareth, et on a cuisiné nous-mêmes un steak de saumon avec toutes sortes d’accompagnements. La première journée n’était déjà pas mal. !!

Mais le lendemain devait continuer sur la lancée. Je suis rentré à 5H30 et j’avoue que je n’avais pas compris pourquoi elle voulait que je rentre si tôt. J’ai commencé à comprendre quand j’ai trouvé Jane et Margareth dans la voiture (elles m’attendaient). En 20 minutes, j’ai fini par savoir qu’on allait souper chez des amis de la famille !!! Avec Margareth, nous avons eu droit à un cours de bonne conduite dans la voiture. Les Australiens sont très BRITISH et très bonnes manières. Je me suis donc retrouvé à table avec des Australiens, en essayant de comprendre quelque chose. Finalement, je me suis bien amusé : nous étions 5 jeunes et les 3 locaux ont été super sympa avec nous. Outre Margareth, il y avait Alex et la fille (20 ans et qui fait sc. -po)et le fils (17 ans qui joue au rugby) de nos hôtes. Vous avez compris que je n’ai pas eu trop de mal à trouver des sujets de conversation avec eux !!!

Les Australiens sont vraiment très accueillants, aussi bien dans la famille (où je me sens vraiment chez moi), que dans la rue. Par exemple, les chauffeurs de bus me sont d’une aide précieuse pour le moment. Les Aussies sont toujours disponibles et souriants pour nous aider.

Après une visite du quartier où j’habite (MOSMAN, 3 Marsala Street, dans le N. E de la ville), nous sommes allés dans la City, le dimanche, avec Jeff et Amélie (une Bruxelloise rencontrée à l’hôtel) Nous avons visité Dearling Harbour (un quartier récréatif avec plein de terrasses, de jeux pour enfants, etc), mais, surtout, l’ AQUARIUM de Sydney. Celui-ci est vraiment superbe : on y a l’occasion de se balader dans un tunnel sous l’eau avec des requins de plus de 3 M., passant à un mètre plus haut que nous. On y trouve également des raies géantes et une reconstitution de la GRANDE BARRIERE DE CORAIL.

Aujourd’hui, j’ai été pour la première fois à l’école. Nous avons eu un test pour nous placer dans des classes de différents niveaux : ça s’est bien passé. Au niveau anglais, nous commençons à parler de plus en plus english avec Jeff, mais on n’y est pas encore tout le temps. Par contre, comme vous l’avez vu, ça carbure avec Jane (qui ne reste pas 2 secondes sans me poser des questions), qui prend son rôle éducatif à cœur et surtout avec Margareth qui parle un peu comme moi. Celle-ci est aussi heureuse que moi d’avoir quelqu’un avec qui elle parle anglais car, dans son école, il n’y a que des Allemands.
Je finis par ce qui me fait le moins plaisir ici : il PLEUT !! C’est à peine croyable, mais depuis que je suis ici il ne fait pas souvent beau. Aujourd’hui étant le sommet dans le style puisque je dois me balader avec ma veste !!

Programme des prochains jours : 4 matins de cours avec certainement des visites l’après-midi, puis ce week-end, on devrait aller au zoo qui est tout près de chez nous, avec Margareth,… et on a déjà parlé d’aller dans les BLUES MOUNTAINS, ensemble, afin de mélanger les communautés germanophones et francophones. Je vous donne mon numéro de téléphone. Vous pouvez m’appeler ou m’envoyer des sms quand vous voulez (c’est vous qui payez). Cependant, attention au décalage horaire, nous avons 8 heures d’avance sur vous (quand il est midi chez vous, il est 20H à Sydney.)

0416560294

J’espère que vous vous portez tous bien. N’hésitez pas à m’envoyer des nouvelles de vous, ça fait toujours plaisir. De plus, je n’ai pas envie de rentrer et que vos vies aient complètement changé, sans que je le sache. A bientôt

Goral, qui retourne à l’école alors qu’il pensait en avoir fini…

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AUS 3 (NSW) : And the Sun Shining…

Amis d’Europe, d’Amérique ou d’Australie, Bonjour,

Une semaine s’est déjà écoulée depuis mon dernier mail. Et, en une semaine, il peut se passer beaucoup de choses en Australie. Comme par exemple, ma première semaine de cours, de nouvelles rencontres ou encore un week-end particulièrement génial.

Tout d’abord, je tiens à dire que j’aime de plus en plus Sydney. Cette ville est vraiment magnifique. Je le disais déjà dans mon dernier mail mais, maintenant, elle l’est encore plus…
C’est sûrement dû à l’arrivée du beau temps et de la chaleur. Effectivement, mon moral varie en fonction du temps. Quand le ciel est d’un bleu parfait, ce même moral est extraordinaire.

En quelques mots, je vais essayer de vous décrire la BAIE de SYDNEY. Avant d’arriver ici, j’imaginais que la ville était construite autour d’une baie en demi-cercle. En fait, Sydney Harbour a plutôt, en forçant son imagination, la forme d’une algue. Effectivement, la ville est construite tout autour d’une multitude de petites criques toutes plus belles les unes que les autres. On trouve en pleine ville des parcs et bois dans lesquels se cachent des plages désertes paradisiaques. J’en reparlerai plus tard. A Sydney, les gens vont travailler en bateau (c’est le cas de Jeff, malheureusement pas le mien !) Nous, on prend parfois ces ferries (qu’on peut utiliser gratuitement avec notre abonnement)dans un but touristique, afin de visiter les recoins de la baie. On nous repère assez facilement, puisque nous sommes les seuls debout avec notre appareil-photos en mains.

Comme je l’ai dit plus haut, nous avons commencé les cours lundi passé. La première journée était consacrée à un test qui allait nous répartir selon notre niveau. Jeff et moi sommes au même niveau (le 4è), ce qui ne lui fait pas très plaisir… mais pas dans la même classe. Tout s’est bien passé pendant cette semaine de cours, même si ce n’est évidemment pas la partie la plus amusante du périple. Nous changeons de profs régulièrement et les cours sont surtout basés sur la conversation. La classe est très internationale : on peut y trouver 2 Allemandes, une Tchèque, un Brésilien, des Coréens, des Japonais, une Française et, même, 2 Belges (dont moi)… Vous pourrez voir la photo de classe (sans les Asiatiques qui ne font pas, apparemment, de différence entre le vendredi et le dimanche).

Tous les collégiens portent ici l’uniforme. C’est assez amusant de les voir le matin… certains ont de la chance, d’autres, moins. Par exemple, dans ceux qui ont de la chance, on retrouve les garçons en costume très ‘class’ et les filles, en jupe écossaise.
Au rayon ‘pas de bol’, on retrouve les garçons avec un bermuda et un chapeau de paille et les filles, avec une robe bleue qui fait fort penser aux tabliers des ‘techniciennes de surface’.

Nos nouveaux copains !!! Je vais tout de même en faire un petit tour. Je devrais peut-être plutôt dire nos nouvelles copines parce que les seuls garçons qu’on connaît ne sont pas trop fréquentables… Tout d’abord, il y a Térésa, une Allemande qui parle un meilleur français que nous ! Ensuite, il y a Alicia, une Belge de 18 ans qui est ici dans le même but que nous (c’est-à-dire qu’elle ne sait pas encore très bien) et puis Amélie, une Bruxelloise de 24 ans qu’on a vue dans l’avion et qui va visiter pendant 1 an mais qui n’a pas vraiment les mêmes obligations financières que nous. Nous connaissons bien entendu beaucoup d’autres personnes mais ça deviendrait trop long.

J’allais tout de même oublier Margareth, ma « sœur allemande », c’est forcément avec elle que je passe le plus de temps. J’en arrive au week-end, ce qui est tout de même le plus intéressant. Au point de vue linguistique, ce fut mitigé. le samedi a été très bon puisque je l’ai passé avec Margareth alors que le dimanche a été mauvais parce que c’était en compagnie de Térésa (2 Allemandes mais avec qui on ne parle pas la même langue…)

Samedi, nous avions prévu d’aller au zoo, à 11H, avec toutes les personnes présentées juste avant (plus Jeff, évidemment, mais je ne présente plus) Habitant juste à côté, nous y allions directement avec Margareth alors que les autres se donnaient rendez-vous au centre-ville. Evidemment, ils sont arrivés à 13H30. Ce qui fait que nous nous sommes baladés avec ma ‘sœur’ et que nous sommes tombés sur le premier endroit magnifique du week-end : il s’agissait d’un petit chemin longeant le Harbour et des petites plages désertes. Super, mais après que je me sois de nouveau explosé le genou, on a commencé à visiter le zoo, à deux. Lorsque les autres nous ont retrouvés, on s’est séparés pour qu’ils commencent par le début. A la fin, j’étais fatigué, non pas de marcher mais de speaker english. Margareth rentrée, j’ai retrouvé les autres.

Et c’est là que j’ai déjà fait fort puisque j’ai organisé mon premier barbecue à la maison. Et oui, je les ai tous ramenés à la maison (en plus des filles et de Jeff, il y avait Michele, un Italien de l’école) Jane m’avait donné la permission d’inviter des copains, j’en ai donc profité (je suis le seul élève de l’école à pouvoir faire quelque chose dans ce style-là) Je peux même inviter un ami (ou une amie !) pour dormir. On a fait des courses et on s’est fait un super barbecue avec des pâtes (super bien préparées par notre ami italien) Pour les boissons, on a dû aller dans un BOTTLE SHOP car ils sont les seuls autorisés à vendre de l’alcool (du vin et une bonne bière + des crasses pour les filles).

Vous voyez donc que ma famille est vraiment super. Je me pose d’ailleurs de plus en plus de questions au sujet de Jane. En voilà une raison : elle est riche (la maison est dans un des plus beaux quartiers de Sydney) et pourtant, sa seule occupation c’est de s’occuper de chiens 3 fois par semaine. A part le fait que son ex-mari est un grand médecin, avec Margareth, on pense qu’elle a occupé un poste important en politique. C’est une photo où elle est en grand uniforme avec une énorme médaille qui nous fait dire ça. Margareth pense qu’elle a été ministre et moi, je penche plus pour député.. C’est l’enquête de la semaine !

Le dimanche, nous sommes allés faire du kayak, sur la mer, avec Térésa et Jeff. C’était magnifique, la vue qu’on avait sur les parties vertes de Sydney avec, en arrière-plan, l’Harbour Bridge et l’Opéra : c’était vraiment magique ! De plus, l’eau était parfaitement turquoise. Nous nous sommes arrêtés avec notre kayak sur une petite plage (il n’y avait que 2 autres personnes par un jour magnifique !) et nous avons profité de notre première beach de la saison, par un temps superbe (j’ai déjà complètement cramé malgré 6 couches de crème solaire). L’eau est déjà presque à bonne température… Vous verrez par les nouvelles photos qui sont disponibles que je ne raconte pas des histoires inventées.

Bref, le week-end était terrible !!! Et les suivants s’annoncent encore mieux ! Et oui, je vais réaliser quelque chose dont beaucoup de filles rêvent (non, je ne vais pas vous demander en mariage !) Nous allons faire une croisière durant laquelle nous pourrons nager avec les dauphins… Le week-end suivant, nous devrions prendre la direction des BLUES MOUNTAINS.
Pour le reste du programme, on va ce soir à une course de CRABES et je n’en sais pas encore plus sur nos futures activités.
Je vous souhaite à tous une excellente semaine.

Goral

P.S. : Ici, tout le monde me connaît sous un nom étrange de ‘Sébastien’ Je ne sais pas pourquoi.. Même Jeff !! Ce qui doit lui être assez dur à mon avis.
P.S.2 : NSW, dans le sujet, veut dire NEW SOUTH WALES.

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AUS 4 (NSW) : Sydney on Beach

Bonjour à tous,

Je me replonge dans l’écriture de mes ‘mémoires’ avec le retour du beau temps. Effectivement, je suis toujours plus inspiré lorsque le soleil brille et que le ciel est bleu..
Depuis samedi, nous ne sommes pas gâtés à ce niveau et je dois même avouer que je n’ai pas mis un pied dehors dimanche (c’est tout de même triste quand on est à Sydney !)
Heureusement, c’est en train de tourner.
Après cette touche qui, je l’avoue, n’est pas très entraînante, je dois bien reconnaître que ces dix derniers jours ne furent pas vraiment désagréables : nous avons découvert les plages de Sydney, ainsi que sa vie nocturne. De plus, nous avons eu la chance de réaliser une croisière durant laquelle nous avons vu des dauphins et… de vivre la MELBOURNE CUP.

Vous voyez que nous n’avons pas trop à nous plaindre. Bien entendu, nous nous faisons de nouvelles connaissances et malheureusement nous avons aussi vécu les premiers départs.
Voici pour le programme de ce ‘chapitre’. J’aborderai également la bière locale ainsi que les résultats de l’enquête de la semaine passée.

L’enquête de la semaine !!! Je sais enfin quel était le boulot de ma mère d’accueil (JANE) avant de faire une sorte de baby-sitting pour chiens. Elle était, en fait, MAIRE de HUNTER HILLS, une partie de Sydney. Il y a, à Sydney, plusieurs maires comme dans beaucoup de très grandes villes. Elle est une personnalité politique du coin et elle connaît très bien toutes les personnes que l’on voit à la TV. Le premier ministre, John Howard, est un de ses amis personnels et elle le montre bien tous les jours (je pense qu’il était dans son Conseil communal quand elle était Maire) Nous avons également comme voisin, à quelques maisons près, le gouverneur de NEW SOUTH WALES (et oui, je n’habite pas dans n’importe quel quartier, MOI !) Encore un exemple, il y a quelques jours, une outre à vin était dans le salon et c’est après coup que j’ai su qu’il s’agissait de la femme de l’homme le plus important du pays, après le premier ministre (il s’agit du plus haut procureur du pays, si je comprends bien) Bref, après ce petit passage où je me la joue sur ma situation sociale australienne, je vais revenir à mes moutons.

Encore une histoire sur ma ‘famille’. Hier, embarqué dans une longue discussion, j’ai eu beaucoup de mal à faire comprendre qu’il existait, en Europe, des pays de la taille d’Andore (ils trouvaient déjà le Luxembourg tellement ridicule….)

On se fait vite à la vie d’expatrié et, si je pense quelques fois à vous (c’était la première fois, hier), je pense que c’est beaucoup plus facile comme ça de se détacher de ses anciennes activités comme les scouts ou le Cespap… C’est parfois en y pensant ici que je comprends bien que c’est bien fini ! Et c’est assez étrange !..

Comme je le disais un peu plus haut, nous avons donc eu la chance de découvrir quelques très belles plages de Sydney (il faudrait certainement 10 ans pour les découvrir toutes) et d’y passer pas mal de temps.
Mercredi, nous sommes allés à la très célèbre BONDI BEACH, une des plus connues de la ville, mais pas vraiment la plus belle. Aujourd’hui, alors que j’écris ces lignes, je reviens également de la plage… Celle d’aujourd’hui était à Watson Bay, un très bel endroit que nous avons découvert, pour la première fois, jeudi.

J’ai également passé une journée complète (vendredi) à Bronte Beach. Et cela grâce à ma bien-aimée école, l’Access Laguage School, qui nous avait préparé un barbecue on the beach, à la place de l’habituelle journée de cours ! Mon école est d’autant plus géniale que, aujourd’hui, j’étais de nouveau en excursion mais avec ma classe. Au programme, c’était la Sydney Tower, une très grande tour de laquelle on a une vue magnifique sur Sydney Harbour ‘IMPRESSIONNANT !!! ’Margareth a moins de chance que moi, elle a des montagnes de devoirs tous les jours, jamais d’excursion, et elle est dans une classe de niveau catastrophique alors qu’elle parle bien mieux que moi !

N’allez pas croire que je n’apprends rien parce que je pense que c’est pendant des journées comme aujourd’hui que nous avons l’occasion de vraiment discuter avec ‘mes camarades’ (autre que Kim avec qui je passe plus de temps à discuter d’imbécillités que d’autres choses… mais je discute.)

Faire la carpette à la plage a été facilité par la soirée de la veille. Eh oui ! Nous sommes sortis pour la première vraie fois, JEUDI. C’était les adieux des 2 Belges (qui ont fait Gramme avant de se retrouver ici) qui quittaient cette belle ville. On est rentré à 5H30 et Jane venait me réveiller à 7H en croyant que j’étais en retard pour l’école !! Ici, on se fait des connaissances et on doit aussi leur dire au revoir à TOUS. Cette semaine, c’est au tour d’Alicia et de Margareth de partir faire du fruit picking. La semaine prochaine, ce sera à nous de faire notre sac.

Bon ! C’est peut-être le temps de parler des bières locales. Tout d’abord, quand on le veut vraiment, on s’y fait !!! Ce n’est qu’une question de temps. Il me faut ici corriger une erreur : j’avais souvent dit que je partais au pays des kangourous, des koalas… et de la FOOSTERS. Il ne faut surtout pas dire ça à un Australien !!! La Foosters est seulement une bière d’exportation que l’on ne boit jamais ici. C’est un peu la Stella locale (Stella qu’on trouve partout ici, d’ailleurs) Nous nous sommes plutôt mis à la TOOHEYS et surtout à la VB. Je sais en Belgique, on utilise plus les initiales VB pour une vieille (et plate) bière, mais bon !, je n’ai pas encore eu le courage d’expliquer ça ici…

Samedi était le jour de notre fameuse croisière avec les dauphins. Nous avons bien vu des dauphins, mais seulement à 50 M. et ils n’étaient pas très nombreux. En même temps, l’équipage avait déployé un filet sur le côté du bateau, dans lequel nous pouvions NAGER (ça faisait une sorte de piscine avec un courant assez fort).

Avec Jeff, nous étions évidemment les premiers dedans. Cette journée à PORT STEPHEN (160km au nord de Sydney) a été très agréable et nous avons même touché des
kangourous et des koalas (d’accord, c’était dans une sorte de zoo pour touristes !)

LA MELBOURNE CUP !!! Ce jour-là, je me suis vraiment dit que les Australiens sont complètement crazy ! Il s’agit d’une course hippique qui se passe à Melbourne : elle dure 3 minutes et toute la ville ne parle que de ça pendant une semaine. Tous les Australiens parient sur un cheval et se rendent dans les pubs, vêtus de leurs plus beaux habits (ou les plus kitch, c’est au choix) Les filles portent des chapeaux, parfois extraordinaires. A la maison, c’est également toute une histoire… Nous avons eu droit à la séance d’essayage pour le chapeau (Hé, oui ! j’ai dû mettre un chapeau pour aller à l’école !!) Ca a pris plus de temps pour Margareth, ce jour-là Elle a dit à Jane qu’elle ne faisait rien pendant la course, alors que j’ai dit que j’allais au pub avec des copains. Résultat : le lendemain, elle était à une réception au Parlement et moi, dans un café… Je m’étais bien fait avoir par Margareth !

Comme tout bon écolier, j’ai reçu mon bulletin aujourd’hui. Il était meilleur que celui de Jeff, ce qui le fait encore beaucoup plus râler : je ne sais pas s’il va encore me parler avant très longtemps !! Comme vous pouvez le constater, je me porte très bien et nos activités sont toujours aussi amusantes. Et je pense pouvoir dire que Jeff pense la même chose que moi.

Nous avons encore 7 jours à Sydney et, après ça, nous devrons trouver un job pour survivre. Nous irons certainement dans l’Ouest du NEW SOUTH WALES pour la récolte des fruits. Mais avant cela, nous allons dans les Blues Mountains, demain.
De nouvelles photos avec des commentaires devraient être disponibles, ce week-end ou lundi, je pense.

Bon week-end à tous,

Sébastien

P.S. : Jeff a arrêté d’utiliser l’étrange mot ‘Sébastien’, ce qui fait que tout le monde commence à suivre…
P.S.2 : On a assisté à notre premier sauvetage, en mer, hier. Hé, oui, les baignades étaient interdites et certains imprudents se baignaient tout de même… Mitch est alors entré en action (avec 3 Paméla qui le regardaient avec admiration) et tous les Japonais ont voulu se faire photographier avec le noyé qui est devenu le héros de la plage.

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AUS 5 (NSW) : A long Birthday

Un grand bonjour à vous tous,

Cela fait maintenant déjà un mois que je suis parti et mon séjour à Sydney s’achève. Non, nous n’allons pas rentrer en Belgique mais, au contraire, l’aventure va vraiment commencer maintenant. Je dois bien avouer que si j’aime vraiment la ville de Sydney, je suis très impatient de la quitter et de découvrir le pays. L’école qui était un passage nécessaire et utile (mais pas vraiment le plus amusant) se termine… et ce n’est pas pour me déplaire. Mais je reviendrai plus tard sur mon avenir et, forcément, sur celui de Jeff.

Cette semaine fut chargée en événements. Tout d’abord, nous avons vécu un week-end très contrasté comme vous le lirez et comme vous le verrez sur les prochaines photos. Ensuite, c’était également la semaine de mon anniversaire (MERCI à TOUS pour vos nombreux messages et coups de téléphone !!!) Nous avons également cherché et trouvé du boulot. Bien entendu, j’ai découvert pas mal de nouvelles têtes. En plus de tout cela, j’aborderai aussi le REVE AUSTRALIEN de nombreux jeunes Européens.

Et je vais commencer tout de suite par ce dernier point. Aux portes de la réelle aventure
(fini la maman d’accueil qui fait la cuisine et le linge !), on se rend de plus en plus compte que tout va réellement commencer. Depuis que nous sommes ici, nous voyons tous les jours des milliers de paysages magnifiques sur PHOTOS et à la TV… et même si nous en avons déjà vu quelques-uns, il faut bien reconnaître que ce n’est encore rien par rapport à ce qui nous attend ! Il y a des centaines de jeunes Européens comme nous qui débarquent, chaque semaine, à Sydney, avec le rêve.

Et il existe tant de manières différentes de le VIVRE !!! Il y a ceux qui s’achètent un van et font le tour du pays en conduisant. MAIS aussi celles qui travaillent comme filles au pair et profitent de leurs rares congés pour faire des excursions d’un week-end. On croise aussi des ‘fils de riches’ qui voyagent sans travailler et en dépensant des montagnes de dollars (c’est tout de même plus facile pour eux que pour les malheureux dont le pays n’a pas d’accord sur le working holliday visa, et qui doivent être tous les jours à l’école avec, comme seules vacances, les week-end) Et puis, il y a tous ceux COMME NOUS qui ne savent pas très bien… Je raconte tout cela parce que, ici, on ne voit que des personnes qui veulent découvrir l’Australie et on en viendrait presque à trouver notre voyage banal… Heureusement, il ne l’est pas…

Ici, tout est prévu pour les BACKPACKERS (les jeunes qui voyagent avec un sac au dos, à travers le pays) Les agences de voyage spécialisées proposant TOUTES des offres plus intéressantes les unes que les autres, remplissent les rues autour de la gare. Les journaux qui nous sont consacrés sont très nombreux et on te propose du boulot à tous les coins des rues… Ca devient même difficile de faire un choix ou de se souvenir du plus intéressant, au moment de se décider. Tout doucement, j’en arrive à notre dernier week-end…

Samedi, comme prévu, nous sommes allés dans les Blue Mountains qui sont très réputées pour le paysage impressionnant qu’elles offrent. Malheureusement, nous n’avons pas encore été capables de nous faire une idée, hors cartes postales : il n’a pas arrêté de pleuvoir toute la journée et nous nous trouvions au centre d’un nuage épais qui nous empêchait de voir à plus de 3M.. Trempés, nous n’avons trouvé qu’une seule chose à faire (alors que nous étions certainement devant un des plus beaux endroits de l’Etat)… boire une bonne bière… De toute manière, les flics n’auraient pas su nous voir, j’avais déjà du mal à voir ma VB.

On s’est remis de ce contre-temps par une grosse soirée pour fêter le départ d’Alicia. Nous avons commencé par un très sympa apéro dans le superbe Hyde Park où nous étions entourés d’opossums (animaux qui ressemblent au croisement d’un renard et d’un écureuil). La suite, après quelques péripéties, se continua dans les pubs de la City.

Et le dimanche, j’ai fait du sport !!! Pendant que mes condisciples dormaient et récupéraient de la veille, je suis allé, tout seul comme un malheureux, faire une promenade de 10KM de chez moi à Manly. Manly est la plage la plus célèbre de Sydney mais nous n’y étions jamais allés. Cette balade, conseillée par Margareth et Jane, était réellement magnifique. De superbes paysages se succédaient pendant 3 H. Le temps était superbe et la température, élevée. Ce qui m’a obligé à rejoindre les autres, l’après-midi, à Watson Bay, pour faire la carpette, sur la plage.

Plus triste, Margareth a quitté la maison et a été remplacée par John (mais ce n’est pas son vrai nom), un Coréen qui ne parle pas un mot d’anglais.

Nous avons enfin bu une bière correcte, cette semaine, au Belgian Café. Un réel plaisir de boire une Leffe !!! Et nous avons bavé devant la carte qui reprenait tous les bons plats belges…

En parlant de gastronomie, ça me fait penser à mon anniversaire… Effectivement, cette semaine est également celle de mes 22 ANS. et c’était le plus long anniversaire de ma vie puisqu’il a duré 34 HEURES. Ce qui fait que j’ai reçu des messages aussi bien au début de mon anniversaire ici qu’à la fin du 8 novembre, en Belgique !! Jane a tenu à fêter mon anniversaire comme il le faut !!! Ce qui fait que j’ai eu droit à mon cadeau, un T. SHIRT d’une marque australienne. EH oui ! Je le répète : je ne suis pas trop mal tombé dans ma famille (j’ai même, dans mon sac, un cadeau à remettre à Margareth pour son anniversaire, le mois prochain ainsi que pour Noël, et également un pour moi, toujours pour Noël, que je ne pourrai ouvrir qu’à ce moment)

J’ai même eu droit au menu que je voulais pour souper. Après une liste de propositions, j’ai opté pour le bon gros steak. Alex (qui n’avait jamais touché une poêle avant) et Tim (qui cuisine très bien) étaient de corvée pour me faire ce que je voulais. Ils m’ont donc demandé si je préférais les pommes de terre en frites ou en purée. Vous vous doutez que j’ai demandé les frites. Et c’est là que c’est devenu très marrant : parce que voir 2 jeunes Australiens essayer de faire des frites, c’est super drôle ! De plus, ils n’avaient pas de friteuse, ce qui fait qu’ils ont essayé dans une marmite… Eh ben, on a mangé de la purée !!! Mais non sans qu’ils aient retapissé la cuisine d’huile bouillante… J’étais mort de rire mais ça avait l’air de moins les amuser ! Evidemment, la journée s’est terminée dans un pub de la City qui n’était pas vraiment génial…

C’est pas tout ça de parler de fêtes et de tourisme mais nous avons également passé du temps à chercher du boulot. Tout d’abord, je dois expliquer que l’on ne peut chercher un job dans le fruit picking que 3-4 jours avant d’y aller. Nous avons donc rassemblé des informations et puis téléphoné, cette semaine. Nous avons finalement opté pour Griffith : il s’agit d’une ville située à 650 KM d’ici, à l’Ouest de Sydney. Je sais : ça peut paraître loin, mais à l’échelle locale, c’est comme si on allait à Herve !

