World Tour 21 (USA) : De porte en porte

mercredi 22 avril 2009

Bien le bonjour à toutes et à tous,

La traversée des Etats-Unis d’Amérique du Nord au Sud et d’Ouest en Est, … ça, c’est fait! Et pour le même prix, je pourrais presque dire un Tour du Monde,… ça, c’est fait! Effectivement, maintenant je ne peux plus dire que la fin de ce tour du monde approche à grand pas. La fin est là juste devant moi et il ne me reste plus qu’à faire mon sac une dernière fois et à embarquer pour ce dernier trajet qui va me ramener à la maison.

J’avoue que durant ces jours qui viennent de passer depuis mon dernier article je ne me suis pas trop concentré sur le tourisme… J’ai plutôt profité de ces derniers jours pour visiter la famille et des amis dans la région. D’un point de vue tourisme, je pense que j’ai eu ma dose et que la vue d’une plage de Miami ne m’enchante plus comme elle l’aurait fait si j’avais fait mon tour du monde dans l’autre sens (quoi qu’à vrai dire je ne suis pas vraiment sûr que ça m’aurait enchanté même dans l’autre sens…). Le fait d’être toujours bien accueilli ces derniers jours m’a un peu préparé au retour et m’a replongé dans une sorte de vie plus normale, ou plutôt moins vagabonde. Pourtant pour passer de « porte en porte » j’ai tout de même du dormir encore quelques nuits dans « The Big Grey Dog » (un bus Greyhound).

Le lendemain de mon dernier article, je me suis rendu à Monterrey où j’allais pour rendre visite à Vincent Neuray qui enseigne le français dans une école locale. Ca n’a pas été si simple qu’il ne semble pour se retrouver, mais avec l’aide de nos parents respectifs j’ai fini par aboutir chez lui et par rencontrer ses collocs. Nous avons ensuite passé une excellente soirée dans un bon restaurant argentin où on a arrosé le repas d’un vin….. mexicain! Je ne savais pas qu’on faisait du vin au Mexique et pourtant il était positivement surprenant! Encore une idée pour compléter ma cave à vin du monde à coté des Coste du Rhône…. Après cette visite très agréable mais rapide, j’ai repris ma route vers la Floride et donc évidemment vers la frontière. Comme prevu, les formalités sont plus importantes pour rentrer aux USA que pour en sortir mais dans mon cas c’est passé comme une lettre à la poste. J’ai l’impression que de voir un européen passer la frontière dans un bus mexicain amusaient plus les douaniers qu’autre chose… Il n’y avait d’ailleurs pas d’autres non latino dans ce bus.

J’ai de plus en plus compris au long de la traversée de ce continent que le Greyhound, et même les bus en général, ne sont pas vraiment un moyen de transport privilégié des classes aisées américaines. J’y ai croisé l’Amérique profonde et parfois même très profonde. Et lorsque je dis à quelqu’un par quel moyen de transport je voyage, il me regarde toujours comme un tordu sorti de l’asile. J’ai d’ailleurs vu quelques personnes se faire sortir du bus cette semaine parce qu’ils n’avaient pas de papiers ou transportaient de la drogue…

Quoi qu’il en soit, je suis bien arrivé a La Nouvelle Orléans où j’ai retrouvé Benja qui passe une année à la Tulane University. Comme il est en période d’examens, j’ai visité la ville en le laissant étudier afin qu’il soit prêt pour une bonne fête en soirée! La Nouvelle Orléans est une ville que j’aime beaucoup et certainement celle que je trouve la plus agréable à vivre de celles que j’ai visité aux USA sur ce trip (NYC reste difficilement battable mais ce n’était pas sur ce voyage ci). Jusqu’à ce jour, c’est pour moi la seule ville américaine qui a gardé son cachet historique, ses vieilles maisons telles qu’on les voit dans les films qui se passent dans « le Sud », des musiciens afro-américains qui jouent du jazz ou du blues dans les rues,… Je suis sûr que c’est le genre de ville dans laquelle il est très dangereux d’aller pour étudier tellement la vie nocturne est attirante et envoutante! D’ailleurs, alors que Benja m’avait dit qu’on allait juste prendre un verre parce qu’il devait travailler le jour suivant, nous sommes rentrés à 4h du mat après une soirée festive et arrosée. Il avait pour l’occasion demandé à quelques charmantes amies de se joindre à nous et finalement le petit verre a tourné au style de soirée qu’on a jamais envie de quitter. Cette soirée m’a aussi clairement fait réaliser que bouger tous les jours au tour du monde c’est génial, mais ce n’est pas comme ça qu’on se fait des vrais amis qui viennent d’un peu partout… L’Erasmus ou autre séjour universitaire est bien plus approprié aux rencontres et à la naissance de nouvelles amitiés. C’est certainement une chose qui m’aura manqué durant ce voyage. J’avoue que j’étais même un peu triste de devoir laisser La Nouvelle Orléans si rapidement derrière moi. Si le temps n’était pas compté et si ce n’était pas la période des examens, c’est certainement le genre d’endroit dans lequel j’aurais aimé rester un peu plus longtemps.

De nouveau le lendemain je reprenais la route, mais cette fois c’était pour passer ma dernière nuit dans un bus. Ca me fait presque « bizarre » d’écrire que je ne dormirai plus dans un bus…. Cette fois j’ai pris la direction de la Floride et plus particulièrement de Fort Lauderdale, une trentaine de kilomètre au Nord de Miami. Ma raison de me rendre à Fort-Lauderdale et même d’avoir placé cette ville comme l’étape finale de mon tour du monde est que j’ai de la famille qui habite ici. Effectivement il y a probablement une cinquantaine d’années, le frère de ma grand-mère maternelle a pris ses cliques et ses claques et est parti vivre le « rêve américain ». D’abord à New-York puis en Floride, il a fondé une famille et ma mère a donc 1 cousine et  2 cousins américains et moi j’ai ainsi des petits-cousins et une grande tante ravis de m’accueillir. Mon oncle est décédé il y a quelques années et alors qu’il aura tant insisté pour que je vienne lui rendre visite, il n’aura malheureusement plus été là pour me recevoir. Je viens donc de passer 5 jours dans ma famille américaine où je suis actuellement logé chez ma tante Oratzia. Mon cousin Tino, que nous avons reçu en Belgique l’été passé, s’est principalement occupé de moi et m’a fait visiter les alentours.

