World Tour 12 (Nouvelle-Zélande) : Skydive dans le Mordor

samedi 21 février 2009

Chères amies, chers amis,

Après 1 mois et demi en terre, mer et ciel néo-zélandais, je m’apprête à faire mes adieux aux kiwis et à continuer le voyage vers d’autres pays, d’autres cultures, d’autres paysages. Il est donc temps de vous relater la fin de mon voyage ici et donc la traversée de l’île du Nord. Comme vous n’êtes pas sans le savoir j’ai passé beaucoup plus de temps dans l’île du Sud que dans l’île du Nord. L’île du Sud est plus impressionnante pour la continuité de ses superbes paysages et ces villages reculés, mais elle est aussi plus difficile à visiter puisque le climat y est moins clément que dans l’île du Nord. Pourtant, même si cette dernière est moins impressionnante dans son ensemble, elle compte certains endroits extraordinaires qui vous font plonger dans des décors « qu’on ne voit que dans des films de fiction » ou dans des BD d’heroic fantasy. Juste après vous avoir envoyé mes dernières nouvelles, j’ai vécu 4 jours un peu fous où tout s’est passé très vite puis les événements se sont fort calmés (le portefeuille aussi) et j’attends maintenant avec impatience le pays suivant.

C’est sous le déluge que j’ai quitté Wellington. L’espace d’un instant je me suis cru au mois de février en Belgique sauf que j’avais ma maison sur mon dos et que j’avais un peu de mal à trouver le chemin de la gare des bus… Quoi qu’il en soit j’ai embarqué à destination de Turangi, un petit village au milieu de l’île, où je suis également arrivé sous le même déluge qui n’avait pas cessé 400 kilomètres plus au Nord… Turangi sert de base aux randos dans le génial Tongariro National Park. Et s’il y avait encore 1 endroit que je voulais voir avant de quitter le Nouvelle-Zélande, c’était bien celui-là! Mon idée était de faire la Tongariro Crosing, une rando qui est considérée comme le plus beau trek d’un jour de Nouvelle-Zélande. Et comme le pays est considéré comme l’un des meilleurs endroits au monde pour ce genre d’activité, ça situe vite le niveau. A propos de niveau, plusieurs backpackers qui avaient fait cette traversée m’avaient dit que c’était vraiment difficile, qu’ils marchaient en canards pendant deux jours après ça et qu’il fallait être en très bonne forme…. C’était en fait très exagéré! Le principal problème est que même lorsqu’il fait beau au pied, il fait souvent nuageux au sommet. De plus le temps peut changer à une vitesse impressionnante et une superbe journée peut devenir en 20 minutes une journée dantesque. On ne peut donc entamer la traversée que si les dernières prévisions météo sont bonnes… et c’était plutôt mal parti!

Mais qu’a-t-il de si particulier ce Tongariro NP? Tout d’abord, trois superbes volcans se trouvent sur son territoire et les volcans offrent souvent de superbes vues et des couleurs impressionnantes. Les paysages volcaniques sont certainement mes préférés. J’ai toujours été plus « montagnes » que « mers » et pour moi les volcans sont souvent les plus belles montagnes. En fait j’en ai pas encore vu énormément dans ma vie, mais le Sud Lipez en Bolivie reste à ce jour le plus bel endroit que j’ai visité (c’est d’ailleurs la photo que vous voyez sur l’écran a chaque fois que vous venez sur ce blog). Mais surtout, le Tongariro a été rendu mondialement célèbre par Peter Jackson en devenant le Mordor dans sa trilogie du Seigneur des Anneaux! Ces spectaculaires images n’ont pas été tournées sur Mars mais bien ici en Nouvelle-Zélande…

Pour une fois j’ai eu un fameux coup de chance au niveau de la météo. Le lendemain à l’aube, les prévisions météo pour la journée annonçaient un ciel couvert en début de journée mais avec de plus en plus d’éclaircies pour le reste de la journée. Tel Frodon, je pouvais donc partir à la conquête du Mordor! Les premiers kilomètres se sont néanmoins faits au travers des nuages et je me suis même demandé si je ne m’étais pas lancé pour 20 bornes de montagne dans la purée de pois… Mais avant la première ascension, une éclaircie dévoila le premier cône dans toute sa splendeur. Le volcan était juste sur ma droite alors que je n’aurais même pas pu imaginer sa présence jusque là. Au fil des premières pentes, nous avons formé un petit groupe avec un danois, une allemande et un anglais. Ensemble, nous avons traversé et longé les cratères, les lacs et les ravins. Difficile de décrire les paysages, mais un passage vers la page « photos » vaut plus que des mots. Ce qui est marquant, c’est la couleur verte des lacs, le rouge des sommets, le noir des rochers et la vue énorme sur des vallées marquées par les éruptions pas si lointaines des volcans. Ceux-ci sont encore en activité et la dernière grosse éruption date de 2003. Le Mordor ressemble au Mordor et je me voyais vraiment dans le film! Et les changements rapides de temps ne sont pas une légende… Pendant 10 minutes on pouvait profiter de la vue en t-shirt dans toute sa beauté avant de passer 10 minutes dans le brouillard avec pull et veste… et ainsi en permanente alternance. Après une telle journée, nous avons bien mérité une baignade dans les eaux thermales et un bon resto. Etant tombé sur deux gars plus âgés (on avait perdu l’allemande avant la soirée) sans limite budgétaire, je me suis retrouvé à manger un menu indécent pour un backpacker…. Mais bon on a que le bien qu’on se donne et comme diraient Anaïs et Didier Barbelivien : « Faut faire mais pas s’en faire »!