C’est à Griffith que sont Alicia et Margareth. Au début, nous n’étions pas très chauds à l’idée de retrouver une Belge que nous connaissions (point de vue ’anglais’, uniquement) mais, finalement, elle nous a dit qu’il n’y avait pas d’autres francophones. De plus, c’est mieux pour l’anglais, 3 Belges et une Allemande que 2 Belges… A Griffith, ça va être la saison des citrons mais on n’est pas du tout certains de travailler là-dedans (pour le moment, les filles taillent les vignes) En fait, l’hôtel nous place dans des fermes pour travailler mais on pourrait bien changer de job tous les jours. A propos de l’hôtel, il n’y a pas de place dedans (mais il y a du boulot !!!) Résultat : on a acheté une tente… et on fera du camping tout près : ce qui nous fera gagner plus de $$$$. On part samedi à 6H45 !!!

C’était bien entendu mon dernier mail de Sydney et j’ai bien du mal à vous dire à quoi ressemblera le prochain. Peut-être que je l’écrirai avec un kangourou à mes côtés…

Dans les autres projets qui se dessinent, je peux déjà vous dire que Virgi vient rendre visite à Jeff, à Noël. Moi, à ce moment-là, je descendrai certainement sur Melbourne et cette région-là où je devrais retrouver quelques copains. De plus, Kim (une Allemande de ma classe) qui est certainement la petite soeur de Claudia Schiffer, sera chez son oncle dans la région et viendra me chercher avec la voiture de son oncle,… où je serai…

Après cela, GREAT OCEAN ROAD, ADELAIDE et KANGAROO ISLAND, WOOFING et RED CENTRE, dans un premier temps…. Nous ne manquons pas d’idées en tous cas.

En espérant que tout se passe bien dans l’autre hémisphère, je vous dis : à bientôt.

Sébastien – Goral

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AUS 6 (NSW) : Griffith : ses vignes, ses kangourous, son soleil…

Bonjour à toutes et bonjour à tous,

Presque 2 semaines se sont écoulées depuis mon dernier mail et, déjà, le style de ma vie australienne a complètement changé ! Le passage du confort et du luxe à la dure vie des travailleurs de la terre de l’arrière-pays australien est déroutant mais pas trop déplaisant.

Au programme de ce mail, nous retrouverons le trajet de Sydney à Griffith, notre ‘ hôtel’, notre job, nos nouveaux amis, ainsi que beaucoup d’autres choses.

J’ai donc, avec Jeff, laissé Sydney derrière moi, le samedi 12. Notre train était à 6H45 et nous n’avons donc pas jugé nécessaire d’aller dormir ! En voici la raison (en plus que nous voulions faire une bonne fête pour notre départ) : la maison étant à plus d’une heure du centre et les bus n’étant pas fréquents pendant la nuit, le problème du transport se posait pour les trajets ‘retour de fête’ et ‘départ à la gare’. Nous avons donc déposé nos sacs chez Anouchka qui habite près de la gare, et nous les avons repris le matin, après des adieux déchirants avec celles que nous ne retrouverons jamais (j’écris celles juste parce que les garçons, on devrait les retrouver vers Noël)

Le voyage a duré 10 Heures et, pour arriver à Griffith, nous avons traversé plus de 600 KM. Un grand nombre de km durant lesquels les seules choses que nous avons croisées sont des villages de maximum 100 habitants !! et de superbes paysages. On s’est vraiment bien enfoncés dans le pays australien. Je n’ai pas eu trop de mal à trouver le sommeil pendant le trajet… Et le reste du temps, j’étais collé, le nez à la fenêtre.

Nous étions attendus à la gare par une personne qui nous a déposés à l’International Hôtel
qui n’a d’hôtel que le nom. Si vous vous souvenez de mon dernier mail, vous savez que je disais que nous serions logés en camping. L’hôtel était bien plein, mais nous ne nous sommes pas retrouvés sous tente : nous avons été placés au Pioneer Park. Il s’agit du seul musée de Griffith (pas encore vu de visiteurs) qui tente de se faire un peu d’argent en accueillant des jeunes ESCLAVES de la terre !

Au départ, nous étions plutôt déçus de nous retrouver là mais nous avons vite compris que les avantages étaient largement plus nombreux que les inconvénients.. Premièrement, nous avons une chambre pour deux alors que les dortoirs de l’hôtel font la même taille mais sont occupés par 12 personnes.

Deuxièmement, notre backpacker (hôtel pour backpackers= des jeunes comme nous), se trouve en pleine nature et nous pouvons nous reposer après le travail, dans notre jardin, pendant que les autres sont entassés dans un bloc de béton. Enfin, si l’ambiance est moins festive le soir, elle est très sympathique et plus relaxante (et on en a besoin) Nous connaissons maintenant tout le monde car nous sommes juste une grosse vingtaine. L’inconvénient principal est que notre logement se trouve à 20 minutes du centre et au sommet d’une petite montagne (le mot est fort, mais ça nous semble réaliste après une journée de travail) et revenir avec des courses pour une semaine SANS voiture, ce n’est pas amusant…

Le dimanche, César nous a trouvé un job. César est celui qui s’occupe des 150 Backpackers que compte la ville. Il nous place dans des jobs et des logements. Et on a plutôt de la chance. En fait, il faut connaître les boulots des autres pour se rendre compte de notre chance. Nous taillons des vignes 8H. par jour. Le boulot commence à 6 H. et finit à 14 H. (avec seulement 2 pauses de 15 minutes, mais elles sont payées !!) Le réveil à 5H. est une torture, chaque matin… Je suppose que vous comprenez le problème et que vous penserez à nous quand vous vous mettrez devant Julie Lescaut pour passer une agréable soirée. Nous sommes plutôt bien payés puisque nous gagnons 13 $ par heure (+- 9 euros) Il fait terriblement chaud et le boulot est extrêmement répétitif et on peut le dire… chiant (excusez-moi, mais dans certains cas, on ne peut faire autrement) Nos patronnes sont Fatama et Suzana, 2 femmes turques qui sont assez sympa avec nous. Ce sont, en fait, les Jean et Bouchtat de la Pigeade (pour ceux qui connaissent l’endroit ou pour ceux qui y ont également passé des moments difficiles)

Cependant, voici quelques cas qui nous poussent à être satisfaits de notre sort : les 3 Français qui sont dans le même backpackers que nous ont déjà changé 6 fois de boulot et se retrouvent avec tout ce qu’il y a de plus pénible. Ils passent des mauvaises herbes à 4 pattes dans les melons aux mauvaises herbes dans les tomates. D’autres travaillent à la quantité et se font ruiner, la moitié du temps. Un autre Belge a travaillé 10 H. un dimanche pour gagner 25 $. Et ces cas sont plus nombreux que les exemples nous ressemblant. On n’est pas si mal que cela avec nos vignes… !!!

Griffith est une ville de 25 000 habitants. Et je dois bien dire que j’ai rarement, et même jamais vu une ville aussi nulle. Il y a à Griffith : une piscine, un pub, une pizzéria,… et bien !, je ne vois rien d’autre. Parfait pour nous ! : nous n’utilisons pas plus de 40$ (moins de 30 euros) + 85$ de logement, par semaine. Et nous gagnons entre 500 et 600$ !!! On est là pour gagner un maximum d’argent, pour pouvoir le dépenser dans les deux mois qui suivent.

Nos nouveaux amis : dans un backpackers comme le nôtre, on a l’avantage de rencontrer plein de personnes d’horizons très différents. Tout d’abord, 4 Français qui nous ont aidés, le premier jour. Les malheureux avaient acheté un van avec tout leur fric, il y a 3 semaines mais ils l’ont déclassé deux semaines après, en rentrant du boulot ! Le van a fait des tonneaux avec 8 personnes dedans mais, heureusement, la blessée la plus grave est une des Françaises avec seulement une cheville cassée. Je dis ‘seulement’ mais elle est tout de même bloquée pour 6 semaines, dans cette merveilleuse ville de Griffith !!, en devant payer son hôtel mais sans gagner un rond : belle perspective !! Il y a aussi 4 Allemandes et 2 Allemands, 3 Hollandais et une quinzaine d’Asiatiques. Margareth et Alicia que nous voulions retrouver ici sont à l’hôtel en ville et nous les voyons donc finalement très rarement.

Abordons rapidement la faune locale. Nous avons tout d’abord apprivoisé 2 opossums dans le jardin, ils viennent maintenant passer les soirées autour du feu (on n’en a fait qu’une en fait ! et c’était samedi car la majorité des ‘collègues’ avaient congé le samedi… on a même enfin bu une bière, à Griffith… !!!) Nous avons également vu, lundi, nos premiers Kangourous sauvages. C’était 2 très grands kangourous qui avaient presque notre taille et qui ont coupé le chemin qui nous conduit en ville,… juste devant nous !!! De plus, plein de superbes oiseaux remplacent les pigeons tellement aimés dans notre pays !

Nous devenons des pros de la cuisine car, il faut l’avouer, après avoir rencontré quelques problèmes (nous n’avions même pas une assiette, ni une fourchette), nous sommes devenus moins radins euh… économes ! Et nous avons même arrêté de manger des saucisses, tous les jours, pour passer aux pizzas, poulet et œufs. Nous nous permettons même des biscuits, à la pause de 9H !!!Comme vous le voyez, nous continuons à vivre des expériences nouvelles et spéciales. Même si nous devons bien l’avouer, nous nous demandons souvent comment on a réussi à faire pour se retrouver 8 H. dans un champ, juste 4 mois après avoir fini 4 années en Sciences-Po…

Après 10 jours, pendant 8 H. de travail, je pense que j’aurai bientôt usé tous les sujets de réflexion disponibles sur Terre. Donc, en fait, je pense souvent à vous… Et souvent à mon père surtout.. lui qui doit rêver à un vignoble dans le Sud de la France. Je me dis souvent que soit il ne s’imagine rien de la réalité ou alors qu’il a un problème… Souvent, dans mes moments de réflexion, je repense aux moments que j’ai vécus à l’Unif, en famille et entre amis et je me dis que c’est tout de même génial d’avoir deux types
d’expérience aussi différents. Je vous salue toutes et tous et je ne sais pas du tout si j’aurai d’autres occasions d’écrire des mails d’ici car c’est un chemin de croix pour obtenir l’accès à Internet (et un chemin de croix, après une journée d’esclavage, c’est pas top)

Goral

P.S. : Aujourd’hui, je dépasse mon record du plus long départ de la maison.

P.S.2 : Jeff commence à avoir de gros problèmes de nerfs. Effectivement, en plus d’être plus fort en anglais, voilà que je taille les vignes 2 fois plus vite que lui et que je dois finir toutes ses lignes. Et, pour en avoir une couche de plus, la Belgique s’est pris une raclée à la BELOTTE, hier, face à la France : ce qui n’a rien amélioré !!! (Pourtant, on leur apprend, mais on n’ a pas de bol)

P.S.3 : Le mail que j’ai tapé vient de s’effacer, je suis donc de très mauvaise humeur après avoir recommencé…

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AUS 7 (NSW) : Culture- Agriculture- Mode de vie ou Culture festive ?

Un grand bonjour d’été, à tous,

Eh oui, je le sais, ce n’est pas très sympa de ma part de vous remettre un bonjour aussi ensoleillé et aussi chaud alors que vous avez maintenant sorti vos grosses vestes depuis bien longtemps. Mais ici, le soleil est toujours de plus en plus présent et la température monte parfois jusque 40°. Parfois, un bon vent glacial et un vin chaud sur le Village de Noël me ferait bien plaisir. Profitez-en bien !!

Si ce n’est pas par ce mail que je vais vous faire connaître l’Australie, je vais plutôt m’orienter vers la description de l’ambiance d’un backpack (pour la dernière fois : un hôtel pour les jeunes voyageant avec leur sac au dos et faisant le tour du continent) et vers la vie dans l’agriculture d’une ville au milieu de rien.

Comme je vous l’avais laissé entendre dans mon dernier mail, Griffith n’existe que par ses champs et ses cultures. La population de la ville est composée de 80% d’Italiens qui ont été expulsés de Sydney pendant la deuxième guerre mondiale. Les 20 % autres sont en grande partie des Turcs, des Iraniens ou des Indiens venus gagner durement leur vie. Celle-ci se résume pour la grande majorité des habitants à boulot – boisson – dodo. Je m’explique. La vie étant très dure dans les champs, et les occupations pour l’après-midi inexistantes, il ne reste que la bière et le vin pour passer son temps. Suzana, notre première patronne, nous expliquait déjà que la meilleure méthode pour se reposer était de s’enfiler deux bouteilles 0, 75 L. et de se coucher tôt. Notre nouveau patron (eh oui, on a changé de job, mais je reviendrai sur cela plus tard) n’a pas vraiment une vision différente des choses.

Après avoir fini de s’occuper des vignes de Messieurs De Bortoli, nous avons retrouvé un autre boulot avec Toni, un Italien d’une bonne soixantaine d’années. Nous avons, pendant 3 jours, retourné son champ de melons, à la houe… et nous sommes de nouveau au chômage technique pendant une après-midi (on devrait commencer les oignons demain avec, de nouveau, Suzana) Et si nous étions très mal payés, (je retombe maintenant sur les problèmes de boisson des Australiens), Toni était plutôt marrant avec nous : de nouveau, le seul remède contre la chaleur, c’est le vin et surtout sans modération. Ce qui fait qu’après les 3 jours que nous avons passé dans son champ, nous avons chaque fois bien rincé notre gosier de la poussière qui s’y était cachée !!

Le premier jour, on se serait cru dans les ‘Bronzés’ ou dans ‘Les Tontons Flingueurs’ quand les bouteilles de vitriol défilent sur la table. Il nous a, en effet, fait goûter dans son garage des bouteilles de son friend et de son cousin, qui sont sensées ressembler à des Porto… Bien fort qui trouve du Porto dedans !, mais comme dirait Francis Blanche : ‘c’est du costaud’… Le lendemain, après avoir arrêté le vinaigre, nous sommes passés à la qualité supérieure. Entendant que nous n’avions jamais goûté les vins du domaine De Bartoli pour qui nous avions travaillé, depuis 4 semaines, il a décidé de remédier à cela et de nous amener dans le caveau de dégustation de ce qui est le 7è plus grand domaine vinicole d’Australie (plus de 300 cuves pour un domaine privé, c’est un peu plus que ce que l’on trouve d’habitude en Provence ;..) Après avoir goûté plus de 15 vins et 4 liqueurs, Toni nous a ramenés en passant au maximum à travers champs pour éviter les flics… Notre tête amuse la galerie, à chaque fois que nous rentrons au backpack pour le moment. Et, aujourd’hui, rebelotte, nous sommes allés vérifier une nouvelle fois la qualité des vins australiens, dans un des nombreux domaines de la région. Outre le premier vinaigre, les vins que nous avons dégustés par la suite furent plutôt plaisants… même si Nadège, la Française qui travaille avec nous, a de justesse évité des problèmes digestifs que nous attribuerons au soleil qui tape sur notre tête toute la journée ! . Ha ha ha, ces Français !!..

A propos de Français, je comprends maintenant parfaitement pourquoi le premier ministre Raffarin avait quelques difficultés à faire passer son projet pour supprimer un jour férié ! Si de tous les peuples de la Gaule, ce sont les Belges les plus braves, je peux affirmer que ce sont les Français les plus fainéants. Effectivement, nous avons pris maintenant l’habitude de lancer, en rentrant dans nos appartements, un grand ‘Bonjour, la France’ : les Français étant étendus toute la journée dans le jardin et ne travaillant que 2 jours par semaine pour payer le logement et le vin…

Monter en grade dans les champs est possible !!! Durant nos 2 dernières semaines dans notre job précédent, nous avons été promus. Nous avons ainsi occupé les fonctions importantes de sous-superviseurs et d’instructeurs. C’est-à-dire que quand Suzana et Fatma buvaient le thé dans le van (c’est-à-dire toute la journée), nous étions les chefs sur le chantier. Nous pouvions donc donner du travail aux autres, décider des temps de pause, vérifier le travail de nos ouvriers ou encore apprendre aux nouveaux les bonnes techniques… Le col de mon T. Shirt est en train de se déchirer, j’arrête donc là !!!

L’ambiance du backpack est excellente et nous nous trouvons souvent une petite occupation pour les soirées de week-end. Nous avons organisé un barbec, ce vendredi, et le samedi est devenu le grand jour de sortie dans le seul pub que compte Griffith, le Gimini. Celui-ci ferme cependant à 1H30, ce qui écourte fortement les soirées. Le brassage des cultures est assez génial ici, ce qui nous donne l’occasion de parler avec des jeunes du monde entier.

Nous avons comme voisins, outre les habituels Allemands, Français, Coréens, Japonais et Hollandais, une Israëlienne, un Chinois, un Indien, des Néo-Zélandais. On a même, dans une chambre voisine, un Australien (si, si, on en trouve aussi en cherchant bien). Peter fait à lui seul doubler aussi bien la moyenne d’âge de l’hôtel que la consommation d’alcool. Tout le monde a du mal à comprendre comment un homme de 45 ans peut passer sa vie dans un backpack en retournant la terre pour quelques dollars et en buvant de la bière et de la vodka, de 00H à 23H59. Brassage des cultures dit aussi mélange des nourritures. C’est pourquoi, samedi, tout l’hôtel a dégusté la nourriture coréenne alors que les Français faisaient des crêpes (inconnues pour les Asiatiques)

Plusieurs d’entre vous me disaient qu’à mon retour, j’aurai l’accent australien. Je crois pouvoir les rassurer, je n’aurai peut-être pas l’accent australien MAIS l’accent ALLEMAND. Je me suis d’ailleurs mis rapido presto à l’étude de cette langue (hier, j’ai appris les couleurs, c’est plus facile pour jouer à UNO avec 5 Allemandes qui oublient souvent de parler anglais !)

Si depuis que je suis en Australie, j’ai peut-être parlé avec 3 Australiens (Jane, mon prof à l’école et le directeur de l’hôtel, parce que je ne compte pas les caissières au supermarché du coin), mon anglais progresse tout de même en parlant avec tous les autres backpackers (dont plus de la moitié viennent d’Allemagne, d’où, l’accent allemand)

Si l’ambiance est bonne, les adieux sont forcément toujours plus tristes. Et ici, des adieux, il y en a tous les 2 jours. On se fait des amis puis une semaine après, ils s’en vont et vous ne savez pas si vous les reverrez un jour. Si Bertrand, Joanne, Nadège sont toujours là, Marie, Christopher, Corina, Maria, les Annja, Erika, Melvina, Jasmine, Rebekka, Jenny, Barbara, Ronny, Mélanie, Hannie, Jude sont partis ou arrivés… (je sais que les noms des copains qu’on se fait ici ne doivent pas vraiment vous toucher, mais, moi, ça me fera plaisir de les retrouver quand je relirai mes mails.

Mon futur proche est encore assez flou et je ne sais toujours pas où je vais dormir, à Melbourne, pour les fêtes… Ce que je sais, c’est qu’après, on ne travaillera plus pour un moment, afin de dépenser tout ce maudit argent qu’on économise pour le moment.. nous ferons ça pour partie, en Tasmanie. Et après, nous aimerions passer voir l’ambiance de l’Open d’Australie de tennis puisque nous devrions être à Melbourne durant cette période. Mais là, c’est le problème de la recherche des tickets qui surgit car tout est vendu et le prix au marché noir est affolant.

C’était plus que certainement mon dernier mail de Griffith mais j’essaierai d’écrire de ma prochaine étape, avant Noël.
Sur ce, n’abusez pas du pecket et des bonnes choses en cette période de fêtes.

En pensant bien à vous,

Sébastien-Goral

P.S. : Complètement fous, ces Australiens !!! Si, en Belgique, vous pouvez trouver des Quick Drivin, ici, ce sont des Bottles Shop Drivin que vous trouverez… C’est évidemment Tony qui nous y a entraînés. Pourtant les lois pour protéger de la consommation d’alcool sont carabinées… comme quoi ça ne marche pas fort !!!

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AUS 8 (NSW) : Happy New Year

Bonjour à tout le monde,

Je renoue avec la technologie et avec Internet pour vous souhaiter une excellente année 2006.
Une année 2006 que je commencerai d’ailleurs avant vous !..

Le paysage a bien changé depuis mon dernier mail et pas mal de choses se sont passées ici. Tout d’abord, à la surprise générale, (et à la mienne en particulier), je ne me suis pas rendu à Melbourne, pour les fêtes MAIS je suis revenu à Sydney. J’ai donc, comme vous l’avez compris, ENFIN QUITTE Griffith ! ; Ensuite, j’ai fait mon premier long trajet dans un van surchargé. Je suis retourné dans les BLUE MOUNTAINS et je pense à la suite du voyage… Je viens d’envoyer les photos qui sont déjà sur le site (et même avec quelques commentaires…), ce qui fait que vous pourrez directement suivre ce que je raconte, de manière illustrée.

Notre dernière semaine à Griffith a été marquée par une terrible chaleur : il faisait souvent 40° et ce n’est pas vraiment l’idéal pour travailler, dans les champs… Mais par contre, nous avons trouvé quelques boulots faciles comme planter des clous, toute la journée ou encore planter des vignes, en étant assis dans les champs… Bref, on en avait vu d’autres, avant !! Et puis, bien entendu, c’était aussi la semaine de tous les départs, ce qui fait que les verres d’adieu se succédaient, tous les soirs.

Le Pioneer Park est maintenant complètement vide et tous les backpackers que nous avons rencontrés sont maintenant dispersés dans Melbourne et Sydney. Comme toujours, nous avons pris des milliers de numéros de téléphone dont une bonne partie ne seront plus jamais utilisés.

Quitter Griffith, ça fait tout de même quelque chose. Nous y avons passé 6 semaines : 6 semaines que nous pensions interminables et durant lesquelles nous avions du mal à imaginer la fin. Mais le moment venu, il n’y a rien à faire, ça fait toujours un pincement de quitter la place. Griffith, c’est 250 H. de travail, 42 jours dans une ville complètement pourrie, 38 réveils à 4H30 du matin, 150 000 minutes durant lesquelles nous devions trouver des sujets de réflexion, 2000 fois se demander : ’Qu’est-ce que JE FOUS, ICI ?’ Mais c’est aussi des dizaines de super-personnes rencontrées, 38 fois entendre le boss dire : ’It ‘s finished for today’, des dizaines de bons moments passés avec des jeunes du monde entier, 3000 dollars de gagnés, 1800 dollars d’économisés… Bref, ça nous fait des souvenirs et, en plus, ça nous permettra de nous en faire bien d’autres.

Pourquoi Sydney et pas Melbourne ? Parce que j’avais prévu d’aller à Melbourne avec des Belges que je connais de Sydney MAIS ceux-ci ont trouvé autre chose et je risquais donc de me retrouver seul, dans un camping de Melbourne. J’ai donc choisi d’aller à Sydney, avec tous les backpackers de Griffith (que de toute manière, je préfère aux Belges)

J’ai donc trouvé une place dans un van jaune et hollandais qui a le même âge que moi !! C’était plus étroit que le car ou le train mais c’était aussi plus sympa et plus économique. J’ai donc fait ce trajet avec Mark et Emma (Hollandais et propriétaires du van, Anna (Allemande) et Sari (Israëlienne). Je me suis donc fait en partie conduire par une jeune et jolie Hollandaise blonde, de 18 ans, qui n’a pas encore de permis de conduire (ici, on peut conduire avec son L, à condition d’avoir une personne dans la voiture qui a son permis) C’est pas spécialement rassurant !!! Le soir, avant le départ, ils m’ont tout de même un peu stressé parce que Marc a décidé de ne pas venir avec et de laisser le van à Emma. Du même coup, je me retrouvais superviseur d’Emma et co-conducteur d’un van automatique pourri, surchargé, sur les routes de l’arrière-pays australien où l’on conduit à gauche !.. Je me voyais déjà planter le van d’un gars qui n’est pas dans la voiture, dans un arbre… En contre-partie, pendant une soirée, j’ai été le sauveur des 3 filles qui, sans moi, devaient rester à Griffith, pour Noël (j’étais le seul à avoir le permis). Finalement, Mark a changé d’avis 10 minutes avant le départ.

Noël !!! Je suis persuadé qu’il n’ y en a pas beaucoup d’entre vous qui ont déjà passé Noël sur la plage, en maillot de bain… Pour moi, c’est fait. Mais je dois bien avouer que ça ne fait pas vraiment Noël et que j’avais du mal à imaginer être le 25 Décembre. Les festivités commencèrent pendant la soirée du 24 où je me suis rendu à King Cross (quartier très bizarre qui, pour un Liégeois, ressemble à la fusion du Carré et du quartier Cathédrale) qui était ‘The Place To Be’ pour Noël. Je suis rentré dans une boîte avec Emma et Anna alors que les Français ont été bloqués à l’entrée parce que c’était full. Je me suis donc retrouvé à l’intérieur, avec les 2 filles alors que tous les autres allaient dans un autre pub (j’avais déjà payé et il fallait repayer pour changer) : pas Top !!!

Le 25, je l’ai passé, en grosse partie, sur la plage à me baigner et à regarder les gens arriver avec leurs sapins de Noël et les planter sur la plage. Ici, c’est la tradition : à Noël, on va sur la plage avec son bonnet, son sapin et le pic-nic. Amusant à voir mais douloureux, les jours suivants, à cause des coups de soleil que j’ai attrapés.

Enfin, nous avons passé la soirée chez des Belges qui habitent Sydney depuis longtemps, en compagnie d’autres Belges jeunes, de passage en Australie. Nos hôtes n’étaient rien d’autres que l’oncle et la tante de Poulain… Un vrai bon repas, dans une bonne atmosphère a fait beaucoup de bien.