C’est ainsi que j’ai été ce week-end à Miami Beach et plus précisément sur la célèbre South Beach. Pour être tout à fait honnête, et bien que ce soit difficile de le faire comprendre à un américain (même si je n’ai pas essayé, je le sais), Miami Beach n’est pas l’endroit le plus extraordinaire du monde! Mais surtout n’allez pas répéter ça à mes cousins, comme ils ne parlent pas français ils ne devraient pas lire ses lignes… C’est vrai que la plage est belle, que l’eau est bleue turquoise, qu’il y a le soleil  et 25 degrés en hiver, et qu’il y a des palmiers…… Mais c’est aussi l’endroit peuplé de tous les riches retraités américains qui viennent passer leurs journées au soleil  loin de leurs trop bruyants petits enfants! Et si ce ne sont des retraités, ce sont toutes sortes de personnages plus tarés les uns que les autres que vous pouvez croiser sur ces plages! Par exemple, nous avons eu droit à un transsexuel qui dansait au milieu du trafic sur une musique d’ABBA et qui a lancé ses longues jambes sur le capot de la voiture… On a aussi eu droit au cycliste-bodybuilder en string qui roule sur la digue la tête plus bas que le guidon et le cul 20 centimètres plus haut que la selle pour que tout le monde puisse admirer l’athlète. Il aurait certainement pu être mon grand-père! Bref, pour moi qui préfère les petits villages, la montagne ou les plages désertes, je pense que la Floride ne sera jamais vraiment le genre d’endroit ou je viendrai passer mes vacances 

Ma meilleure découverte en Floride fut certainement les sushis… Tino m’a emmené deux fois en manger et je suis maintenant accroc. J’en avais déjà mangé « à emporter » à New-York et Sydney, mais ça n’avait rien de comparable. Et bien qu’évidemment les sushis de Fort Lauderdale sont les meilleures du monde, je suis tout de même bien déterminé à en trouver des semblables à mon retour! Pour le reste, j’ai bien entendu eu la visite de Tania et de « cousin Aldo ». J’imagine déjà François se plier en deux en repensant au moment où j’ai rencontré « cousin Aldo » pour la première fois à New-York et où je ne parlais pratiquement pas un mot d’anglais. Mon « interprète » s’était alors écroulé par terre de rire en me voyant essayer de communiquer avec ce cousin que je découvrais et m’avait laissé dans mon jus! 7 ans plus tard, la communication est évidemment beaucoup plus facile entre nous… Aussi non j’ai réussi à me cramer le dos sur la plage!

Demain je reprends donc le bus pour Orlando d’où je monterais dans l’avion en direction de l’Europe! Il me reste une dernière visite à rendre. Entre mes deux avions, j’irai manger un bout avec Pierre dans le centre de Londres.

Pour clôturer cette série d’e-mail qui vous ont fait suivre, voire peut être partager, mon Tour du Monde, il ne me reste plus qu’à en tirer le bilan…

 

Sébastien – Goral

 

Publicités

World Tour 19 (USA) : La démesure amércaine

dimanche 5 avril 2009

Re-bonjour à toutes et à tous,

Comme promis, je reviens directement dans la foulée de l’article 18. Et pour cet article nous allons faire un bon en arrière et revenir à mon séjour californien. Je reprends donc là où je vous avais laissé à San Francisco, c’est à dire juste avant l’arrivée de Remi, et j’irai jusqu’à mon arrivée dans l’Arizona que vous venez juste de découvrir. Je ne voulais évidemment pas vous laisser sur l’article précédent et vous allez vite comprendre que si les derniers jours n’ont pas été roses, la dizaine qui a précédé a été toute différente!

Les Etats-Unis sont souvent présentés ou peut être se présentent souvent comme étant le pays des libertés. De mauvaises langues anti-américanistes seraient vite tentées de dire que c’est le pays de la liberté de ne pas avoir d’assurance maladie (1/4 de la population n’en a pas), de ne pas savoir où est l’Europe sur une carte du monde (il y en a déjà énormément qui ne savent pas où est New-York sur la carte du pays), de jouer avec des flingues dans les écoles, de conduire des énormes pick-up à 17 ans mais de ne pas pouvoir entrer dans un pub avant 21 ans,…! Et ce n’est pas tout à fait faux… Mais la liberté américaine, ce n’est pas juste ça. Et je pense que voir un peu le pays de l’intérieur ça donne déjà une autre image. La liberté américaine ça peut aussi être le fait de mener la vie que tu veux, de t’habiller comme tu veux sans avoir à supporter le jugement de ses voisins. Alors qu’on se représente souvent les Etats-Unis « fashion » des stars, je n’ai jamais vu un pays où il y a une concentration aussi importante de personnes à l’air déganté, loufoque ou ringard (ma seule phrase prouve mon coté européen « corporate »). Pas question de devoir porter un certain type de vêtement pour entrer dans un casino ou un restaurant par exemple. On y croise aussi bien des cow-boys, des hippies ou des grand-mères en training. On a vu avec Remi un gars marcher en plein Las Vegas en boxer et pantoufles.

Un autre sens de la liberté ici est inévitablement lié à l’histoire. Les traces de la conquête de l’Ouest et des voyages des pionniers cherchant l’eldorado sont impressionnantes.

Mais le vrai sens de la liberté américaine pour moi c’est la liberté d’entreprendre et même d’entreprendre les choses les plus folles, les plus démesurées ou meme les plus stupides. Une fois qu’on a une idée et qu’on a les moyens dans ce pays, j’ai l’impression qu’il n’y a pas grand chose qui peut t’arrêter. Las Vegas, Hollywood ou encore le fait que des familles de pionniers ont pu traverser Death Valley (La Vallée de la Mort) en sont les meilleures illustrations.

Revenons donc  à San Francisco. J’ai retrouvé Remi à l’aéroport le vendredi soir. Retrouvailles qui ont bien failli ne jamais avoir lieu suite à une incompréhension de timing. Bref après nous être cherché pendant plus d’une heure dans l’aéroport de San Francisco, nous avons fini par nous trouver et regagner le centre. La fatigue des voyages respectifs pour arriver à SF ne nous a bien entendu pas empêcher de trinquer aux retrouvailles et de commencer à réfléchir à ce que nous allions faire de ces 10 jours ensembles. Ce n’étaient évidemment pas les idées qui manquaient. Il était plutôt question de se demander lesquelles de ces idees nous n’allions pas pouvoir faire!