Le lendemain mon camarade anglais m’avait trouvé une place dans une voiture en direction de Taupo, la capitale mondiale du saut en chute le libre – le skydive – qui se trouvait à 50 kilomètres de là au bord du lac… Taupo. Depuis que je suis parti, le saut en chute libre était prévu au programme et je savais que je voulais faire ça en Nouvelle-Zélande dans un paysage grandiose. Mais évidemment plus l’échéance approche et plus la pression monte. Ce qui est bien dans mon cas, c’est que je n’ai pas eu trop le temps de me poser des questions. Alors que je suis arrivé à Taupo vers midi pour prendre le temps de réserver un saut pour le lendemain, à 2 heure je quittais l’aéroport dans une limousine avec le DVD de mon saut et mon t-shirt souvenir sous le bras! Alors que j’avais toujours mon sac sur le dos et que je n’avais pas encore une chambre, le gars de la réception à l’hôtel avait déjà réservé mon saut pour l’après-midi! Pas besoin d’attendre et de laisser monter le stress. A Taupo tu arrives, tu sautes, puis tu vas mettre ton sac dans ta chambre…. C’est la ville au monde où il y a le plus de saut en parachute et vous pouvez voir des gens tomber du ciel à longueur de journée!

C’est une limousine blanche qui est venue me chercher devant le backpacker. Et ceux qui étaient du même voyage avaient l’air un peu plus nerveux que moi. En quelques minutes, on nous montre ce qu’on va faire, on nous assigne un instructeur, on nous équipe correctement et on nous présente les différentes options… Alors que je comptais sur un saut à 12.000 pieds à 250 dollars je m’en suis sorti avec un saut à 15.000 pieds, un DVD, des photos et un t-shirt pour 500 dollars…. Je me suis dit que tant qu’à le faire autant le faire proprement à 15.000 pieds (ce que je ne regrette absolument pas) et que ce serait bête de ne pas avoir le souvenir immortalisé. C’était évidemment un saut en tandem, ce qui veut dire que j’étais attaché à l’instructeur et que c’est lui qui faisait tout pour moi : je n’avais qu’à me laisser aller et profiter du moment! C’est vite dit ça…. Apres avoir répondu à quelques questions pour la vidéo, j’ai donc embarqué à bord d’un tout petit avion rose (!). Je me suis bien assis sagement entre les jambes de l’instructeur et l’avion a décollé. J’ai tenté de profiter un maximum du paysage pendant que je me faisais solidement harnacher. Puis à une certaine altitude l’instructeur m’a passé un masque à oxygène et j’ai placé mon masque de vue sur mes lunettes. C’est évidemment à ce moment qu’on se demande ce qu’on fou là et qu’on serait tellement bien… partout ailleurs. A partir de 4000 pieds on perd la sensation de vertige car on n’a plus les repères habituels. Ce n’est donc pas vraiment la peur du vide qui est impressionnante, mais plutôt la sensation qu’on va faire quelque chose de contre naturel et qu’on ne connait pas du tout la sensation qui va très très bientôt arriver. De toute manière c’est trop tard pour reculer et l’envie de vivre ce moment est trop forte. La porte s’ouvre alors et en 10 secondes le premier a disparu dans le vide. C’est de voir le premier tomber dans le vide qui m’a fait serrer les tripes. J’étais le second… et à ce moment je savais que dans moins de 10 secondes c’est moi qui allais ainsi disparaitre par la porte. Je me glisse alors vers l’ouverture et je vois la terre à 15.000 pieds d’altitude s’offrir à moi. L’instructeur prend ses appuis et à ce moment je suis déjà à moitié suspendu dans le vide. Et puis ca y est, je tombe, j’accélère, l’adrénaline monte. Ce sont les 10 premières secondes qui sont les plus impressionnantes où je me demande si un corps humain peut vraiment résister à ça. Puis il reste encore 60 secondes avant l’ouverture du parachute. Et 60 secondes, ça parait court … mais c’est long quand on tombe d’un avion. C’est à ce moment que j’ai le plus apprécié le skydive, c’est en admirant la planète en tombant à 200km/h. L’expérience était géniale et je ne doute pas que je recommencerai dans d’autres coins du monde dans l’avenir.

