World Tour 4 (Thaïlande) : La minorité Mong

vendredi 21 novembre 2008

Sa Wat Dii,

Comme promis, je vous reviens rapidement avec les dernières péripéties thaïlandaises. Deux mails en deux jours, je pense que je vous gâte trop… Quoi qu’il en soit, je n’ai de nouveau pas beaucoup de temps devant moi, j’ai encore une frontière à passer dans 2 heures!

Les premières histoires que je relate dans ce mail se sont passées avant l’escapade birmane d’hier. Nous perdons donc le fil chronologique du périple, ce qui coupe un peu la monotonie du récit fait heure par heure! Je vous avais donc laissé à Ayutthaya alors que, avec Geoffrey, nous envisagions une visite du parc historique de cette ancienne capitale du Siam. Parc qui est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et dont la visite c’est avérée très agréable et enrichissante.

Dans les heures qui ont suivi, nous avons embarqué à bord d’un train couchette en direction du Nord et des régions plus montagneuses. Inutile de vous dire que le train couchette était un moyen de transport beaucoup plus confortable que les trains, bus et tuk-tuk auxquels les trajets précédant nous avaient habitués! Notre destination était cette fois la ville de Chiang Mai, la deuxième ville du pays, où grâce aux bons conseils de Cédric nous avons atterri dans une Guest House (c’est le nom des petits hôtels pas chers dans la région) tenue par un couple franco-thaïlandais. La rencontre avec le patron français a fortement facilité la préparation des jours suivants! A peine rentré dans l’hôtel, nous avions repéré une annonce pour un trek de trois jours dans la jungle avec un programme plutôt alléchant. Notre choix a été vite fait, ce trek ferait notre bonheur!

Il faut bien dire que nous avions vraiment envie de partir un peu « au vert » dans les montagnes tropicales. Depuis notre arrivée en Thaïlande nous avions visité plusieurs villes et une multitude de très beaux temples mais il faut bien avouer que nous avions fort envie de quitter ces villes et de nous retrouver dans la nature. Ce fut donc chose faite avec cette rando de trois jours dans la région de Chang Mai.

Pour bien commencer ces trois jours, nous nous sommes enfoncés pendant quelques heures dans l’arrière pays d’où nous sommes partis pour une ballade à dos d’éléphant. Ce fut court (1/2 heure) mais très amusant et impressionnant. Nous avions justement le plus grand éléphant du groupe et celui-ci nous a procuré quelques sensations fortes! Apres ce joyeux départ, il était temps de marcher par nous même et de nous enfoncer dans la jungle en direction du petit village où nous allions passer la soirée et évidemment la nuit. Les paysages traversés étaient de totales découvertes pour moi, car si j’ai déjà été à la montagne et si j’ai déjà été dans la jungle, je n’avais jamais été dans la jungle en montagne. La combinaison offre de superbes paysages comme je suis sûr que vous pouvez l’imaginer. Au fur et à mesure que nous approchions du village, nous croisions des cultures de riz et le paysage devenait de plus en plus dégagé. C’est dans un village de la minorité ethnique Lahu que nous avons pris un souper local et que nous avons passé la nuit sur un pilotis de bambou!

Le Nord de la Thaïlande est parsemé de villages de minorités ethniques qui peuplent les montagnes. Au cours de ces 3 jours, en plus de ces lahus, nous avons traversé un village habité par des familles Chan et des familles Karen. Les lahus ne sont pas reconnus comme thaïlandais et ne peuvent donc pas bénéficier de passeport, ni même sortir d’une zone très limitée. Ils ne peuvent par exemple pas se rendre à Chiang Mai (ville la plus proche de ce village). Les mongs et les karens se sont vus accorder un passeport en échange de l’arrêt de la production de pavot. Le titre de ce mail est particulièrement dédié à Virgi, à qui j’avais promis de visiter une minorité Mong. Depuis ce trek, j’ai pas mal bougé dans le Nord du pays et donc croisé bien d’autres villages de minorités ethniques. Si le village était très beau et l’expérience agréable, nous étions tout de même un peu déçu de voir que 4 groupes de voyageurs dormaient dans le même village. On ne peut pas vraiment dire que ces communautés soient encore très traditionnelles. Elles vivent du tourisme et une piste qui relie le village à la vallée sert à amener de quoi préparer des plats thaïs aux touristes.  Bref, j’ai déjà vu des villages plus reculés sur cette planète!