Quoi qu’il en soit, les rues de San Francisco valaient bien la peine qu’on s’y attarde la journée du lendemain. Si nous avons malheureusement raté la visite de la célèbre prison d’Alcatraz (les tickets partent visiblement à la vitesse de l’éclair), nous avons pu profiter des vues sur la célèbre baie, sur la prison qu’Al Capone appelait « Home » et sur le superbe et tellement « filmogénique » Golden Gate Bridge. Notre balade dans les nombreuses rues en pente – desquelles ont voit toujours bondir les voitures dans les films américains –  nous a notamment fait atterrir dans un Dim Sum de Chinatown. Les Dim Sum sont des restaurants chinois où les serveuses passent entre les tables avec des chariots remplis de différents plats. Il suffit de prendre ce qui nous tente et la serveuse fait une croix sur une souche. A la sortie on paie en fonction du nombre de croix qu’on a sur sa souche. Le principe est amusant et réserve toujours de nombreuses surprises et découvertes culinaires. J’avais découvert ce principe avec François à New-York et l’occasion était trop belle de retenter le coup avec Remi. Au rang des surprises ou erreurs on peut retenir les beignets sucrés qu’on a pris d’entrée pour des accompagnements salés.

Le lendemain matin nous avons pris possession de la voiture qui allait nous emmener à travers la Californie. Lorsque l’employé de l’agence a vu que nous allions à Las Vegas, il a bien tenté de nous refiler une Ford Mustang a prix légèrement plus élevé. Mais notre but (ou en tout cas celui de Remi) n’étant pas de draguer les clones de Paris Hilton aux sorties des boites de nuit, nous avons résisté. Nous n’avons par contre  bien entendu pas résisté à traverser le Golden Gate en nous prenant pour je ne sais quel héros hollywoodien et à prendre une multitude de photos de lieux. Je suis désolé d’apprendre à Michel que le restaurant Alta Maria qui offrait (parait-il) une superbe vue sur la baie a été transformé en hôpital. Ce qui a abrégé notre passage par Saucalito.

Si je vous dis que notre première vraie destination était la Somona Valley (voisine de la célèbre et très touristique) Napa Valley, serez vous surpris? Pour notre culture, il nous semblait important de faire plus ample connaissance avec les vins californiens. Ce que nous avons fait mais en toute modération puisque la route continuait ce jour là. Nous avons donc choisi trois vignobles, plus nous aurait mis hors la loi! De plus chaque dégustation est payante ce qui limite aussi fortement le nombre de visite. Le soir nous avons continué notre route en direction du par national du Yosemite. L’avantage de voyager à deux – bien après de ne pas être seul et de voyager avec un ami – c’est que loger dans des motels revient au même prix que de loger dans des dortoirs… Nous ne  nous sommes donc pas privés …. et de toute manière on n’avait pas vraiment le choix.

Le lendemain, l’entrée dans le Yosemite fut un peu embêtante. Tout au long de la route nous voyions des publicités de vendeurs de chaines (pour voitures), et plus nous nous rapprochions de l’entrée du parc et plus nous comprenions qu’il était obligatoire d’avoir des chaines dans la voiture. De plus, la neige devenait de plus en plus présente sur le bord de la route. Comme nous n’avions aucune envie d’acheter des chaines pour le peu d’utilisation en prévision, nous nous sommes dit qu’on verrait bien à l’entrée du parc national. Et à cette entrée, nous sommes tombé nez-a-nez avec un panneau confirmant l’obligation d’avoir des chaines dans son coffre. Que faire? Passer et faire semblant de rien en prenant le risque? N’ayant aucun des deux l’âme d’outlaws nous avons décidé d’en parler à la charmante ranger de service. Elle nous a dit que la loi nous obligeait à en avoir mais qu’on ne devait pas les mettre car la route est dégagée. Elle nous a dit avec un grand sourire qu’on pouvait être contrôlé mais que tous les véhicules ne l’étaient pas. Ce qui voulait bien dire « Allez y mais je ne peux pas vous le dire ». C’est donc évidemment ce que nous avons fait… La vallée du Yosemite sous la neige était absolument superbe et je vous promets qu’un jour vous en aurez les photos….mais je ne sais pas quand.

L’étape suivante nous a ramenés sur la côte entre San Francisco et Los Angeles. La Highway 1 est une route incontournable pour qui visite la Californie. Elle longe la spectaculaire côte et ses falaises, la partie la plus impressionnante étant le Big Sour. Nous avons mis deux jours   pour atteindre la plaque Malibu! Et puis quelques mètres plus loin nous sommes tombés sur le centre des gardes côtes de Malibu. Nous n’avons évidemment pas résisté à une baignade glaciale sur cette plage mythique. J’ai attentivement vérifié les mensurations de la personne en poste ce jour sur la plage et malheureusement elle ne m’a pas donné l’envie de me noyer… C’était plutôt un Mitch qu’une Pamela. Pas de bol!

Nous avons ensuite trouvé un backpacker à quelques mètres d’Hollywood Boulevard en plein…. Hollywood. Le boulevard est peut être plus connu comme étant The Walk of the Fame avec toutes ses étoiles portant le nom d’une célébrité. Nous n’avons pas manqué de partir à la recherche des grands noms du cinéma sur ce très célèbre boulevard. Nous avons fini la soirée dans un des bars de Beverly Hills où bon nombre de stars ont commencé leur carrière. Nous avons été entubés dans l’un d’entre eux puisque nous nous sommes retrouvés seuls à écouter un bête groupe  qu’on a fini par vraiment laisser faire du bruit tout seul. Nous avons plutôt été voir des filles qui faisaient du rodéo sur une fausse vache dans une sorte de saloon. Oui, il y a des saloons à Beverly Hills! Le lendemain matin, je n’ai pas pu résister à l’envie d’acheter une carte des maisons des célébrités, et nous sommes partis voir à quoi ressemblent les maisons du quartier le plus célèbre du monde. Nous sommes ainsi passé devant chez Phil Collins, Johnny Depp et Vanessa Paradis, Jennifer Aniston ou évidemment l’immanquable Britney Spears (et même le feu rouge où elle s’est fait prendre avec son bébé sur les genoux en conduisant!!!)… De vrais gosses ou… des paparazzis. En prenant des photos nous nous sommes d’ailleurs imaginés quelques fois voir Bruce Willis sortir de chez lui pour nous « exploser la tronche ».  Nous avons passé le reste de la journée à visiter les studios d’Universal pour découvrir l’envers du décor. Une bonne partie des studios sont en fait un parc d’attractions qui plonge les visiteurs dans les décors et ambiance de certains films. Nous avions un peu hésité à faire cette visite, mais c’est un choix que nous ne regrettons absolument pas. C’était aussi instructif qu’amusant! Hollywood c’était déjà un avant-gout de démesure…

Sans transition la suite! De Hollywood, nous sommes passés à Death Valley! Pour un changement, c’est du changement… Nous avons directement fait un retour au pays des cow-boys et de la sécheresse. La Vallée de la Mort est magnifique et c’est le genre d’endroit qui me transporte tout droit dans les aventures de Blueberry. Et puisque nous n’avions pas tout vu sur la première journée, nous y sommes même revenus le lendemain. Il y a 100 ans Death Valley était un enfer qu’on était heureux de quitter vivant. Aujourd’hui on y retourne par plaisir. Il faut avouer qu’en cette saison les températures y sont raisonnables (30 degrés) mais qu’en été la température peut rester de longues semaines au dessus de 50 degrés.