Après ces émotions, il me restait à visiter la ville de Rotorua un peu plus au Nord, et c’est donc là que j’ai passé les deux jours suivants. Cette petite ville est connue pour ces bizarreries géologiques mais aussi pour être le centre de la culture maorie. Alors que j’avais réservé un shuttle pour me rendre sur un des sites les plus connus de la région, il m’est arrivé ce qui ne peut arriver qu’a moi… le bus n’est jamais venu me chercher à l’hôtel. Je suis donc allé me plaindre à l’office du tourisme et on est venu me rechercher. Le chauffeur s’était planté d’hôtel et tout le monde râlait sur le Sébastien qui leur avait fait perdre du temps. Je suis juste arrivé à temps pour voir le geyser produire son jet d’eau. En fait, ils ont fait attendre les dizaines de touristes pour le déclencher pour que j’arrive à temps. Et le fait de savoir qu’ils le déclenchent en déposant une sorte de poudre dedans coupe beaucoup de la magie de l’événement. Il n’empêche que le site Wai-O-Tapu qui se trouve non loin est remarquable. Le lieu doit être un paradis des géologues, géographes … et amateurs de minerais. Des lacs de couleur verte ou jaune fluo sont absolument réels et naturels. La ballade m’a fait passer entre des lacs « pétillants », des marres de boues bouillonnantes et même la maison et le bain du diable! La ville de Rotorua et ses alentours baignent dans une odeur d’œuf pourri qui s’échappe des différentes sources thermales volcaniques de la région. Ce qui est assez amusant…. Pas trop de problèmes si vous êtes « balloté » tant que vous arrivez à rester silencieux.

Je ne peux évidemment pas quitter la Nouvelle-Zélande sans parler brièvement des Maoris. Les maoris habitaient la Nouvelle-Zélande avant l’arrivée des européens, mais contrairement aux aborigènes d’Australie ou aux Indiens d’Amérique ils n’occupent pas ces terres depuis des millénaires. Si l’histoire entre les européens et les maoris n’a pas été toute rose non plus, la situation est maintenant bien différente de ce qu’elle n’est en Australie. Alors que la grosse majorité des aborigènes vivent complètement en marge de la société blanche australienne, la situation est toute différente ici. Les maoris et leur culture sont beaucoup plus présents en Nouvelle-Zélande. Par exemple, beaucoup de localités portent toujours leur nom d’origine, dans les musées les indications sont en anglais et en maori,…. Les blancs ont adopté pas mal d’habitudes comme les tatouages, le fameux hakka que les all blacks font avant chaque match de rugby,….. Les maoris sont de manières générales beaucoup plus intégrés à la vie du pays que ne le sont les aborigènes en Australie. Le contraste est assez frappant.

Apres cette très agréable remontée de l’ile, je viens maintenant de passer 4 jours à Auckland, la plus grosse ville du pays, à ne pas faire grand chose pour être honnête. Je passe mes soirées avec un groupe d’argentins qui sont dans la même chambre que moi et j’apprends donc l’espagnol. J’ai profité de ces quelques jours pour acheter les Lonely Planet des pays que je vais visiter dans les prochaines semaines, faire des sauvegardes des photos, demander mon autorisation d’entrée aux USA, et faire tout ce qui doit être fait depuis une ville.

Les photos de l’île du Nord sont sur le site et je vous remercie pour les commentaires qu’elles ont déjà suscités!

L’aventure continue et demain le Pacifique s’ouvre à moi!

Au plaisir,

Goral

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World Tour 11 (Nouvelle-Zélande) : Les vignobles neo-zelandais

mercredi 11 février 2009

Bonjour tout le monde,

Et oui, je suis toujours bien en vie et même en pleine forme! Ce dont beaucoup d’entre vous semblaient commencer à douter. Je reviens donc vers vous après déjà presque 1 mois de silence avec évidemment pas mal de choses à raconter. Et commençons par la raison pour laquelle je vous ai laissé un petit répit. Comme certains le savent, j’ai passé les trois dernières semaines à travailler, et hormis vous narrer mes souffrances il n’y a avait pas énormément de moments passionnants! De plus j’avais moins facilement accès à une connection internet et mes moments libres étaient consacrés au repos et à siroter une bière avec mes collègues au backpacker. 

