Mali

Mali

Quelques nouvelles avant le w-e
Bamako: à la découverte de l’autre rive……
le Goral entre le kicker et l’école de pâtisserie
La vie s’accélère………
Ségou, Djenné, Mopti, Endié, Sikasso: 25OO kms


Quelques nouvelles avant le w-e

Bien le bonjour à tous,

Me voici arrivé à la fin de ma première semain malienne, et il est donc temps de faire un petit bilan. Je voudrais vous en faire profiter, parceque je sais que vous êtes plusieurs intéressés.

Commençons par le début et l’arrivée à l’aéroport. La sortie de l’avion a été assez violente. Effectivement j’avais remis ma veste (et oui j’en ai une au Mali mais pas à zagreb) pour pouvoir porter mes bagages, ce qui fait que la bouffée de chaleure en passant la porte était saisisante.La sortie de l’aéroport a été très classique pour l’Afrique, càd que des dizaines de maliens se bousculent pour porter mes valises et que moi évidement je me batais pour les garder. J’ai fini par perdre et les valises sont arrivés dans le coffre de mon mâitre de stage qui m’attendait. Il y a été de son argent pour payer le porteur.

Je suis arrivé à l’hôtel vers 22 heure (heure locale -> une heure de moins qu’en Belgique). Là un gardien me montre ma chambre que je qualifierais de rustique et sympatique (un lit, une moustiquaire, un ventilateur, une table et une armoire). C’est le luxe pour le quartier, et c’est très bon marché. Le paysage est sympa et on peut l’admirer des nombreuses petites terrasses réparties dans l’hôtel. Le lendemain, j’ai rencontré le patron, un français un peu cool et bien sympa. C’est lui qui me prépare le petit déjeuner et le souper si je lui demande le matin (si j’oublie de commander, c’est une tarte aux légumes).

Surprise, mon mâitre de stage m’annonce qu’il passe me prendre à 7h15 parcequ’il dépose sa fille à l’école à cette heure là avant d’aller travailler. Je commence à m’habituer, mais je l’ai mis en retard le premier jour.

L’accueil à la CTB (coopération technique belge) où je travail a été très sympa. Il y a une dizsaine de personnes qui travaillent ici et je suis le gtroisième blanc du bureau. Après les 10, il faut rajouter le chauffeur, les gardiens, le jardinier et tous ceux qui passent la journée dehors devant le bureau. Bref, on m’a installé dans un grand bureau tout seul où j’ai accès à internet.

Il faut bien sûr que vous parle de la chaleure qui est terrible ici. Il fait environ 40° pendant la journée et pourtant ca va empirer pendant tout le mois. Le bureau est bien climatisé donc pour le moment j’ai peu souffert. Il faut dire que j’arrive tôt et que je pars tard. Il y a juste pendant la pause de midi que je le sens passer. Ca ne m’empêche bien sûr pas d’avoir très chaud le soir.

Qu’est-ce que je mange? Je ne suis pas très original à midi. Pour le moment j’ai été tous les jours « Chez Amendine », c’est le snack spécial toubab dans le quartier où je se trouve la CTB. Il faut dire pour mon excuse qu’il n’y a rien d’autre aux alentours. C’est pas top de manger tous, les jours un snack dans uyn restaurant ou passe tous les membres d’ambassades et d’organismes de coopération (j’y ai quand même goûté les nems, c’etait……..spécial). Le soir j’ai presque chaque fois mangé à l’hôtel. Là je mange plus local, une tarte aux légumes, une grosses salade de crudités avec des fruits du coin (mangues, papayes, ananas,…). De nouveau, il n’y a rien d’autre tout près pour manger. Bientôt, j’aurai mes habitudes et je vais tenter de faire mes courses et me préparer à manger. Ce midi, j’ai acheté pour la première foi quelquechose à une table au bord de la route: des mangues. Que c’était bon, c’est devenu mon dessert attitré.

Hier, variante!!!! J’ai été invité chez mon maître de stage. C’était sympa et bon. Au cours du repas, il m’a proposé d’aller camper en brousse avec sa famille et des amis. C’est un endroit qui ressemble un peu au rocher du Roi Lion d’après ce que j’ai compris. Ca c’est pour le w-e prochain.