De la Death Valley, nous avons rejoint l’étape finale de notre voyage commun : Las Vegas*. D’un coup nous sommes rentrés dans la démesure, l’exagération! Sur plusieurs kilomètres The Strip est rempli de casinos-hôtels tous plus grands les uns que les autres. Tous ces resorts débordent d’imagination et des dollars pour attirer toujours plus de joueurs. Les entrepreneurs n’hésitent pas à construire des lacs, chutes d’eau, montagnes russes, aquariums géants, cirques,… pour se faire remarquer et attirer les flambeurs de tous les coins des Etats-Unis, mais aussi du monde. Dans les rues nous avons croisé toutes sortes de personnages, de la jeunesse dorée aux retraités de l’Ohio qui viennent claquer le fric durement gagné ou facilement hérité. Bien qu’évidemment ils espèrent toujours repartir plus riches que ce qu’ils sont arrivés. A l’intérieur des casinos tout est mis en place pour mettre à l’aise et vous donner l’envie de rester. Cela va des danseuses sur les podiums derrières les tables de roulette, aux superbes blondes déguisées en lapines qui posent pour des photos (payantes tout de même c’est pour ça que je n’en ai pas), des boissons gratuites servies aux joueurs par des serveuses qui ont oublié leur jupe au vestiaire, des concerts, des boutiques de luxe, des restaurants buffet à volonté pour des prix cassés, des nuits dans des palaces à des prix ridicules (en week-end),…. D’ailleurs à propos d’hôtel, je me suis dit que j’allais voir le prix d’une nuit dans un des gros resorts les moins chers. Pour une nuit le samedi c’était 170 dollars, alors que le dimanche c’était 30 dollars! J’ai donc dormi le samedi en auberge de jeunesse super loin du centre et le dimanche dans un palace du Strip!

Las Vegas, c’est la ville ou les filles mettent leur robe de mariée et prennent le bus pour aller à la chapelle avec les témoins qui suivent! J’ai d’ailleurs pas compris pourquoi Aline n’était pas venue avec, ça aurait simplifié bien des préparatifs pour elle-même et Remi. Comme nous étions là, nous avons bien entendu consacré quelques dollars au jeu. Malheureusement une ligne que j’avais inscrite à mon budget comme « rentrée certaine » doit maintenant être ramenée à -30 dollars. Nous en sommes restés aux machines à sous mais nous avons pris plaisir à regarder les tables de roulettes, de black jack ou de poker. J’ai même bien étudié les règles et les tactiques après le départ de Remi, lorsque j’ai encore passé deux jours seul dans ce milieu de perdition et de débauche. Alors qu’on ne m’avait pas dit beaucoup de bien de Las Vegas, j’avoue que j’ai beaucoup aimé! Même si j’ai rêvé de machines à sous pendant les deux nuits qui ont suivi et que j’étais presque écœuré de la ville en la quittant. C’est une ville où il faut passer mais où il ne faut pas trop tarder sous peine d’y être vite accroc.

Nous nous sommes dits au revoir et à très bientôt avec Remi à 5 heure du matin après une nuit sous les lumières de Vegas. Je ne vous dis pas que la suite est pour dans quelques jours puisque vous la connaissez déjà!

Portez vous bien et à bientôt,

 

Goral

 

* Private joke comprendront ceux qui doivent. « La ville où tout le monde est fou, la ville où tout le monde ne dort pas, la ville où il y a plein de pscht » Et ben on l’a trouvée cette ville imaginaire!


World Tour 18 (USA) : Le revers de la médaille

samedi 4 avril 2009

Bonjour tout le monde,

Quand rien ne va, rien ne va! Et croyez moi, je suis en train de bien expérimenter la véracité de la phrase…

Aujourd’hui, et exceptionnellement, vous allez recevoir deux nouveaux articles en même temps. Il faut dire que je vous ai un peu délaissé depuis plusieurs jours à cause d’un programme fort chargé. Etonnamment, ce premier article fait abstraction de la partie Californienne du voyage sur laquelle je reviendrai dans l’article 19.   

Dans tous mes articles je montre presque exclusivement le coté positif des choses et des événements qui surviennent. Et ainsi j’ai parfois l’impression de donner à « mes lecteurs »  une image de facilité et de bonheur continu aux 4 coins du globe. Je me rends aussi compte que ce n’est pas vraiment le cas et que mes récits ne seraient pas complets et sincères si je ne montrais pas qu’à certains moments c’est difficile de faire un tour du monde en solitaire (même si je ne suis pas sur un canoë avec des rames). Et je pense que le moment est bien choisi pour vous en donner une idée…. Effectivement depuis le départ de Remi et depuis que j’ai laissé Las Vegas derrière moi, rien ne va plus!

Pour en venir aux faits, j’ai quitté le Nevada lundi en direction de Flagstaff, une petite ville de l’Arizona. Pour moi l’arrivée dans l’Arizona devait coller parfaitement avec le retour du soleil et des hautes températures, la découverte du Far West, les innombrables lieux mythiques que sont le Grand Canyon, Monument Valley, Tombstone, la Mesa Verde, les villages fantômes, etc…  Je voulais donc louer une voiture pour visiter la région qui s’étend sur les frontières de l’Arizona, du Colorado, de l’Utah et du Nouveau Mexique.