Hier, j’ai fait un retour dans les Blue Mountains, dans des conditions beaucoup plus agréables que lors de la première tentative. Les Blues Mountains sont situées à 2H. de train de Sydney et offrent un paysage magnifique sur une énorme vallée remplie d’eucalyptus (ce qui donne la couleur bleue)

L’activité principale à faire dans ce parc national, c’est du bushwalking. Et c’est ce que nous avons fait pendant la journée, passant de point de vue en point de vue, et de cascades en cascades. Nous avons fini la rando par une ascension par le train le plus abrupte du monde (très impressionnant !!!) J’ai été passer cette journée avec Joanne, Bertrand et Nadège (les Français de Griffith) et des amis qui sont venus leur rendre visite pour les vacances. Nous avons tous fini dans la piscine de l’hôtel, avec un barbecue et du pastis fraîchement apporté…

Virginie a maintenant retrouvé Jeff pour 10 jours. J’ai eu l’occasion d’aller prendre un verre avec eux puis ils sont partis au sud de Sydney pour y passer quelques jours. Pour ma part, je m’apprête à passer le nouvel an, avec les Français. Sydney présente, pour cette occasion, le plus beau feu d’artifice du monde qui est tiré principalement de l’HARBOUR BRIDGE, mais simultanément, aussi, de plusieurs autres endroits dans la ville. Malheureusement, pour bien le voir, il faut se positionner des heures à l’avance, avec son pic-nic, et commencer la fête, après 1H du matin.

En ce qui concerne mon avenir proche, j’ai réservé un billet d’avion pour le 4 Janvier, en direction de HOBART, en TASMANIE, où Jeff arrivera le 7 et où nous devrions retrouver Margareth (mon ex-sœur d’accueil) pour passer une dizaine de jours sur cette superbe île.

Je vous souhaite encore à tous un très bon réveillon et une très bonne année 2006…

Sébastien

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AUS 9 (TAS) : Un Goral au pays de Taz…

Salut,

Comme vous l’avez directement remarqué en lisant l’objet du mail, j’ai, pour la première fois depuis que je suis en Australie, changé d’Etat. Et oui, je vous écris ce e-mail de Hobart, en Tasmanie.

Mais avant de présenter la Tasmanie, je vais en bref revenir sur le Nouvel An à Sydney. Ce mail sera sans doute beaucoup plus court que les autres mais les conditions des connections et les prix ne sont pas exactement les mêmes qu’à Sydney !!!

Comme beaucoup d’entre vous le savent maintenant, j’ai également passé le Nouvel An sur la plage. Il a fait, ce jour-là, une chaleur terrible (plus de 40°) et, à Sydney, le 31, c’est la course à la bonne place. Résultat : on s’est retrouvé à griller sur une superbe plage avec une magnifique vue sur l’HARBOUR BRIDGE (d’où l’on tire le feu d’artifice) Vous allez me dire qu’il y a des journées plus désagréables !! Bien entendu, nous n’avions pas oublié d’emmener tout ce qu’il faut en nourriture et en boissons pour passer une bonne journée et une bonne soirée. Le principal but de la soirée était d’être encore capables de voir le feu à minuit ! : ce n’était plus le cas pour tout le monde !! Eh oui ! La chaleur, le monde, l’ambiance et je ne sais plus quoi, ça donnait le tournis à certains….

On était en fait sur une plage où tous les francophones de Sydney s’étaient donné rendez-vous : ce qui fait que nous étions plus de 150. Ca met tout de suite de l’ambiance !!! Bref, c’était une super-soirée !!!

TASMANIE !!! J’ai pris l’avion seul, ce mercredi, en direction d’HOBART, alors que Jeff me rejoindra demain, après le départ de Virgi. La Tasmanie est le plus petit des sept Etats que compte l’Australie. Il s’agit d’une île située au Sud de Melbourne, donc au S. E. de l’Australie. Si c’est le plus petit Etat, c’est aussi celui qui compte la plus grosse proportion de parcs nationaux et, sur les plaques des voitures, il est écrit : ’Tamania, your natural state’. Ca veut dire : on n’est pas ici pour voir des belles villes mais bien pour découvrir des superbes paysages naturels et aussi bien ceux qui sont montagneux que des plages magnifiques.

La Tasmanie est aussi l’Etat où la faune est la plus abondante. C’est le principal DANGER sur les routes. Il va falloir être très prudent avec les ‘classiques’ koalas, kangourous, wombats… mais aussi avec les diables de Tasmanie, ces animaux étranges qui ne vivent que sur cette île. Je parie d’ailleurs que beaucoup d’entre vous ne connaissent la Tasmanie que par TAZ qui a rendu cet animal célèbre dans le monde.

Il existe aussi ici une des dernières forêts vierges du monde. Un quart de la Tasmanie n’a pratiquement jamais été explorée. Il y vivrait même encore une trentaine de spécimens du terrible TIGRE de Tasmanie dont l’espèce est déclarée éteinte depuis les années 1930. Bref, il s’agit d’un territoire petit qui présente une diversité de paysages étonnants, à la faune et à la flore extrêmement riches. Il fait aussi moins chaud que sur le continent, ce qui n’est pas spécialement désagréable..

Comment va-t-on s’y prendre pour visiter ? Simple, j’ai loué une voiture pour Dimanche; on la gardera 10 jours. Nous allons voyager (en plus de Jeff, évidemment) avec Tom, un copain belge de Jeff, et avec Margareth que nous prendrons au passage, dans un petit village proche de Hobart… En 10 jours, nous aurons le temps de faire le tour de l’île et de faire de la rando. Le programme est assez alléchant !!

Aujourd’hui, je me suis déjà fait un petit entraînement perso, en montant au sommet du Mont WELLINGTON, voisin de la ville. Un bon effort physique récompensé par une vue magnifique sur Hobart, la Mer de Tasmanie, la baie et les îles de la Côte Sud de la Tasmanie.

Notre trip prendra fin le 19 quand nous rejoindrons Melbourne pour d’autres aventures…

En pensant bien à vous, j’espère que tout se passe pour le mieux pour vous, en Belgique, en Angleterre, aux USA ou, maintenant, même en Allemagne…

Goral

P.S. : Les photos des Blue Mountains et du Nouvel An sont sur le site.

P.S.2 : Je me suis fait mon premier ciné en anglais, avec Marie. Je ne voulais pas rater Harry Potter 4. J’ai tout compris (j’entends déjà les mauvaises langues d’ici…)

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AUS 10 (TAS) : Wild Wild Tasmania

« Il existe un paradis quelque part
Un monde à l’abri du monde
Où il ne pleut jamais dans les regards
Où il n’y a jamais de voix qui gronde
Un monde à part que je trouverai
Peut-être à force d’en rêver »

(Un paradis quelque part, Lynda Lemay)

Bonjour tout le monde,

Eh oui, un paradis quelque part !!! Je trouvais les paroles de cette chanson tellement adaptées à la situation que je n’ai pas résisté à les mettre en introduction.

Nous voici revenus à Hobart, après notre trip à travers la Tasmanie et il est temps de mettre par écrit ce qui est arrivé, pendant ces 10 jours sur cette île si mystérieuse… Dix jours, ça passe si vite et en même temps, quand je repense à tout ce que nous avons fait, ça me semble tellement énorme. J’aime autant prévenir que ce dixième e-mail australien risque d’être assez long car, si ces textes me servent de cartes postales, ils sont aussi mon journal personnel que je retrouverai en rentrant au pays. C’est pourquoi je vais essayer de retracer mon voyage de manière assez complète.

La Tasmanie, bien que de la taille de la Belgique, ne compte que 4 villes dont 2 de plus ou moins 10 000 habitants. Cet Etat australien nous a présenté en moins de deux semaines toutes ses différentes facettes. Nous sommes ainsi passés des paysages de plages de sable blanc aux randonnées de montagnes, en passant par les forêts tropicales. Je dois bien dire que cette région m’a étonné par son côté sauvage et peu peuplé. Peu peuplé, c’est un euphémisme !!!

En un coup d’œil sur une carte, on peut se rendre compte qu’entre Hobart et Launceston
(les 2 principales villes qui sont situées respectivement au Sud et au Nord de l’île) sur la côte Est qui est la plus peuplée, on ne peut trouver que quelques villages tous distants d’environ 40 KM. Dans ces villages, nous pouvions généralement trouver la station-service qui faisait office de supermarché, de poste et de banque. En ce qui concerne le réseau téléphonique, nous l’avons perdu à Hobart et retrouvé à Launceston. Entre temps si vous tombez en panne, c’est PAS DE BOL. Bref, ceux qui me connaissent savent que ce côté perdu n’est pas fait pour me déplaire.

Tout a donc commencé, le dimanche 8 Janvier, jour où nous sommes allés prendre possession de notre Mitsubishi avec Thomas et Jeff qui étaient arrivés à Hobart, la veille. Il ne manquait plus que Margareth que nous sommes allés chercher à Richemond (petit village renseigné dans les guides mais qui ne vaut pas le détour) Notre première direction fut celle du Sud-Est, avec comme premier stop, un marché typique, une plage superbe pour nous permettre notre première baignade en mer de Tasmanie, et une foule de lookout (points de vue) nous permettant de regarder les falaises de la côte (dont The Devil Kitchen ou The Tasman Arch). Nous avons atteint Port Arthur un peu trop tard pour nous permettre une visite.

Après notre première nuit australienne en camping, nous avons remis le couvert, à Port Arthur. Ce site était notre première et dernière activité historique du séjour. Port Arthur était une terrible et sinistre prison à partir de laquelle la Tasmanie a été peuplée. Il faut savoir pour comprendre que l’Australie a tout d’abord été habitée et construite par des prisonniers anglais condamnés à un transfert au bout du monde. Les condamnés étaient donc embarqués en direction de prisons telles que celle que nous avons visitée. Ils travaillaient à l’élaboration de ponts ou de routes et, après (si ils n’y restaient pas pour toujours), ils recevaient un endroit pour s’installer. Certains prisonniers avaient 13 ans et avaient volé un fruit sur le marché de Londres…

Bref, ce fut une visite plutôt intéressante qui nous a montré de quelle jolie manière l’Australie est devenue ce qu’elle est. Peut-être qu’un jour, j’aurai l’occasion d’aborder le massacre des aborigènes (qui ont tout simplement été complètement exterminés, en Tasmanie)

La journée s’est poursuivie par la remontée de la côte Est, à travers pistes via la Wielangta Forest. Le temps ne nous a pas permis d’observer comme nous l’aurions voulu les superbes côtes de Maria Island ou du Freycinet National Park, MAIS il s’est bien remis pour nous permettre d’admirer le coucher du soleil, en nageant dans un bassin de la Apsley River où nous avions installé notre premier campement sauvage. Cette nuit fut la première occasion d’observer la faune locale. Nous avons donc pris la voiture sur les pistes et on est allé observer quelques kangourous, opossums et même, furtivement, un wombat.

Conduire de nuit est vivement déconseillé en Australie et, particulièrement, en Tasmanie car la faune est nocturne et a la mauvaise habitude de se jeter sous les roues des voitures… Les routes sont d’ailleurs jonchées de cadavres. Nous avions donc conduit plus que prudemment, en évitant les kangourous les plus stupides.

Le troisième jour fut l’occasion de notre première journée de marche. Les plus beaux endroits ne peuvent généralement pas se voir de la route et la rando est donc le meilleur moyen de bien découvrir une région comme la Tasmanie. C’était tout-à-fait le cas du Freycinet National Park dans lequel, avec Margareth, nous avons longé les superbes plages, paysages et lagons qu’offre l’un des 3 plus beaux parcs nationaux de l’île. Un grand nombre de cartes postales laissant rêveurs viennent de Wineglass Bay (elle n’a pas que le nom de joli…), plage où nous avions retrouvé Jeff et Thomas pour une baignade. Nous avons même eu droit au kangourou, sur la plage ! La route nous a encore emmenés, ce jour-là, jusqu’au camping de St Helens, dans le Nord-Est, via une ferme productrice de fruits rouges où toutes les dégustations imaginables étaient possibles.

Si le temps n’errait pas trop avec nous jusque là (ce qui est vraiment étonnant en Tasmanie), il était carrément pourri le jour suivant. Nous avons traversé la région par les pistes avec des stops dans une fromagerie, aux St Columba et Ralphs Falls ainsi qu’en escaladant le Ben Lomond, deuxième plus haut sommet de l’île. Notre arrivée à Launceston fut l’occasion de dormir dans un backpack où nous avons pu recharger toutes les batteries (physiques et techniques)

Le cinquième jour a été consacré à la côte Nord avec, comme objectif, The Nut de Stanley, un énorme rocher qui s’avance dans la mer. Et j’allais honteusement oublier notre activité matinale qui n’était autre que la visite de la brasserie Broag, la plus grosse de Tasmanie, qui a été suivie d’une dégustation..

Si la beauté de la côte Est n’est pas à discuter, j’ai encore préféré la côte Ouest, encore plus sauvage, plus variée et où, en plus, le soleil était avec nous.

Le sixième jour a été, pour moi, le PLUS BEAU. Nous avons commencé cette longue journée par la visite d’une excellente fromagerie. L’objectif de la journée était les Cradle Mountains, au coeur du plus réputé des parcs nationaux de Tasmanie. Là, une rando dans les montagnes nous attendait : long itinéraire pour Margareth et moi-même, et itinéraire plus court pour les autres. Les paysages qui nous y ont été offerts étaient tous aussi beaux les uns que les autres et la réputation de cet endroit n’est certainement pas surfaite.

A la fin de notre marche, nous avons même eu la compagnie d’un sympathique wombat (animal qu’on a vu en grand nombre, ce jour-là). En fin d’après-midi, nous avons pris la direction de la mer et des Hendy Dunes qui séparent les forêts géantes de la mer. Une course en côte sur les énormes dunes m’a vu triompher de mes camarades mais je dois bien reconnaître que 2 heures n’ont pas été suffisantes pour m’en remettre… (fichues dunes encore plus grandes que les eucalyptus !!!). La nuit dans le bled de Stahan, avec un traditionnel camembert aux pommes, a été plus reposante.

Notre route continuait via les régions perdues de la côte Ouest puis à travers les paysages magnifiques qu’offre le bord du Franklin Gordon Wild River National Park, cette fameuse région pratiquement VIERGE DE TOUT PASSAGE HUMAIN., région dans laquelle nous avons CAMPE, à la SAUVAGE, au bord du Lake King William, en compagnie de Julien et Virginie, deux Français qu’on a bien croisés 10 fois, en Tasmanie.

Le lendemain, je me suis encore offert une bonne marche, dans la région du très beau Lake St Clair, mais en solitaire, cette fois, même Margareth n’avait plus le courage de suivre ! La route nous a menés alors jusqu’au Mount Field National Park, dans lequel nous avons campé en compagnie de nombreux kangourous et autres animaux locaux.

La courte balade matinale du 9è jour nous a menés aux superbes Russel Falls qui valaient largement le détour. Les photos que j’y ai prises sont peut-être les plus belles de la quinzaine.
Nous avons alors roulé jusque dans le Sud-Ouest où nous avons passé notre dernière nuit en tente.

Et je dois bien dire que les nuits sont plutôt froides, voire très froides. Durant ce trajet, nous avons créé ce qui pourrait être la nouvelle histoire belge à la mode, si Julien et Virginie venaient la raconter en France. Je m’explique (je suis loin, je ne dois pas avoir trop peur de vos commentaires). En 3 jours, nous avions mis presque 10 L. d’huile dans la voiture sans que le niveau ne semble augmenter, ce qui nous semblait tout de même un peu étrange. C’est lorsque une étrange fumée blanche a commencé à sortir de la voiture que nous avons téléphoné au garage de location qui nous a envoyé un garagiste. Nous étions alors bien décidés à ne pas dire que nous avions mis toute cette huile. Et c’est en allant voir le garagiste chercher une autre jauge d’huile que nous avons compris notre faute… : On regardait depuis 3 jours un truc qui n’a rien à voir avec l’huile de la voiture (que nous avait pourtant montré un pompiste) Ils ont retiré plus de 5L. d’huile de la voiture, tout en en laissant 2 de trop… et puis on a gagné une bière pour les avoir amusés !!

La voiture a été rendue le surlendemain et nous avons clôturé notre voyage par un fish and chips dans le port d’Hobart. Nous sommes piétons, de nouveau et nous laissons la Tasmanie derrière nous, dans 2 H., pour rejoindre Melbourne.

En résumé, la Tasmanie, ça a été 2 500KM en voiture, des milliers de paysages, des randos, une faune (kangourous, wombats, opossums et même mon premier serpent et des pingouins, de loin, visibles tous les jours (maintenant, je suis blasé !, les kangourous, c’est pas plus spécial que des lapins… !! je plaisante !), des dégustations de toutes sortes (vin, fromage, confitures, liqueurs, fruits, bières et même de chocolat belge, dans une chocolaterie tenue par des Anversois…) et puis tous ces bons moments passés à 3 Belges et une Allemande.
Voici un mail bien complet. Un peu descriptif certes, mais ceux qui sont arrivés jusqu’ici, j’espère que vous avez une idée un plus précise de ce qu’est la Tasmanie et de ce qu’a été ce trip.
Je vous souhaite une bonne fin d’examens pour ceux qui sont toujours concernés, de bons séjours au ski pour les autres et beaucoup de bonnes choses pour tous les autres.

Sébastien

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AUS 11 (VIC) : Australian Open

Salut tout le monde !,

Eh oui, me voici déjà de retour. Je sais que vous avez reçu un de mes mails, il y a quelques jours à peine, mais j’ai une bonne raison de vous en envoyer un nouveau. La raison, c’est que je me suis promis de vous envoyer un mail de chaque Etat australien dans lequel je passe. Et comme je suis sur le point de quitter celui-ci, je vous écris !!

Nous sommes maintenant dans l’Etat du Victoria, et plus précisément à Melbourne. Le Victoria est situé à l’extrême Sud-Est du pays. Quant à Melbourne, c’est la deuxième plus grande ville australienne avec plus de 3 millions d’habitants. Quand vous savez qu’il y a 20 millions d’Australiens et qu’il y en a déjà 8 millions sur Sydney et Melbourne, sans oublier qu’il y a d’autres grandes villes comme Perth, Brisbane ou Adélaïde, vous vous demandez ce qu’il peut bien y avoir au milieu…

Sur les 5 jours passés ici, il y a eu du bon, du très bon, mais aussi du nettement moins bon. Et pour commencer par le plus désagréable, je me suis fait voler mon appareil-photos, il y a deux jours. Résultat : j’ai passé le plus mauvais moment depuis que je suis en Australie ! C’est le désavantage des backpackers, les chambres restent toujours ouvertes et tout le monde peut passer dans l’hôtel sans que personne ne dise rien. Dans mon appareil, il y avait aussi ma carte avec toutes mes photos de la deuxième partie de la Tasmanie qui sont maintenant perdues…

Sur ce, j’en ai racheté un nouveau aujourd’hui ! Jeff en a acheté un aussi, ce qui fait que notre pouvoir de négociation était plus important et que nous avons fait une bonne affaire.

Ici, à Melbourne, nous avons retrouvé Max et Amélie, 2 Belges avec qui nous étions à Sydney, et ça, c’est une bonne chose. C’est assez amusant de retrouver des gens qu’on connaît, un peu partout, en Australie !!

Aussi non, au niveau génial, je viens de passer 4 jours à l’Australian Open. Je pensais que ce serait super cher et complètement full, mais ce n’est pas vrai du tout !!!

Le premier jour, j’y suis allé un peu sans savoir si j’allais vraiment entrer, puis j’ai trouvé un ticket à 27 dollars (moins de 20 euros) qui me permettait de voir tous les cours annexes, plus le 2 mais pas en prioritaire. Ce qui m’a permis d’assister à la victoire de notre Juju nationale sur une Française. J’avais un siège au 3è rang, je ne pouvais donc pas être mieux placé.

Les 3 autres jours, je me suis débrouillé pour avoir des tickets gratos. D’abord, via des filles ici qui avaient déjà passé la journée là-bas et qui n’avaient plus besoin de leurs tickets : j’ai donc eu toute la soirée. Ensuite, je suis allé mendier à la sortie du tournoi et des gars ont accepté de me laisser leur ticket qu’ils allaient jeter à la poubelle.

Bref, en 4 jours, j’ai vu une belle série de matchs de tous genres (simples hommes et dames et doubles de toutes sortes, ainsi que beaucoup de joueurs à l’entraînement) J’ai vu aussi : Santoro contre Gaudio puis Ferrer, Myskina, Coria, Monfils, pleins de joueuses russes dont je ne saurais pas écrire le nom, Federer à l’entraînement, etc.

Le meilleur moment, ça a été hier quand je suis tombé par chance sur un match de double de Christophe Rochus. Il jouait dans un stade de plus de 500 sièges mais nous n’étions pas plus de 40 à regarder le match. Et j’étais certainement le seul Belge ! Je l’ai encouragé tout le match, ce qui le faisait assez rire… et à la fin du match, il m’a donné sa serviette. En plus d’être un super souvenir, j’avais vraiment besoin d’une serviette de plage car, des 2 miennes, une a été emportée par le vent et l’autre est dans un triste état. Donc, dès que je l’aurai lavée (et oui, je ne suis pas un vrai de vrai qui ne la lavera jamais), j’aurai un bel essuie tout neuf pour frimer sur la plage. J’avais voulu m’en acheter un, le jour précédent, mais ils coûtent 50 dollars (environ 40 euros) !!

Une autre truc que j’apprécie beaucoup à Melbourne, c’est cette bonne idée qu’ont les cafés de faire leur pub en invitant des backpackers à boire du champagne et de la bière gratuitement, pendant 2 H.. Max arrive presque à avoir plusieurs invitations pour tous les soirs. Je trouve l’idée plutôt bonne et fort économique… pour nous !

Le programme proche maintenant. Nous partons demain matin, pour Adélaïde. Nous avons loué une petite voiture avec Jeff et nous allons parcourir la Great Océan Road et les Grampians, pendant 3 jours. La Great Océan Road est une superbe petite route très touristique qui offre des paysages fantastiques et les Grampians font partie d’un parc national qui vaut plus que le détour !! Ce n’est pas cela qui va nous faire apprendre l’anglais mais ce n’est que pour 3 jours ! Et, en si peu de temps à Melbourne, on n’a pas vraiment trouvé d’autre meilleur moyen d’y faire.

Comme certains de vous le savent déjà, les photos des 10 premiers jours en Tasmanie sont maintenant sur le site.

Amitiés à tous,

Sébastien-Goral

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AUS 12 (SA) : The Great Ocean Road

Hello, une nouvelle semaine vient de s’écouler et tant de choses se sont déjà passées… Comme annoncé dans mon dernier mail, nous avons commencé la semaine par la Great Océan Road mais cette semaine est également marquée par le fait que le chemin de Jeff et le mien viennent de se séparer..

La Great Océan Road !!! Je pense que c’est tout simplement impossible à décrire par mail : Vous pourrez vous faire une idée sur cette route en regardant nos photos qui devraient être disponibles, dans cette semaine. Cette route est tout simplement magnifique !!! Alors que tout le monde parle de cette route ici, elle ne faisait pourtant pas partie de mes grandes priorités. Pourtant, maintenant, je la conseillerais à tout le monde…

Il s’agit d’une petite route très sinueuse de plus de 300 KM qui longe la côte et les falaises qui la découpent. A chaque virage, c’est un nouveau paysage extraordinaire qui apparaît… Les plages désertes de sable blanc bordant des eaux d’un bleu incroyable se succèdent pendant des heures et les arrêts-photos se multipliaient tout au long du voyage.

Si la première partie entre Torquay et Apolo Bay est la plus réputée pour sa beauté, la fin n’est pas en reste, non plus. Effectivement, les paysages qu’offrent les 12 Apostles (Apôtres), les Loch Ard Gorge ou le London Bridge sont encore à couper le souffle. Les 12 Apostles sont d’énormes pierres d’une matière très friable sortant de l’eau et se détachant des falaises de la côte particulièrement découpée.

Nous avons ainsi passé trois jours entre Melbourne et Adélaïde, dont 2 sur la Great Océan Road. Le 3è jour, nous avons continué notre route longeant la côte, via entre autres le Coorong National Park, 3 jours durant lesquels nous avons dormi dans la voiture.

La Great Océan Road, ça a été aussi ces baignades dans des criques perdues de l’Océan Indien qui font fort penser à des cartes postales. Ou, encore, je ne peux passer sur les animaux sauvages rencontrés, car, outre les kangourous que nous avons vus, un soir, par centaines !!, nous avons fait de nouvelles découvertes. Tout d’abord, nous avons rencontré une colonie de koalas perchés sur leurs eucalyptus, mais nous avons vu aussi des émeus courir dans les bois… et j’ai même eu la chance de voir des otaries !!!

Bref, vous comprenez que ces 3 jours n’ont pas été des plus désagréables…

Je suis maintenant à Adélaïde, dans l’Etat de South Australia. Il s’agit d’une ville que je trouve assez sympa et dans laquelle vivent 1 million d’habitants. Il y a même un café BELGE dans lequel nous sommes allés, avec Jeff, regarder la finale féminine de l’Australian Open, avec une Leffe et un cornet de frites-mayonnaise ! : ça aurait été parfait si le match ne s’était pas déroulé de cette manière…

Comme je vous le disais plus haut, le gros changement de la semaine, c’est bien entendu que je vais maintenant voyager tout seul. Ce n’est pas que nous nous soyons disputés avec Jeff mais, puisqu’il a moins de temps que moi en Australie, il va continuer sa route pour voir tout ce qu’il souhaite alors que moi, je peux me permettre de prendre plus de temps. Et puis, il va bien falloir que je retravaille, un jour ! Nous avons donc bien fêté notre séparation, hier soir, et il est en ce moment sur la route d’Alice Spring, dans le désert.

Pour ma part, je vais peut-être quitter Adélaïde, demain, pour travailler dans les champs, quelques temps. Mais, dans tous les cas, je ne resterai pas aussi longtemps au même endroit qu’à Griffith. Je pense travailler une semaine ou deux, juste de quoi me payer un beau tour organisé pour backpackers, à travers le désert, vers le Red Centre

Sur ce, je vous laisse à vos températures glaciales qui font apparemment partie de votre quotidien.

A la prochaine, Sébastien-Goral

P.S. : Remarquez que si les titres de mes messages sont restés longtemps bloqués au New South Wales, en deux semaines, je viens d’envoyer 3 mails provenant de 3 Etats différents… Plus que 3 maintenant !!!

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AUS 13 (SA) : Builder a Naracoorte

Hi mates,

Me voici de retour sur le Net, après déjà 3 semaines d’absence… Si je m’autorise ce retour, c’est parce que j’ai trouvé un moyen de contourner le code d’accès normalement payant pour accéder à l’ordinateur…

En 3 semaines, bien des choses peuvent arriver… mais lorsque l’on travaille dur comme moi, on n’a pas toujours le temps ou même encore la FORCE nécessaire dans les doigts pour écrire un mail au pays. Je profite donc de ce week-end pour vous tenir au courant de mes dernières activités.