Qu’est-ce que je vais comme boulot? Je travail sur mon mémoire. d’ailleur ca m’inquiète un peu parceque ils ont l’air d’attendre des merveilles de ce travail et ils veulent l’utiliser pour faire le rapport de fin de projet…..tout va bien!!!! Pour le moment, je me suis documenté, j’ai élaboré mes questions, j’ai assisté à des réunions avec les pays partenaires, le ministère de l’éducation, la Banque Mondiale, et j’ai pris des rendez-vous pour mes entretiens de la semaine prochaine.

Après ma semaine d’entretiens, j’accompagnerai un consultant francais particulièrement intéressant qui mène une étude sur la qualité de l’aide bilatérale belge. J’assisterai donc à ses entretiens puis on partira sur le terrain faire des visites de projets. Ca risque d’être folklorique quand on sait les distance entre les villes du pays et surtout la qualité des routes. Malheureusement, je risque de partir quand Frieda va arriver. J’ai donc un agenda bien chargé.

A propos de route, je vais un peu ecrir sur la circulation locale. C’est la follie, comme dans beaucoup de pays de la région d’ailleur. C’est pas qu’ils roulent vite, mais c’est n’importe comment. Il y a juste qques grands axes betonés et le reste c’est des pistes de terre battue. Il y a un monde fou sur les routes. Les voitures ne s’arrête jamais mais klaxone et c’est dommage pour toi si tu restes sur la route. Je dois bien dire que traverser est à tous le coups une grande aventure. Hier on a chopé une mobilette avec mon mâitre de stage, il dépassait par la droite comme un fou et s’est retrouvé sous les roues………

Je suis un peu loin de la ville. Quoi, il faut juste que je traverse le pont mais le trtoire n’est pas large et j’ai déja parlé de la conduite t en plus il fait deux bornes. et oui le Niger, c’est pas la Meuse. Ce soir c’est le début du w-e donc pas de reveil trop demain, je peux m’aventurer plus loin. Je vais commencer à voir le centre. Si demain je me lève pas tôt, ce n’est quand même pas une nuit à ralonge car mon maître de stage (dorénavant Alexis) vient me chercher à 9h30. Il va me montrer un peu la ville.

J’allais oublier de parler des piscine!!!! Car je peux aller dans celle de l’hôtel mais elle est à 5 min à pied et je n’ai pas encore été dedans. Et je peux aller chez Alexis juste à côté de l’hôtel.

Bien entendu je ne peux pas vous écrir sans parler de la situation économique du pays. J’ai encore un peu de mal à m’y faire. pourtant je pensais que ce serait dans le même style que ke Sénégal. Mais c’est incontestablement plus pauvre ici. Le Mali est dans les 5 pays les plus pauvres du monde et on le voit partout. Pour arriver à l’hôtel où il y a plusieurs grosses maisons, il faut traverser des pistes qui ressemblent presqu’à un bidon-ville. La ville est dégueulasse et les ordures sont partout. Il faut expliquer qu’ici il n’y a pas de ramassage des déchets évidement (ni même de facteur ou de nom de rue). Il y a un nombre phénoménal d’enfant dans les rues et je me demande parfois où sont les parents. Il y a des rues où règne une odeure épouventable. Ce n’est pas facile à vivre; Et à vrai dire pour le moment je n’ose pas prendre de photos, je suis assez embarassé. Et même embarrasé d’être blanc bien souvent. Ici on est pris des grand riches et c’est tout ce que nous inspirons aux maliens à mon avis. On nous regarde toujours où qu’on passe, on nous salue comme si nous étions des personnalités du pays. Et il parait que je n’ai rien vu, que ce sera pire à l’intérieure du pays.

Par contre les habitants sont très gentils. Ils proposent toujours des trucs à acheter mais n’insistent pas des heures comme au Sénégal. Il y a une très grande sécurité dans les rues. Je peux me balader à n’importe quelle heure de la nuit dans les endroits les plus démunis sans risquer de problèmes. J’avoue que j’avais quand même un peu peur pour la première ballade nocturne.

Voila je vais vous laisser parceque je suis venu écrir ce mail dans un cyber café ( et ca vaut le détour) parceque je n’ai pas eu le temps de le finir au bureau. Je suis désolé pour l’orthographe et les fautes de frappe qui doivent être extrêmement nombreuses mais je ne vais pas me relire parceque ça coûte quand même pas rien et que je viens de pondre une tartine.