Mon arrivée à Flagstaff m’a déjà vite fait comprendre que pour les degrés je repasserai une autre fois! Grâce aux supers horaires Greyhound, j’ai débarqué dans ce bled à 2 heures du matin (ça vous rappelle quelque chose la sortie du Greyhound en pleine nuit?). J’arrivais en short de Las Vegas et j’ai vite compris que l’activité locale actuelle était plus le ski que le rodéo! Je n’imaginais même pas qu’on skiait en Arizona (d’ailleurs demain ils clôturent la saison par une journée « tout nu sur les skis » — j’te jure l’Amérique….!). Il faisait froid mais ce n’était tout de même pas Banff. Heureusement j’avais réservé une chambre dans une auberge de jeunesse cette fois ci et j’ai donc sauté dans un taxi en direction de mon lit.

Les choses ont commencé à se gâter le lendemain matin quand je me suis réveillé. D’un coup je me sentais vidé de mes forces et je me sentais de plus en plus malade. Etant sorti pour m’acheter quelques aliments, j’ai vite compris que je n’irai pas bien loin avant d’être rétabli. En fin de matinée, fiévreux, j’avais déjà retrouvé mon lit. Les autres occupants de la chambre se demandaient d’ailleurs si je vivais toujours car ils n’avaient pas vu ma sortie matinale et à 4 heure j’étais toujours cloué au lit. J’ai fini par en sortir et me clouer devant la TV. Je ne sais pas si j’ai passé plus de temps devant la télé ou dans les toilettes mais en tout cas la journée ne fut pas des plus palpitantes. Il fallait pourtant que je me retape car j’avais loué une voiture à partir du 1er, c’est à dire le lendemain. Comme j’avais vraiment beaucoup de chance, j’étais sur un lit superposé sans échelle. Et si vous ne l’avez jamais essayé, sachez que ce n’est pas super facile de se partager entre son lit et les toilettes dans ce cas là! ….  Jusqu’ici j’avais résisté au froid polaire de Banff et au repas « araignée-grillons » du Cambodge, mais je ne sais pas si j’ai fini par trébucher sur les températures arizoniennes ou sur les cheeseburgers du MacDo. Il faut bien le dire ce n’est tout de même pas très glorieux!

Heureusement le lendemain matin, je sentais déjà une amélioration. C’est donc confiant que j’ai appelé la compagnie de location de voiture qui est venue me chercher et chez qui je rempli toutes les formalités habituelles. Le problème suivant c’est présenté quand ma carte de crédit a été rejetée! Et non visiblement ce n’était pas un poisson d’Avril… Je savais que j’avais dépassé la limite de ma carte Visa pour le mois de Mars. Depuis quelques jours je vivais d’ailleurs sur les fonds que Remi a bien voulu me laisser. Mais je pensais vraiment que chez Fortis le mois commençait le 1er! Et ben vraisemblablement il commence le 2! Ce qui a donc signifié un retour à l’hôtel et une journée de plus devant la TV. Le bon coté évidemment c’est que j’ai eu un peu plus de temps pour me retaper. Je ne sais pas pourquoi je commençais à avoir la fâcheuse impression de perdre mes journées qui sont pourtant maintenant comptées!

Heureusement le lendemain allait tout de même s’avérer une très bonne journée. Une fois que ma carte de crédit a été acceptée, j’ai pris la route de l’incontournable Grand Canyon qui se trouve à 2 heures de Flagstaff. Tout le monde a déjà entendu parler de l’attraction touristique numero1 des Etats-Unis, et il faut bien reconnaitre que sa réputation n’a rien d’usurpée.  J’ai donc passé la journée à explorer les points de vue impressionnants sur le canyon formé par le Colorado. Certainement l’une des plus impressionnantes vue au monde! La profondeur et la largeur du canyon nous font presque perdre la notion des distances… Malheureusement en fin d’après-midi, le beau ciel bleu a commencé à se couvrir et ça n’annonçait rien de bon pour la suite!

Etant donné que lorsque l’on voyage à deux on paie la voiture et la chambre à deux, lorsque l’on voyage à 1 on paie la voiture et la chambre à 1. C’est mathématique! Le budget étant ce qu’il est (et on ne plaisante pas avec le budget) j’ai décidé que j’avais de quoi payer par jour soit la voiture soit la chambre… et comme j’avais déjà la voiture, il n’y aurait pas de chambre ce soir! La voiture se transformant donc en chambre…. (Vous suivez?). J’ai donc dormi dans la voiture (de toute manière une cabine au Grand Canyon, c’est tout de même beaucoup plus cher que les palaces de Las Vegas!). Et si la nuit ne fut pas de tout confort, j’ai tout de même bien trouvé un long sommeil. La journée qui s’annonçait allait être bien pire que la nuit qui s’était finalement bien passée.

J’ai directement pris la direction de l’aéroport pour tenter de faire un petit vol au déçu du Grand Canyon. Malheureusement tous les vols étaient annulés pour cause de trop grand vent… L’aéroport étant abrité du vent, je trouvais qu’ils exagéraient avec leur soit disant vent! Mais lorsque je me suis arrêté aux derniers points de vue sur le canyon que je n’avais pas eu le temps de voir la veille, j’ai vite compris qu’on ne parlait pas d’une petite brise printanière mais bien d’une tempête à décorner les bœufs! Le froid et la tempête ont eu raison de moi et j’ai repris ma route vers des contrées que j’espérais plus accueillantes.

Je suis donc parti vers l’Est en direction du Canyon de Chelly qui se trouve tout de même à plus de 250 kilomètres de là. Alors que la route aux abords du Grand Canyon est plutôt bordée de sapins, plus on descend dans les pleines de l’Arizona plus les étendues désertiques prennent le dessus. C’est donc un décor de sable ou de poussière rouge et de buissons secs qui s’étendaient devant moi. Et le phénomène naturel que je n’avais pas encore expérimenté qui devait se produire c’est produit! Tempête + sable = Tempête de sable! Ca aussi c’est mathématique… ou plutôt géographique. Quoi qu’il en soit, au début je roulais juste au milieu du nowhere par grands vents et avec des rafales de sables ou de buissons qui traversaient la route. Jusque la, ça allait. La visibilité n’était pas encore trop mauvaise. Mais les choses n’ont fait qu’empirer… Je me suis vite retrouvé au volant de ma Pontiac blanche en pleine tempête de sable. Pendant 10 secondes je voyais clairement, puis les 10 secondes qui suivaient je ne voyais plus à 3 mètres. Que faire dans ce cas? Ben je sais pas trop, le Lonely Planet n’en parle pas….

Plusieurs possibilités se présentaient :

1) Je ne vois plus rien donc je n’avance plus? Ce qui est le plus tentant est probablement le plus dangereux. Il y avait du trafic (et ce sont plutôt des cow-boys dans des gros pick-up) et s’arrêter n’importe comment est le meilleur moyen de créer un carambolage géant qui ferait parler de l’Arizona dans les gazettes européennes.