Mais revenons là où je vous avais laissé, c’est à dire a Christchurch, car il y a tout de même quelques petites choses à raconter… Avant de quitter « l’église du Christ », je ne pouvais pas ne pas passer une dernière soirée avec Bindy, Emily et Rhea (les néo-zélandaises rencontrées à Sydney) ce que j’ai donc fait avec le plus grand plaisir avant de faire mes adieux. Et je ne suis pas parti sans promettre à Bindy de m’occuper comme il faut de sa petite sœur qui vient passer un an en Belgique l’année prochaine (on ne sait pas encore dans quelle ville ce sera, mais ce serait bien pour elle que ce soit Liège!!!).  Je m’attarde un peu sur le nom de la ville pour souligner que je n’ai jamais vu une ville où tant de jeunes ont tourné à la mode gothique qu’à Christchurch! Est-ce une rébellion involontaire à ce nom à consonance trop chrétienne? Pas mal de fille porte aussi des T-shirt avec des slogans du style « créature de l’enfer » ou même « fille de Satan » : quel contraste!

Ma destination suivante était Motueka, dans le Nord-Ouest de l’ile du Sud. C’est là-bas, suivant les conseils d’un kiwi croisé au Laos, que j’espérais trouver du travail dans la récolte de pommes (mon rêve depuis que je suis gamin). En réalité, il ne m’a pas fallu 30 minutes dans cette bourgade sans intérêt pour comprendre que j’étais venu pour rien car j’etais un mois trop tôt pour la saison des pommes…. Il allait donc falloir trouver un plan B pour gagner un peu d’argent parce que j’avais un peu la sensation que mon compte en banque ressemblait à un robinet qu’on arrive plus à fermer complètement. Mais tant qu’à être à Motueka, autant en profiter pour visiter ce qu’il y avait à voir dans la région. Et si je vous disais que la ville en elle même n’est pas d’un grand intérêt, elle a la grande qualité d’être située à quelques kilomètres du superbe Abel Tasman National Park. Comme ce National Park figurait en bonne place sur ma liste des endroits à ne pas manquer j’en ai donc profité pour m’accorder encore quelques jours de vacances.

Petite digression. Abel Tasman est un hollandais qui à découvert la Nouvelle-Zélande, la Tasmanie ou encore les Fidji. C’est un explorateur remarquable qui a laissé son nom un peu partout ici. En plus du National Park en question, il y a évidemment la Tasmanie, le Mont Tasman, les compagnies de bateaux, la Tasman River, les Tasman bridges,….. Ce qui n’est pas appelé Tasman quelque chose est appelé Cook quelque chose. Le capitaine Cook est celui qui est revenu de longues années après Tasman et qui a réellement lancé la colonisation du pays.

Je reviens donc à ma visite de l’Abel Tasman National Park (ATNP). Celui-ci est composé de forêts tropicales, de collines et de plages paradisiaques. Pour visiter ce lieu de rêve, différentes possibilités s’offraient à moi : kayak, rando, taxi-boat, avion,….. mais ni la voiture, ni le bus pour la simple raison qu’il n’y a absolument pas de route ou de piste dans le parc. J’ai donc opté pour un mélange de bateau et de rando étant donné que je ne disposais que d’une seule journée. J’ai donc pris un taxi boat qui a longé toute la côte avant de me déposer au retour sur une petite plage, avant de me reprendre en fin de journée quelques kilomètres plus loin dans une autre petite crique. En route nous avons eu la visite d’un dauphin qui passait son temps en sautant dans les vagues créées par le bateau. Ce dauphin est maintenant remarquablement immortalisé sur ma pellicule en plein saut!

Durant la ballade, les paysages se succédaient en rivalisant de beauté. Quel plaisir de se baigner sur une plage de sable blanc dans des eaux limpides avec pour seuls voisins un groupe de cormorans et d’y apprécier en toute quiétude un bon pic-nic! Il ne manquait qu’une suédoise qui sorte de l’eau pour que le paysage soit parfait. Je me suis d’ailleurs (un peu stupidement je le reconnais) surpris une fois devant un paysage à me dire, d’un air un peu triste, que de toute manière je ne verrai jamais ce genre de lieu…. avant de me rendre compte qu’en fait j’y étais! Un peu comme lorsque l’on regarde une photo dans une agence de voyage.

Les plages et les dauphins c’est bien beau, mais maintenant il fallait vraiment que je trouve du boulot! J’ai donc repris un bus dans le sens inverse et je me suis rendu à Blenheim, une ville du Nord-Est de l’île du Sud. Là j’ai passé plus de 3 heures à balader ma maison sur mon dos afin de trouver un logement! Tous les backpackers étaient pleins (backpackers au sens hôtels et non touristes…)! Ca ne m’était jamais arrivé auparavant! C’est au moment où j’allais prendre une vraie chambre d’hôtel (à un prix dont un backpacker a oublié la signification depuis longtemps) que j’ai repéré le Jack. Le backpacker le plus pourri et le plus sale que j’ai eu l’occasion de trouver… et où sans surprise il y avait des lits libres et pour pas chers! Je m’y suis donc installé et après quelques jours à être dégouté par l’état de la cuisine, des frigos, des lits et des toilettes j’ai même fini par m’y sentir bien. J’y ai fait la rencontre de Federico, Jimmy, Benoît, Sophie, Petra, Arwid,… Et une fois qu’on s’est fait des amis, on a plus vraiment envie de partir. Le lendemain de mon arrivée j’ai signé un contrat avec un contracteur local et le surlendemain, je commençais dans les vignes avec tous mes nouveaux camarades.