Au programme, on retrouvera mon départ d’Adélaïde ainsi que la découverte de nouveaux métiers et de nouvelles connaissances…

Je pense que j’avais terminé mon dernier mail par la dernière soirée passée avec Jeff et c’est donc là que je vais reprendre. Comme je vous l’avais dit, nous avions dignement fêté notre rupture, après plus de 3 mois de vie commune… Ce qui m’a poussé, après vous avoir envoyé le douzième épisode, à retourner faire une sieste. C’est au réveil de celle-ci qu’une surprise allait m’attendre… Alors que j’étais le seul locataire d’une énorme chambre, je me suis fait réveiller par de nouvelles venues. A l’accent, je compris que 3 Allemandes remplaçaient Jeff (pas plus mal, en fait…). Mais, mal réveillé, je croyais reconnaître un son qui ne m’était pas tout-à-fait inconnu. Un oeil vers les sacs, un oeil sur la silhouette qui me tournait le dos, en s’installant sur le lit en face du mien, pas de doutes !!! : c’était la déjà bien connue de tous, Margareth !!! Je me suis tout d’abord dit que je n’étais pas tout-à-fait réveillé mais si, elle s’est bien retournée quand j’ai prononcé ce nom.

Bref, alors que l’Australie est plus grande que l’Europe, que Adélaïde est plus grand que Bruxelles et que cet hôtel compte plus de 60 dortoirs, Margareth à qui nous avions fait nos adieux en Tasmanie, occupait le lit voisin du mien… L’Australie est si petite !!! ? C’est vrai que j’avais déjà croisé des connaissances belges en Tasmanie ou des ex-collégues dans les Blue Mountains, mais ce coup-ci était tout de même le plus fort.

Bref, ça fait déjà long pour seulement raconter les 2 premières heures sur les 500 du programme ! Comme je vous l’avais également dit, j’allais essayer de me trouver un boulot, pour faire regonfler mon portefeuille. Après quelques coups de téléphone à gauche et à droite, j’ai décidé de me rendre à Naracoorte où on m’offrait un boulot dans la récolte de la FLEUR d’OIGNONS. Dix heures plus tard, mon sac était refait pour la 206è fois du voyage et je me trouvais dans un bus faisant route vers l’Est. Naracoorte se trouve tout près d’Adélaïde (400KM) en direction de Melbourne : je suis donc retourné en arrière mais un peu plus au Nord. C’est de là que je vous écris actuellement.

Le premier jour fut consacré à la découverte du lieu et de ses habitants. Tout d’abord, Sonja et Dave, les proprios ou esclavagistes, c’est au choix, qui se font une montagne d’argent grâce à notre dur labeur. Mais aussi et surtout, tous ceux qui sont actuellement mes nouveaux ‘mates’. Les choses sérieuses ont réellement commencé le lendemain, avec le premier jour passé dans les champs d’oignons. Ici, nous ne coupons que les fleurs d’oignons, le reste est écrasé par le tracteur. Après 3 heures, je me disais que ça allait encore, que j’avais vu pire. A la fin de la journée, vous avez compris que vous ne souhaitez pas faire une carrière dans ce domaine… Toute la journée, le dos courbé, vous le sentez passer pendant la soirée. De plus, l’odeur que nous transportons (et je crois que je l’aurai toujours avec moi quand je rentrerai en Belgique) fait comprendre à tout le village quel boulot tu fais…

En tout, j’ai travaillé 5 jours dans les oignons. Ensuite, j’ai travaillé à la construction d’un vignoble. Pendant 8 H., nous mettions des marques aux endroits où seront plantés les poteaux entre lesquels seront plantées les vignes. Si c’est de loin le boulot le plus facile que j’ai eu en Australie, on peut vite finir à l’asile, avec des jobs pareils.

C’est alors que j’ai eu mon job actuel. Je travaille pour le moment sur un chantier pour un entrepreneur. J’ai remplacé un Français parce que le job est très bien payé et, de plus, on y fait de longues journées (donc, plus d’argent par heure, et plus d’heures par jours…) En fait, je suis mandaille. Je sers à faire tout ce que les travailleurs du chantier ne veulent pas faire. Nous sommes au minimum trois : l’entrepreneur, son assistant et moi. Mais se succèdent des électriciens, des plombiers et beaucoup d’autres personnes dont je ne comprends pas toujours le métier. Bref, moi, je porte les crasses de tout le monde, je frotte les outils pleins de ciment, je creuse des tranchées ou encore je balaie (mais ça, c’est au moment de repos)…

C’est un boulot qui a l’avantage de me faire faire des trucs différents tout le temps mais qui a le désavantage d’être particulièrement épuisant physiquement. Je dois bien avouer que la fin de la dernière semaine a été très dure. J’ai par exemple passé mes journées à faire des tranchées que je rebouchais pour les réouvrir après ! (il y avait une bonne raison à faire cela, mais c’est pas à moi qu’il faut la demander), ou encore à transporter des brouettes de ciment…

Bien entendu, ceux qui me connaissent (la majorité d’entre vous donc…) savent que je ne suis pas des plus manuel. Et que donc, un job sur un chantier me va aussi bien que le poste de Gouverneur de Californie ne va à Schwarzenegger. Donc, si je vis une expérience intéressante et que j’apprends beaucoup de choses, j’ai aussi très vite compris que ma carrière d’entrepreneur serait assez brève. Heureusement, le boss est très sympa et m’aime bien, juste parce qu’il est d’origine belge. Son nom est Van Leuven, ce qui aide à comprendre rapidement d’où ses ancêtres viennent…

Si je suis le backpacker qui gagne le plus, à l’hôtel (ça me vaut pas mal de blagues), je suis aussi devenu le clown de service quand il s’agit de raconter la journée… Effectivement, les boulettes que je fais à répétition sur le chantier amusent particulièrement la galerie. Ce n’est pas dans la cueillette des pommes que vous avez des histoires à partager !! Je vais donc également vous raconter quelques belles bêtises qui vont démontrer toutes les qualités dont je dispose pour travailler dans le bâtiment.

Le deuxième jour, Simon, mon boss, a essayé de me faire faire quelque chose de beaucoup plus difficile : le ciment !!! Depuis, c’est bien simple, il le fait toujours lui-même… Après m’avoir montré 2 fois comment y faire, il m’a laissé le faire tout seul mais le résultat ressemblait plus à de la flotte qu’à du ciment. Ce liquide est maintenant toujours sur le sol, devant le chantier.

Après cela, il a voulu me donner quelque chose de plus facile : amener la brouette de ciment à l’intérieur. Ce que je ne savais pas, évidemment, c’est à quel point c’est lourd, ce truc-là. Résultat : à ma deuxième tentative, je réussis à faire décoller la brouette, je m’élance vers l’entrée, je tente de monter sur une brique pour passer le petit seuil… Je RATE la brique !!! Et le ciment vole malencontreusement, à l’intérieur… mais sans la brouette !

Encore une autre : son assistant me demande de clouer la corniche, grâce à un pistolet à clous. Je me plante de 2 MM dans la première planche, ce qui fait qu’elle est un peu tordue ! Je me suis dit que ce n’était pas grave. Le problème, c’est que c’est devenu beaucoup plus visible quand j’ai dû mettre la deuxième planche… J’ai bien dû avouer mon erreur à l’assistant qui a corrigé comme il le pouvait. Bref, des histoires dans le style arrivent tous les jours et ça me fait pas mal de souvenirs par après.

Toutes les réactions que j’ai de Belgique quand je raconte mon boulot sont : ‘Comme quoi, Sciences-Po, ça mène à tout !! ’ Donc, je vais tout de même expliquer pourquoi je ne travaille pas à l’Ambassade de Belgique… Tout d’abord, si je suis venu en Australie, c’est pour découvrir plein de nouvelles expériences et vivre beaucoup de choses que je n’avais jamais faites et que je ne referai jamais… C’est pourquoi, l’agriculture, le bâtiment ou d’autres futures expériences peuvent m’apporter beaucoup. Je peux déjà vous assurer que ma vision sur ces métiers a bien changé par rapport à l’époque où je vivais encore en Europe (…) De plus, et parfois je serais même tenté de dire ‘surtout’ je suis ici pour voyager et ne pas rester de trop longues périodes au même endroit. Trouver un job plus en relation avec mes études ne serait certainement pas impossible mais il me faudrait passer du temps à la rechercher et puis, surtout, y rester un bon moment. On embauche rarement un politologue pour trois semaines !!

Passons à autre chose. Naracoorte est tout de même plus agréable que Griffith. Tout d’abord, parce que je suis dans le centre de la ville et que je suis devenu un expert en supermarché (on en a un juste à côté de l’hôtel) alors qu’à Griffith, nous ne mangions que des trucs qu’on donnerait parfois difficilement à son chien. Ici, tous les backpackers connaissent les bons plans et les heures des promos où on peut avoir des produits corrects pour presque rien. Enfin, nous avons tout de même des activités pour le week-end : Swimming Lake, DVD, BBQ Party… Mais surtout, nous avons eu l’occasion d’aller faire de la spéléo dans les grottes de Naracoorte qui sont classées au patrimoine mondial. Ce qui me fait penser que j’y ai trouvé des photos des sites européens également classés patrimoines mondiaux. Et dans ceux-là, j’ai retrouvé des endroits bien connus pour certains d’entre vous, comme les Grottes de Skocjance pour ceux qui ont vécu la Slovénie, ou encore la mine de sel de Cracovie pour les Sciences-Po.

De plus, il y a vraiment une super ambiance dans le backpack et nous ne manquons pas de faire la fête pendant les week-ends. Naracoorte est également le meilleur endroit en ce qui concerne l’anglais, depuis mon départ de Sydney car si je suis dans une chambre francophone, je parle rarement français et je me suis intégré dans un groupe allemand (pour souvenirs personnels, on y retrouve Franzi, Janina, Michael, Denis et Mirko)

J’ai également la chance de faire un boulot durant lequel je parle tout le temps, ce qui n’était pas le cas quand j’étais tout seul dans une rangée de vignes. Vous pourriez me dire que c’est aussi une malchance car cette pratique de l’anglais est aussi à la base de bon nombre de mes bêtises, sur le chantier.

Que me réserve mon avenir proche ?? Je travaille encore 4 jours ici puis je retourne à Adélaïde. Mon boss qui fera le trajet jeudi m’a proposé de m’y déposer, ce qui me fera faire des économies. D’Adélaïde, je vais enfin rentrer dans les terres, à la découverte de l’Outback, en direction d’ ALICE SPRING. Je me réjouis beaucoup de cette partie du voyage.

Sur ce, je vais aller passer ma soirée autour d’une bière locale, en discutant de nos projets.

Il faut savoir que la bière qu’on trouve change en fonction des Etats. Nous étions à la VB, en New South Wales, c’était la Cascade et la Broags, en Tasmanie, la Tooheys, dans le Victoria, ici, c’est la West End…

Amitiés à tous,

Sébastian

P.S. : Le ‘a’ remplace volontairement le ‘e’ dans mon nom. C’est ainsi que les anglophones écrivent mon nom et je ne tente plus de le faire changer.
ps 2 : Je vois venir d’ici une réponse du genre : ’De quoi tu causes, je connais pas de Sébastien. Quant au Lagoral, ça le fait pas trop’
ps 3 : En Belgique, je ne suis pas certain qu’un entrepreneur se déplace de Grivegnée à Tilff pour un chantier. Ici, l’entrepreneur vient d’Adélaïde, à plus de 400 bornes.
ps 4 : L’assistant de l’entrepreneur, Sam (20 ans) me déteste. Il n’a jamais été plus loin qu’Adélaïde et il ne comprend pas qu’on ne parle pas anglais partout dans le monde ou que tout le monde ne sache pas comment clouer une corniche… Il passe donc son temps à jeter par terre ses frites et ses restes de poulet en sachant que c’est moi qui vais nettoyer après !!! Heureusement, je me dis que c’est pour 3 semaines alors que lui, après mon départ, il va le refaire pour encore plusieurs années d’apprentissage !!!

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AUS 14 (SA) : Outback via Oodnadatta Track

Bonjour tout le monde,

Voici un mail que je souhaitais vous adresser avant que le paysage qui est le mien ne change radicalement. Je suis, en effet, sur le départ pour traverser le continent du Sud au Nord, à travers ce que l’on peut appeler le ‘Never Never’. Mais je reviendrai sur mon futur plus loin. Pour le moment, j’ai quelques histoires qui me sont arrivées récemment, à raconter.

Mon stage dans le bâtiment a pris fin jeudi dernier, après 3 semaines d’un boulot que je qualifierais de terrassant et qui m’a, depuis, imposé quelques jours de repos dans la bien connue ville d’Adélaïde. J’avoue qu’il m’arrive encore de me voir creuser des tranchées, transporter des pierres d’une taille épouvantable ou encore pousser des brouettes de béton, durant mes pires cauchemars.

Néanmoins, la dernière semaine m’a encore offert quelques surprises. La plus grosse étant la suivante : Le backpackers de Naracoorte a la particularité d’avoir ses toilettes au milieu du jardin.
Une nuit, pris d’un besoin pressant, j’ai bien dû m’y rendre en pyjama, sans prendre la peine de mettre mes chaussures. C’est au moment de tirer la chasse, comme un garçon bien élevé, que je m’aperçus qu’il y avait un obstacle qui était venu se mettre entre moi et la porte de cette salle de bain. Cet obstacle avait la particularité d’avoir 8 pattes et une ligne rouge lui traversant le dos…

Je n’ai pas eu besoin de plus de détails pour comprendre qu’il s’agissait de la bien connue des Australiens, la fameuse araignée REDBACK. Si elle n’est pas de taille très impressionnante (ce qui la rend encore plus vicieuse), elle peut tout de même être mortelle si vous n’êtes pas soigné et, au minimum, vous envoyer au lit, avec une bonne grosse fièvre pour un bout de temps. J’ai donc pris toutes mes précautions pour l’enjamber et regagner mon lit. Depuis, la Redback habite toujours cette salle de bain. Cette salle de bain n’étant plus utilisée par grand monde…

Les ‘Australiens’ qui liront ce mail, diront que les Redbacks sont courantes par ici et que l’on doit bien vivre avec quand on voyage à travers ce pays. Ce sont les risques de l’AVENTURE !!! De plus, sur le chantier, on me demandait de transporter les vieilles crasses, avec beaucoup de prudence car ce sont des nids à serpents et araignées. De quoi vous mettre dans un bon état d’esprit avant de commencer une journée !

Mais en plus des sympathiques bestioles dangereuses et du boulot que je comparais souvent à l’occupation des prisonniers américains en train de casser des cailloux avec une pioche (comme on le voit tellement dans les films), j’étais à 2 doigts de me faire entuber sur toute la ligne, le dernier jour. Figurez-vous que, si j’étais potentiellement le plus riche des backpackers de Naracoorte, je n’avais toujours pas touché un dollar de la part de mon builder de patron. L’argent pour les 2 premières semaines est arrivé le dernier jour matin. L’extrait de compte m’annonçait 751 nouveaux dollars alors que j’en attendais plus de… 1100. Belle différence !! J’ai donc demandé à Simon, the buider, ce qui se passait et, après une démonstration, je comprends qu’il m’ a payé 15 dollars avant taxes et NON après, comme je pensais l’avoir compris. Je lui ai donc fait comprendre mon étonnement mais je me suis dit un moment que mon anglais était encore bien catastrophique si je n’avais pas réussi à comprendre combien je gagnais.

Heureusement, durant le trajet que nous avons fait ensemble entre Naracoorte et Adélaïde (gratuitement, ce qui est une très bonne affaire !), Simon m’a confessé qu’il avait vérifié ce qu’il m’avait promis, dans son cahier, et j’avais tout à fait raison. Résultat, le reste du fric m’a été versé rapidement !!!

Résultat de mon passage à Naracoorte : 2 morales importantes que je grave dans ma mémoire : Premièrement, ne jamais faire un boulot que l’on n’aime pas (l’expérience est géniale, mais ce n’est pas vraiment ma passion), même si vous êtes très bien payé (c’est bon pour un backpacker en Australie, mais pas à mon retour en Belgique). Et deuxièmement, ne pas se laisser entuber et ne pas la fermer quand on pense avoir raison (c’est ce que j’ai presque fait et qui m’aurait fait, en 3 semaines, perdre plus de 500 dollars).

Fin de l’histoire pour Naracoorte.

Je suis donc arrivé à Adélaïde jeudi 22, dans la soirée et j’ai retrouvé Franzie et Michael, un couple d’Allemands rencontrés à Naracoorte, avec qui j’ai passé 3 jours ici. Nous avons fait notre retour sur les plages australiennes, à Glenelg Beach, principale beach d’Adélaïde. Celle-ci n’est pas vraiment fréquentées par les baigneurs car la région d’Adélaïde est également très connue pour ses nombreux requins blancs qui se trouvent assez proches des côtes. Cependant, ce n’est pas un petit poisson qui allait m’empêcher d’aller jouer dans les vagues (il y a tout de même une barrière anti-requins qui ne rassure pas beaucoup les locaux, apparemment). Dans les autres activités faites à Adélaïde, on retrouve l’ouverture du festival de la ville (avec parades, concerts et spectacles de rue), un film au cinéma ‘Palace’ (original, ça me dit quelque chose) (le film étant Broekback ? Mountain) ou encore la visite du village d’origine allemande de Handorf (Franzie et Michael obligent). J’ai également eu droit à un plat polonais (Michael est d’origine polonaise) : foie de veau-patates !!!

Me voici tout de même à ce que je trouve la petite histoire la plus amusante de ces 10 derniers jours. Voici 3 jours, quelques minutes après mon réveil et alors que je me demandais bien ce que j’allais pouvoir faire de ma journée, le patron de l’hôtel m’arrête dans le hall et me demande si je veux bien le suivre. Il me présente à 2 inspecteurs de police. Que pouvais-je bien avoir fait de mal ?? En fait, je ressemblais à un suspect, suspect qui a été arrêté par la police, la veille. Ils m’ont donc demandé si j’acceptais de participer à une confrontation au commissariat. 30 minutes plus tard, je me retrouvais donc au commissariat central d’Adélaïde, en compagnie de 10 autres personnes de la même taille, de la même corpulence et de la même couleur de cheveux. Dix minutes après, nous rentrions dans la pièce d’interrogatoires, en file et nous nous retrouvions contre un mur avec un numéro 20CM plus haut. Le suspect est alors arrivé, 10 minutes après et, après quelques questions de formalité (il a tout de même de l’humour puisqu’à la question : ’Appréciez-vous votre place ?’, il a tout de même répondu : ’J’ai déjà vu plus agréable’. Et je le comprends !!!), il a choisi l’un d’entre nous qu’il a remplacé. Pendant ½ heure apparemment, les témoins se sont succédé derrière la vitre opaque.

Je me suis senti, pendant 1 H., dans un film policier américain. L’expérience était amusante et, en plus, j’ai reçu 50 dollars à la sortie pour mon dérangement !!! On ne nous a jamais rien dit sur le crime ou sur le résultat de la confrontation. Je ne sais donc pas de quoi était accusé celui qui était le moins amusé par la séance.

Assez raconté le passé. Passons maintenant, brièvement, au futur proche !!!

L’argent gagné à Naracoorte m’a permis de me faire un petit plaisir que j’attendais depuis longtemps… m’acheter mon ticket pour l’Outback !!! Si j’étais aux Etats-Unis, il y a 2 siècles, j’aurais dit ‘mon ticket pour le Far West’. Je pars donc demain en direction d’ Alice Springs, avec un tour organisé de 8 jours. Non, je n’ai pas totalement changé ! : il s’agit d’un tour-aventure qui prévoit 4 grandes randonnées, de nombreuses nuits à la belle étoile, au milieu du désert et beaucoup de choses dans le style qui vont beaucoup m’amuser.

Adélaïde et Alice Springs sont séparées par plus de 1 300 KM, par une route bitumée. Mais, avec ce tour, je vais passer plus de jours à voyager par pistes à travers une région qui représente tout ce qu’il y a de plus aride, de plus inhospitalier et de plus sauvage.

Par exemple, des centaines de km de sable rouge vont être avalés, des températures affolantes vont être supportées (il peut faire 50°, en cette période sur certaines parties du trajet), des lacs salés complètement secs qui ne se remplissent pratiquement que tous les 40 ANS vont être longés, etc…

Voici un bref aperçu de ce qui m’attend, ces 8 prochains jours mais en me gardant bien de donner trop d’explications pour préserver mon prochain mail qui s’annonce déjà particulièrement dépaysant… Je vais quitter Adélaïde, via la région vinicole de la Clare Valley (avec dégustations) avant d’entrer réellement dans le vif du sujet, dans les FLINDERS RANGES, en passant par Wilpena Pound.

Ensuite, nous suivrons la fameuse Oodnadatta Track pour passer par William Creek, 12 habitants, et un pub célèbre dans toute l’Australie où je me réjouis déjà de rincer mon gosier encrassé par le sable (ça fait fort Jim Mc Clure pour ceux qui connaissent les aventures de Blueberry)

Après cela, direction Coober Pedy, une ville où la majorité de la vie se passe sous-sol, dans des maisons aménagées dans des galeries de mine en raison de la chaleur invivable de la surface. C’est alors que je rejoindrai ce qui est, avec la Grande Barrière de Corail, l’un des plus célèbres sites australiens, l’ AYERS ROCK (Uluru pour les aborigènes qui vivent nombreux et que je devrais rencontrer dans cette région). Et puis, bien entendu, la visite des Monts Olga et de Kings Canyon.

L’aventure de l’Outback ne devrait pas s’arrêter là parce que je viens de trouver une Cattle Station géante du Red Centre qui accepte de m’accueillir et de me nourrir en échange de quelques heures de travail par jours. Les Cattle Stations sont des territoires énormes (certaines sont plus grandes que la Belgique) où sont élevés des troupeaux de milliers de têtes de bétail.. Là-bas, l’enseignement est donné par radio et les médecins se déplacent par avion car les distances donnent le vertige. J’espère que cela se confirmera bien !!

Après cela, j’ai profité d’une promotion, offerte aux backpackers faisant le tour en direction d’Alice Springs, pour réserver, pour presque rien, un tour qui m’amènera à Darwin, dans l’extrême Nord du continent, en trois jours et demi.

Bref, vous voyez que mon programme s’annonce sympa et je suis maintenant sûr que vous devez comprendre l’impatience qui est la mienne, à la veille de ce départ.

Amitiés à toutes et à tous,… et portez-vous bien.

Goral-Sébastien

P.S. : Pierre, on fait le concours du mail le plus long ?
P.S.2 : En tous cas, ça me fait plaisir que tu comprennes pourquoi mes mails sont parfois légèrement longs.
P.S.3 : Ca fait très plaisir de recevoir des mails d’amis dispersés partout dans le monde. Chaque semaine, une histoire américaine, une histoire madrilène, une histoire australienne et maintenant, une histoire brésilienne…
P.S.4 : Je viens de mettre à jour ma liste de contact. Si vous ne désirez pas recevoir ces mails, vous pouvez me le dire. Si j’oublie quelqu’un, merci de me le dire aussi.

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AUS 15 (NT) : Flinders Ranges, Uluru, Kata-Tjuta, Kings Canyon,…

Hello,

Me voici à l’aube d’un mail dans lequel je vais retracer les 8 jours qui m’ont emmené d’Adélaïde à Alice Spring, le coeur de l’Outback australien. Huit jours à travers ces paysages que l’on ne peut trouver que sur cette île-continent… Une traversée particulièrement dépaysante qui m’aura fait découvrir ce que j’ai vu de plus beau jusqu’à présent, Down Under.

Une traversée qui m’aura également fait passer de l’Etat de South Australia au Northern Territory. Celui-ci, qui fait 5 fois la taille de la France, est peuplé de 200 000 habitants soit 50 fois moins que la… Belgique. Je ne sais pas si cela vous donne une idée du côté perdu de la région. Autre chose : l’heure a encore changé en passant la frontière et il y a maintenant 8H30 de décalage avec la Belgique (pour le Brésil et pour Boston, je n’en sais rien…)

J’ai donc quitté Adélaïde, le mercredi 1er Mars, après vous avoir fait une petite présentation de ce qui m’attendait dans les jours qui allaient suivre. C’est à 7H que j’embarquais dans un mini-bus de la compagnie Wayward, en compagnie de 16 autres condisciples et, bien entendu, d’un chauffeur-guide-cuistot-mate, homme à tout faire, quoi !!!

Dans le groupe, première surprise, j’étais le seul francophone ! Ce qui n’était pas plus mal, bien entendu (apparemment, la population française est plutôt tentée par les côtes et les plages dorées que par le sable rouge et brûlant de l’Outback) Je me retrouvais donc en compagnie de 5 Allemandes, 4 Ecossais, 3 Anglais (es), 2 Autrichiennes, 1 Américaine et 1 Japonais (le guide étant, à ma grande surprise, Australien !). Vous remarquerez vite à la composition du groupe que deux langues dominantes s’imposèrent durant le voyage… Si les 4 Ecossais sont certainement les plus sympas du groupe, ils étaient également ceux avec qui j’avais le plus de problèmes de compréhension. Ceux-ci ont un accent épouvantable que, même, les Anglais, Américain, Australien avaient du mal à déchiffrer. L’écossais ressemble à des demi-mots anglais, prononcés avec un accent allemand…

Bref, tout ce petit monde a pris la direction Nord. Le paysage devenant, petit à petit, de plus en plus sec. c’est après 2H de route que notre première escale s’est profilée : une DEGUSTATION de VIN, à Clare, dans la… Clare Valley. Après avoir dû payer 5 dollars pour pouvoir déguster, nous avons testé une dizaine de vins qui n’avaient rien de bien terrible (le Muscat de la fin était un peu mieux…) L’arrêt suivant, à 20 M. de là, était le Bottle-Shop qui était notre dernière occasion de ravitaillement à prix abordables, avant plus de 3 jours… et vous devez comprendre comme une bonne bière après une journée dans le désert fait du bien… Cette pause a aussi été le premier repas pris en commun. Et, si je m’arrête sur ce point, c’est parce que j’ai compris que j’allais retrouver une nourriture plaisante, l’espace de 8 jours… Il ne s’agissait que de ‘sandwichs-tartines’, mais pour moi qui avais effacé depuis longtemps la charcuterie et le fromage de mon esprit… et de mes tartines, ce fut une surprise agréable.

Bref, le voyage n’a pas encore réellement commencé que je me perds déjà en détails… (Pierre n’est certainement pas totalement innocent, là-dedans). Plusieurs centaines de KM ont encore été faits, cet après-midi, via des localités ‘historiques’ pour la conquête… du Centre comme QUORN ou HAWKER. Nous entrions alors dans les Flinders Ranges. L’objectif de la journée était d’atteindre WILPENA POINT, le plus beau, le plus réputé National Park de South Australia.. Vraiment pas de bol ! : le parc était fermé le lendemain (jour où nous devions le visiter) pour cause de chasse… : ce qui arrive, peut-être, toutes les 10 lunes est arrivé le jour où j’y passais. On s’en est vite remis en observant le premier de nos nombreux SUNSETS et SUNRISES, avec un fish and chips, devant le majestueux décor des Flinders..