Nous faisions partie d’un groupe de 13 personnes en provenance d’Allemagne, Hollande, Australie, France,… C’est avec ces gens que nous avons passé deux excellentes soirées à la lumière de bougies en approfondissant notre connaissance des bières locales. Il restait au programme de la deuxième journée, en plus de la marche, des baignades sous de très belles chutes d’eau. Pour le troisième jour, c’était du rafting qui était au programme. Tout d’abord du rafting habituel sur une rivière plutôt agitée, ensuite nous avons pu découvrir le rafting sur un radeau de bambou sur une partie beaucoup plus paisible de la rivière.

Vous avez ainsi pu lire un aperçu  de notre trek de trois jours dans la jungle thaïe! Et comme nous ne sommes pas du style à trainer en chemin, nous avons sauté 20 minutes après notre retour à Chang Mai dans un bus en direction de Mae Sai à l’extrémité Nord du pays. C’est de cette ville qu’a commencé l’aventure birmane relatée dans le mail numéro 3. Et comme vous le voyez, nous avons pu repasser la frontière birmane sans problème!

Un grand changement est intervenu aujourd’hui dans mon voyage. Je ne parlerai plus à présent qu’en « je » puisque je suis maintenant seul sur les routes d’Asie! Geoffrey a pris ce matin la direction du Sud afin de rejoindre très prochainement l’Australie. Après avoir essuyé quelques larmes j’ai donc pour ma part embarqué à bord d’un sawngthaew, une sorte de camionnette aménagée pour transporter une douzaine de personnes, en direction de Chiang Saen. De cette petite ville au bord du Mékong, j’ai attrapé un autre sawngthaew en direction de Chiang Khong, un village qui sert de passage vers le Laos. Je viens de faire 60 kilomètres accroché à une échelle à l’arrière du véhicule. Si au début je me suis retrouvé la parce que il n’y avait plus de place assise, j’ai vite compris que j’avais la meilleure place pour admirer les superbes vues sur le Mékong, les cultures de riz et de maïs, les montagnes du triangle d’or,… Quelle belle route! C’est le genre de trajet qu’on n’a pas envie de voir se terminer et à la fin duquel je n’avais pas du tout envie de descendre de mon échelle! Pendant ce trajet, je suis passé par le point central du triangle d’or : de la Thaïlande, en regardant le Mékong, je voyais à gauche le Myanmar et à droite le Laos.

Je suis donc maintenant à Chiang Khong, localité de 9000 habitants au bord du Mékong. Ce grand fleuve d’Asie traverse la Chine, puis sert de frontière entre le Laos et la Birmanie, puis plus loin de frontière entre le Laos et la Thaïlande. Ce fleuve permet un important commerce entre la Chine et les autres pays du Sud-Est asiatique. Au cours des prochains jours, je vais avoir l’occasion de faire plus ample connaissance avec ce fleuve au fil de sa descente vers le Sud.

Dans l’heure qui arrive, je vais définitivement quitter la Thaïlande pour pénétrer au Laos. Pour ce faire, il faut encore que j’obtienne le visa nécessaire à la frontière et que je monte à bord d’un bateau qui me fera traverser le fleuve! Bref, hier j’étais en Birmanie, aujourd’hui je suis en Thaïlande et ce soir je suis au Laos! Je pense que le repos ce sera pour après le 1er Mai!

J’aimerais vous parler un peu de l’amour que les thaïlandais ont pour leur famille royale et leur pays, de la nourriture asiatique ou encore des massages thaïlandais, mais je me rends compte que je vais vraiment devoir attraper mon sac et courir vers la frontière si je ne veux pas passer la nuit dans ce village frontalier! Je reviendrai donc vers vous prochainement pour aborder ces quelques sujets. Je me demande même si je ne devrais pas arrêter de bouger pendant trois jours afin de remettre mes histoires à jour. Mais bon, ce n’est pas vraiment mon style!