2) S’arrêter au bord de la route, presque aussi dangereux que l’option 1.

3) S’arrêter quand on voit un parking et attendre? Il y avait déjà une couche de poussière dans la voiture et les prédictions météo ne prédisaient rien de mieux avant le surlendemain! Pas raisonnable non plus…

4) Mettre ses 4 clignotants, tenter de ne pas perdre le contact avec les feux du pick-up de devant, surveiller que celui de derrière n’est pas trop proche, couper la musique pour se concentrer, suivre prudemment ce qu’on voit de la ligne blanche et tenter de sortir de cette merde? C’est donc cette solution que j’ai choisi.

Heureusement les 250 bornes n’étaient pas toutes complètement bouchées à ce point, mais à chaque fois que je me disais que c’était probablement fini, ça recommençait de plus belle. J’ai tout de même fini par arriver au Canyon de Chelly ou j’ai vite compris que je n’allais rien voir du tout et que ce serait la même chose pour demain. Le plus embêtant c’est qu’on m’a dit que ce serait la même chose pour Monument Valley. Il était 4 heures de l’après-midi, la visibilité avait l’air correcte et on me demandait 140 dollars pour loger là-bas. J’ai donc décidé de tenter de rejoindre l’état du Colorado en quête d’un terrain où le sable ne serait plus maître.

J’ai repris la route et quelques kilomètres plus loin je me suis retrouvé dans le même enfer qu’un peu plus tot. A ce moment, j’avais évidemment  décidé que budget ou pas budget il n’était pas question de passer la nuit dans la voiture dans ces conditions. Il fallait donc trouver un motel au plus vite et me préparer à y passer la nuit! Le premier motel n’est arrivé que 150 bornes plus loin dans la ville de Cortez au Colorado. J’y suis arrivé à 9 heure un peu abattu par la journée qui venait de se passer. J’allais presque sauter l’histoire, mais un moment la tempête de sable s’était arrêtée… pour la bonne raison que c’est la pluie qui s’est mise à tomber et qui a donc cloué sable et poussière au sol. Il me pleuvait dessu en plein désert de l’Arizona! Est-ce que vous pouvez croire ca? Moi j’ai encore du mal à y croire. Une semaine plus tôt, avec Rémi, on se disait qu’il ne fallait vraiment pas avoir de bol pour que la pluie se mette a tomber le jour où tu visites la vallée de la mort… et ben moi elle s’est mise à tomber le jour où je voulais visiter le désert arizonien!

Ayant fini par trouver une chambre dans un motel, je me suis dit que puisque je n’avais vu ni le Canyon de Chelly ni Monument Valley, j’avais bien mérité un bon petit plat. Sous une légère pluie j’ai donc trouvé un resto pour assouvir mon envie de spaghettis. Puisque c’était pas mon bon jour, j’ai eu droit à des spaghettis sauce « maison »  – je ne savais pas que « maison » était la marque de produit blanc des supermarchés locaux – et un verre de vin qui était à coup sûr coupé à l’eau (ou alors vraiment infect). Et pour couronner le tout, je suis sorti du resto non plus sous la pluie ou la tempête de sable mais bien sous une tempête de neige! Je me suis enfermé dans cette chambre d’hôtel et j’ai enfoui mes pensées noires dans mon livre. Heureusement que j’ai trouvé ce livre de Dan Brown (Deception Point) qui est actuellement mon seul objet de satisfaction.

Ce matin j’ai commencé la journée par dégager les 10 centimètres de neige qui couvraient la voiture. J’ai ensuite pu prendre la route vers la Mesa Verde où l’on peut visiter des habitations troglodytes d’une civilisation indienne disparue il y a bien longtemps. Arrivé à l’entrée du parc, je me suis fait refouler gentiment par le ranger qui m’a expliqué que je devais avoir un 4×4 ou des chaines pour accéder au parc après une telle chute de neige. Je me retrouve donc tout simplement au milieu de lieux qui me font rêver depuis toujours via d’innombrables héros de bandes dessinées et les seules occupations de la journée auront été de passer mon temps sur internet et de lire mon livre. Peut-être que ce soir j’aurai le grand plaisir de regarder une série sur Disney Chanel! Etant donne que la neige est donc sur le Colorado et que la tempête de sable souffle sur l’Arizona, je suis bloqué dans la chambre de motel de Cortez….

Vous voyez, faire un tour du monde ce n’est pas toujours si facile! Il y a parfois des moments où l’on préférerait être partout sauf là où l’on est… Des moments ou rien ne va, il y a en a bien entendu eu plusieurs autres au cours de ces 5 derniers mois, mais ils sont généralement suivis de moment où tout s’enchaine à merveille. Il faut juste prendre son mal en patience…

A l’heure où je termine ces lignes, un rayon de soleil fait son apparition. La météo annonce le retour du grand soleil pour demain et toute la semaine prochaine…

 

Goral – Sébastien

 

P.S. : La tempête de sable dans le désert donne des paysages complètement surnaturels. J’avais l’impression d’avoir des lunettes roses devant les yeux tellement le ciel, l’air, le sol et le relief étaient couvert de la poussière rouge du désert! Très impressionnant! 

 


World Tour 17 (USA) : Des pistes enneigées au désert de Moab

samedi 21 mars 2009

 

 Chères amies, Chers amis,

Je vous avais laisse il y a un peu plus d’une semaine dans un état de bonne rigolade, d’étonnement, de froid, voir même de stress! Comme vous pouvez le constater aujourd’hui, j’ai donc bien fini par sortir entier du grand froid canadien et par atteindre les Etats Unis d’Amérique. Soit dit en passant, ceux ci ne sont pas toujours plus chauds que l’Alberta…

Aujourd’hui je vais vous faire part des dernières nouvelles de mon voyage, ainsi que de mes premières impressions sur le pays de l’oncle Sam. Cette fois je ne vais pas suivre un ordre chronologique, mais je vais plutôt aborder les différents points dans l’ordre qui me passe par la tête!