Bonnes guindailles, bonnes prunes, bonnes études, bonne soirée sc-po, bonne sortie ski de fond et surtout joie dans………

A la prochaine

Goral

P.S.: Marie, je suis passé hier à côté d’un trou au milieu de la piste qui était rempli de merde et qui groillait de rats. Tu aurais adoré……….

P.S. 2: Les filles du maître de stage sont vraiment trop jeunes ( vous êtes beaucoup à me le demander)

P.S. 3: Ca ne m’empêche pas d’être embarrasé devant l’aînée qui a 4 ans et parle 4 langues. Il faut dire que c’est folklorique chez eux. Le père parle neerlandais, la mère vient d’Uruguay (elle est fille d’un ambassadeur) et parle donc espagnol à la maison et la fille est au Mali dans une école française et parle le français à la maison. Hier il y avait des moments ils se parlaient à trois dans trois langues différentes………..Je pense que le bébé d’1 an parle plus de langue que moi.

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Bamako: à la découverte de l’autre rive……

Bonjour à toutes et à tous,

Ca fait une semaine que j’ai écris mon dernier mail général, et beaucoup de choses peuvent se passer en une semaine…… Je vais donc prendre un peu de temps pour vous raconter mes aventures, anecdotes, activités en terre africaine. La difficulté principale, c’est de savoir par où commencer. Tout d’abord bien sûr, je peux maintenant dire que je suis bien habitué à la vie de Bamako, je suis même presque acclimaté. Alors qu’au moment de mon dernier mail, j’avais encore du mal à trouver les endroits recommandables pour manger ou prendre un verre, j’en ai actuellement presque fait le tour.

Commençons par le début, et donc par le week-end, à la veille duquel je vous avais laissé la semaine dernière. Ces premiers jours de congés furent consacrés à la visite du centre de Bamako, c’est-à-dire l’autre rive du fleuve par rapport à mon quartier. Dès que j’ai quitté le bureau vendredi soir, j’ai pris la direction du centre à pied dans le but de trouver quelque chose à manger. J’ai donc traversé ce fameux pont qui vient d’être construit et qui doit bien soulager les habitants de la ville qui vivaient jusqu’alors avec un pont pour une ville de plus d’un million d’habitant (imaginez Liège en cinq fois plus grand et avec un seul pont pour traverser la Meuse!!!!). Bref, la traversée fut longue et dangereuse (+/- 20 minutes dans le noir entouré de voitures, mobylettes et vélos roulant n’importe comment). Arrivé de l’autre côté, je m’attendais à tomber dans une sorte de centre ville, mais malheureusement, j’ai encore marché pendant plus d’une heure sans voire l’ombre d’un restaurant ou d’un bar. J’ai appris par après que le centre était encore bien plus loin. Finalement, je suis passé par hasard devant un restaurant français que m’avait conseillé Alexis (à partir d’ici j’appellerai mon maître de stage Alexis…… du moins dans les mails), et celui-ci fit mon bonheur.

Je vous avais un peu parlé des transports la semaine passée, mais sans les avoir testés. C’est maintenant chose faite et refaite car si au début je restais trop à l’hôtel, je sors maintenant manger à l’extérieur presque tous les soirs. Et étonnamment, je n’ai pas commencé par le traditionnel taxi jaune mais par le plus rustique minibus vert. Je voulais le tester et je l’ai fait de suite. J’ai commencé en essayant de prendre ceux qui étaient presque vide pour maintenant presque me retrouver sur les genoux d’autres passagers. Le minibus coûte 100 CFA c’est-à-dire 6 francs belges. Il sont presque en ruine, n’ont bien entendu plus de vitres ni de portes et on peut s’entasser à 20 à l’intérieur. L’inconvénient de ce transport, c’est que je ne peux les utiliser que pour des distances pas trop longues car malheureusement, je trouve rarement quelqu’un parlant français dedans et que je ne sais donc pas exactement où ils vont. Je me doute donc de la direction quand ils sont sur un grand axe et je tente le coup. Et à ce petit jeu là, je me suis déjà complètement perdu. J’avais pris le minibus sur une grande route en me disant qu’il allait la suivre mais évidement il a pris la première piste en terre sur la gauche. Je ne suis pas descendu tout de suite en me disant qu’il allait bien retourné sur la route, ce qu’il n’a jamais fait. J’ai donc décidé de descendre quand je verrai quelque chose de reconnaissable. Ce n’est jamais venu, et je me suis retrouvé au terminus à une extrémité de Bamako. Comme j’avais de la chance, je venais d’acheter un plan de la ville. Mais en le montrant à des habitants dans la rue, j’ai cru leur montrer une photo de Mars (même au chauffeur du minibus !!!). En conclusion, c’est assez amusant mais à risquer quand j’ai beaucoup de temps devant moi.

