World Tour 6 (Cambodge) : Les Khmers Rouges

mercredi 3 décembre 2008

 

Vendredi 28 novembre 2008 (Vientiane – Laos)

Apres avoir envoyé mon cinquième e-mail vers la Belgique, je tente de ne pas rater le bus qui doit m emmener vers le Sud du Laos. C’est chose faite : je monte à bord d’un bus-couchette! C’est encore une nouvelle expérience pour moi. Ma couchette est sur la dernière rangée du car. Comme dans les cars normaux, il y a cinq places! Je partage mon lit avec deux couples : un sur ma droite, un sur ma gauche…. Si j’avais eu la couchette du haut, j’aurais partagé mon lit avec deux belles blondes allemandes. Pas de bol, la nuit sera difficile!

Le lendemain, le car me dépose à 6h30 du matin à Pakse, tout au Sud du pays. Je cherche un moyen de rejoindre l’archipel des 4000 islands sur le Mékong. Beaucoup de voyageurs m’en on dit le plus grand bien, mais un problème se pose! En regardant mon portefeuille, je constate que si je pars directement dans l’archipel je n’aurai plus assez de liquide pour me payer le retour. Il me faut une banque! Comme le garçon au guichet de la compagnie de bus me certifie qu’il y a une banque sur l’ile principale, je prends mon billet confiant.

Une heure de bus et 20 minutes de barque plus loin, je débarque sur Don Kong! C’est à ce moment que je réalise que nous sommes samedi et que la banque ne sera ouverte que dans deux jours! Je suis bloqué ici jusque lundi matin, condamné à surveiller le peu qu’il me reste dans mon portefeuille… Je passe néanmoins deux très belles journées en louant un vélo et en faisant le tour des plus belles îles de l’archipel. Je me trouve vraiment dans l’arrière pays laos. Le paysage est composé de rizières à perte de vue, de paysans y travaillant durement, de buffles domestiques et de petits villages en bois dans lequel jouent d’innombrables enfants… Quelle différence par rapport à l’agitation touristique des jours précédents! Sur l’île de Don Det, je vais voir l’endroit où le Mékong s’engage dans les terres en créant de superbes, petites et très nombreuses chutes d’eau. J’étais sceptique quand à ces chutes et j’en repars satisfait de ne pas avoir raté quelque chose de superbe. De plus sur le retour, je fais la connaissance de Sacha, un russe avec qui nous allons prendre un verre en regardant une petite fille grignoter un grillon (ça me donne des envies…)!

Je finis ces deux jours avec 8000 kip en poche…. soit 0.8 euros! La situation devient grave. Que deviendrai-je s’il y a le moindre problème à la banque? La banque ouvre à 8h du matin et le bus que je veux prendre part à 8h également. Je trouve finalement un arrangement pour rejoindre le continent, prendre le bus en direction du Cambodge et payer le trajet après un stop à la banque proche du poste frontière. La carte passe sans problème et j’ai de nouveau du cash dans le portefeuille! Je ne suis plus obligé de m’acheter 10 bananes pour me servir de déjeuner et de diner.

Le poste de frontière de sortie du Laos n’est rien d’autre qu’une cabane en bois au milieu de la forêt! Celui d’entrée au Cambodge en est d’ailleurs la copie conforme. C’est ici que je dois demander mon visa d’entrée. Je me tiens devant un militaire en grand uniforme et au regard sérieux. Je n’ai aucune envie de plaisanter devant lui. Il prend mon passeport, le regarde attentivement avec le plus grand sérieux …. puis il rote! Nous nous regardons avec des français mais retenons difficilement un sourire. Ca doit vouloir dire bienvenue en cambodgien. Apres avoir pris 1 dollars pour ses « frais » comme tous ses collègues, il me colle mon fameux visa. La route du Cambodge est ouverte! Je passe du paradis du Laos à l’enfer du Cambodge en un trajet de bus.