Là j’ai vite compris que j’étais de retour en enfer! Le matin une centaine de travailleurs sont envoyés dans différents vignobles. Chaque jour c’est la crainte de tomber sur un boulot pire que la veille. Je me souviens qu’à chaque fois que j’ai travaillé dans les vignes, les oignons, la maçonnerie, la vaisselle,… je me suis juré que je ne travaillerais plus jamais que dans un bureau! Et pourtant à chaque fois je m’y retrouve de nouveau quelques mois ou quelques années plus tard… J’ai commencé par deux jours de chance avec un boulot pour lequel j’étais payé au rendement. Et comme le boulot était facile et que j’étais encore en pleine forme, j’ai récolté le gros lot. En deux jours, j’ai économisé ce que j’allais économiser par semaine de 6 jours par la suite! A ce moment là je travaillais avec bonheur, c’est après que ça s’est corsé. Deux différents types de boulot  se sont alors présentés : un était payé à l’heure et l’autre au rendement. Les deux boulots consistaient en gros à enlever les grappes et les branches superflues sur les vignes.  J’ai travaillé deux jours « à l’heure », c’était facile et peu stressant, mais c’est dans ces moments que vous vous rendez compte du nombre de minutes qu’il y a dans une journée. Et croyez moi, il y en a beaucoup! Comme je travaille correctement (après la France et l’Australie, je ne suis plus vraiment un novice dans les vignes) les superviseurs ne me cherchent généralement pas trop d’ennuis. Les autres jours j’ai travaillé au rendement. Et ce coup-ci, le prix par vigne était beaucoup moins intéressant! Heureusement j’arrivais toujours à me faire plus d’argent qu’à l’heure mais pas à n’importe quel prix. Alors que ça fait presque une semaine que j’ai arrêté le boulot, je me réveille encore la nuit tellement j’ai des douleurs dans le bras droit. A force de tailler des vignes avec des sécateurs pourris mon bras droit a dit « merde » au reste de mon corps. J’étais obligé de m’enduire de pommade pour calmer la douleur et pouvoir travailler et dormir afin de gagner ma croute pour le soir… Le soir en rentrant, je n’arrivais même plus à couper ma viande avec mon couteau! Le bon coté c’est que Petra qui est kiné a pris pitié de moi et apaisait ma douleur de ses mains professionnelles (malheureusement Arwid, son copain, regardait ces massages d’un œil suspect). 

J’ai tenu deux semaines à ce régime puis j’ai décidé qu’il était temps d’aller voir ailleurs. Je pense qu’il faut vraiment avoir travaillé dans les vignes pour pouvoir apprécier en toute connaissance de cause le travail du vigneron et le long chemin qui transforme ces grappes de raisin en un délicieux nectar que nous dégustons tranquillement à une bonne table beaucoup plus tard. Et comme c’est précisément cette dernière étape qui m’attire le plus dans le raisin, je ne pouvais pas quitter la Marlborough Région sans faire un tour des excellents vignobles locaux. J’ai donc réservé une place dans un minibus qui m’a permis de faire le tour de 10 caves différentes et d’y gouter les nombreux Riesling, Pinot Gris, Gewurtz, Pinot Noir qui rendent cette région célèbre. Avant de partir, nous n’avons bien entendu pas manqué l’occasion de faire un barbecue avec tous les amis du Jack. Samedi j’ai même été à un festival Blues, Biere and BBQ qui ressemble à une sorte de carnaval où « moins les filles en porte au mieux c’est » qui ressemble à une grosse beuverie déguisée pour les locaux!

Ca m’a fait du bien de rester un peu plus de deux semaines au même endroit. Avant Blenheim, mon plus long séjour à la même place avait été de 5 nuits! C’est aussi de cette manière qu’on se fait des amis et qu’on passe des soirées un peu plus sociables. J’ai d’ailleurs trouvé ça très amusant de passer une soirée à jouer aux cartes avec un argentin, un coréen, un néo-zélandais et une slovaque…. 4 continents ensemble! Quel mélange des cultures et que de riches rencontres. A propos de rencontre, je commençais à croire que les belges avaient disparu de la surface de cette planète où était au moins une race en voie de disparition. A part une anversoise rencontrée brièvement en Australie, je n’en avais pas encore rencontré le moindre (sauf ceux que je connaissais auparavant). Hier, j’ai rencontré un couple de bruxellois dans ma chambre et nous allons passer la soirée ensemble aujourd’hui. J’ai tout de même franchement l’impression que le belge est vraiment casanier par rapport à tous ses voisins… Je ne parle évidemment pas de mes amis qui sont pour la plupart des gros voyageurs mais bien d’une manière plus générale.