La première nuit à la belle étoile du voyage n’a été perturbée que par quelques kangourous se servant dans nos sachets de pain… Pas grave, le lendemain, on mangea le pain avec le kangourou… (pas certain à 100% que ce soit le même seulement !)

Wilpena Point étant fermé, les plans ont légèrement changé. Direction ANGORICHINA VILLAGE, un relais touristique où l’on trouve essence, chambres, camping, mini-shop, location de tout ce qui est imaginable,… à 200KM de la première route.

Finalement, il y a beaucoup (tous les 300KM) d’établissements de ce genre, dans l’arrière-pays, où le patron occupe toutes les professions d’une société moderne. Comme vous l’aurez compris, la route goudronnée s’est arrêtée à Wilpena Point et ce deuxième jour a donc été la première découverte des longues pistes australiennes. Celle-ci traversait cette basse chaîne de montagnes via les Parachilna Gorges. C’est durant ce trajet que je me suis rendu compte que les paysages que je voyais sur des photos en Belgique étaient vraiment accessibles et que j’allais y passer une superbe semaine. On se croirait plongé dans les dessins de ‘Bernard et Bianca, au pays des kangourous’ ou, pour ceux qui en ont regardé quelque chose, de ‘Kangourou Jack’. Non seulement, les paysages y sont extra-ordinaires mais, en plus, la faune y est abondante de plein jour. Le mini-bus roule parmi les centaines de kangourous, les groupes d’émeus ou encore sous le regard des aigles.

Arrivés à destination finale, à midi, nous avons consacré l’après-midi à faire une randonnée, sous un soleil de plomb, ce qui nous permettait d’apprécier plus à notre aise la région et de prendre quelques clichés. La journée s’est terminée par un barbecue géant, en compagnie d’un autre groupe Wayward qui suivait un itinéraire différent.
Surprise : Dans ce groupe, je retrouvais Franzi et Michael, le couple allemand, amis de Naracoorte et Adélaïde. Et, comme je l’ai dit plus haut, ce barbecue a également été, pour moi, la première occasion de manger du kangourou : c’est plutôt bon, cette bébète là !

Troisième jour. L’occasion nous était donnée de louer un vélo pour 45 minutes et de dévaler les pentes des Flinders, avant d’être récupérés au pied, par le reste de l’équipe et notre bus. J’étais des trois qui étaient de la partie et je ne le regrette pas car l’endroit me semblait encore plus beau, vu de cette manière ! De plus, pour la première fois, je pouvais m’arrêter exactement quand je le voulais pour prendre mes photos. Encore mieux, étant parti le premier, c’est moi qui chassais les kangourous et autres bestioles de la piste… Bon d’accord, il fallait un peu ralentir dans les virages !!!

Je laissais alors, avec mon vélo, les Flinders Ranges derrière moi, pour aborder la bien célèbre (ici, pas pour vous qui avez la tête en bas !) Oodanadatta Track (ou du moins, son premier tiers). L’Oodanadatta Track est une longue piste qui longe l’ancienne ligne du Ghan, le train qui relie Adélaïde à Darwin (dans le Nord). Cette piste traverse… le rien ou le néant.

Je m’explique. Le pays semble plat et infini et c’est pourtant un rien SI agréable à regarder et à traverser !!! La température augmente ici d’encore quelques degrés.

La terre devient de plus en plus rouge et les arbustes, de plus en plus petits et secs. Tout ceci vous donne un mélange de couleurs assez exceptionnel, mêlant le rouge de la terre, le jaune des arbustes et le bleu éclatant du ciel.

La journée a été longue et plus de 500 KM de piste n’ont été coupés que par cette baignade dans un waterhole, sorte d’oasis, sur un territoire d’une cattle station. La piste a également croisé à plusieurs reprises la fameuse DINGO FENCE, la plus longue barrière du monde, qui fait plus de 9 000KM et empêche les dingos de se servir dans les troupeaux de moutons du Sud du pays. Les Australiens sont ce que l’on peut appeler des ‘malades de la barrière’ : ils clôturent tout ce qu’ils peuvent. Vous pourriez vous dire qu’en Belgique aussi, on clôture sa propriété !

Mais ici, les propriétés font des centaines de KM de périmètre et, après cela, ils quadrillent encore à l’intérieur de leurs terrains… La piste nous a ensuite fait longer le LAKE EYRE qui est le plus grand lac salé du monde et qui se remplit, en moyenne, tous les 60 ANS, le reste du temps, il est complètement sec.

Nous logions cette nuit-là, à William Creek, un village (c’est vraiment une localité à part entière) de 4 HABITANTS, perdus à plus de 3H de pistes de la première route digne de ce nom. Les 4 habitants sont le proprio de la station service-pub-shop-camping-hôtel-médecin-pompier-sheriff-maire-curé-juge (j’exagère, çà doit être la chaleur !), sa femme, sa fille et son beau-fils. William Creek, c’est certainement le pub le plus célèbre de l’Outback et nous ne pouvions décemment pas passer à côté de quelques pintes dans ce saloon du bout du monde.

Comme la tradition le veut, j’ai accroché une trace de mon passage. J’ai donc agrafé mon ancienne carte d’étudiant, à un soutien-gorge laissé par une demoiselle, s’étant certainement trop rincé le gosier de la poussière accumulée ces dernières heures.

William Creek, c’était aussi la découverte (ou plutôt, un grand pas en avant dans la découverte) des mouches, fléau de l’Outback, Fléau qui est malheureusement et particulièrement prononcé, cet été ! Sans agiter vos bras en permanence devant votre visage, vous avez au minimum une vingtaine de mouches vous parcourant le visage et des centaines d’autres vous recouvrant le corps. La raison est qu’il fait tellement sec pour le moment qu’elles essaient toutes de trouver de l’humidité dans votre bouche, oreilles, nez, etc… Je ne compte donc plus, à ce jour, les mouches gobées… Heureusement, elles se couchent avec le soleil !!! Ces mouches étaient la cause de notre lever avant le lever du soleil, pour nous éviter un bien désagréable réveil. Pourtant, étant bien installés sous les étoiles et ne voyant pas de mouches à l’horizon, nous avons fait comprendre, à notre guide, notre volonté de rester dans notre sac de couchage. C’est pourtant bien lui qui avait raison : 10 minutes après, le soleil s’est levé et il ne nous a pas fallu plus de 20 secondes pour remettre tout dans la remorque et nous enfermer dans le bus, sans même une tartine ou une goutte d’eau.

La quatrième journée nous a alors conduits, à Coober Peddy. Arrivée : 10H30 du matin pour le déjeuner. Coober Peddy est la ville-étape entre Adélaïde et Alice Springs. La population de 4 000 habitants est composée de personnes provenant du monde entier pour une seule chose : la RECHERCHE DE L’OPALE !!!

Il s’agit d’une ville minière, capitale mondiale de l’Opale, où vivent toutes sortes de fous et originaux, passant leur vie à la recherche de cette précieuse pierre. Certains font des fortunes qu’ils dépensent avant même d’avoir quitté ce ‘trou à rats’, ville où je ne voudrais pas habiter mais qui est une étape étonnante. La température y est si élevée que les habitants s’installent dans des anciennes entrées de galeries. Nous avons visité une de ces mines ainsi qu’une habitation d’un couple. Et je dois dire que la vie a l’air plus sympa sous terre qu’en surface !

Notre hôtel lui-même était souterrain, ce qui procure un drôle de sentiment, pas toujours très sécurisant. C’est peut-être cela qui nous a poussés à ne pas trop dormir, cette nuit-là et à passer la grosse partie de la nuit dans une boîte… souterraine ! Avant cela, le guide nous avait emmenés au resto deux fois sur la journée : pizza à midi et le plus cher possible des steaks pour le soir. Je n’étais encore allé au resto qu’à une reprise en Australie : c’était avec Jeff et Tom, en Tasmanie. Coober Peddy a également été l’occasion de m’acheter un CHAPEAU ANTI-MOUCHES qui ressemble fort à une bourka, en plus petit.

Cinquième jour. Nous entrions alors dans la deuxième partie du séjour. 700KM nous séparaient du fameux ‘COEUR de l’AUSTRALIE’, ULURU ou, en anglais, l’AYERS ROCK. Le bitume retrouvé, les bornes ont alors défilé sur la Stuart Highway qui coupe l’Australie en deux parties du Nord au Sud. La majorité des touristes ne font que la partie suivante du voyage, mais j’avais absolument voulu faire la première : et c’était plutôt bien visé ! Le paysage, toujours très sec, redevenait un peu plus vert.

ULURU, le plus gros monolithe du monde, est peut-être plus connu, en Europe, sous le nom d’Ayers Rock mais, depuis qu’il est redevenu propriété du peuple aborigène, il est appelé ici par son nom historique. ‘The Big Red Rock’ s’aperçoit à des dizaines de km. Les meilleurs moments pour l’observer sont le lever du soleil et le coucher. Et, à ce niveau-là, on a eu droit à 2 sunsets et 1 sunrise. D’après le guide, il faut toujours une bière à la main et des chips pour apprécier calmement ce moment où le Rock change de couleurs, passant du rouge au rose au brun, presqu’au jaune, au noir, bref, toutes les couleurs y passent. (et le guide avait raison !..)

Malheureusement, le site a vraiment pris une connotation très touristique. Ce National Park, symbole de l’Australie et lieu sacré des Aborigènes, est situé à 500KM de la première localité, Alice Springs, ce qui a poussé le développement d’un véritable centre touristique, à 40KM du Rock. Maintenant, les hôtels de luxe prennent place à côté des nombreux emplacements de camping, les cars défilent et le prix d’entrée monte. Il y a même un aéroport dans le ‘ressort’, déchargeant ceux qui viennent juste pour une journée, dans le Red Centre, en provenance des grandes villes de la côte.

Bref, après avoir pris possession de notre emplacement et de la piscine, nous avons assisté à notre premier coucher de soleil tel qu’on le voit sur la moitié des cartes postales australiennes.

Le sixième jour était celui qui allait marquer une trop longue série de réveils, à 4H40 du matin, pour être à temps et à la bonne place pour les levers du soleil. Mais cela a été surtout le jour de chance. En effet, à 7H du matin, j’ai eu la chance, avec le reste de mon groupe, d’escalader ULURU. Pourquoi la chance ? Parce que, alors qu’il s’agit de l’activité que tout le monde veut faire là-bas, les chances que l’accès au sommet soit fermé sont de plus de 80%, à 7H du matin et presque nulles, après 8H.

Les raisons en sont le vent, la température, des nuages trop bas, ou, encore, une multitude d’autres raisons. De plus, la montée est extrêmement dangereuse et raide sur une surface assez lisse : vous devez vous tirer à l’aide d’une chaîne. L’escalade est longue de + ou – 1KM et on y monte 400M. plus haut que le niveau du sol… Les mises en garde sont nombreuses car il y a +ou- un mort par an, sur la piste. La majorité de ces décès sont dûs à des crises cardiaques et nous sommes passés devant une plaque commémorative marquant l’endroit où un Anglais de 20 ans avait été touché par une crise cardiaque.

Bref, après qu’un de mes compagnons écossais se soit senti mal et rendu à la nature son repas du matin, nous avons tout de même atteint le toit d’ULURU qui nous offrait une vue absolument exceptionnelle sur le désert plat et rouge, à perte de vue. Le seul relief visible était celui des Monts Olga qui étaient notre étape suivante.

Après une redescente vertigineuse, le reste de la journée fut consacré à la piscine, à quelques promenades au pied du Rock, puis au coucher du soleil observé d’une dune de sable rouge, avec vue sur Uluru et Kata-Tjuta. Nous avons finalement passé la nuit sur cette dune, avec un verre de vin, une guitare et des milliers d’étoiles…

Quand je dis ‘passé la nuit’, ce n’est pas tout-à-fait correct car la nuit, nous l’avons terminée en commençant la marche de la Valley of the WINDS qui circule au centre de Kata-Tjuta, de son nom moderne, Monts Olga : c’est une des choses que je voulais le plus voir, en Australie. J’ai toujours en tête cette photo d’un livre à la maison que j’ai souvent regardé, ces dernières années. Et la photo n’était pas trompeuse !!! Ces dômes, dont certains font plus de 500M de haut, sortant de terre, sont réellement impressionnants et s’y balader à travers cette vallée étonnamment verte fut un des plus beaux moments du voyage.

Nous avons alors passé la nuit, autour d’un feu à King Creek Station, avec des marchmallows..

La dernière journée nous a emmenés à Kings Canyon : un endroit magnifique (mais je pense que je me répète) où l’on longe les falaises vertigineuses d’un… canyon. Pour beaucoup, c’était le plus bel endroit du voyage. Pour ma part, mon cœur balance avec Kata-Tjuta. Je dois dire que la baignade au cœur du canyon a presque réussi à faire pencher ma préférence du côté de la dernière journée !

Nous avons fini le tour avec notre arrivée à Alice Springs, capitale de l’Outback, et par un barbecue final qui a précédé une sortie dans le saloon local. Maintenant, tous les membres du groupe se sont dispersés et je ne suis plus ici qu’avec 2 Ecossais.

Voilà pour ce qui fut de mon tour ‘FACE THE OUTBACK’. Sans aucun doute, le trajet qui m’aura offert la visite des plus beaux endroits australiens que j’ai vus à ce jour.

Je passe pour le moment mes journées au bord de la piscine, à dévorer le ‘Da Vinci Code’ qu’un des Ecossais m’a donné. L’avenir proche devrait me voir bouger (demain, normalement), mais je ne sais pas encore trop pour quelle destination !!!

J’aurais bien encore placé quelques lignes sur les Aborigènes qui vivent à Alice Springs mais ce sera pour un autre épisode car je suis tout doucement fatigué, après 4H (en 2 jours) d’ordi et je suis certain que si vous êtes arrivés ici, vous devez également vous demander quand je vais en terminer.

Pour finir, j’ai tout de même une pensée pour Jeff qui doit se réhabituer au froid et à la vie belge. C’est maintenant que je réalise que je suis vraiment seul, à l’autre bout du monde… Bon retour à Liège et je suis sûr que c’est en rentrant d’un tel trip que tu vas apprécier encore plus tout ce qui t’avait le plus manqué ici !

Je souhaite à ceux qui sont de la fête une bonne Saint-Toré et je félicite mon frère qu’on peut appeler maintenant ‘pompier de guindaille’ et qui a sa photo dans le journal (merci Tom pour l’article !) Y a-t-il un insigne pour ‘pompier de guindaille’, à mettre sur les pennes ?

A la prochaine, Le Goral-Sébastien

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AUS 16 (NT) : MacDonald Station

Bonjour à toutes et à tous,

Me revoici aujourd’hui avec un mail que je vais faire plus court que le dernier épisode. Je me doute que celui-là a dû en voir pas mal d’entre vous jeter l’éponge.

Je vous avais fait savoir que j’allais quitter Alice Springs pour une destination encore incertaine. Aujourd’hui, je vais donc vous parler de cette nouvelle destination et de mes activités, ici. Certaines de celles-ci pourraient troubler les âmes les plus jeunes et les plus sensibles…

Le moment qui a précédé mon départ de la ville était de ceux où l’on se dit que rien ne va et où l’on se demande ce que l’on fait dans ce genre d’endroit. Tout d’abord, une femme d’une Cattle Station, dans laquelle je voulais me rendre, m’avait fait attendre pendant une semaine mais ne me donnait plus aucun signe de vie. Ce qui me laissait plus qu’incertain quant à mon avenir proche ! Ensuite, mon GSM, qui avait juste 5 mois, me lâchait dans une ‘ville’ où il n’y a aucun magasin où l’on pourrait s’adresser en cette circonstance. Il est vrai que je ne vois pas pourquoi un gars irait vendre des GSM dans un endroit où, quand on quitte le centre-ville, il faut faire 1 500KM pour trouver un réseau. Pour me réconforter, alors que je quittais l’hôtel avec mon sac à dos (ma maison pour un an), voilà qu’une de ses brides vient à céder !

Heureusement, dans ces cas-là (c’était la première fois que des sentiments de grande solitude m’envahissaient…) tout se débloque toujours très vite… Un coup de téléphone à la Cattle Station et je savais où j’allais dormir, une rencontre avec un Français et j’avais un nouveau GSM pour presque rien qui me tombait du ciel, un peu de bricolage et mon sac tenait le coup pour la journée… Bref, en 120 secondes, me revoilà prêt et motivé pour de nouvelles aventures !!

Je vous parle depuis quelques lignes de Cattle Station, mais je ne suis pas persuadé que tout le monde sait de quoi je parle. Une Cattle Station est une sorte d’énorme RANCH ou gigantesque ferme qui élève du bétail. Il y a plus ou moins un siècle, le gouvernement australien a voulu développer l’arrière-pays, l’OUTBACK, et y construire des ‘routes’.

C’est ainsi qu’ils ont distribué des terres à qui en voulait sans faire attention aux surfaces distribuées. C’est comme cela que vous avez, aujourd’hui, des héritiers qui disposent de propriétés énormes qui, pour certaines, sont plus grandes que la Belgique !!

La Cattle Station dans laquelle je me trouve aujourd’hui porte le joli nom de MACDONALD STATION. Le patron possède 2 stations qui font ensemble 7 000KM2 (Belgique= 30 000KM2) ! MacDonald Station, c’est aussi une vingtaine de travailleurs, 2 avions, un hélicoptère, un road-train, 2 pistes d’atterrissage, une centaine d’autres véhicules de toutes sortes (du bulldozer aux motos), 7 000 têtes de bétail… Bref, ce n’est pas vraiment notre bonne petite ferme qui fait le charme de nos Ardennes. Pour arriver ici, nous avons roulé 300 KM vers le Nord-Est d’Alice Springs, qui est la localité la plus proche.

‘La localité la plus proche’, çà veut dire qu’il faut aller jusque-là pour trouver le premier pub !!!, la poste, le super-marché, du réseau pour mon nouveau téléphone qui n’ a pas encore servi… Les 220 derniers KM se font par pistes et nécessitent un bon 4X4. Alors que la patronne me dit qu’on emprunte la Plenty Highway (highway=grand-route ou autoroute aux USA) dans la direction nord-est, j’ai été assez surpris de prendre cette piste de sable complètement défoncée… Et oui, en Australie, les Highways sont parfois de simples pistes…

Le trajet a pris plus de 3H, ce qui peut être dû aux nombreuses ‘pauses-bières’ qui sont une tradition quand les 4X4 se rendent en ville, en convoi… Pourtant, toutes les personnes présentes étaient des filles !!! C’est l’Outback, je ne suis plus surpris par grand chose… Une femme qui boit en conduisant, c’est déjà pas rassurant, mais quand, en plus, la nuit est tombée et qu’il faut éviter vaches et kangourous, çà le devient encore moins !!!

Un grand plaisir m’attendait à la Station : m’installer dans une chambre rien qu’à moi !!! Je ne sais pas si vous pouvez imaginer le bien que cela me fait, malgré l’état peu salubre de la pièce. Depuis que j’ai quitté Sydney la première fois (ce qui fait plus de 4 mois), je n’avais plus jamais eu une chambre personnelle, une pièce où je pouvais me reposer sans voir la porte s’ouvrir toutes les 4 minutes, où je pouvais m’endormir sans les ronflements d’un voisin ou qu’un autre rentre complètement saoul, au milieu de la nuit…

Mais que fais-je ici, dans cette ferme au milieu de rien, allez-vous me demander ? Je fais un séjour en wwoofing c’est-à-dire que je travaille le matin en échange de la nourriture et du logement, puis que j’ai l’après-midi libre. Le problème, c’est qu’on promettait plein de choses à faire avant d’arriver mais que la réalité est un peu différente. Je pensais monter à cheval, par exemple, mais les chevaux sont quelque part… dans le jardin… Ce qui veut dire qu’il faudrait peut-être les chercher pendant 2 jours, en avion (j’ai tout de même un indice : ils en ont vu un, il y a 2 mois, à 50KM vers l’Est, c’est déjà un bon début). Bref, mes activités dépendent un peu des occasions. Parfois, je me contente d’un livre et de la piscine avec vue sur le désert, parfois j’ai l’occasion d’aller faire un tour en 4X4. Le fils du patron me promet qu’il me fera faire un tour en avion, que j’aurai sûrement la possibilité de tester l’hélicoptère et qu’il me montrera comment faire du quad. Mais si je savais déjà faire une de ces 3 activités, ce serait super.

Néanmoins, je teste la vie réelle des cow-boys des temps modernes, ceux pour qui l’hélico, le 4×4, le quad ou la moto ont renvoyé les chevaux au fond du jardin !! Et bien entendu, je me fais des souvenirs typiques. La semaine dernière, un des gars de la Station a voulu nous faire plaisir en nous montrant un endroit magnifique, situé à l’Est de la propriété. Pas très futé, il a laissé le volant à une backpack qui est allée embourber le 4X4 (on est en fin de saison des pluies, il a donc plu deux fois, ces 4 derniers mois, ce qui laisse quelques surprises), malgré nos efforts, on a dû appeler de l’aide par radio pour nous sortir de là !! Après çà, nous sommes allés sauver un DINGO de la noyade (un dingo est un chien sauvage qui a plutôt le comportement et le côté dangereux du loup). Il était coincé dans un réservoir d’eau, mais le repêcher simplement avec les mains était synonyme de grosse morsure. Il a donc fallu le repêcher avec un lasso puis le sortir de là, avant de lui bloquer la gueule pour enlever la corde. Le plus dangereux était le moment où on l’a libéré : on a tous espéré que, peureux, il décamperait vite fait : ce qu’il a fait.

Généralement, les boulots que je fais ici sont plutôt de l’ordre du jardinage ou du bricolage dans les habitations. Cependant, j’ai eu deux fois un boulot un peu différent et qui fait beaucoup plus ‘RANCH’. Etant donné qu’il y a une très grosse fête à la Station qui se prépare pour ce week-end, il faut bien prévoir de la viande en quantité… Viande qu’on va évidemment chercher dans l’important réservoir que constitue le bétail de la Station. Et QUI a été de corvée boucherie… ? Ben moi, évidemment !!! Pour expliquer le sentiment qui m’habitait à l’aube de cette mission, il faut expliquer que je plaignais déjà beaucoup un ami qui, à Naracoorte, devait porter des caisses de viande qui était encore vivante 15 minutes plus tôt. Ici encore, j’avais vu 2 cow-boys couverts de sang revenir et je m’étais dit : ’JAMAIS POUR MOI’. Mais comme on le dit si bien, ne jamais dire JAMAIS… (C’est donc là que l’histoire devient pas très ragoûtante). C’est ainsi que je me suis retrouvé avec Joke à la recherche de la parfaite viande. Il nous a fallu 2 heures pour trouver une belle vache pas trop grande, ni trop petite, mais bien grosse. Il nous fallait la meilleure des viandes de la Station pour la fête d’anniversaire de la patronne. Une fois, la vache trouvée, Joke, le fusil à la main, a lancé le 4X4 en poursuite à travers tout. Une balle dans le tête, tirée à 100M a tué l’animal d’un coup net. C’est après que vient le plus difficile et où j’entre dans la danse…

Première chose à faire, vider le sang… Ensuite, il a fallu commencer à couper, en commençant par les pattes. Puis, à l’aide d’une tronçonneuse, d’une hache et d’un bon couteau, on l’a ouverte pour pouvoir vider tout ce que l’on peut vider dans un animal. Et, enfin, on a coupé la tête puis le corps en quatre, avant de ramener le tout à la Station où j’ai enlevé la peau et placé le repas du banquet au frigo. Si, au début, je me suis demandé si je n’étais pas en plein cauchemar, je dois bien avouer qu’on s’y habitue vite ! Et même si cela ne sera jamais ma passion, la deuxième fois a été beaucoup plus facile.

Bref, me plaisant bien ici, je reste encore une dizaine de jours. J’espère que tout se passe bien pour vous dans vos pays respectifs. Est-ce que la FU s’est bien passée ?

Je vous laisse ici et vous fixe rendez-vous dans quelques jours ou… semaines.

Sébastien

P.S. : Incroyable !!! Je viens d’apprendre que la ‘patronne’ n’était autre que la cousine germaine du patron… On reste en famille dans l’Outback !!!
P.S.2 : Preuve que l’avion est indispensable dans une Cattle Station : un des travailleurs est tombé en panne de batterie assez loin de la Station. Il a dû attendre 5H avant que l’on remarque sa disparition et qu’un avion parte à sa recherche…
P.S.3 : Le père du boss actuel a laissé tout ce qu’il possédait à l’un de ses 6 enfants, forçant les autres à quitter ou, comme Jock, à travailler comme ouvrier pour leur frère… Drôle d’esprit de famille dans la région…

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AUS 17 (NT) : Outback Party ou Goral le Cow-Boy ?

Salut à toutes et à tous,

Mon aventure à MacDonald Station vient de se terminer et, par la même occasion, je retrouve la civilisation, les magasins, les pubs, etc… Il est donc temps pour moi de vous faire vivre mes dernières expériences. Et elles sont plutôt importantes et inoubliables…

Tout d’abord, je vous avais laissé entendre dans mon 16è épisode qu’une fête se préparait à la Station, fête pour laquelle j’ai travaillé dur (jardinage, nettoyage, peinture, transport,…) et qui a été la seule semaine pendant laquelle j’ai été rémunéré. Je ne sais pas si vous pouvez vraiment vous imaginer à quel point cette Station est isolée : 300KM dont 200KM de mauvaise piste depuis Alice Springs. Cet isolement rendait l’organisation de cette fête d’anniversaire de la patronne, particulièrement complexe. De plus, une fête comme celle-là n’avait jamais été organisée avant celle-ci, ni dans cette Station, ni dans celles aux alentours…

L’événement allait regrouper 150 personnes du samedi après-midi au lundi matin, au milieu du désert, pour une party inoubliable. Bien entendu, dans un tel endroit, ’fête’ implique ‘logement’. Ce qui nous a imposé un montage de 50 tentes, dans le jardin et la construction de toilettes, en quantité (pas la peine de demander à avoir des Catty Cabines, ici). Je pense aussi au traiteur qui s’est imposé un joli déplacement… Mon job pour les 2 derniers jours a consisté à faire des trajets vers Alice Springs, avec un camion (c’est pas moi qui conduisais…) et à faire en tout une cinquantaine d’arrêts pour charger tout ce qui était nécessaire pour ce week-end (des tables aux bougies, en passant par la nourriture, la bière et le champagne)

Ces journées m’imposaient un lever à 4H du matin (pour être à 8H, dès l’ouverture, en ville), 6H de trajets, 600KM et des tonnes de matériel à porter. C’est également durant ces trajets que j’ai bien compris pourquoi on voyait tant de kangourous écrasés, au bord de la route. Effectivement, de nuit, ils sautent partout et particulièrement sur les pistes.