En ce qui concerne les taxis, je ne voulais pas trop en prendre dans un but économique. Mais je me suis vite rendu compte qu’il fallait faire un choix entre rester en permanence à l’hôtel ou utiliser les taxis. J’ai donc opté pour la solution……offensive et je négocie maintenant le prix de mes taxis avec fermeté. Objectif faire descendre à chaque fois le prix…. Ces taxis ne sont pas dans un meilleur état que les minibus (on ne s’en servirait pas pour faire les vendanges en Provence pour ceux qui voient le truc). Les taxis sont très facile à trouver et connaissent en général assez bien les points importants de la ville, mais ça revient vite cher quand on les utilise souvent (2,5 € par trajet en moyenne). De plus ils connaissent beaucoup de pannes. J’en ai déjà connu deux. La seconde, on était presque arrivé à l’hôtel donc ce n’était pas bien embêtant, mais la première fois était plus folklorique. Nous étions alors sur le vieux pont (une bande dans chaque sens, mais heureusement il n’y pas de borne centrale. Après avoir essayer de sauter plusieurs fois dans sa voiture pour tenter de lui donner une impulsion, le chauffeur est tout de même sorti pousser. Il pousse donc en courant à côté du volant mais sans le tenir, ce qui fait qu’il a fait dévier la voiture sur le trottoir et a manqué de m’envoyer f aire un tour dans le Niger. J’ai compris la cause de toutes ces pannes sèche lorsque un chauffeur s’est arrêté en me conduisant pour faire le plein. Ils ne remettent qu’1 litre d’essence à la foi !!!! Pour vous donner une idée de la difficulté de me faire comprendre au début dans les taxi, le nom du quartier où je travail est Badalabougou et celui où je loge est Torokorobougou. Ce n’était pas facile à retenir au départ. C’est tout de même plus facile de dire Vennes ou Longdoz…

Troisième moyen de transport que j’utilise, qui est beaucoup plus confortable, une voiture de la CTB. Quand un chauffeur est disponible, il me conduit à mes rendez-vous. Ce qui est quand même beaucoup plus pratique. De plus, je viens de le remarquer, nous avons ici une voiture diplomatique, et j’avoue que ça m’amuse assez de me faire conduire par un chauffeur en voiture diplomatique (bon d’accord c’est assez jouette mais on se refait pas).

Je me suis complètement égaré, et je vais donc revenir à ma visite de Bamako. Le samedi je n’ai pas pu réveiller tard comme je l’imaginais pendant toute la semaine car Alexis est venu me chercher pour me montrer rapidement la ville en voiture. Nous avons commencé par aller prendre un café dans le plus grand hôtel de Bamako (ce qui n’est vraiment pas typique du coin je le reconnais). Ensuite nous avons été faire un tour sur le marché des antiquaires, on y trouve beaucoup de chose, mais il faut vraiment s’enfoncer dans les petites ruelles pour en avoir une bonne vision. Après ça, direction la seule librairie de Bamako où j’ai acheté notamment la carte de la ville dont j’ai déjà parlé. De la voiture, il m’a montré les restaurants et café qu’il me conseillait, puis le grand marché de Médine que j’ai retraversé à pied par la suite. Et il m’a déposé devant le musée national dont j’ai été faire la visite.

Après la visite du musée, je n’avais qu’un objectif : manger. Je voulais trouver un truc pas loin mais j’ai marché pendant presque deux heures avant de me décider à monter dans le fameux minibus avec lequel je me suis perdu. C’est donc affamé et des heures plus tard que je suis finalement arrivé dans le quartier où se trouvent les restaurants et bars branchés de la ville.