Hier j’ai donc repris la route …. et le bateau! J’ai en effet pris le ferry pour traverser le détroit de … Cook (et non pas de Tasman). Trois heures plus tard, j’ai débarqué sur l’île du Nord à Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zélande. J’ai passé ma première journée sur l’autre île en visitant le superbe Te Papa Museum où j’en ai beaucoup appris sur l’histoire du pays, les migrations du pacifiques, la faune locale et particulièrement sur la faune marine des grandes profondeurs (un calamar géant est exposé ici et c’est le seul endroit au monde où on peu voir un spécimen conservé).

Demain je commence ma remontée vers Auckland avec pas mal de beaux rendez-vous sur la route! Mais cela, ce sera pour le prochain épisode…

Goral

  


World Tour 10 (Nouvelle-Zélande): Road Trip chez les Kiwis

jeudi 15 janvier 2009

Un grand bonjour tout le monde,

Aujourd’hui, c’est depuis la Nouvelle-Zélande que je vous écris ces quelques lignes. C’est le premier pays dans lequel je vais faire un peu plus que passer en quelques semaines. Normalement je suis ici pour un peu moins de deux mois. Je suis actuellement à Christchurch dans l’île du Sud et mon prochain vol est le 28 février depuis Auckland au nord de l’île du Nord! Ca fait dix jours que je suis au pays des kiwis et il y a déjà une multitude de choses qui se sont passées! Ici les kiwis sont aussi bien les fruits que nous connaissons bien chez nous, que l’oiseau très rare qui est le symbole du pays, que les habitants eux-mêmes! On ne dit pas un néo-zélandais, on dit un kiwi!

La tempête de catastrophes qui s’est abattue durant mon passage en Australie s’est calmée, mais vous verrez qu’il y a également eu des passages animés que je n’oublierai pas de si tôt.

Geoffrey est venu passer 8 jours en Nouvelle-Zélande. Et comme 8 jours c’est peu, mais qu’en même temps on ne vient pas en Nouvelle-Zélande comme on va en Alsace, nous avons profité au maximum de ces 8 jours afin de visiter et profiter efficacement de ce pays que beaucoup qualifient de « plus beau pays du monde ». Pour moi, ne pas être seul pour parcourir le pays m’a également permis de ne pas devoir passer par les transports en commun, les nuits en backpackers, etc… Car le meilleur moyen de visiter ce pays est de louer un véhicule et de partir à l’aventure sur les routes! L’idéal est d’avoir un van équipé et de dormir dedans, mais quand on a vu les prix nous avons opté pour une voiture et pour une tente que nous poserions n’ importe où comme en a tellement l’habitude.

Une fois ces détails logistiques réglés, le road trip pouvait commencer! La Nouvelle-Zélande est peuplée de 4 millions d’habitants, dont la plus grosse partie sur l’île du Nord, et est 9 fois plus grande que la Belgique. Le pays est montagneux presque sur l’entièreté de sa superficie et bordé de côtes découpées. Je ne sais pas si ces quelques infos peuvent vous donner une idée des routes, des distances, de la très faible densité de population ou des villages du bout du monde que nous n’avons pas manqué de traverser! En 8 jours nous avons roulé 4000 kilomètres à travers les paysages sauvages de montagnes habitées principalement par les moutons, le long des côtes qui forment un sanctuaire de rêve pour de nombreuses espèces animales, ou encore au fond des vallées rendues célèbres par la trilogie du Seigneur des Anneaux! Difficile d’imaginer un meilleur moyen de commencer l’année…*

Un chiffre qui en dit long : il y a en Nouvelle-Zélande 4 millions d’habitants pour 40 millions de moutons!

Notre première étape a été de rejoindre Kaikoura à 200 km au Nord de Christchurch, cette petite ville est réputée pour sa faune marine. Et on peut dire que cette réputation n’est pas volée. Nous étions à peine arrivés que nous observions une colonie de phoques avec en arrière plan le couché de soleil sur la baie et les montagnes. Le véritable objet de notre passage là-bas était la présence de baleines dans cette baie. Le lendemain matin, nous avons donc réservé des places pour une croisière à la recherche du plus grand animal du monde. Croisière qui a été annulée à cause d’un vent trop fort qui rendait l’océan pacifique difficilement navigable! Nous nous sommes alors retournés vers l’avion, mais malheureusement il n’y avait plus de place disponible ce jour là! Il nous restait alors l’hélicoptère! La solution la plus chère, et contrairement au bateau, pour laquelle nous n’étions pas remboursés si nous ne voyions rien! Il y a 95% de chance  de succès. C’est quand l’hélicoptère juste avant nous a atterri et que le couple qui en est descendu nous a dit qu’ils n’avaient rien vu que la pression est montée. Payer cette somme pour voir une baleine dan l’océan, c’est beaucoup mais c’est quelque chose à faire. Mais payer la même somme pour voir des vagues et quelques mouettes, ça fait beaucoup plus mal au cœur! J’ai vu un moment que Geoffrey se demandait si ce n’était pas moi qui portait la poisse et s’il ne ferait pas mieux de monter dans un autre hélico.