A bientôt,

 

Seb Goral

 

 

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World Tour 2 (Thaïlande) : Bangkok et la licence PADI a Ko Tao

vendredi 14 novembre 2008

 

Bonjour à toutes et à tous,
 
 
Voici seulement 9 jours que je suis arrivés à Bangkok avec Geoffrey et j’ai pourtant l’impression d’être ici depuis bien plus longtemps. J’ai donc déjà beaucoup d’histoires, anecdotes et autres aventures à vous raconter. Au programme de ce deuxième mail nous retrouvons la découverte de Bangkok, notre séjour sur l’ile de Ko Tao qui ne s’est pas tout à fait déroulé comme nous l’avions imaginé, le début de notre remontée vers le Nord et bien entendu quelques premières impressions sur la Thaïlande.
 
Nous sommes arrivés a Bangkok par un avion de la Singapore Airlines en provenance de… Singapour ce mercredi 5. Suivant les bons conseils qui nous avaient été donnés à l’avance, nous avons directement pris la direction du quartier de Kao San Road, et nous avons bien fait! Nous y avons découvert un petit quartier très animé et fréquenté par les backpackers (voyageurs dans notre style – c’est la dernière fois que j’explique le mot backpacker). Quand je dis que c’est très animé, c’est parce que vous y trouvez des vendeurs de tout et n’importe quoi à tout moment, des petits bars improvisés sur des tabourets d’école primaire le long de la rue, de vrais bars et restos également, des échoppes à des prix défiant toute concurrence,…. Des ping-pongs show nous étaient d’ailleurs proposés tous les 10 mètres! La première chose à faire était de trouver un hôtel, ce qui fut très rapidement fait. Nous avons même opté pour une catégorie un peu plus élevée que le minimum et pour 7 euros par personne, nous avions une chambre avec salle de bain et eau chaude (ce qui ne va plus nous arriver avant un bout de temps) et même une piscine sur le toit! Bien que fort fatigués par la nuit blanche à Singapour, nous nous sommes laissés tenter par un premier cocktail et une première bière Chang dans la rue! Il faut dire que les prix et l’ambiance étaient fort attractifs… J’ai accompagné le tout d’un premier repas pris à une charrette dans la rue pour 80 cents.   
  
Tout cela était bien beau, mais il fallait encore savoir comment j’allais pouvoir payer tout cela puisque mon portefeuille avait décidé de profiter un plus longtemps des taxis Singapouriens…. Heureusement l’efficacité de Visa a fait que j’ai reçu une nouvelle carte de secours dans ma chambre d’hôtel deux jours plus tard! Tout s’arrange donc et comme le veut ma devise « Ca me fera un souvenir ». Pour ceux qui ne me connaitraient pas encore bien, dès qu’un impondérable ou un problème arrive j’aime à répéter invariablement « Ca fera des souvenirs ». Cette devise en a déjà rendu plus d’un nerveux mais tout le monde a toujours fini par s’y faire!
 
Bangkok est une ville dans laquelle j’aurais pu passer plus de deux jours. Je pense que nous n’avons pas vu tout ce qui était avoir et que cette ville a beaucoup plus d’atouts à offrir que ce que nous en avons vus. Cependant nous ne sommes en Thaïlande que pour un peu plus de trois semaines et on ne peut pas tout voir partout. La visite du Grand Palais était donc notre priorité. L’ancienne résidence royale, les temples et annexes qui l’entourent sont absolument magnifiques. Vous pouvez le voir sur les photos, ces bâtiments construits dans un style très caractéristique de l’Asie sont particulièrement dépaysants. Je me souviens qu’on voyait ce type de construction dans les dessins animés mangas. Et ben, en vrai c’est beaucoup mieux. Difficile d’en dire beaucoup plus sur ce type de construction qu’on retrouve en grand nombre partout dans le pays. Ces temples sont appelés Wat. Vous saurez donc de quoi je parle quand j’écrirai Wat machin ou Wat chose… A ce sujet, je pense que les photos valent plus qu’un long mail. Le Bouddha couché du Wat Pho était la deuxième chose que nous voulions voir. Ce Wat renferme un énorme Bouddha couché de 46 mètres de long et 15 de haut!
 