Fin d’après midi, je me suis baladé dans le jardin botanique et comme il donnait sur le zoo, j’en ai profité pour le visiter aussi. Et j’aurai mieux d’éviter…… Tout d’abord je me suis rendu compte que j’arrivais au zoo parce que je me suis retrouvé devant une sorte d’enclos qui me semblait uniquement rempli de hautes herbes. Mais en regardant mieux, j’ai été surpris par la présence immobile d’un crocodile la gueule ouverte à deux mètres de moi. Il faut bien dire que je ne m’attendais pas à voir une bête dangereuse dans un enclos avec une petite barrière de 1 mètre de haut que je pouvais enjamber et sans barrière de sécurité. En fait c’était le cas dans tout le zoo et on pouvais caresser les hyènes sui on voulait… J’ai été très surpris de voir le prix de la visite, 3 FB, et j’ai donc commencé à envisager un zoo quelque peu louche. Je ne m’étais pas trompé car cet endroit était une véritable catastrophe. Il était presque à l’abandon total et les bêtes mourraient dans les enclos sans qu’on enlève les corps. Résultat : une odeur de charogne épouvantable régnait sur cet endroit. J’ai vu des animaux en décomposition dans des enclos comme vous pourrez le voir bientôt sur les photos.

Après cette journée bien fatigante, je me suis dit qu’un petit tour dans la piscine ne me ferait pas de mal avant de retourner dans le centre pour boire un verre. Je suis encore allé me baigner le lendemain mais depuis je n’ai plus eu le temps.

Le dimanche lui fut de tout repos et je ne suis sorti que pour manger.

La semaine a repris ses droits et donc le boulot a recommencé. Cette semaine fut beaucoup plus chargée que la première semaine où je m’étais surtout habitué à mon environnement. J’ai commencé lundi mes entretiens avec les différents bailleurs de fonds présents au Mali. J’ai commencé par politesse par l’ambassade de Belgique, puis je me suis rendu à la coopération allemande, à l’ambassade des Pays-Bas, à l’UNESCO et ce matin à la Banque Mondiale (c’est le seul endroit où je dois mettre ma chemise dans mon pantalon). De plus, j’ai assisté à des réunions importantes au ministère de l’éducation. L’une rassemblait l’ensemble des bailleurs de fonds ainsi que le ministre et ses directeurs de services. Mon travail avance et mes orientations sont maintenant bien définies. Je commence à y voir très clair dans ce que je vais faire, et pour certains passages il ne me reste « qu’à rédiger ».

Je vais un peu vous présenter le personnel de la CTB, je trouve ça assez amusant de voire les différentes classes d’employés. Si je devais classer le personnel du bureau, je ferais trois catégories. La première, celle des experts, reprend le patron ainsi que les experts techniques et financiers. Ce sont toutes des personnes bien qualifiées et qui disposent d’un bureau personnel. On dénombre dans cette catégorie 6 personnes dont uniquement deux belges plus 1 burkinabé, 1 sénégalais et 2 maliens. Plus pour le moment, un expert décentralisé qui squatte une partie de mon bureau et moi. Ce n’est pas pour faire le malin que je me classe ici mais je me vois mal dans les autres catégories. La deuxième catégorie, celle des secrétaires (elles sont toutes maliennes je pense), je dirai que c’est le groupe des glandeuse. Elles amènent le café, décrochent le téléphone et font mes photocopies. Il n’est pas rare d’en voire une dormir sur son bureau et je trouve ça assez excellent. De plus c’est assez amusant d’entendre un expert râler sur l’incompétence de ces pauvres femmes (qui sont toujours habillées de robes magnifiques et qui sont très sympa). Enfin, dans la dernière catégorie, et ce sont mes préférés, on retrouve tous ceux qui « traînent » devant la porte. On retrouve devant le bâtiment, dans un petit salon aménagé avec quelques sièges et une théière, les chauffeurs, l’homme d’entretien, le gardien (lui c’est le plus fort, parce que sa seule mission c’est d’ouvrir la barrière quand on sort ou le garage aux voitures……). Voila pour mes collègues !!!