Quoi qu’il en soit, nous sommes montés à bord pour 30 minutes de vol. Par rapport a mon premier vol en hélico (dans la cattle station en Australie) celui-ci était vraiment de tout repos et beaucoup moins stressant. Alors que les minutes s’égrainaient sans résultat et que la résignation arrivait presque, le pilote l’a vue au loin. La baleine était maintenant là, sous nos yeux! C’était un cachalot. Enorme, il était remonté à la surface pour respirer quelques minutes avant de replonger vers les profondeurs de l’océan. Le pilote tournoyait autour à 150 mètres d’altitude pour nous permettre de le voir au mieux. 2 minutes plus tard, c’était fini il avait replongé et ne reviendrait à la surface que 40 minutes plus tard. Soulagés, nous avons pu profiter de la très belle vue aérienne sur la côte avant d’atterrir et de voir un groupe de dauphins nager à quelques mètres de la plage. Kaikoura avait répondu à nos attentes, nous pouvions partir vers les montagnes.

Cette nuit là, après quelques centaines de kilomètres sur les routes, nous avons posé notre tente sans prendre la peine de la fixer au sol. Grave erreur! Un vent à décorner les bœufs nous a presque emporté pendant la nuit. Nous faisions connaissance avec la météo néo-zélandaise. Si on est ici en plein été, on en est pas moins fort bas dans les latitudes. Le temps est très changeant et de gros nuages font souvent peser des menaces d’averses. Le vent se lève également très rapidement et peut être fort frais. Les nuits sont souvent froides et nous en avons passées plusieurs assez difficiles.

Le lendemain nous avons pris notre déjeuner au bord du superbe lac Tekapo avant de nous rendre dans le parc national du Mont Cook où nous avons été accueillis par le brouillard et la pluie. L’après-midi nous a été plus heureuse et, à quelques centaines de kilomètres de là, nous avons visité la très belle Otago Peninsula et sa paradisiaque Sandfly Bay. Cette dernière plage nous a permis une superbe rencontre avec des lions de mer d’une taille impressionnante. Je peux vous assurer qu’on ne fait pas les malins quand on les approche pour les photographier et encore moins quand ils nous approchent avec un air de dire « dégage de ma plage ». Nous y avons également croisé quelques pingouins se dandinant dans les dunes!

Je passe sur la journée grisâtre dans les Catlins pour en arriver à Milford Sound, l’endroit qui m’avait été conseillé par tous ceux qui sont déjà venus dans la région. Nous sommes de nouveau arrivés dans la purée de poids pour visiter ce superbe fjord. Nous avons alors eu la bonne idée de patienter et de prendre une croisière  pour l’après-midi alors que la visibilité était meilleure. Milford Sound est un fjord bordé de montagnes s’arrêtant à pic au bord de l’eau et qui sont couvertes d’arbres, de cascades et de sommets enneigés. Le paysage était très beau, mais je pense que ça doit être nettement plus impressionnant sous le soleil. Nous y avons fait la rencontre d’énormes dauphins.

Nous avons retrouvé le soleil juste après et il ne nous a plus lâchés. Nous avons alors traversé la très belle région des lacs de Queenstown et de Wanaka en nous arrêtant toutes les dix minutes pour prendre des photos. Impossible de rater une photo en Nouvelle-Zélande! Les eaux sont toutes plus turquoises les unes que les autres et les montagnes toutes tellement photogéniques…. Nous nous sommes également enfoncés  vers Jackson Bay dans un cul-de-sac de plus de 50 kilomètres afin de voir des paysages de bout du monde et un village où je n’arrive toujours pas à comprendre comment des gens sont arrivés la!

Et à propos de s’enfoncer, voici la meilleure histoire de la quinzaine…. Apres avoir été voir le très beau Fox glacier, et alors que nous cherchions un endroit pour planter notre tente sauvagement à l’abri des regards, nous avons embourbé la voiture dans du sable au bord d’une rivière (heureusement le paysage était très joli). A ce moment là il était 21h30! Je me suis donc dit que ça allait être pour ma pomme de devoir pousser la voiture…. mais qu’importe, on avait trouvé du vrai Gruyère et du vin pour faire un bon pic-nic! Cette idée me motivait donc à sortir de là le plus vite possible. Malheureusement, nous avons bien du nous rendre à l’évidence que nous n’arriverions à rien en poussant la voiture et qu’il allait falloir dégager les roues. Ca devenait déjà beaucoup moins marrant! Et comme nous n’avions pas de pelles, nous avons commencé à creuser à mains nues dans ce sable humide et d’un aspect bien différent de celui qu’on retrouve sur les plages. Lorsque les roues ont été bien dégagées nous avons retenté le coup, persuadés que la voiture allait ressortir sans problème…. Elle n’a pas bougé d’un poil, ou au contraire elle s’est un peu plus enfoncée!