Nous ne pouvions pas non plus passer à Bangkok sans visiter le malheureusement très célèbre quartier de Patpong. Patpong est le nom de la rue mondialement connue pour ces bordels. La Thaïlande c’est bien beau, mais il ne faut pas oublier que l’industrie de la prostitution est énorme et qu’une bonne partie des touristes qui viennent dans ce pays sont uniquement attirés par cela. D’ailleurs quand je disais que je commençais mon tour du monde par la Thaïlande, je voyais quelques sourires qui attestaient bien de cette réputation. Deux mois après avoir fait un mémoire sur le tourisme équitable, j’ai été voir une facette néfaste du tourisme que je ne connaissais pas.  Et croyez-le ou pas, nous n’avons été que nous promener et non pas consommer! Alors que j’imaginais un endroit glauque et lugubre fréquenté par des gens bizarres ou des vieux européens, nous avons découvert un quartier très moderne. Le centre de la large rue de Patpong est rempli par un marché alors que l’on trouve une multitude de « bars » sur le coté. C’est un endroit qui est en réalité devenu un lieu de passage fréquent et on y croise des familles avec poussette… C’est un peu le même style d’endroit que le Red Light District d’Amsterdam.  

 Nous avons raté les marchés flottants parce que nous avons un peu trop profité des bars de rue à Koa San Road. Nous sommes en effet tombés sur un couple de français, Rachel et Fred, avec qui nous avons découvert quelques « Cocktails Very Strong » et approfondi un peu la carte des bières Thaïes. Ce qui fait que le lendemain un peu plus court que prévu a plutôt été consacré à des achats dans un méga centre commercial à l’asiatique. J’y ai entre autre achèté un numéro de téléphone Thaï ainsi qu’un nouveau petit sac a dos.

 La visite de Bangkok s’arrêtait déjà à ce stade pour nous! Nous avons sauté dans un bus à 5h du mat en direction de l’ile paradisiaque de Ko Tao, dont nous avions entendu le plus grand bien. Direction Sud à la recherche de superbes iles tropicales, de plages de sables blancs, d’eau turquoise et de superbes sites de plongée! 8 heures de bus plus tard, c’est sous la pluie que nous embarquions à bord d’un bateau pour Ko Tao et c’est toujours sous la pluie que nous débarquions sur l’ile! On avait loupé un truc, ce n’est pas vraiment ce qu’on nous avait annoncé…. Nous sommes pourtant en début de saison sèche en Thaïlande! Et ben non! Le reste de la Thaïlande oui, mais pas Ko Tao. La mousson touche justement et uniquement la côte Est du Sud du pays pendant le mois de Novembre! Octobre, c’est beau, Décembre c’est beau à nouveau! Mais Novembre non! Résultat, nous avons acheté des slashs pour mettre aux pieds et sorti nos vestes… Dans les rues du village nous avions de l’eau jusqu’a mi-mollets et en 2 jours tous nos vêtements étaient trempés! Pas grave ça nous fera des souvenirs… Et puis en réalité il n’a jamais plu qu’une seule fois!

 C’est ainsi que nous avons trouvé une chambre dans un bungalow au bord de la plage avec un petit bar-restaurant presque adjacent. Quel endroit merveilleux ça devait être sous le soleil! J’allais presque oublier que c’est ce jour là que je fêtais mes 25 ans. Je sais que je les avais déjà fêté avant de partir, mais c’était tout de même le vrai jour. Nous avons donc été prendre quelques verres au bar de l’hôtel sur la plage. Nous y avons fait la connaissance de Nicole, une charmante suissesse qui fait son stage de vétérinaire sur l’ile. Nous avons fêté mon anniversaire ensemble avec des cocktails locaux à prix dérisoires et quelques bières. C’est en compagnie de Nicole, puis plus tard de deux de ses amis suisses venus lui rendre visite, que nous avons passé toutes nos soirées sur Ko Tao. J’en profite d’ailleurs pour vous remercier pour vos nombreux messages de bon anniversaire qui m’ont fait très plaisir!