Pendant ce temps-là, les camions ne freinent jamais… ce qui cause quelques décès dans la communauté marsupiale mais pas la moindre éraflure sur les camions très bien protégés. Cà m’a fait froid dans le dos mais j’ai bien dû voir deux de ces kangourous ne pas réussir à aller plus vite que le camion et à finir sous les roues.

Bref, la fête a commencé pour moi, dans le camion, le vendredi, sur le chemin du retour. Jock qui conduisait avait acheté des bières pour le retour… (Je vous avais déjà parlé de cette tradition dans l’Outback) Il me disait en plus, tout-à-fait fièrement, qu’il avait déjà réussi à boire 22 bières, sur le chemin du retour et à ne s’étaler sur le sol qu’une fois la marchandise ramenée à bon port…

A peine sortis du camion qu’un plateau de bières nous attendait au sol et que le week-end était lancé… Vendredi, çà a donc été le jour de la pré-party, pour les gens qui vivent à la Station. C’est également ce jour-là que j’ai commencé à bien m’entendre avec Pauly et Kiwi, deux cow-boys de la Station, ainsi qu’avec Malcom, le fils du patron. Ils ont ‘apprécié mon vin rouge’ dont on ne comprend toujours pas bien ce qu’il est devenu…
Le côté moins marrant de la fête, c’est que je devais travailler tous les jours, à partir de 7H. Je pouvais donc manger et boire tout ce que je voulais, librement mais il fallait être debout, le lendemain, à l’aube.

Le samedi, j’ai donc travaillé de 7H du matin à 3H du matin… Mais je dois avouer que j’ai passé une bonne partie de la soirée à servir au bar et que la position était meilleure que ceux qui étaient à la vaisselle (en même temps, j’étais le seul garçon, je n’ai donc pas eu trop de problème à avoir le poste). J’ai bien dû aller dormir à 6H du matin quand je me suis retrouvé dans le jardin (je ne voulais pas aller dormir, vu l’heure à laquelle je devais travailler, mais rester seul, la nuit, çà n’était pas trop amusant).

Dimanche matin, rebelote ! Je sers le déjeuner et le dîner puis je me vois imposer la vaisselle gigantesque !! Après cela, je me suis caché dans la maison du fils du boss, avec les cow-boys
(qui ne devaient pas travailler, eux) et on en n’est ressorti que pour la troisième nuit de la fête… Nuit durant laquelle j’ai fait un bête pari avec le patron ! Ce qui m’a vu finir dans la piscine (le premier du week-end) avant que tous mes nouveaux (et ex) amis ne viennent me rejoindre. J’avoue que le rangement n’a pas été facile, le lendemain, et que nous coupions nos efforts de longues pauses mais le camion du retour n’allait pas attendre un jour de plus. Et au moment où l’on se dit que la fête fait partie du passé, voilà que l’on se refait inviter par le patron pour une post-party tout aussi mémorable que les nuits précédentes…

Voilà, j’ai fait long mais çà a été sans contestation possible la plus belle fête depuis que je suis en Australie. Fête à laquelle le cadre et la difficulté d’organisation donnaient un cachet particulier. De plus, voir ces cars et ces avions (les deux pistes ont chauffé pendant ces journées, même si je n’ai pas eu l’occasion d’en profiter) arriver autour de la Station, déposant des personnes qui arrivaient de toute l’Australie, c’était assez particulier.

Durant cette soirée, nous avons également assisté à une opération en direct !!! Et oui, il y avait un chirurgien parmi les invités, qui a opéré le patron à la main, dans la cuisine, entre deux ‘Bundaberg’. L’hôpital n’est pas tout proche et cela ne plaisait pas au boss de s’y rendre.

J’avais prévu de quitter la Station, la semaine suivante mais la perspective d’assister au ‘mastering’ ou ‘cattle work’ m’a poussé à rester une semaine de plus. En 3 semaines dans un ranch, j’avais surtout vu les employés travailler sur les machines et autour de la maison principale mais je n’avais pas encore réellement vu de vrai travail de cow-boys. J’allais être comblé !!

Comme je l’espérais, le boss est venu me trouver, le vendredi soir, en me disant que, le lendemain, j’allais accompagner les ‘garçons’ pour rassembler le troupeau. Durant le mastering, on rassemble le bétail (du moins, section par section) pour en vendre ou encore pour marquer les nouveaux-nés. Après une matinée assez calme et sans rien de vraiment passionnant, dans un 4X4, le moment fort allait arriver. Et oui, le boss est venu me chercher en hélicoptère pour me permettre de voir le rassemblement du bétail d’une manière inoubliable.

L’après-midi en hélico, c’est, sans comparaison, le moment le plus fort de mon séjour down under. Charly, le proprio, possède un vieil et minuscule hélicoptère qu’il n’utilise que pour le cattle work. L’hélico est complètement vitré et ressemble à une bulle de savon avec une queue : il n’a rien de semblable à un gros hélico de TV, d’hôpital ou de l’armée. Rien que la montée dans cet hélico est impressionnante ! Etant donné qu’il avait déjà utilisé l’appareil, le matin, celui-ci était déjà bien en marche quand j’y suis monté : ce qui m’a permis de vivre et de reproduire les gestes célèbres que l’on voit dans tous les bons films américains : courir en se penchant en avant, avec une main pour se protéger de je ne sais pas quoi… et, ainsi, lutter contre le vent, pour arriver à monter dans cette bulle. Après avoir bien attaché mes 4 ceintures et avoir placé mon casque et avoit appris à utiliser le micro, l’engin a commencé à s’élever et à survoler le désert du centre australien.

Est-il nécessaire de dire que la vue de là-haut est absolument étonnante ? Je ne pense pas. Les photos parleront toutes seules !! Mais ce qui était surtout impressionnant, c’est la manière dont Charly conduisait son engin (il n’avait pas de porte de son côté, pour pouvoir mieux faire des signes à ceux restés au sol). Ce n’était pas vraiment de l’hélico de tourisme mais, plutôt, de l’hélico sportif. Charly, dans son hélico, dirige toutes les opérations du travail, c’est ainsi qu’en premier lieu, on est allé poursuivre les vaches les plus éloignées du point de rassemblement. Ensuite, tout en cherchant sur son immense propriété toutes les têtes de bétail, il commande toutes les motos, quads et 4X4 qui sont au sol (sans blague !). C’est impressionnant à voir ! Il a des yeux partout et, par radio, il donne ses ordres à tous les cow-boys. Ce qui donne, en gros : ’Malcom, deux vaches à 200 mètres devant toi, sur la droite. Pauly, un veau s’est échappé derrière toi. Kiwi, fais avancer plus vite le groupe, au bord du ruisseau… ’ Et ainsi de suite, pendant des heures. Lui, évidemment, se chargeant du bétail le plus éloigné ou du plus difficilement accessible. Pour effrayer le bétail, il se permet toutes les folies possibles comme des plongées à me rendre malade… ou encore, à raser le plus près possible, les arbres ou les étangs artificiels. Je pense que j’ai dû devenir vert, un moment, et j’ai bien cru plusieurs fois qu’on allait se retrouver dans un arbre jusqu’au moment où il se décidait à remonter en flèche. Bref, c’était absolument extraordinaire et la vue de ce troupeau énorme se rassembler de plus en plus et entouré de ces cow-boys modernes sont vraiment des souvenirs inoubliables.

Revenu sur la terre ferme, j’ai assisté à l’entrée du troupeau, dans l’enclos : ce qui n’est pas une mince affaire. J’étais vraiment impressionné de voir la manière dont les gars conduisaient les motos, quads et 4X4. Et dire que, pendant la fête, Charly m’avait dit que je remplacerai peut-être un des gars, sur un quad… Alors que j’étais triste que cela ne se fasse pas, au début, j’ai remercié le ciel de m’avoir écarté de ces engins, dans de tels moments (j’ai tout de même essayé mais dans des moments moins stressants !)

Il y a toujours bien une ou deux vaches qui arrivent à se tirer, au moment de rentrer dans l’enclos, ce qui a donné des courses-poursuites incroyables, avec une vache pourchassée par 4 quads, une moto, un 4X4 et un hélico : digne des plus grands westerns (c’est vrai qu’ils sont sur des chevaux, dans les films)… C’est arrivé que la vache soit un peu trop têtue et finisse dans… notre assiette !

Le lendemain, j’étais encore avec le bétail mais le boulot était totalement différent. Le bétail était rassemblé dans des petits enclos, appelés ‘paddocks’. La première partie du boulot était de trier le bétail (certains allaient être vendus, les plus jeunes, marqués, etc…) Pour ma part, la première chose que j’ai eu à faire, c’était de faire sortir une partie du bétail du paddock. Tommy, un Aborigène, me dépose donc devant l’enclos et me dit qu’il passe devant avec le 4X4 et que moi, je fais suivre le bétail. Il était parti avant que je demande comment je devais m’y prendre. J’ai donc crié et couru après 200 vaches en espérant qu’elles soient effrayées par ma tête… Ce qui a été le cas. Première mission, remplie !

Après cela, ils ont commencé ce que je trouve encore plus difficile à regarder que le découpage lui-même de la vache : ils prenaient les veaux, un par un, et plaçaient des belles ‘boucles d’oreilles’, coupaient les cornes, marquaient au fer rouge et castraient les mâles (préféré pour eux que pour moi…) Cela a amené de belles luttes entre les cow-boys et les veaux les plus résistants.

Pour ma part, je tentais juste de faire approcher les veaux des cow-boys quand ils en avaient fini avec un. Malheureusement pour moi, il y avait une énorme vache qui était dans le même enclos que les veaux (je ne sais pas comment elle n’avait pas été marquée, les années précédentes) et elle m’a pris en grippe. Résultat : après avoir entendu des cris devant moi, je me suis retourné et j’ai vu ce monstre me charger (là, je pousse un milliard de ‘mais oui’). En 0, 20 seconde, j’étais accroché le plus haut possible sur une barrière, en attendant qu’elle se calme. J’ai, après cela, soigneusement évité cet enclos malgré les blagues de tous les autres qui voulaient que j’y retourne.

Mais ce n’est pas fini pour autant. Le fils du boss (le boss pour tout ce qui est au sol), qui n’avait pas vu ce qui s’était passé, m’a demandé de récupérer un veau qui était passé entre les barreaux et s’était retrouvé, PAS DE BOL !, dans l’enclos de ma nouvelle ‘amie’. Il me dit : ‘Fais attention à la grosse et attrape juste le veau puis ramène-le’. Super facile !!! Résultat : un moment d’inattention et je ne me suis pas fait rater, cette fois-ci : elle m’a bien chopé la cuisse. J’ai entendu les cris trop tard… !!! Je suis encore resté pendant 10 minutes, sur ma barrière, avant d’oser retourner dans l’enclos. Un Aborigène est venu m’aider… Quoi ? M’aider… ! Il m’a donné un lasso de derrière la grille et m’a dit de courir après le veau et de lui passer le lasso autour du cou. Je prends mon courage à deux mains et je profite d’un moment où ma victime est un petit peu hors du groupe pour tenter ma chance. Je réussis et je tente de résister à sa force, en tenant la corde de toutes mes forces… Seulement, le mariole qui restait derrière les barreaux avait mal fait le nœud et le veau est reparti en vadrouille. Tout était à recommencer mais mon collègue est venu, lui-même, dans l’arène et a fini par l’attraper.

C’était ma dernière journée dans le ranch. Ces deux derniers jours m’auront vraiment permis de vivre quelques histoires de vrai cow-boy. Pour la petite histoire qui illustre ce côté ‘ranch’, sachez qu’ici, le boss a le plus beau et le plus grand chapeau, son fils a le second plus grand et plus beau chapeau, et ainsi de suite, jusqu’au backpacker qui a acheté un chapeau, dans une boutique de Sydney… Je me souviens que les Sydney siders rigolaient et disaient que c’était terriblement touristique, mais, ici, si vous n’avez pas de chapeau, vous êtes juste un maudit touriste ! (Même les femmes ont toutes un chapeau. Et la femme du boss a le plus grand et le plus beau, et la femme du fils du boss a le second plus grand et plus beau,..)

Voilà ! Je pense que vous avez un fameux récit de ma vie, dans une Cattle Station de l’Outback australien. Cela a été une aventure magnifique mais il est temps de repartir pour un nouvel endroit, de nouvelles aventures et de nouvelles rencontres. Je le dis, je me répète peut-être mais c’est toujours un moment où je suis heureux de découvrir quelque chose de nouveau et où je suis triste de laisser un endroit et des personnes qu’on apprécie,… derrière soi !

Je repars demain, pour le Nord du pays. Je prends le Tour que j’avais eu en promotion pour une bouchée de pain, en direction de DARWIN, via le Litchfield National Park, les Devils Marbles ou encore Katrine Gorges. Le paysage va radicalement changer. Je me dirige maintenant vers une région beaucoup plus verte mais je vais m’arrêter et garder le reste pour le prochain épisode.

En pensant souvent à vous,

Goral

P.S. : Cela fait 6 mois, aujourd’hui, que j’ai quitté la Belgique. Tout me semble tellement si loin. J’ai l’impression que je suis arrivé à Sydney, il y a 2 ou 3 ans…

P.S.2 : Il faut absolument que j’en parle. Les Australiens sont les champions du monde de la téléréalité ! Je ne vais pas vous parler de toutes les émissions stupides que j’ai dû subir. Mais il y en a une, tout de même, ’pas possible’. ‘The bigest loser’ : ce sont une vingtaine de personnes très corpulentes qui se retrouvent dans un château et qui font toutes sortes de trucs pour perdre du poids. Un seul reste à la fin. Donc, ici, tous les soirs, vous avez ces personnes qui passent en direct, sur la balance, en maillot de bain… c’est à l’heure du repas et c’était la seule chaîne de TV que nous avions à la Station !

P.S.3 : Les photos de mon séjour à MacDonald Station seront d’ici quelques jours ou quelques heures, sur le site. Toutes les autres y sont déjà, depuis longtemps, même si j’oublie de vous prévenir.

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AUS 18 (NT) : Monica et Mataranka

Bonjour tout le monde,

Me voici de retour, après plus de 3 semaines d’absence dans les mails. Je m’étais convaincu de ne pas écrire le mail numéro 18 (celui-ci) avant d’avoir trouvé un boulot et de savoir exactement ce que j’allais devenir, dans les toutes prochaines semaines. C’est maintenant chose faite.

Ces 20 derniers jours n’ont pas globalement été palpitants ou spécialement particuliers. Je me suis retrouvé à un moment où la situation de mon portefeuille m’imposait de trouver rapidement du boulot pour renflouer les caisses. J’ai donc trouvé du boulot mais, malheureusement, pas rapidement !! Ce qui m’a mis dans une situation qui commençait à devenir embarrassante. Me voici maintenant relancé grâce à un job d’aide de cuisine, dans un restaurant situé juste en face de mon hôtel, dans la rue principale de la ville.

Si le travail qui varie de la vaisselle à la coupe des légumes, en passant par le récurage du grill, n’est toujours pas spécialement intelligent, j’avais envie de tenter une fois l’expérience d’un job de ville (et c’est pour cela que çà m’a pris du temps). Me voici donc ici pour environ 5 semaines. Je vais économiser un max pour m’offrir un bouquet final australien de rêve, sur la Côte Est, le long de la Grande Barrière de Corail !!

J’allais oublier de signaler que ‘ICI’, c’est maintenant DARWIN. Cette petite ville de 90 000 habitants est la capitale du Northern Territory. Je suis donc actuellement à l’extrême Nord de l’Australie, dans une région tropicale dont les paysages sont bien différents de ceux qui faisaient mon quotidien, dans le désert.

Je commençais mon deuxième paragraphe en disant que, globalement, ces semaines n’ont pas été spécialement palpitantes. Bien entendu, le mot ‘globalement’ était d’importance car, si je me mets à vous écrire, ce n’est pas pour vous raconter quels légumes j’ai coupés, ce matin, au resto ! (allez, je sais que vous le voulez… C’était des betteraves !) Non ! Cette période a tout de même été marquée par 2 événements qui valent quelques explications. Tout d’abord, il y a eu ce voyage de 4 jours, entre Alice Springs et Darwin. en ligne droite, c’est-à-dire si on reste sur la route !! (la route est toute droite pour ceux qui auraient du mal à comprendre !), il s’agit tout de même d’un trajet de plus de 1 400KM durant lesquels on peut compter le nombre de localités sur les doigts d’une main !! Et, deuxièmement, Darwin et moi venons d’échapper de justesse à un cyclone monstrueux qui, à quelques km de différence, aurait fait beaucoup de bruit… jusque dans les journaux européens (je m’étais déjà préparé à téléphoner à l’ambassade de Belgique pour dire que j’étais bien vivant… si je l’étais, bien entendu !)

J’ai donc quitté Alice Springs avec un tour organisé de la même compagnie que celui qui m’avait amené d’Adélaïde. Ce n’est pas que je sois un fan de tour organisé (c’est d’ailleurs le dernier), mais j’avais eu celui-ci à un prix très intéressant, en achetant mon premier tour. Si le tour n’était pas aussi spectaculaire que le premier, il me laisse tout de même de bons souvenirs. Le concept était simple : beaucoup de routes pendant les 2 premiers jours et beaucoup de baignades, pendant les 2 derniers ! J’allais oublier beaucoup de bières, pendant les 4 soirées !!

Nous avons ainsi fait plus de 1 000KM, pendant les 30 premières heures du voyage, avec des arrêts au passage du TROPIQUE du CAPRICORNE et dans les DEVIL’S MARBLES. Ces billes du diable sont des énormes rochers qui ont la forme de… billes ! Celles-ci forment des monticules géants qui défient toutes les lois de l’équilibre. Heureusement, pendant nos longs trajets, notre guide a lancé quelques jeux entre garçons et filles : jeux qui ont bien évidemment été remportés par nous, ce qui a expédié les filles à la cuisine pour le souper et nous, à la piscine, avec une bière pour l’apéro ! En même temps, je ne comprends pas bien pourquoi on a dû passer par des jeux pour déterminer cela !! (Sorry)

Le troisième jour, nous sommes allés visiter les KATHERIN’S GORGES, extrêmement réputées mais qui n’étaient pas idéalement visitables, à cause des lourdes pluies de la saison… des pluies qui ne voulait pas en terminer ! Une baignade était alors bien méritée et nous avons pris la direction de Mataranka Sources. Le mini-bus n’a pas été capable de rejoindre les sources, en raison des inondations qui coupaient la route… On a donc enlevé les chaussures et abandonné le véhicule derrière nous. La vue des aborigènes assis sur la route, avec de l’eau jusqu’au cou et qui tentaient d’attraper à la main les poissons qui traversaient la chaussée, était plutôt amusante !!

Bref, nous avons fini par rejoindre les eaux turquoise de Mataranka. L’endroit ressemblait, ou plutôt était, un PARADIS TROPICAL. La place pouvait faire penser à une des nombreuses piscines tropicales qu’on trouve en Belgique, avec la différence que, ici, tout était naturel, que le fond n’était pas bétonné, que les palmiers n’étaient pas importés, que l’eau n’était pas pleine de produits chimiques,…

Le dernier jour allait être consacré au Litchfield National Park, avec au programme des baignades sous les cascades magnifiques qu’on trouve à volonté. Certaines étaient cependant fermées à cause de risque de trouver des crocodiles. A part les cascades, on retrouvait aussi dans ce parc de nombreuses termitières géantes dont certaines, de plus de 6 mètres de haut !

C’est après ces 4 jours que je me suis mis à la recherche d’un boulot… Et mon quotidien a alors été fait de visites dans les cafés et restos de la ville. J’ai eu des possibilités mais qui présentaient toujours un problème quelque part : salaire, durée, localisation,… J’ai tout de même pris un one-day-job, dans le port. Journée durant laquelle j’ai vidé les caisses de crevettes surgelées d’un bateau de pêche ! Je me suis fait une fortune sur cette journée, ce qui m’a permis de survivre une semaine de plus.

Ma recherche a alors été perturbée par l’arrivée de MONICA, le fameux cyclone dont j’ai brièvement parlé plus haut. Pour recadrer un peu la situation, il faut expliquer que la ville de Darwin a été pratiquement rasée, il y a 30 ans par un cyclone énorme (il ne restait que 60 maisons debout, à l’époque !) De plus, nous sommes dans une région tropicale souvent touchée par des cyclones de toutes sortes. Vous avez, par exemple, beaucoup entendu parler d’un de ces cyclones qui a détruit plusieurs localités ainsi qu’une partie de la Grande Barrière de Corail, il y a 2 mois.

Monica était un cyclone de niveau 5 (le plus élevé) qui a touché de plein fouet et détruit plusieurs villages situés à 300KM à l’Est de Darwin. Ce dernier cyclone était estimé plus dangereux que celui qui a rasé la ville, il y a 30 ans et se dirigeait en plein sur Darwin. Heureusement, les habitations ont été reconstruites de manière plus solide ! Des consignes de sécurité ont été alors placardées, sur toutes les portes de l’hôtel. Ces consignes nous demandaient de ne pas sortir de l’hôtel, pendant le cyclone (sans blague !), mais aussi de ne pas rester dans les chambres du deuxième étage car il était bien possible que le toit ne s’envole !! Ou l’on pouvait encore y lire que nous devions faire des provisions en nourriture et en eau potable… Bref, c’était un peu le pompon !!

Alors que beaucoup de backpackers se sont précipités pour quitter la ville, par le premier moyen qu’ils trouvaient (n’importe quel car ou avion tant qu’il parte d’ici), j’ai plutôt opté pour les courses au supermarché où j’ai fait le plein de pain et de crasses pour accompagner. Les routes d’accès à la ville étaient alors fermées. Le cyclone était attendu à 13H.

13 H… Rien ne se passe ! Ou plutôt, disons qu’il y a une bonne tempête dehors… mais qui ne m’empêche pas de sortir ou de rester dans ma chambre, sous le toit toujours bien présent.

Finalement, le cyclone a fortement perdu de son intensité, dans les 2-3heures qui précédaient la catastrophe attendue. De plus, il a légèrement dévié et est passé juste au SUD de la ville. Bref, alors que je m’apprêtais déjà à avoir un ‘fameux souvenir’ (…), je m’en tire donc juste avec une petite matinée un peu stressante.

Voilà pour les derniers événements !

Alors que j’étais en train de clôturer ce mail hier, voilà que le gars à côté de moi se met à lire La Libre Belgique, en ligne !! Je me suis donc dit que s’il n’était pas Belge, je mangerais mon chapeau en cuir. En quelques secondes, j’avais fait connaissance avec lui et sa copine qui viennent de Bruxelles. Il s’est avéré qu’il venait également de finir sciences-po, mais à l’ULB. C’était bien assez pour nous pousser à passer la soirée, dans les ‘restos du coeur pour backpackers’, avec quelques Jugs of Beer.

Le ‘RESTO DU COEUR POUR BACKPACKERS’ est un concept plutôt sympa, ici. Durant mes 3 premières semaines, il y avait un resto qui faisait des plats à 1 dollar (0, 60 euros !!!) Le plat se résumait à un bol de pasta-bolo qui, malheureusement, n’était pas assez consistant (et on ne peut pas en avoir 2). Mais, depuis ce week-end, les choses évoluent !! Un deuxième resto vient de se mettre au principe. Ce qui fait qu’on commence par notre bol en entrée, puis, qu’on va prendre une assiette (bien plus consistante) dans l’autre resto. Hier, nous avons donc testé, en deuxième service, les lasagnes accompagnées de frites !!! Oui ! Bon ! Le menu est fait à l’australienne, évidemment !!

Sur ce, je vous dis : à la prochaine.

Take care,

Sébastien-Goral

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AUS 19 (NT) : Les aborigènes

Un grand bonjour d’Australie tropicale, à tous,

J’espère que, maintenant, le beau temps est également revenu sur la Belgique et que vous pouvez profiter pleinement du ciel bleu et du chant des oiseaux sans pour autant négliger vos obligations scolaires pour ceux qui en ont encore !

Ici, la saison des pluies, qui fut plus longue que prévu, est bel et bien terminée et, si la chaleur est toujours bien présente, c’est au moins avec un grand ciel bleu et sans le moindre risque de cyclone à l’horizon.

Au programme d’aujourd’hui, j’aborderai, entre autres, un sujet un peu moins comique que d’habitude. Je vais effectivement tenter de décrire, en quelques lignes, le peuple aborigène. C’est un sujet sur lequel je reçois pas mal de questions et qui, de plus, me semble important à traiter, une fois au moins, lorsque l’on passe une année, en Australie. Etant donné que les histoires marrantes ne sont pas légions à m’arriver durant cette période de boulot, je pense que cette occasion est la bonne. De plus, le nombre de semaines qui me restent à passer aux antipodes fond comme neige au soleil, et je pense que les mails que j’écrirai de la côte Est seront déjà assez bien fournis…

Tout d’abord, quelques éléments tout de même plus généraux. Il y a maintenant un peu plus d’une semaine, une surprise de taille m’attendait, à la sortie du centre commercial. Cette surprise s’appelle Margareth !!! Et oui, une fois de plus, presque 4 mois après notre dernière séparation, nos chemins se sont re-croisés. L’Australie n’est-il pas un grand village ?? Ceux qui suivent mes aventures depuis le début se souviennent que Margareth est une Allemande qui était déjà ma voisine de chambre dans la famille d’accueil, à Sydney, qu’elle travaillait également dans les vignes, à Griffith, qu’on a passé deux superbes semaines en sa compagnie avec Jeff et Tom, en Tasmanie et qu’on s’était déjà revu par surprise, dans une chambre d’Adélaïde !!! Et, étant donné que j’ai cassé mon GSM et que j’ai ainsi perdu tous les numéros de mes contacts, en Australie, je n’avais plus aucun moyen de la recontacter. Bref, après un souper au ‘resto du coeur’ (on s’habitue aux lasagnes-frites, et on a même parfois du hachis-parmentier ou des fishs-and-chips !!!), on s’est encore séparé en programmant de se retrouver sur la Côte Est, dans quelques semaines, pour peut-être faire un bout de chemin ensemble. (Oui, Pierre, je comprends ce que tu dis quand tu racontes que tu passes énormément de temps à dire ‘au revoir’, depuis que tu es à Madrid. C’est d’ailleurs bien simple : je ne tente plus de me faire ami avec le premier qui passe dans ma chambre !)