Apres avoir été changé de bus 4 fois, je finis par arriver à Phnom Penh, la capitale, après 11 heures de trajet. Il fait noir. J’essaye de récupérer mon sac et de fuir loin de l’agitation qui grouille autour du car. Des dizaines de cambodgiens tentent de me faire monter dans leur tuk-tuk, sur leur moto ou de me louer une chambre pas chère! Je veux juste m’isoler pour me repérer sur une carte et rejoindre au plus vite une Guest House pour poser mon sac et trouver un souper. Je m’enfonce dans la ville et suite à une erreur du Lonely Planet sur sa carte de la ville, je m’égare du bon chemin. Je finis par accepter la proposition du sympathique chauffeur de tuk-tuk à qui je demande de me conduire au bord de la rivière dans le quartier des hébergements. Il réveille sa femme qui a entamé sa nuit sur la banquette du tuk-tuk. Je me rends compte que celle-ci tient dans ses bras leur fille d’environs 4 ans en pyjama. Le tuk-tuk est certainement leur chambre à coucher. Ils me font mal au cœur.

Au bord de la rivière, je ne trouve que des chambres à plus de 20 dollars (je paie habituellement entre 2 et 5 dollars pour une nuit) et des chauffeurs de tuk-tuk et de motos  toujours plus nombreux et  plus harcelants. Devant des bars pour touristes, je croise des enfants de quelques mois étendus sur le sol, dans la crasse, à côté de la mère qui demande quelques sous. L’image est dure! Il est presque 22h et j’ai faim. Je viens de marcher 1 heure avec mon sac à dos.  Tant pis, Je monte dans le tuk-tuk d’un gars qui me propose de me déposer devant les guest houses pas chères! Celui-ci me dépose à 10 mètres de la station de bus d’ou j’étais parti plus d’une heure plus tôt. Tout ca pour rien!

Le quartier des backpackers est une ruelle sombre et glauque. Tous les 3 mètres, une sorte de fantôme sorti de la pénombre me propose de l’herbe ou des « filles pour faire boum boum ». Je veux juste une chambre! Sans personne dedans si possible…. Après trois guest houses complètes, je finis par trouver une chambre et je peux poser ce sac! Je suis de très mauvaise humeur. Je déteste déjà cette ville. Pourtant je vais devoir y passer trois jours pour obtenir mon visa vietnamien. Le pompon est que mon mp3, que j’avais laissé charger la veille sur l’ordi de l’hôtel, a été formaté! Si j’attrapais le con qui a touché à mon mp3 pendant qu’il chargeait, il passerait un très mauvais moment. Mon sac est à peine posé qu’une coupure d’électricité plonge ma chambre dans le noir complet. L’hôtel et la rue sont encore plus sinistres maintenant. Je trouve tout de même un cheeseburger à avaler, je discute avec mon frère via skype et je file me coucher. La journée de demain sera probablement meilleure!

Je me lève décidé à aller moi même demander mon visa à l’ambassade vietnamienne (généralement les guest houses s’en charge mais je soupçonne que ce soit plus long et plus cher). De plus je visiterai la ville, j’ai 3 km à faire pour y aller.  Les motos et tuk-tuk sont de retours. Ils me suivent, m’abordent et m’énervent comme les mouches dans l’outback australien. Je dis non merci, je les ignore et je finis par me trouver des comportements agressifs! Restons zen, ils veulent juste gagner un peu leur vie! La ville pue et je marche pendant d’interminables minutes le long de l’artère principale de Phnom Penh. La moitié de la population porte un masque de chirurgien pour ne pas respirer l’air de cette ville. Les voitures, les tuk-tuk et les motos circulent n’importe comment et utilisent les trottoirs comme parking. Je suis obligé de marcher sur la route à côté de cette circulation complètement incontrôlée. Alors que je contourne un énorme 4×4 garé sur le trottoir mais qui dépasse sur la rue, je me retrouve face à face avec une moto qui arrive à contre sens! Il m’évite de 10 centimètres. Mes premières heures dans cette ville sont un calvaire. Je me dis que je serais peut être mieux au Village de Noël pour la première fois depuis que je suis en Asie.