Le ski entre amis

Moment marquant de la première semaine américaine, les brèves retrouvailles avec Cédric (pas mon frère) ont été l’occasion de passer un excellent moment entre amis sur les pistes de ski. Le hasard faisant parfois bien les choses, Cédric était de passage la semaine passée à Salt Lake City pour quelques réunions. Etant donné qu’il avait son samedi libre, l’occasion était trop belle de dévaler quelques pistes ensembles dans l’un des domaines les plus connus au monde. Evidemment la notoriété du ski à Salt Lake City n’est pas tout à fait étrangère aux Jeux Olympiques d’hiver qui s’y sont tenus en 2002. Avant ça, la ville devait être plus connue pour les mormons qui y vivent que pour les sports d’hiver. J’ai donc écourté légèrement mon séjour canadien pour ne pas manquer ces retrouvailles… De toute manière il faut bien dire que si ce n’était le ski, ça aurait été le froid polaire qui m’aurait chassé bien vite.

Il ne faut pas lui dire, mais la vraie raison qui m’a fait venir à Salt Lake, c’est que Cédric était logé dans un hôtel que je qualifierais de « somptueux » pour un backpacker qui dort depuis des mois dans des dortoirs sans salle de bain, des bus, des aéroports ou des tentes (je ne serais pas honnête si je ne rectifiais pas en rappelant le super accueil d’Alexis et Raquel au Vanuatu et de Jane en Australie) . Et dans son incomparable bonté, il m’a laissé occuper le deuxième Queen Bed de sa chambre. Non seulement il y avait une salle de bain, mais il y avait même du savon et des draps!!! Je ne vous fais pas un dessin pour vous expliquer que j’ai profité « à fond » de la piscine, des petits déjeuners et autres services de l’hôtel.

Après avoir flâné dans la ville le vendredi soir et pris une bière en cachette (j’y reviendrai),  nous nous sommes donc rendu samedi dans la station de Brighton à quelques kilomètres du centre-ville. Cette fois je n’avais que le matériel de ski à louer, il était totalement inutile de m’encombrer d’une veste ou d’un pantalon de ski. Si le soleil tapait aussi fort qu’en Alberta et que le ciel était aussi bleu, la comparaison s’arrêtait là : la température était beaucoup plus clémente! La qualité du ski était excellente. C’est probablement la première fois que je skiais sur des pistes aussi agréables. Ce qui est probablement du en partie au peu de monde et à la particularité qu’on skie presque toujours en pleine forêt de sapins! Ce n’est d’ailleurs pas rare qu’un sapin perdu se dresse en plein milieu de la piste. Par contre, c’était un domaine assez petit. Ce qui est parfait pour un jour, mais pour une semaine il faudrait changer régulièrement de domaine.

Bref, vous constatez que ma saison de ski n’a été composée que de deux journées. Mais quelles journées! Entre les Rocky Mountains canadiennes et Salt Lake City la saison fut donc excellente.

Pas facile le backpackisme

Les USA sont sans contestation le pays où il est le moins facile de voyager pour un backpacker indépendant comme moi. Au pays de la voiture, rien ne facilite la vie du piéton. Quand j’arrive dans un office du tourisme et que je dis que je n’ai pas de voiture, les gens commencent par ne pas comprendre. Puis c’est plutôt une expression de « mais qu’est ce que tu fous là alors? » qui prend le relais. Puis au final, c’est toujours la même réponse : « ben tu peux pas faire grand chose alors » ou  » tu n’as qu’à en louer une ».

Comme vous le savez déjà, j’ai acheté un abonnement sur les bus Greyhound qui m’a couté bien cher. Mais contrairement à ce que j’imaginais, c’est un moyen de transport très peu utilisé par les touristes. Ce qui fait que les principaux points d’intérêts touristiques qui ne sont pas sur les grands axes ne sont pas desservis. Et évidemment lorsqu’une ligne n’est pas assez rentable, elle est supprimée. Ce qui semble logique de la part d’une entreprise privée, mais qui ne m’a pas toujours bien arrangé!

Voici quelques exemples :

– Pour me rendre de Banff en Alberta au Canada jusque Salt Lake City via l’ancienne ligne Greyhound j’aurais mis une 20ène d’heures. Mais malheureusement la ligne a été fermée! Il n’y a donc plus aucun moyen (j’ai passé une heure avec un brave gars à l’office du tourisme de Banff) de passer la frontière entre l’Alberta et le Montana sans voiture. La seule solution a donc été de repasser par Vancouver (13 heures à l’Ouest) puis de reprendre un bus vers le Montana!!! D’où j’ai pu prendre un autre bus, après une attente de 1h a 7h du matin couché sur 3 chaises dans la station de Butte, vers Salt Lake City. Le trajet a tout simplement duré un peu plus de 50 heures…! Je suis parti mercredi vers midi et je suis arrivé vendredi après-midi après avoir retraversé la Colombie Britannique, l’Etat de Washington, l’Idaho, le Montana et enfin une partie de l’Utah. Jusqu’à présent c’est le plus long que j’ai fait.

– J’ai du tout simplement sauter la visite du Yellowstone à laquelle je tenais beaucoup parce que je n’ai pas trouvé de moyen raisonnable de m’y rendre en plein hiver.

– L’office du tourisme de Salt Lake (tous aussi incompétents les uns que les autres – je pense que ce sont des pensionnés qui font ça pour rendre service mais en fin de compte ça marche pas) m’a assuré que si je ne louais pas une voiture je ne saurais pas aller à Moab (qui était ma solution de rechange suite à l’abandon de l’idée Yellowstone). En feuilletant mon Lonely Planet et Internet, j’ai donc fini par trouver moi-même un shuttle qui s’y rendait quelques fois par semaines! J’ai bien évidemment sauté sur l’occasion.

– Le problème c’est que lorsque je suis arrivé à Moab, j’ai appris qu’il n’y avait rien de possible à faire… sans voiture. J’ai donc loué une voiture une journée pour ne pas avoir fait le chemin pour rien CQFD!

En fin de compte j’ai donc perdu beaucoup de temps à chercher des moyens de transport ou à faire des détours dans ceux-ci. Heureusement ça valait vraiment chaque fois la peine lorsque j’y suis arrivé!

Les mormons

Salt Lake City a été fondée par et est devenue la capitale de l’Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours. Leurs membres sont plus connus sous le nom de mormons. Sans rentrer dans un débat religieux qui est visiblement déjà bien d’actualité, ceux qui me connaissent savent que la seule chose qui peut me plaire dans ce culte était le fait de pouvoir avoir plusieurs femmes (…)! (Je tends le bâton pour me faire battre puisque je vois déjà venir le commentaire du genre : « Commence par en trouver une avant de chercher la seconde »). Et ben ce n’est même plus le cas… S’ils sont surtout célèbres pour cette caractéristique, les mormons ne sont plus polygames puisque c’est depuis bien longtemps interdit aux USA et dans beaucoup de pays d’ailleurs. Seule une petite secte dissidente pratique toujours la polygamie de manière cachée je présume.