Ne pas me faire ami avec tout le monde ne veut pas dire que je reste tout seul ! Je passe ainsi pas mal de temps avec Jérôme et Caro dont je vous ai parlé, dans le dernier mail. Hier, j’ai amené la tondeuse et Jérôme s’est chargé de la coiffeuse, et on s’est fait une nouvelle coupe de cheveux, avant d’allumer le barbecue. Et je vois qu’il y a tout de même des points communs entre un science-po de l’ULG et un science-po de l’ULB, comme, par exemple, la bonne vieille discussion politique immanquable après quelques verres de vin… J’ai presque cru retrouver Jeff !!!

Pour le reste, ma vie dans les cuisines du ‘wisdom’ n’est toujours pas extrêmement passionnante et mes relations avec Serge, le cuisinier français qui travaille en même temps que moi, sont de plus en plus difficiles. Quoi ! Lui, il m’apprécie toujours autant mais moi, je trouve qu’il m’apprécie un peu trop… !!! Et puis, ce qui n’est pas mal, c’est que je gagne plus et je dépense moins que ce que j’espérais, ce qui est plutôt ‘positif au commencement’.
Voilà ! Après ces quelques nouvelles de ma petite personne, je vais entrer dans le sujet principal du mail.

Vous savez très probablement qu’, avant l’arrivée des Européens sur ce continent, l’île était déjà habitée depuis des millénaires par un peuple, les aborigènes. Ceux-ci vivaient alors toujours d’une manière extrêmement primitive. Il s’agissait d’un peuple nomade, vivant de chasse et de cueillette, et divisé en de très nombreuses tribus utilisant toutes des langues différentes. Ces ‘locaux’ à la peau noire sont facilement reconnaissables et différents des Africains. Leur visage est plus soufflé et leurs yeux sont plus enfoncés dans leur visage, comme s’ils se cachaient du soleil.

L’arrivée des Européens allait radicalement changer leur mode de vie. Ils ont été victimes d’un grand nombre de massacres, et des chasses à l’aborigène n’étaient pas inconcevables ! (Cela me rappelle les permis de chasses aux pygmées dont je parlais, l’année passée, depuis le Mali). Par exemple, ils ont été purement et simplement exterminés de Tasmanie !! Des politiques (lois) afin de les métisser de plus en plus avec des blancs pour faire ‘disparaître la couleur noire, en 3 générations’, étaient également tentées. Leurs terres ont été partagées entre des aventuriers blancs qui ont créé ces énormes cattles- stations.

Aujourd’hui, la situation des aborigènes est le plus gros problème de l’Australie.

Ces indigènes donnent aujourd’hui l’image d’un peuple déchu et dépravé, ne se retrouvant pas dans le développement actuel. Le gouvernement envoie des montants énormes vers la population aborigène. C’est certainement la honte et la volonté de rachat par rapport à la douloureuse histoire qui pousse l’Etat à agir ainsi, pour se racheter. Pourtant, la situation est toujours catastrophique !! et ce n’est pas l’argent qui va y changer quelque chose.

En marchant dans les rues du Territoire du Nord où les aborigènes sont très nombreux, vous avez l’impression qu’une ville européenne et une ville africaine se superposent. Avec une population blanche telle qu’on la connaît chez nous ou aux USA, et puis, vous pouvez tout d’un coup vous croire à Bamako ! A la grosse différence des Africains, les Aborigènes ne connaissent pas la faim et peuvent éviter de se retrouver à la rue, le gouvernement australien sera toujours là. Et on imagine mal un pays comme l’Australie laisser une partie de sa population dans la plus grande misère.

Actuellement, les Aborigènes ont de l’argent. Ils reçoivent des allocations qui peuvent leur permettre de vivre comme une personne avec le CPAS, en Belgique. Le problème, c’est qu’ils n’en font rien ! si ce n’est s’acheter des montagnes de vin, en cubis. Pour résumer (et ce n’est pas un sujet facile à développer), les Aborigènes ont été chassés de leurs terres et beaucoup d’entre eux se retrouvent dans les villes, avec l’argent du gouvernement leur tombant dans la poche. Ils n’ont cependant aucune culture du travail, ni du confort, ni de la propreté. Ce qui fait que, comme ils ont de l’argent, ils se contentent de vivre, dans des conditions qui nous paraissent incroyables et ne s’occupent qu’en buvant du Kaisersthul rouge, dans les parcs.

De plus en plus, les autorités tentent de créer des ‘communautés aborigènes’, des sortes de villages dans l’Outback, sur leurs terres d’origine. Des maisons sont construites ainsi que des écoles, des infrastructures sportives ou encore des médecins y sont envoyés. Mais à peine est-ce construit qu’ils cassent tout et transforment les communautés en décharges à ordures ! Le gouvernement fait alors des compromis, en leur construisant des piscines si tous les enfants vont à l’école régulièrement.

J’ai du mal à me construire une opinion sur la manière de vivre des Aborigènes. Peut-être, est-ce juste leur manière de vivre et pourquoi ne pas les laisser vivre comme ils le veulent, Mais est-ce que l’argent de l’Etat doit continuer à financer tout cela s’ ils ne le veulent pas, s’ils ne souhaitent absolument pas travailler et si c’est finalement utilisé dans le vin ? Il y a tellement de questions difficiles, voire impossibles à résoudre sur le sujet !!

A MacDonald Station, j’ai tout de même côtoyé deux Aborigènes qui travaillaient à la station (les 2 seuls à travailler sur toutes les communautés des environs). Et bien qu’ils soient très sympas et qu’ils m’ont montré beaucoup de choses, ils restent toujours en marge du groupe. Leur dégoût envers les blancs revient vite dès qu’ils ont bu quelques bières de trop.

Maintenant, il existe encore des communautés et tribus très reculées qui vivent toujours d’une manière ancestrale en suivant les coutumes millénaires. Et des territoires énormes ne sont accessibles pour les blancs que lorsque l’on dispose d’un permis difficile à obtenir. De plus, des tribus n’étant encore jamais rentrées en contact avec l’homme blanc, ont été découvertes, il y a 2-3 ans et on pense qu’il en existe encore d’autres. J’espère que, si c’est le cas, on ne les trouvera pas tout de suite et qu’on les laissera encore vivre longtemps, paisiblement.

L’art aborigène est aussi très réputé, ici, et de nombreux touristes repartent avec plein de souvenirs comme des peintures, des didjeridoo (instruments de musique) ou des boomerangs.

Voilà, j’ai tenté de faire une présentation correcte, même si c’est difficile si brièvement. Le tableau est un peu noir, mais des progrès sont faits. C’est une affaire de générations et, apparemment, les plus jeunes ont l’air de vouloir redresser un peu une situation délicate.

Espérons que cela progresse bien, même si j’ai bien du mal à m’imaginer une solution miracle !

Voilà, vous savez tout… ou presque !

Je vais, maintenant, me préparer à entamer 5 nouveaux jours de vaisselles, de coupes de légumes et nettoyages de grills.

Au plaisir de lire de vos nouvelles,

Goral

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AUS 20 (WA) : Un petit détour de 8.000 kilomètres…

Bonjour tout le monde,

Voici déjà (ou seulement, c’est selon) le vingtième épisode des aventures et anecdotes qui m’arrivent au bout du monde. Episode dans lequel je vais avoir beaucoup à raconter puisque j’ai enfin quitté Darwin dans laquelle j’ étais presque englué et que les semaines qui viennent se dessinent et sortent du flou incroyable dans lequel elles étaient plongées.

Plusieurs titres auraient pu faire l’affaire aujourd’hui, même si c’est finalement « Un petit détour de 8. 000 kilomètres » qui l’a emporté. D’autres titres candidats étaient par exemple : « Kakadu Dreams » ou « L’aile ou la cuisse » ou encore le facile « Crocodile Dundee ».

Peut-être avez-vous maintenant quelques idées de ce que je vais aborder aujourd’hui ! Au sommaire, nous avons donc la fin de mon boulot dans un restaurant australien de qualité, mon escapade dans le Kakadu National Park, le « petit » détour que je suis en train de réaliser entre Darwin et Cairns, mais aussi des avancées (encore rien de définitif) quant au choix de ma date de retour.

Tout d’abord, vous avez très certainement remarqué en lisant le titre du mail que je viens de changer d’Etat. Et c’est ainsi un de mes objectifs du voyage que je réalise : avoir été dans tous les Etats australiens et vous envoyer un mail depuis chacun de ceux-ci. L’objectif ne sera pleinement réalisé que lorsque je vous écrirai du Queensland, où je serai dans une semaine. Cette destination est une certitude de longue date, alors que j’avais pratiquement effacé de ma tête l’idée de venir dans cette partie-ci du pays. Je vous écris donc actuellement de Western Australia, et plus précisément depuis PERTH, la capitale de l’Etat. Perth est la ville la plus isolée du monde. Elle abrite 1. 500. 000 habitants, ce qui représente plus de 85% de la population de Western Australia qui est le plus grand Etat du pays (avec +- un petit tiers du territoire australien). Je reviendrai plus tard sur les raisons qui m’ont poussé à pointer mon nez jusqu’ici ainsi que sur le moyen d’y arriver.

Pour revenir un peu en arrière, et aborder les sujets d’une manière chronologique, j’ai donc enfin quitté le restaurant « Wisdom » dans lequel je travaillais depuis 4 semaines. Je dois bien avouer que les derniers jours n’ont pas été sans peine et qu’il était plus que temps que j’arrête ce boulot qui me rendait de plus en plus fou. Me voici prêt à profiter au maximum de mes derniers moments Down Under !!!

Si j’avais, un moment, voulu titrer ce vingtième épisode « L’aile ou la cuisse », c’est parce que les cuisines et la nourriture de ce restaurant, pourtant coûteux et fréquenté par une autre classe que celle des backpackers, me faisaient penser à du « Tricatel ». L’Australie n’est certainement pas un pays de gastronomie et les bons produits se font rares. Ce qui place d’ailleurs la nourriture au rang de ce qui me manque le plus de Belgique ! Après vous, bien entendu, et avant mes BD. Il est évident que je compte la Jupiler comme le premier élément de la nourriture de base d’un bon Belge (sic) ! Je vous voyais déjà venir… Pour donner quelques exemples, la cuisine est pleine de bestioles qu’on me faisait ramasser le matin en arrivant ou encore, tous les ingrédients sortaient directement de boites de conserves que j’allais bien souvent acheter au supermarché « Coles » de l’autre côté de la rue. Mais le meilleur, c’était tout de même quand ils laissaient tomber le bacon ou les champignons sur la carpette et qu’ils les renvoyaient dans les assiettes. Il y a également cette question qui reste difficile à résoudre : lorsque le chef va aux toilettes durant une coupure d’eau, et qu’il revient ensuite mélanger la salade avec les mains, comment s’est-il lavé les mains ? Je préfère ne pas savoir la réponse (et je ne me pose même pas la question pour les nombreuses pauses « cigarette » qu’il prend sans jamais approcher un évier). Maintenant que j’ai aussi bien travaillé au Quick que dans un resto normal, je suis convaincu que le fast-food est la solution la plus hygiénique pour se nourrir.

Assez de ce restaurant, passons aux bonnes choses. Si j’avais poussé mon voyage jusque Darwin, c’était pour pouvoir visiter les superbes parcs nationaux qui l’entourent. J’avais déjà fait le Litchfield, mais il me restait le principal : le Kakadu National Park. Celui-ci est le plus grand d’Australie et est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Alors que je ne savais pas très bien comment m’y prendre pour le visiter, la chance a encore frappé ! La veille de mes deux jours de congé, pendant que je regardais les dernières annonces sur le tableau de l’hôtel, je suis tombé sur un gars qui cherchait un passager pour l’accompagner dans son van et ainsi partager les frais d’essence. C’est ainsi que je me suis retrouvé pour deux jours dans un van avec Pieter, un Allemand de 27 ans qui travaille dans une banque en Suisse. J’ai saisi l’occasion, et le lendemain matin, j’étais sur la route du parc national qui se trouve à +- 300 kilomètres de la ville. Ca a aussi été, pour moi, l’occasion de retrouver un volant sur ces routes si « australiennes ».

Nous avons commencé par la visite de quelques billabongs, sortes d’étangs ou marais locaux, ainsi que des sites de peintures rupestres aborigènes vieilles de plusieurs milliers d’années. Le Kakadu est une énorme étendue de « savanes » inondées pendant la moitié de l’année, et où s’est développée une faune étonnante. Certains points surélevés nous ont offert une vue extraordinaire et gigantesque sur cette magnifique région si naturelle. Le moment phare de notre « week-end » était une croisière de deux heures à travers les marais du Yellow Water Billabong et sur l’Alligator River. Le petit bateau nous a emmenés à la découverte des crocodiles sauvages, qu’on pouvait observer de très près, ou encore de très nombreux oiseaux. On trouve ainsi, par exemple, de très nombreuses aigrettes, un échassier blanc. J’ai également vu quelques jabirus, un énorme échassier impressionnant qui est aussi le symbole de la région. C’est bien évidemment ici qu’a été tourné le premier Crocodile Dundee !

Après une nuit en camping où nous avons été mangés par des moustiques mutants qui laissaient des énormes taches de sang lorsqu’on les écrasait, nous avons encore admiré quelques points de vue avant de rentrer sur Darwin. Malheureusement nous avons raté la croisière du « jumping crocodiles » pour lequel j’avais un ticket gratuit. De toute manière, je me dis que ça doit être du cirque et que je préfèrerais les chercher et les voir paisibles dans les marais !

Nous en arrivons maintenant à ce petit détour par Perth. Alors que j’aurais pu simplement rejoindre Darwin à Cairns, que je pensais encore il y a deux jours être mon étape suivante, ce qui m’aurait fait un voyage de +- 2000 kilomètres, j’ai opté pour un passage par Perth qui se trouve tout au Sud de la côte ouest. Pour faire un peu de géographie, je suis donc en train de passer du Nord-Nord (Darwin) au Nord-Est (Cairns) via le Sud-Ouest (Perth) où je vais passer 5 jours. Encore mieux, il n’y a pas de vols directs Darwin-Cairns, ce qui m’a obligé à faire une escale a Melbourne, au Sud-Est !!! Et pour aller à Cairns, je vais faire une escale à Sydney, au Sud-Est également. J’espère que vous suivez toujours… Pour donner une idée de ce que ça peut représenter si on superposait la carte de l’Europe à celle de l’Australie, ça me ferait en 6 jours un voyage Oslo-Kiev via Lisbonne. En rajoutant les escales, ça donne : Oslo-Athènes-Lisbonne-Budapest-Kiev. J’aurai donc encore avalé quelques milliers de kilomètres ! Il m’a fallu plus de 12 heures de voyage pour arriver ici, dont 4 à dormir comme un clochard entre 5h et 9h dans l’aéroport. Et il n’y a maintenant plus que 6 heures de différence entre ici et la Belgique !

Il serait maintenant logique que vous vous demandiez ce qui peut bien me pousser à faire un tel détour. Il y a bien entendu le fait que la région de Perth est vraiment magnifique d’après les backpackers qui y sont passés, ainsi que le fait que ce soit le seul Etat que je n’ai pas visité (il ne me manquera que la région entre Perth et Darwin à visiter lors d’un prochain séjour). Mais ça ne suffisait pas. En fait, il faut remonter quelques mois en arrière. Lorsque j’étais à Adelaide, il y a presque 4 mois, j’ai commencé à rechercher un ancien ami de mon père avec qui il a fait ses études. Celui-ci est venu s’installer en Australie il y a +- 25 ans et ils ont perdu contact. Moi, qui viens de finir mes études, je me suis dit que je trouverais bien triste de perdre contact avec l’un de mes meilleurs amis cespapeens. Je me suis donc remis à la recherche d’Albert Schaus, cet ami disparu. Et il n’y a maintenant que trois semaines que je l’ai retrouvé. Il m’aura fallu passer par l’ambassade, par les mines australiennes (il venait de devenir ingénieur des mines quand il a quitté la Belgique), puis finalement par l’université de Perth pour retrouver un moyen de le contacter.

Alors que je l’ai retrouvé, il a bien entendu été assez surpris d’entendre parler de moi, il m’a invité à passer quelques jours chez lui au sud de Perth. Je pensais que financièrement le déplacement allait être difficilement réalisable. Mais lorsque j’ai vu le prix du billet d’avion entre Darwin et Cairns, je me suis rendu compte d’une promotion pour les billets entre Darwin et Perth. Le détour ne me coûtait en fin de compte pas beaucoup plus que la ligne droite. J’ai donc accepté l’invitation et je vais maintenant passer deux jours dans la ville avant d’aller passer le week-end chez lui, a 80 kms plus au Sud. Au téléphone, il avait l’air impatient de me voir et d’entendre ce que sont devenus ses vieux amis d’unif.

Tout cela, c’est bien beau, mais ça va m’obliger à faire la côte est en sprint. Il faut bien dire que les projets que j’ai pour la côte entre Cairns et Brisbane sont plus que nombreux et que les jours qu’il me reste le sont beaucoup moins. Le temps qu’il me reste est si court parce que je rentrerai plus que probablement à la fin du mois de Juin. La date du 30 Juin n’était finalement pas trop loin de la réalité. Etant donné que j’ai décidé que j’en avais assez fait dans les boulots de backpackers, il me reste deux solutions : premièrement, dépenser tout mon fric en m’offrant un mois de fou et en finissant de manière grandiose, ou alors prolonger d’un mois, mais en devant me limiter d’un point de vue argent et en manquant peut-être de supers trucs. Je penche donc actuellement beaucoup plus pour la première solution ! Mais comme je n’ai pas envie non plus de rentrer trois jours après toutes les fêtes de fin Juin, je vais probablement avancer mon billet de retour de quelques jours. Ce qui me donnerait comme date de retour le Dimanche 25 ou le Lundi 26 et qui me permettrait d’être à l’anniversaire de gibbon et au barbec science-po du CESPAP pour l’intronisation présidentielle de François. La seule chose qui me fait hésiter est que ce serait peut-être plus facile de revoir du monde un Dimanche qu’un Lundi. Voilà, rien n’est encore définitif, mais presque (quand on sait qu’il y a deux jours, je partais sur Cairns et qu’aujourd’hui je suis à Perth, on a vite compris que mes plans changent assez rapidement) !

Et voilà pour ce qui est des dernières nouvelles me concernant. Vous voyez que la vie parmi les kangourous vient de prendre un nouveau et final envol. J’ai également envoyé les photos de mon tour entre Alice Springs et Darwin ainsi que celles du restaurant et celles du Kakadu et de ses crocodiles à Tom. Elles seront probablement sur le site à son retour de vacances dans une semaine.

Sur ce, je vous dis à la prochaine et je souhaite à ceux qui sont concernés une bonne session d’examens.

Crocodile « Goral – Sébastien » Dundee

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AUS 21 (QLD) : Le 7ème et dernier des Etats australiens, mais pas le moindre…

Bonjour à toutes et à tous,

Une semaine après vous avoir envoyé mon dernier e-mail depuis le Sud-Ouest dans un froid que je trouvais glacial (+- 15 degrés), me voici déjà de retour sous les Tropiques et les 30 degrés. Il était donc temps de retracer par écrit ma petite escapade dans l’Ouest. Comme vous le savez maintenant, mon retour approche, et c’est pourquoi je vais tenter de rester à jour dans la retranscription écrite de mon voyage, même si mes journées sont bien fournies et le temps précieux.

Ca y est !!! J’y ai mis les pieds dans tous ! Je veux bien entendu parler des Etats australiens, comme vous l’aurez compris en lisant le sujet du mail. Le Queensland, que je viens de rejoindre, est effectivement le septième et dernier des Etats d’Australie que j’avais à parcourir. Je me trouve actuellement à Cairns, au Nord du Queensland, Etat qui se trouve lui-même au Nord-Est du continent et qui est longé par cette merveille de la nature qu’est la Grande Barrière de Corail.

L’arrivée jusqu’ici n’a pas été de tout repos. Venant de Perth, j’avais effectivement un avion à prendre jusque Sydney avant de prendre un second vol vers Cairns. Malheureusement, le vol Perth-Sydney a été reporté, et on m’a placé sur un vol Perth-Melbourne où j’ai repris un avion vers Cairns. En comptant que mon deuxième vol a également été reporté, j’ai passé plus de 13 heures en avion ou dans les couloirs des aéroports. J’étais arrivé à l’aéroport de Perth à 11h du matin pour sortir de l’aéroport de Cairns à 2h du matin le jour suivant. Egalement à noter, j’ai de nouveau changé l’heure. Ce qui fait qu’en une semaine, je suis passé de 7h30 de différence avec la Belgique, à 6 heures et que je suis maintenant en avance sur vous de 8 heures.

Bref, j’en arrive tout de même à mon séjour à Perth. J’ai donc passé trois jours dans la ville la plus isolée du monde avant de passer 3 autres journées un peu plus au Sud. Bien que j’ai été obligé de sortir un pantalon et même un pull ( !!!), cette ville était assez agréable. Perth me faisait un peu penser à Sydney mais en plus calme et plus petit. Mon activité principale durant ces trois jours a été de visiter la magnifique petite île de ROTTNEST ISLAND. Il s’agit d’une île qui se trouve a 15 kilomètres de la côte et qui est un petit paradis pour y passer son week-end. Les petites plages bordées par une eau limpide se succèdent et se visitent en vélo. De plus, le ferry qui nous y a emmenés était entouré de dauphins (sur la rivière qui traverse le centre ville !!!) qui jouaient autour du bateau. Si je dis « nous », c’est parce que j’ai fait la connaissance de Griets, une Belge flamande, et comme nous étions tous les deux seuls, nous avons passé la journée ensemble. Nous avons donc loué des vélos et fait le tour de l’île. Rottnest est également le dernier endroit au monde où l’on trouve un drôle de petit animal nommé Quokka. C’est une sorte de mélange entre un petit kangourou et un écureuil qu’on croise partout sur l’île. Depuis un rocher, j’ai également vu une raie géante… C’était le petit moment « faune » de ce mail.

Ma seule déception à Perth, ça a été le café belge. J’avais déjà été à ceux de Sydney et d’Adelaïde, où nous avions pris un bon cornet de frites-mayonnaise et une Leffe avec Jeff. Je me suis donc relaissé tenter par un cornet de frites, qui ressemblaient malheureusement à des frites du MacDo.

Le lendemain, j’ai donc rencontré Albert, le copain de mon père, qui m’a directement invité au resto sur une des magnifiques plages de Perth. Il faut dire que Perth est certainement la ville australienne qui a les plus belles plages. Ce sont des étendues énormes et encore très sauvages comme on les voit si souvent sur les cartes postales. Je pense que ça va être dur de revoir la mer du Nord…

J’ai ensuite passé trois jours chez lui, à Mandurah, à 80 kilomètres au Sud de la ville, où il m’a présenté sa femme et ses deux filles, et ou j’ai retrouve une idée du confort que j’avais fini par oublier depuis bien longtemps. Je vous assure que ça fait quelque chose d’étrange de redormir dans une chambre, de reprendre une douche normale ou encore de manger un repas normal à une table familiale. C’était ce qu’il fallait pour préparer doucement ma réinsertion !

Au programme des trois jours, on retrouve une visite de la région environnante, trois restos (ce qui a fait doubler en un week-end le nombre total de restos de mon séjour australien), mais aussi du body surf sur la plage derrière la maison ! Même si je n’ai toujours pas fait le vrai surf, je ne rentrerai ainsi pas sans avoir tenté la glisse sur les vagues australiennes. Mais aussi et surtout, il y a eu cette découverte de ce qui peut pousser a l’expatriation définitive ainsi que les avantages et inconvénients de vivre si loin de son pays d’origine. Et puis, c’est toujours amusant de vivre dans une maison où les parents parlent en français et les enfants répondent en anglais…

Ce fut donc, comme vous venez de le constater, un « petit » détour extrêmement sympathique par la Western Australia.

Je vais m’arrêter ici, même si au moment où j’écris ces lignes j’ai déjà réalisé quelques activités particulières sur « The Reef », la Grande Barrière de Corail. Ceci viendra pour un prochain mail avec le reste de mes aventures sur la Côte Est. Dans les prochains jours, je vais faire une croisière dans un archipel, un safari en 4×4 sur une île sauvage et encore bien d’autres choses dont je reparlerai plus tard. En tout cas, je viens de faire une série de réservations qui ont fait plonger mon compte en banque, mais qui ont fait le plaisir du gars qui m’a vendu tout ça !!!

J’allais oublier de dire que mon retour est maintenant fixé au Dimanche 25 Juin à 6h20 à Paris. Je laisserai donc l’Australie derrière moi le 24. J’ai, à vrai dire, beaucoup de mal à réaliser que c’est presque fini…

A bientôt tout le monde et enjoy…

Goral Sébastien

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AUS 22 (NSW) : L’enfer des Whitsundays, le paradis de Fraser

Bonjour tout le monde,

Nous voici presque arrivés à la fin de cette série de mails australiens consacrés à mes aventures dans ce pays si lointain. « Presque » parce qu’un dernier mail « bilan » devrait suivre dans les deux jours à venir.

Me voici déjà de retour là où tout avait commencé voici plus de 8 mois, dans la plus grande et la plus belle des villes du pays, Sydney ! Mon mail numéro 21 datait du 8 Juin et je l’avais envoyé de Cairns à plus de 2500 kilomètres d’ici. Et comme je l’avais annoncé, les deux semaines qui viennent de s’écouler ont été plus que remplies pour constituer ce que l’on pourrait appeler un bouquet final.

Un bouquet final parfois réussi, parfois extrêmement bien réussi, mais parfois également complètement raté…. Comme le titre assez contrasté le laissait présager, tout ne s’est pas passé exactement comme prévu. Quoi qu’il en soit, comme le dit quelqu’un que je connais fort bien et avec qui je viens de passer plusieurs mois en tête à tête, ça me fera des souvenirs ! J’expliquerai plus précisément ce qui m’est arrivé, mais je vais tout d’abord reprendre fil plus chronologique.

J’ai donc entamé la descente de la Côte Est par Cairns où j’ai retrouvé Max, un copain que j’avais connu à Sydney peu après mon arrivée avec Jeff et qu’on avait déjà retrouvé à Melbourne. Il faut dire que Max est le backpacker qui connait tous les bons plans pour passer de très bonnes soirées sans dépenser nos précieux dollars. C’est ainsi que j’ai fait mes dernières grosses fêtes australiennes dans la capitale du Nord-Queensland. Par exemple, on s’est retrouvé dans une soirée à 7 dollars l’entrée dans laquelle on avait 1 h 1/2 de boissons gratuites. Et comme nous le disions si bien, ce n’est pas à un Belge qu’on va apprendre les bons trucs avec les bars ! Après 90 minutes d’économies, nous avions donc largement assez pour que toute la communauté francophone de Cairns puisse passer une soirée sans toucher à son portefeuille.