A l’ambassade du Vietnam, ils me donnent mon visa en 10 minutes! Je m’apprêtais à devoir l’attendre trois jours! Voila une bonne nouvelle : je peux donc quitter cette ville demain. En attendant il y a tout de même des choses à voir dans cette ville. Je me rends donc au Tuol Sleng Museum, c’est mon premier musée mais je ne pouvais pas passer au Cambodge sans m’y rendre. Cet ancien collège a été transformé en prison, centre de torture et d’exécution sous le sanguinaire régime des Khmers Rouges du tristement célèbre Pol Pot. Aujourd’hui, les lieux sont transformés en musée pour ne pas oublier ce qui c’est passé dans ce pays il y a  à peine 30 ans. J’en ai profité pour lire l’histoire de ce pays si durement touche par les tragédies ces dernières décennies. En ressortant de là, j’ai plus de compassion pour ces gens qui m’énervent tellement dehors. Ils ont vécu tellement d’épreuves horribles! Pol Pot après avoir gagné le pouvoir a décidé que les paysans étaient la classe sociale digne de vivre. Il a donc évacué les villes en exécutant tous les paysans qui étaient venus y chercher une vie meilleure en vain et en mettant les citadins au travail forcé dans les rizières. Le peuple était coupé de tout plaisir, repos, libertés physiques et mentales. L’état formait les futurs couples qui produiraient de la main d’œuvre pour les rizières. Ensuite les Khmers Rouges ont éliminé tous les intellectuels et autres personnes qualifiées. Plus d’1 millions de personnes ont ainsi été exécutées sous le régime de Pol Pot.  Ce dernier est mort en 1998 en exil en Thaïlande et n’a jamais payé ses crimes. Aujourd’hui, le premier ministre actuel a été membre de la guérilla Khmers Rouges! Les crimes n’ont pas été jugé et la page n’a jamais été complètement tournée! En 1980, juste après la fin du régime des Khmers Rouges, une famine terrible a touché le pays. De nos jours le pays est toujours extrêmement miné (pas dans les zones où je me trouve rassurez-vous)! Les cambodgiens n’en finissent pas de traverser les épreuves.

Je consacre le reste de ma visite de Phnom Penh à la visite du palais royal, puis je rentre à l’hôtel pour trouver un bus qui me fera quitter cette ville demain. Je repars de cette ville grandi. Mais je ne l’aime pas plus maintenant que lorsque j’y suis arrivé. Je la laisse derrière sans me retourner, j’ai maintenant en tète l’image des sublimes temples d’Angkor qui m’attendent.

En route vers Siem Reap, la ville la plus proche de ces temples, je rencontre un australiens avec qui nous goutons à une gastronomie particulière. Notre diner du jour est composé d’un grillon et d’une énorme araignée grillés, avec un ananas pour dessert! Les photos chocs seront bientôt disponibles en Europe!

Demain je serai sur l’un des plus beaux sites du monde!

Mercredi 3 Décember 2008 (Siem Reap – Cambodge)

PS : Voici un mail dans un style un peu inhabituel. Pourquoi ne pas m’essayer à différentes manières d’écrire? J’ai donc tout écrit en « je » comme j’aurais écrit un carnet de route. L’idée me vient du livre que je suis en train de lire et que m’ont offert Aline et Remi. Le livre retrace le tour du monde de deux jeunes cyclistes un peu fous…

PS2 : J’ai découvert skype dernièrement. Je vous invite donc à me mettre dans vos contacts. Nom skype : seb-goral.

PS3 : J’ai rencontré des jumeaux néo-zélandais dont les parents sont agriculteurs en Nouvelle-Zélande. Ils me trouveront surement un job quand j’y serai!

PS4 : Ma dernière nuit a été mouvementée! A 4 heure du matin, je suis réveillé par une personne qui tente d’ouvrir la porte. Depuis qu’une prostituée thaïlandaise est rentrée dans notre chambre (j’étais avec Geoffrey) par erreur, je vérifie toujours que ma porte est bien fermée à clés. 10 minutes après je suis de nouveau réveillé par des cris de fille! D’après ce que j’en ai compris, un backpacker mort saoul est entré dans la chambre d’un couple dans la chambre voisine et s’est installé dans le lit. Ils ont fini par réussir à le foutre dehors en criant et en le poussant dehors…

 

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