Cependant l’Etat de l’Utah, dont Salt Lake City est la capitale, est toujours bien aux mains des mormons. Tristement, l’Eglise et l’Etat forment toujours un même pouvoir! (Ceux qui reçoivent les mails de Pierre à Londres pourront certainement mettre nos récits en relation). L’Utah n’est donc certainement pas l’Etat le plus amusant du monde… La vie nocturne y est fort réduite. Et je ne vous parle même pas des dimanches où Salt Lake ressemble à une ville fantôme. Pour prendre un verre dans un bar, il faut montrer une pièce d’identité (comme dans beaucoup de pays pour les jeunes). Mais c’est la première fois qu’on me l’a demandée à moi. Et comme depuis la perte de mon portefeuille ma seule pièce d’identité est mon passeport, je le laisse toujours à l’hôtel. Résultat : Cédric a du acheter deux bières à des serveurs différents et j’ai du boire ma bière en cachette sans être vu!  Dans l’Utah on montre son ID jusque à 106 ans que j’ai pu voir sur un comptoir… Quand je pense qu’à New-York lorsque j’avais 18 ans je rentrais dans les bars avec une fausse carte d’étudiant!

Ma curiosité m’a poussée à aller faire la visite des institutions mormones. A mon grand étonnement les visites guidées gratuites sont faites par de charmantes jeunes filles venues passer 18 mois au service de Dieu! Je ne sais pas pourquoi je m’attendais à trouver de vieux boucs ou des horribles filles mais comme Cédric me l’avait dit, la visite valait le détour juste pour le sourire des sœurs presque toutes plus jolies et plus sympas les unes que les autres (et qui viennent du monde entier). Comme type de voyage elles décident cependant de passer 18 mois à prier et à travailler pour le culte 6 jours et 1/2 par semaine (le dernier 1/2 est consacré à leur lessive). Les entendre parler m’a souvent donné la chaire de poule tellement j’ai du mal à comprendre ce qui peut leur passer par la tête. Si elles avaient eu l’air « dérangées » j’aurais peut être pu en rire. Mais en fait elles m’inquiètent plutôt. Ou en fait je les plains. J’avais tellement envie de leur dire de passer ces 18 mois à profiter de la vie au lieu de consacrer leur existence à préparer leur mort…  Mais bon, chacun fais ce qu’il veut du temps qui lui est donné sur cette planète hein!

L’Amérique

Le bon coté du fait de voyager par Greyhound c’est que je suis très…. très loin des clichés de Paris Hilton, de Georges Clooney ou du couple Pitt-Jolie! Comme je m’en doutais les Etats-Unis c’est en bonne partie autre chose. Dans ces bus on rencontre tous types de personnages aussi amusants, intriguants ou je croirais parfois « mutants ». C’est souvent ….. folklorique. Croyez-moi!

J’utilise volontairement le mot Amérique pour les USA, ce qui est bien entendu une grosse erreur qu’on commet trop souvent et qui horripile particulièrement les sud-américains à juste titre!

Mais les Etats-Unis, c’est aussi et avant tout le monde imaginaire qu’on se forme à travers tous les films et livres qu’on dévore tout au long de notre vie. En tout cas, pour moi, lorsque j’ouvre mon Lonely Planet ou que je m’arrête devant une carte du pays, ce sont des centaines de lieux qui me sautent aux yeux. Des noms que j’ai l’impression de toujours avoir connus mais dont je ne sais finalement pas grand chose. Il y a des centaines de lieux où je me dis « là je veux y aller » et puis je me rends compte que tout ne sera pas possible pour cette fois-ci. Pour moi le Yellowstone, Tombstone, Tucson, El Paso, Fort Cheyenne, les Black Hills, les terres Navajos, San Francisco, Memphis, Nashville, la Louisiane, le Kansas, la rivière du Colorado et j’en passe des dizaines sont tous des lieux mythiques qui me font rêver et qui me plongent dans les bandes dessinées de Blueberry, Durango, Black Hills, les Tuniques Bleues ou dans les films de John Wayne ou même de Kevin Costner. C’est le monde imaginaire qui devient réalité!

Moab

Si Moab a été difficile a rejoindre et que j’y ai passé trois jours dans une sorte de camping ou vivent de manière permanente des femmes célibataires élevant une volée de kids, l’endroit est tout bonnement génial. Avec le Sud Ouest des USA j’entre bien entendu dans un domaine qui a été visité par beaucoup plus de monde, ce qui fait que je suis moins libre de vous raconter n’importe quoi (….je plaisante). J’ai souvent pensé à mes grands parents qui avaient tellement aimé leur passage dans la région.  Je comprends évidemment beaucoup mieux pourquoi!

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai donc loué une voiture pour la journée pour visiter Arches National Park et le Dead Horse Point. Comme son nom l’indique, dans le Arches NP on peut admirer de nombreuses… arches qui sont de véritables merveilles géologiques. C’est un des parcs les plus beaux du pays, mais je vous laisserai le plaisir de le voir en photos lorsque j’aurai le temps de mettre cela en ligne.

Dead Horse Point est peut être le plus beau point de vue que j’ai vu à ce jour. C’est en tout cas celui qui m’a fait le plus d’effet. Je me suis revu parcourir le désert et le canyon sur mon cheval en lieu et place de Mike Blueberry. Si je ne m’étais pas forcé à aller voir Arches National Park, je serais toujours assis au bord du canyon à contempler ce spectacle! Pour ceux qui se souviennent de la scène finale du film « Thelma et Louise », c’est là que ça a été tourné… Il en est de même pour la première scène de Mission Impossible 2 et pour bien d’autres films d’ailleurs.

 

 

Après un nouveau trajet de plus de 30 heures au travers de l’Utah et du Nevada, je suis finalement arrivé en Californie. Je suis maintenant à San Francisco où Remi arrive ce soir pour passer le dernier voyage de sa vie de célibataire. Ce coup-ci on va vraiment louer une voiture et profiter du temps qu’il nous est donné ensembles pour visiter le Sud Ouest.

Au plaisir de lire également de vos nouvelles,

 

Goral – Sébastien

 

P.S.: Pour ceux qui ne m’ont pas encore donné le moindre signe de vie, il ne vous reste plus beaucoup de temps ! 🙂