Bref. Il y a bien entendu quelque chose de plus intéressant à Cairns que sa vie nocturne !!! C’est également la ville la plus proche de la Grande Barrière de Corail par laquelle je suis passé. Faire une petite excursion en bateau sur « The reef » était donc bien entendu inévitable. Pour ça, j’ai eu pas mal de chance puisque j’ai trouvé une croisière à prix très réduit et avec une plongée gratuite. Alors que je pensais que la plongée ne serait pas pour moi en Australie et que je m’apprêtais à me contenter d’un tuba et de palmes, voilà que je me retrouvais avec une journée fort agréable en perspective.

Malheureusement, le temps n’a pas été terrible, ce qui empêchait toutes les couleurs de s’exprimer pleinement. Quoi qu’il en soit, la Grande Barriere de Corail est de toute manière un endroit magique dans lequel on se croit plongé directement dans un autre univers, voire dans un dessin animé. J’ai commencé ma journée par un peu de snorkeling, de l’exploration des coraux avec un tuba et des palmes. C’était déjà très impressionnant. Mais après un superbe buffet sur lequel j’avais un peu forcé, le moment de la plongée est arrivé. Déjà l’intro était amusante. On ne nous apprenait pourtant qu’à placer correctement la bombonne et à respirer. Puis le moment de disparaitre sous l’eau pour une heure est arrivé ! Au début j’imaginais que l’on remonterait à la surface toutes les quelques minutes, alors qu’une fois qu’on avait plongé, on ne remontait plus que pour rejoindre le bateau !!! A partir de ce moment, on pouvait se croire dans un aquarium vraiment très très grand, je nageais en suivant la guide et comme un enfant, je me surprenais à m’écarter en suivant un poisson de toutes les couleurs ou en restant trop longtemps la tête dans une anémone. C’est extraordinaire de pouvoir nager et de croiser tous les poissons qu’on a tous vus dans le film « Nemo ». Je me suis également retrouvé quelque fois un peu perdu au milieu d’un banc géant de poissons……. Après ceci, j’ai encore fait un tour dans un bateau à fond vitré, mais c’était beaucoup moins intéressant que les deux premières parties de la journée.

Deux jours plus tard, je me suis offert un nouveau cadeau dans cette ville, paradis des sports nautiques. J’ai fait mes baptêmes de parasailing, de jetski et de « tube ». Si tout le monde sait ce qu’est un jetski, ce n’est peut-être pas le cas pour le reste. Le parasailing, c’est du parachute ascensionnel. On est donc assis à l’arrière d’un bateau et attaché à un parachute qui est relié à un long câble. Lorsque le bateau prend de la vitesse, on décolle pour atteindre une hauteur qui devient vite vertigineuse. Le moment le plus impressionnant étant la montée, car on ne sait pas très bien où l’on va s’arrêter. Une fois en haut, il reste à observer le paysage et à profiter du moment présent. Malheureusement de nouveau, il ne faisait pas beau (alors que j’étais dans la saison sèche dans le « Sunshine State » !). Enfin, le « tube » consiste en une bouée qu’on attache derrière un bateau et sur laquelle il faut essayer de rester accroché, ce qui n’est pas si évident. N’ayant plus énormément de temps devant moi, il était déjà temps de changer d’air. J’ai donc acheté un billet de bus pour voyager sur la Côte Est. Ma première étape était Airlie Beach, le village de départ pour toutes les croisières dans les fameuses îles Whitsundays. Cet archipel est l’une des étapes vraiment immanquables pour un visiteur de l’Australie. Il est constitué de collines détachées du continent, recouvertes de forêts tropicales et entourées de plages superbes. D’après le « petit futé » on ne peut pas trouver un paysage qui nous fasse plus penser a Robinson Crusoé.

C’est avec un billet en poche pour 3 jours sur le bateau « Reality » que j’ai donc débarqué après un voyage d’une douzaine d’heures. Tout semblait encore rose à ce moment. Une compagnie aussi pourrie que le temps ont pourtant réussi à transformer ce qui devait être le clou du voyage en une descente aux enfers !!! Une descente aux enfers qui fait tout de même de moi, l’un des 26 seuls backpackers avec une histoire comme celle-ci. En rentrant a Airlie Beach, tout le monde avait entendu parler de nous, nous étions une légende dans le village. Tout a commencé alors que nous embarquions sur ce qui devait être notre bateau de croisière, base pour du snorkeling, de la plongée, du tube et des visites d’endroits superbes. A ce moment, l’équipage a commencé à vérifier si tout le monde avait assez de vin ou de bières pour les trois jours. Ils ont pratiquement engueulé ceux qui n’en avaient pas assez à leurs yeux !!! Déjà à ce moment un doute m’a envahi. Néanmoins, on a embarqué et nous avons passé les premières heures à naviguer en direction de l’archipel. J’aurais bien envie de dire qu’il pleuvait comme d’habitude et nous nous sommes vite rendus compte que l’intérieur du bateau était très petit. Il devait y avoir 15 places assises pour 26 passagers plus 4 membres d’équipage. Il était à peine trois heure de l’après-midi, et aucune activité escomptée n’avait encore été réalisée lorsque le bateau s’est arrêté. Les membres d’équipage nous ont alors dit que nous étions arrivés aux abords de l’ île où nous allions loger et qu’il était temps de passer aux « drinking-games ». La surprise était mauvaise, et nos hôtes justifiaient cela par le mauvais temps en promettant une meilleure journée pour le lendemain.

Nous avons donc attendu impuissants le lendemain. Certains participaient aux jeux du style « Je n’ai jamais au grand jamais ». N’ayant pas spécialement envie de me replonger dans les jeux de mes 12 ans, je n’avais qu’à attendre le lendemain. Si nous avions l’audace de nous plaindre, nous nous exposions à une réponse qui pouvait être : « Si vous buviez plus, vous vous amuseriez… « . Le ton était donné ! Mais c’est seulement le lendemain que les choses ont commencé à se corser. Partis tôt pour profiter de la journée, nous nous sommes très vite retrouvés dans une mer très agitée. Les vagues recouvraient le pont, et l’accès à l’extérieur n’était plus possible. Il restait juste un espace à l’arrière pour les gens qui commençaient à se sentir malade. Nous étions alors tous entassés là où nous pouvions trouver un espace pour placer nos fesses et nos jambes. Certains étaient assis sur les frigos, d’autres couchés sur le sol ou encore assis sur le bar. Les vagues étaient de plus en plus fortes et le bateau bougeait de plus en plus. Forcément de plus en plus de passagers se sentaient malades.

C’est vers 10 heure du matin que les bruits de moteur se sont arrêtés et que le bateau s’est mis à dériver. Nous étions victimes d’une panne de moteur !!! Ces bateaux sont pourtant censés être équipés de deux moteurs pour éviter ce genre de situation. Nous avons alors vu l’équipage courir dans tous les sens. Le capitaine n’arrêtait pas de nous enjamber avec des outils de toutes sortes ! Personne ne nous disait rien, mais les vagues continuaient à balancer le bateau. De plus en plus d’entre nous se sentaient mal et les premiers à « nourrir les poissons » étaient forcément ceux qui avaient le mieux participé aux « activités organisées » de la veille. Quoiqu’il en soit, plus de la moitié du bateau allait y passer au fur et à mesure que la journée avançait. Ce qui a commencé à donner un spectacle assez impressionnant ! Les très malades, qui rejoignaient la passerelle arrière, enjambaient les moins malades qui jonchaient le sol. Tout ça avec une stabilité plus que délicate et sur fond de bruits plutôt peu ragoutants… La situation s’est vraiment aggravée au moment où l’équipage a commencé à sortir les gilets de sauvetage. C’est à ce moment que quelques filles ont commencé à craquer et que les premières larmes ont coulé.

Le capitaine a finalement lancé un S. O. S. Quatre heures après la panne, notre bateau à la dérive a été repéré par un hélicoptère des garde-côtes. Peu après, un « rescue boat » est arrivé sur les lieux et a remorqué notre bateau jusqu’à l’île où nous avions passé la nuit. Il était 2 heure de l’après-midi. La tempête était finie et le soleil brillait. Mais pour nous, la journée était finie. Nous avons été débarqués sur l’ île et l’équipage est resté sur le bateau.

Nous pouvions nous occuper sur l’île. On a bien entendu commencé par une marche, mais peu de temps après on avait plus d’autre choix que de sortir les cartes.

Nous avons tout de même regardé le match Australie-Japon. Il y avait déjà beaucoup moins de drinking-games ce jour-là. Personne n’a réussi à réparer le bateau pour le troisième jour. Nous avons donc déjeuné sur le bateau en panne, toujours entassés à l’intérieur car la pluie était déjà de retour. Un bateau devait venir nous rechercher pour nous ramener sur le continent. Quand il est arrivé, un petit zodiac a fait la navette pour nous faire passer d’un a l’autre. Mais sous la pluie et le vent, la mer était de nouveau agitée. Le conducteur du zodiac avait beaucoup de mal à joindre les bateaux et nous étions à nouveau trempés et balancés dans tous les sens. Nous avons enfin entamé le retour vers Airlie Beach avec une seule idée en tête : récupérer l’argent qu’on avait payé pour cette « croisière ». Ici, nous avons été victimes d’une volée de mensonges de la part de l’équipage qui nous promettait la venue du manager de la compagnie. Celui-ci est bien venu mais a nié être le manager. C’est quand le deuxième bateau est parti et que ce dernier soit resté sur le bateau en panne que les membres de l’équipage se sont étonnés que nous ne lui ayons pas parlé !!! Je vous passe toutes les autres stupides promesses qu’ils nous ont faites dans les deux heures suivantes.

Ce qui m’était annoncé comme un moment inoubliable, par tous les backpackers que j’avais croisés, l’est bien devenu. Mais pas dans le sens attendu !!! Ca me fait tout de même une bonne histoire à raconter et surtout des souvenirs ! Il était maintenant temps de reprendre la route sans attendre. Un trajet de 12 heures vers Rainbow Beach m’attendait pour le lendemain.

Rainbow Beach est l’une des deux localités qui sert de point de départ pour visiter Fraser Island, l’autre grosse activité inévitable du Queensland. Fraser est la plus grande île de sable du monde. Elle est recouverte d’une forêt tropicale, parsemée de lacs magnifiques et, forcément, longée de longues et larges plages.

Le moyen le plus typique de visiter Fraser pour un backpacker, c’est de réserver un self-drive tour. C’est à dire que nous louons un 4×4 avec 9 autres personnes que l’on ne connait pas au départ, qu’on nous donne quelques conseils pour l’itinéraire, qu’on nous donne une fameuse volée de consignes et qu’on nous laisse partir à l’aventure sur cette île inhabitée.

Nous étions donc un groupe de 10, dont 3 garçons pour 7 filles (on retrouvait allemands, autrichienne, israéliennes, irlandais, croate et… belge). Les filles n’ont pas voulu conduire, ce qui fait que nous nous sommes partagés la conduite entre hommes. Alors que je n’étais pas trop rassuré la première fois que je me suis retrouvé au volant de ce monstre sur des pistes de sable parfois très difficiles à parcourir, je me suis amusé comme un fou au volant !!! C’est donc équipé d’un matériel de camping que nous nous sommes lancés sur les pistes de sables au milieu de la forêt tropicale. La première journée a été marquée par des stops à deux très beaux lacs avant de planter la tente dans une très haute forêt. Et si le soleil était au rendez vous, la fraicheur de la forêt était bien présente aussi. Le deuxième jour, nous avons passé la matinée au bord et dans le très célèbre (en Australie) lac MacKenzie dont la couleur est difficilement descriptible. Les lacs de Fraser sont tous d’une pureté extraordinaire et, incroyable mais vrai, on peut nager et boire l’eau du lac en même temps…. ! Je pense que pour avoir une idée du bleu des lacs et du blanc du sable de Fraser, il faut absolument voir les photos.

Nous avons ensuite conduit sur la plage pour aller voir une épave d’un bateau s’étant échoué ici il y a plus d’un siècle. Il était ensuite déjà temps de planter les tentes dans les dunes, de préparer le souper et de sortir l’apéro. J’ai eu la chance de tomber dans un excellent groupe, ce qui est vraiment important pour ce style de mini-trip. De plus, mes compagnons de voyage n’en revenaient pas d’entendre mes histoires. J’en avais toujours une nouvelle à leur raconter, quand ce n’était pas le cyclone, c’était le boucher de l’Outback ou encore la police d’Adelaide. J’ai même dû raconter dix fois au moins la croisière dans les Whitsundays… Je trouvais ça assez amusant, je dois bien l’avouer. Ils n’arrêtaient pas de me dire que les nuits de camping auraient été plus monotones sans mes histoires…. Moi, je ne pense pas que ce soit vrai, car il y avait tout de même plein de dingos (qui règnent en maîtres sur cette île où on retrouve les derniers spécimens purs de cette race) qui rôdaient pendant la nuit et dont chaque apparition causait une bonne animation. C’est toujours le genre de nuit durant laquelle on aime se raconter le « Projet Blair Witch ».

Le troisième jour, il nous restait à tenter un nouveau sport : le sand surfing !!! Il s’agit bien entendu de surf, mais sur le sable. Un lac entouré de très hautes dunes se prêtait particulièrement bien à cette discipline. Et comme nous avions pensé à tout, nous avions loué des planches de bodysurf. Le principe était simple : se lancer en se couchant sur la planche et dévaler le tout jusqu’au lac ! Les filles se sont limitées à des pentes « douces » sans arriver dans l’eau. Mais avec Phillip, nous avons directement vu plus grand… Ce qui a provoqué beaucoup plus de sensations fortes, des arrivées spectaculaires au milieu du lac et des cris et applaudissement chez les filles (qui nous demandaient tout le temps de recommencer pour pouvoir faire des vidéos) ! Il faut bien que j’avoue que ça a aussi provoqué l’explosion d’une de mes lèvres, mais ça c’est un détail ! Après ça, il était déjà temps de reprendre la conduite sur la plage et de reprendre le bateau pour Rainbow Beach. Là, notre nuit a inévitablement été coupée en deux par le match Brésil-Australie.

Le lendemain, je reprenais déjà le car en direction de Brisbane, la troisième ville d’Australie et capitale du Queensland. Il n’a pas arrêté de pleuvoir durant ma visite rapide de la ville. J’avais bien retrouvé la région où les hivers sont froids et pluvieux. Mon étape n’a pas été longue car je reprenais de nouveau le car pour Sydney avec un trajet de 15 heures pour ne pas changer.

Et voila, c’est un retour à la case départ. Je suis maintenant retourné dans le backpack dans lequel j’ai passé les fêtes de fin d’année, ce qui me remémore pas mal de bons souvenirs. Il me reste maintenant à régler quelques détails avant de faire mon sac pour une toute dernière fois. Ce soir, je vais souper chez les Waddell, la famille chez qui j’avais passé mon premier mois australien. Il me reste également à écrire le dernier mail, le bilan.
C’était un long mail, mais c’était peut-être aussi les deux semaines les plus chargées de mon séjour la tête en bas. Bonne fin d’examens à ceux qui sont encore concernés.

See ya,

Robinson Goral

P.S. : Les prochaines photos seront sur le site très prochainement
P.S.2 : J’ai enfin gouté les huitres australiennes au Fish Market, le plus grand marché de poissons et de fruits de mer de l’hémisphère sud.

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AUS 23 (NSW) : La fin d’une belle aventure mais le départ de bien d’autres…

Un dernier bonjour à tous,

Me voici déjà à la veille de mon grand retour vers la Belgique. Je ne voulais pas quitter l’Australie sans clôturer cette série d’e-mails par un dernier opus destiné à faire un petit résumé de ce qui m’est arrivé, ainsi qu’un bref bilan de ces presque 9 mois passés ici.

Chaque fois que je repense aux endroits par lesquels je suis passé ou aux jobs que j’ai trouvés ou aux différentes anecdotes accumulées tout au long de mon parcours, je me demande si je ne suis bien parti « que » 8 mois et demi. Mon départ me semble tellement loin et tellement de choses sont arrivées depuis. C’est pourquoi, je voulais consacrer une partie de ce mail à refaire un petit tour des différentes étapes du voyage.

Tout a commencé un 11 octobre, jour où nous avons embarqué, avec Jeff, sur un vol de Malaysian Airlines en direction de l’Australie, pays qui nous semblait encore si mystérieux. Le voyage comptait tout de même une escale, que nous avons mise à profit pour visiter Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie. Ce qui me permet, en plus, de pouvoir dire que j’ai été sur tous les continents… Nous avons ensuite posé le pied à Sydney le 13 octobre après un long voyage et sous le coup d’un important décalage horaire.

Nous sommes restés un mois à Sydney consacrant nos matinées à des cours d’anglais, nos après-midis à découvrir la ville et nos jours de repos à visiter la région (avec des tentatives peu fructueuses pour voir les dauphins à Port Steven et les Blue Mountains à Katoumba). C’était également le dernier mois dans le confort puisque j’ai eu la chance d’être accueilli par la famille Waddell qui habite l’un des plus beaux quartiers de la ville.

Quand il fut temps de quitter la ville, c’était pour trouver du boulot et se faire de l’argent pour pouvoir réellement entamer la partie « voyage » du séjour. Nous avons donc débarqué à Griffith où nous avons passé 6 semaines à travailler dans les vignes pour Suzie et Fatma ou encore à biner un champ de melons pour Toni (qui était plus intéressé par nous faire goûter les vins de la région que par son champ).

Les fêtes de fin d’année sont ensuite arrivées et je les ai passées à Sydney. Noël s’est fait sur la plage avec Jeff, puis chez des connaissances belges. Quant au Nouvel An, il s’est également déroulé… sur la plage mais avec un débarquement de Français et sans Jeff.

Arrive alors le premier vrai moment touristique avec notre visite de la Tasmanie que nous avons visitée dans une voiture louée en compagnie de Thomas et Margarete. Dix superbes journées à travers une île très peu connue et oubliée de beaucoup de backpackers.

De retour sur le continent, nous avons découvert Melbourne, la seconde ville du pays, dans laquelle se tenait l’Australian Open de tennis. Je ne pouvais donc manquer d’y passer 4 jours pour supporter nos joueurs belges. C’est aussi là que je me suis fait voler mon appareil photo. Après cette mauvaise aventure, nous avons reloué une voiture, toujours avec Jeff, pour parcourir la Great Ocean Road, magnifique route qui nous a emmenés jusqu’ Adelaide.

C’est là que je me suis retrouvé seul pour les mois qui allaient suivre. La route de Jeff et la mienne n’étaient plus les mêmes, il était donc temps de se séparer. J’ai pris la direction de Naracoorte où j’ai travaillé comme cueilleur de fleurs d’oignons puis surtout dans le bâtiment, ce qui n’a pas toujours été facile.

De retour à Adelaide, après une aventure avec la police locale, j’ai pris un tour de 8 jours qui m’a mené jusqu’ Alice Springs. Sur le chemin, j’ai, entre autres, visité les Flinders Ranges, l’Oodanatta Track, Coober Pedddy, Ayers Rock, Kata Tjuta et Kings Canyon. Tout cela avant de passer un mois dans une cattle station au milieu de l’Outback. C’est là que j’ai participé à une fête géante au milieu du désert, que j’ai fait mon baptême d’hélicoptère ou encore que je suis devenu le boucher de l’Outback…

La suite de mon voyage m’a alors poussé jusque Darwin, à l’extrême nord tropical du pays, via les Devils Marbles, les Mataranka Sources et le Litchfield National Park. Il m’aura fallu un peu de temps, mais j’aurais fini par trouver un job de kitchen hand dans un restaurant où j’ai fait la triste connaissance de Serge… C’est également là que j’ai, ainsi que la ville entière, échappé de justesse à un cyclone monstrueux. J’ai ensuite clôturé mon séjour dans le Northern Territory par une visite du splendide Kakadu National Park.

La course finale a ensuite commencé ! J’ai pris la direction du sud-ouest où j’ai visité Perth et Rottnest Island et rendu visite à un vieil ami de mon père et à sa famille. Pas le temps de rester longtemps dans la région, il me fallait déjà prendre la direction du nord-est et de Cairns. Qui est la ville dans laquelle, comme vous venez de le lire, j’ai fait mes baptêmes de plongée, de jetski, de parachute ascensionnel et de tubing. La descente de la Côte Est m’a encore permis de visiter Fraser Island et Brisbane ainsi que de jouer au naufrage dans les Whitsundays.

Et me voici de retour sur Sydney où j’ai soupé avec la famille qui m’avait accueilli en octobre. Le fils a bien manqué de mourir de rire quand j’ai raconté ma récente croisière. Il n’arrêtait pas de dire que c’était ce qu’il avait entendu de plus drôle ces 10 dernières années… Il bénissait le ciel que je sois revenu et m’a avoué qu’il regrettait le temps où on occupait la maison avec Margarete (ils ont souvent des mauvaises expériences avec les backpackers, et les Belges en particulier). De son côté, Jane était plutôt choquée. Et comme, si vous vous en souvenez, elle a de très bonnes relations dans les hautes sphères politiques, elle veut absolument que je lui écrive tous les détails afin d’envoyer un mail aux ministres du tourisme du gouvernement fédéral et du Queensland !!!

Mais l’Australie, ça n’a pas été que de belles visites et des endroits magnifiques. Ca a aussi été une multitude de personnes rencontrées avec qui j’ai passé beaucoup de très bons moments. Certains valent un détour.

Tout d’abord, il y a bien entendu eu Jeff avec qui j’ai passé les 4 premiers mois et qui est probablement celui que je reverrai le plus souvent (sans blague). Il a été un compagnon de tous les instants pendant 4 mois. Et c’était aussi bien vrai sur les bancs de l’école, où il a malheureusement été versé dans la classe de niveau juste un peu moins bonne que la mienne, que dans les champs de Griffith où nous avons fini par partager la position de co-sous-chefs (attention ce n’est pas une petite responsabilité). Il est également le seul avec qui nous pourrons dans les prochaines années nous remémorer le bon vieux temps où nous backpackions en Australie. Je suis persuadé que des souvenirs comme les garagistes tasmaniens, le soleil des Blue Mountains et encore la nuit dans les montagnes d’Adelaide (pas appréciée de tout le monde) alimenteront nos prochaines soirées. Jeff ça a aussi été des centaines de VB partagées et des dizaines de litres de Kaisersthul rouge, ainsi que du whisky qui a rendu notre séparation plus facile !

Et puis il y avait également une fameuse différence à voyager tout seul ou à deux. Et ce n’est pas toujours évident de parcourir le pays en devant en permanence nouer de nouveaux contacts.

Je ne pourrais pas non plus ne pas accorder une place à Margarete qui a été une sorte de fil rouge durant ce séjour. Après avoir vécu ensemble un mois à Sydney, connu les vignes de Griffith, bourlingué en Tasmanie, nous nous sommes encore retrouvés dans la même chambre à Adelaide et dans un supermarché de Darwin !!! Bref, nos voyages étaient liés. Et seul un problème de téléphone nous a fait nous manquer à Cairns. Voilà encore quelqu’un avec qui je resterai en contact.

Max a également été présent de début en fin. Rencontré à Sydney, il nous a fait part de tous ses bons plans à Melbourne et je l’ai encore retrouvé avec plaisir à Cairns. Mais la toute première rencontre, ça a été Teresa, l’Allemande qui parle français aussi bien que n’importe lequel d’entre nous et qui n’est pas très loin de Liège ! Les derniers rencontrés ont été Jérôme et Caro, un couple bruxellois rencontré à Darwin. Jérôme a fait science-po également et se retrouvait avec le même job de kitchen hand que moi, ce qui n’a pas manqué de beaucoup nous amuser. Encore un mot pour Franzi et Michaël, un couple allemand rencontré à Naracoorte, retrouvé à Adelaide et recroisé dans les Flinders Ranges.

Mais il y en a eu tellement d’autres qui ont marqué ce voyage (Nadège, Marie, Bertrand, Yohanne, Alicia, Amélie, Thomas, Albano, Pauly, Kiwi, Malcolm, la bande de Fraser, Robert, Phillip, Emma,…). Il est malheureusement impossible de tous les évoquer….

L’Australie, ça a été un trip fabuleux, un vieux rêve qui s’est réalisé et il est maintenant temps de se réveiller. C’était loin d’être tous les jours rose, et un voyage comme ceci est toujours fait de bon et de moins bon, mais une chose est sûre, ce que je garde en tête, ce ne sont que les bons moments. Ils sont déjà assez nombreux comme ça…

J’ai réussi à réaliser la majorité de mes objectifs et ça me fait énormément plaisir ! J’ai progressé en anglais, j’ai vu ce que je voulais voir, j’ai également fait des expériences tentées par très peu de backpackers et qui ne sont réalisables qu’en Australie, j’ai été dans tous les Etats du pays (même si ça c’était pas vraiment un objectif), j’ai tenté presque tous les moyens de transports (avion, location de voiture, lift, trains, bus, tour organisé,…), j’ai réussi à bien m’en tirer financièrement en partant les poches presque vides, je devrais revenir presque entier,…

Mon voyage a été assez court pour un backpacker en Australie. La majorité d’entre nous est ici pour un an et certains prolongent même. Mais je pense qu’il y a un moment où l’on doit se dire qu’on a fait ce qu’on voulait et qu’il est temps de se relancer dans une nouvelle aventure. Je ne sais pas encore ce que je vais devenir ces prochains mois, mais je devrais bien trouver une bonne idée… Repartir à l’étranger ? Un an de plus à l’unif ? Ou trouver un job ? (Si vous entendez parler d’un job dans la coopération au développement……)

Quoi qu’il en soit, je me réjouis beaucoup de vous revoir tous très vite de l’autre côté du monde ! Je me réjouis aussi beaucoup de retrouver une chambre individuelle, la nourriture européenne (mes petits chalets de fromage) et de mettre à jour ma collection de BD… Et puis je vais pouvoir commencer à lire… mes mails !

Un sentiment étrange m’habite au moment de conclure ce dernier mail. J’ai l’impression d’écrire le mot FIN pour terminer un livre. L’histoire est maintenant bel et bien ‘over’ ! J’espère que ces mails vous ont soit amusés, soit intéressés, soit intrigués… Bref, j’espère que vous les avez appréciés. Merci pour vos messages et réactions, ça m’a fait à chaque fois extrêmement plaisir de recevoir vos commentaires et vos nouvelles.

Je peux maintenant vous dire à toutes et à tous à très très bientôt. Voir pour parler « belge » : A tantôt !!!

Sébastien Goral

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