Ce n’est pas tout, mais nous n’étions pas sur une ile du Golfe de Thaïlande uniquement pour boire des cocktails et regarder la mousson faire son œuvre! Je voulais absolument passer ma licence de plongée PADI. Je vous remercie d’ailleurs pour cela puisque c’est bon nombre d’entre vous qui me l’avez offerte pour mon anniversaire. La licence PADI Open Water permet de plonger partout dans le monde à 18 mètres de profondeur sans devoir reprendre des cours. Sans cette licence on est limité à des découvertes à 10 mètres, moins longues et avec des initiations. Ko Tao est très réputé pour permettre de passer cette licence dans de très beaux sites de plongée et à un prix très bas! J’ai donc suivi deux 1/2 journées de cours théoriques, avant de passer une après-midi de pratique en piscine. J’ai ainsi pu apprendre les technique de secours de base, à préparer mon équipement, le langage des signes sous l’eau, gérer sa profondeur par la respiration, etc…. Après un bref examen, j’étais apte à faire une première plongée en mer!

 J’avais déjà plongé sur la Grande Barriere de Corail a Cairns en Australie, mais ici j’allais passer plus de 40 minutes à -12 mètres et je devais être maître de la préparation de mon matériel. Apres avoir placé ma bombonne, préparé mon gilet de plongée, et vérifié que je pouvais bien respirer à l’aide de l’équipement, il était temps de plonger et d’ainsi observer les fonds marins thaïlandais. Deux plongées ce jour là et deux autres plongées le lendemain a – 18 mètres m’ont fait découvrir de superbes coraux habités par des milliers de poissons aussi nombreux qu’étranges. J’ai entre autre pu voir une murène, un serpent de mer, des poissons ballons, des barracudas ou encore des poissons tigres… Quel plaisir de se sentir…. comme un poisson dans l’eau! Et je pourrai replonger partout dans le monde pendant les mois qui viennent et même les années qui suivent!

 Ca n’a pas tout à fait été aussi rose en réalité car il ne faut pas oublier la mousson! Si la visibilité était tout de même bonne le premier jour, la mer était plutôt agitée… Ce qui a provoque chez moi un étrange mal de mer après la seconde plongée et que j’ai brillant remis tout mon diner en enlevant ma bouteille d’air sur le bateau! Rappelez-vous, j’avais déjà vécu la même mauvaise expérience à Cairns! Mais contrairement à la première fois, ici, je n’avais pas eu une soirée arrosée la veille. Bref, dès que j’ai obtenu ma licence nous avons quitté l’ile par le premier bateau.

Direction Nord! Notre but est maintenant de remonter vers les montagnes du Nord du pays. Pour ce faire, nous nous sommes fixés une drôle d’idée : éviter de passer par Bangkok en passant voir le pont sur la rivière Kwaï. Le coté compliqué de la chose, c’est qu’en Thaïlande toute les routes mènent à Bangkok (ou presque). Autant vous dire tout de suite qu’on avait choisi la solution offensive! Nous avons donc pris un bus jusque Hua Hin. D’ou nous avons cherché, d’abord à nous retrouver sur une carte, puis à prendre un moyen de transport vers le Nord Est. Et comme il n’y avait plus de bus, nous avons tout de même trouvé un train de nuit qui partait à minuit. Puisque nous avons trouvé cette solution à 23h, c’était très bien. Evidemment lorsqu’on nous a demandé si on voulait un ticket 1ere, 2eme ou 3eme classe, nous avons opté pour la 3eme (1,5 euros pour 3 heures de train!). Ce qui fait que nous nous sommes retrouvés assis sur notre sac dans l’égouttoir d’un évier au milieu d’un wagon de thaïlandais qui tentaient de trouver quelques heures de sommeil. Pas sur qu’on trouve souvent des européens dans ces wagons! 

Nous avons débarqué dans la ville de Nakhon Pathom à 3 heure et demi du matin, mais nous étions toujours loin de la rivière Kwaï! Un train à 9h du matin a fait notre bonheur. Peut-être vous demandez vous ce qu’on a bien pu faire à Nakhon Pathom entre 3h30 et 9h! Eh ben, nous avons fait un petit tour du centre ville avec nos sacs, observé les bouchers découper la viande dans la rue et dormi sur le quai de la gare avec des clochards thaïlandais. Rien de bien spécial quoi!  