Nous avons alors sorti le crick du coffre et nous avons commencé à soulever la voiture et à placer des pierres sous les roues. Sans succès! Nous avons alors trouvé des morceaux de bois et fait pareil. Sans succès! On a même trouvé une belle planche à mettre sous une roue. Sans succès! On a ensuite trouvé dans une carcasse de voiture des sortes de plaques et nous avons relevé la voiture une quatrième fois de chaque coté. Sans succès! Nous ne savions plus que faire….. Il était presque 1 heure du mat, il faisait noir, ça faisait plus de trois heures que nous creusions dans le sable à mains nues, que nous soulevions cette voiture pour placer des objets adhérant sous les roues, nous avions faim…. et la voiture n’avait pas bougé d’un centimètre. Le gruyère n’a pas eu le gout attendu et le vin est resté dans la voiture. Le lendemain matin, il nous faudrait trouver de l’aide!

Nous sommes donc partis le lendemain vers le village le plus proche pour trouver une solution. Le seul garagiste du bled voulait nous prendre entre 400 et 600 dollars pour le déplacement, ce qui était difficilement abordable pour nous (on avait loué la voiture pour 300 dollars). Nous n’avions pas trouvé d’autres solutions… C’est en retournant vers la voiture que nous avons eu le geste qui sauve : nous avons arrêté un van de backpackers qui avait dormis tout prés de l’endroit où était toujours la voiture. Nous avons alors fait connaissance avec ce couple d’écossais qui a accepté de venir pousser avec nous. Sans succès! Mais notre chance a fait que nous sommes vraiment tombés sur deux personnes super sympas, que le garçon était vraiment débrouillard et que j’ai trouvé une pelle dans un hangar presque abandonné! Nous nous y sommes tous mis : on a re-re-re-re-soulevé la voiture, déblayé tout le sable qui bloquait maintenant le bas de caisse, arraché les tapis de l’épave de la voiture voisine, placé les tapis et des bois sous les roues, placé des cales pour pouvoir s’appuyer et pousser un max,…. Catriona a alors pris le volant et, les trois garçons, nous avons pris position pour la poussée de la dernière chance! Si ça ne marchait pas c’était le garagiste et ses 400 dollars… Et la voiture a bougé! Elle a démarré et Catriona nous a fait une superbe marche arrière jusqu’à ce que nous retrouvions un sol plus ferme. La voiture était dégueulasse, mais elle était sortie de son bourbier!  Il était presque midi! C’était l’occasion de sortir la bouteille de vin (qui était au frais dans la rivière) et de remercier Catriona et Adrian en trinquant avec un verre de vin blanc néo-zélandais!

Ce jour là, nous avons encore été voir le superbe glacier Franz-Josef puis nous avons repris notre route vers Christchurch que nous devions rejoindre le lendemain via la très belle route d’Arthur Pass.

Geoffrey repartait déjà vers l’Europe la nuit de notre retour. Nous avons alors passé notre dernière soirée ensemble en compagnie de 3 néo-zélandaises dont nous avions fait la connaissance sur la plage pendant le réveillon de nouvel an à Sydney, Rhea, Emily et Bindy (qui dit que le monde est grand ?).  Hier j’ai été au cinéma voir …. Australia avec Bindy et Emily. Comme on dit, merci facebook….

J’ai enfin reçu ma nouvelle carte de crédit! Merci Fortis! Et surtout merci maman… J’ai été la chercher ce matin chez le consul de Belgique à Christchurch.  Comme je savais déjà avant-hier qu’elle était déjà ici, j’ai fêté ça en allant manger « une moule-frite » avec une Westmalle Triple au café belge de Christchurch…. Je me suis presque senti au pays!

Je vais quitter Christchurch dans quelques jours pour aller dans le Nord de l’île du Sud, que nous n’avons pas visité avec Geoffrey. Là-bas, j’essaierai de trouver un petit boulot dans le fruit picking pour quelques semaines!

Voila, c’est tout! Je vous laisse après un post particulièrement long. J’espère que vous aurez eu la force d’arriver jusqu’ici.

A bientôt,

Goral

P.S.: Les photos de Nouvelle-Zélande sont sur le site.

* J’en connais un qui a trouvé mieux à Sydney