Kanchanaburi était notre étape de la journée. Nous y avons loué des scooters pour visiter les environs, ce qui était tout de même moins dangereux que de louer des motos comme au Pérou. C’est sur cet engin que nous avons finalement atteint le Pont sur la Rivier Kwaï! Ce pont chargé d’histoire dont le nom est devenu mythique grâce au cinéma et au réalisateur David Lean. Reste plus qu’à voir le film quand je serai de retour à la maison… Nous avons profité des scooters pour aller visiter un étrange temple troglodyte perdu dans la campagne dans lequel on rentre via la bouche d’un énorme dragon dans laquelle s’enfonce un long escalier (à mon avis, il vaut mieux voir les photos qui ne seront pas en ligne avant quelques jours). Si la vallée tropicale verdoyante de Kanchanaburi était très agréable, ce n’était de nouveau qu’un passage vers le Nord. Nous avons donc repris la route en fin d’après-midi…

Toujours dans l’optique d’éviter Bangkok, nous avons choisi de prendre un bus vers la ville perdue et sans grand intérêt de Suphanburi, d’ou nous espérions reprendre un autre bus vers Ayutthaya. Nous nous sommes de nouveau retrouvés assis par terre dans un bus thaïlandais bondé pour un trajet de 3 heures! La bonne surprise a été pour Suphanburi puisque nous avons vite compris qu’il n’y avait plus de bus pour Ayutthaya avant le lendemain matin! Suphanburi n’apparait même pas dans le Lonely Planet, ni  dans le Routard…. C’est vous dire l’intérêt touristique de la ville (l’avantage du Lonely Planet est pourtant de pouvoir s’en sortir même dans des endroits par lesquels on ne passe pas normalement). Il était 20h30 et comme nous n’avions aucune envie de repasser une nuit sur un banc dans la gare des bus, nous avons décidé de rejoindre Ayutthaya par n’importe quel moyen! Il n’y avait plus que 80 kilomètres à faire. Nous avons donc commencé à chercher un taxi, mais dans cette ville où il n’y a pas de touristes, il n’y a pas taxi non plus! Dans toutes les autres villes un taxi s’arrête à coté de nous toutes les 20 secondes pour nous proposer ses services… Restait plus qu’une solution : le Tuk-Tuk! Les tuk-tuk sont une sorte de moto taxi avec une moto qui tire un siège pour deux personnes. Ce moyen de transport est généralement utilisé pour des trajets courts en ville. Nous avons fini par en trouver un qui a accepté de nous emmener et nous sommes arrivés à destination à 23 h! Soit un trajet de presque 2 heures de nuit en tuk-tuk sur lequel j’ai évidement attrapé un rhume. En 24 heures, nous avons finalement pris deux trains, un bus et deux heures de tuk-tuk tout en louant des scooters pour une journée! Pas vraiment une journée de repos quoi!

C’est d’Ayutthaya que je vous écris ce mail. Ayant retrouvés le soleil et étant revenus dans une ville pleine d’intérêt historique et culturel, nous avons décidé nous y arrêter deux jours pour un peu récupérer! La journée d’aujourd’hui a été consacrée à dormir, se raser, visiter des Wats en bateau et bien entendu à vous écrire ce mail. Je me rends compte qu’il est déjà fort long et qu’heureusement je ne laisse pas encore passer quelques jours. Demain nous irons visiter le parc historique d’Ayutthaya qui est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et en fin d’après-midi nous reprendrons un train de nuit (mais avec des couchettes cette fois) pour les montagnes du Nord et Chiang Mai.

En espérant que vous soyez parvenus jusqu’ici, je vous souhaite un excellent week-end qu’il soit arrosé de Cotes du Rhône, de bières au cabaret de Saint-Louis ou autre. 

A bientôt,

 

Goral 

PS : Une anecdote pour la route! Sur l’ile de Ko Tao, alors que le sommeil était déjà rendu difficile à cause de la pluie, de l’orage ou des crapauds, nos voisins de chambre n’ont rien trouvé de mieux à faire que de ramener des prostituées, de négocier le prix devant notre chambre puis de s’en donner à cœur joie!

PS2: Toujours désolé pour les difficultés de lecture liées à l’écriture sur clavier QWERTY. 

PS3 : Des photos de Singapour et Bangkok sont déjà sur le blog https://sluthers.wordpress.com