Un petit mot sur le prix de la ville ici qui n’est vraiment pas bon marché. Je m’attendais à une vie très bon marché, moins coûteuse qu’en Belgique et même en Croatie, mais il n’en est rien. Un restaurant ou un fanta coûtent parfois bien plus qu’en Europe. En fait, ce sont les produits consommés par les maliens qui coûtent beaucoup moins, c’est-à-dire pas grand-chose…. On retrouve dans cette dernière catégorie : le pain, le minibus, l’essence, les fruits,…

Hier, un aventurier français est arrivé pour deux jours à l’hôtel, ce qui fait qu’on a passé la soirée ensemble et que j’ai donc eu l’occasion de boire ma première bière malienne, ça fait du bien. De plus il y avait des belges dans l’autre partie de l’hôtel avec qui nous avons discuté un bout de temps. C’était donc ma première soirée sociable. Les autres de la semaine, je devais travailler pour retranscrire les interview que j’avais enregistrées. Et à mon avis je vais de moins en moins me retrouver seul car le stagiaire français de l’ambassade de France va avoir une semaine plus cool et on va sûrement pouvoir faire quelque chose ensemble. Et de mieux en mieux, hier, la femme d’Alexis, m’a donné le numéro d’une allemande qui est fille au pair ici depuis plusieurs mois et qui ne demande qu’à connaître des gens de son âge parce que elle ne connaît presque personne. Je vais donc me dévouer pour aller prendre un verre avec elle un soir dans les bars branchés que sont le BlaBla bar, la Terrasse, le Byblos, le Tempo ou encore l’Apaloosa. Et puis bien sûr Frieda arrive le Dimanche 20. La vie nocturne risque donc de s’activer d’ici peu.

Hier, avec l’ « aventurier français », j’ai pour la première fois quitté les bonnes tables chiques pour manger dans un « restaurant » au bord de la route. Ce restaurant est composé de deux tables et 4 chaises qu’on pourrait peut-être utiliser dans une école primaire si les enfants arrivent à s’y asseoir. Je n’ose pas imaginer l’état de la cuisine ni d’où viennent les aliments qu’on mangeait, mais en tout cas, c’était très bon et beaucoup plus économique. C’est à recommencer.

Vous allez bientôt pouvoir découvrir les premières photos sur le site de Tom. Je vous préviendrai quand elles seront en ligne.

Si vous ne souhaitez plus recevoir ma tartine qui encombre votre boîte, écrivez moi un mail. A l’inverse si j’oublie qqun qu’on me le dise.

Aussi non, je suis ravi que la sortie ski de fonds se soit super bien passé, que la soirée sciences po aussi, que toute la famille se porte bien, que le voyage de Jelena à Liège se prépare et que le dégèle arrive parce que j’avais froid pour vous. Je vous souhaite à tous une excellente Saint-Torê et évidement soyez raisonnables….

A très bientôt,

Sébastien Luthers
En mission diplomatique à Bamako

P.S. : J’ai reçu des consignes de l’ambassade de Belgique qui me demande de pouvoir lire mon travail avant publication pour éviter des incidents diplomatiques comme c’est le cas actuellement avec un autre rapport en provenance de Belgique….. Vive la censure…

P.S.2 : Je suis en ordre de visa. Il fallait que je paye 100 € par la procédure classique mais par la voie de la représentation permanente je l’ai finalement eu pour 10 €.

P.S.3 : « Que la poule mette sa queue a gauche ou à droite, ce n’est pas notre problème » (le ministre de l’éducation de la république du Mali)

P.S.4 : « Notre pays est en crise » (idem). Non tu as remarqué aussi !!!

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le Goral entre le kicker et l’école de pâtisserie

Amis d’Europe bonsoir,

Pourquoi bonsoir, devez-vous vous demander, alors que je vous écris en pleine journée ? La réponse est simple : je m’habitue aux expressions maliennes !!! En effet, j’ai remarqué, ici, que les gens me souhaitaient le bonsoir pratiquement toute la journée. Au départ, je croyais que c’était parce que ils ne comprenaient pas le français et qu’ils connaissaient seulement cette expression qu’ils assimilaient à bonjour. Eh ben non, dans ce pays la soirée commence en fait après le repas de midi !!! Donc à partir de 13h tout le monde se souhaite une bonne soirée dans la rue……Etonnant !!!
Ca a peut-être certains avantages… Imaginez une soirée de fête d’unité qui se passe pendant la soirée ou encore une soirée légèrement arrosée de Zagreb.

C’est donc sur cette brève introduction linguistique (je suis un grand spécialiste dans ce domaine) que je vous retrouve avec plaisir pour vous narrer quelques activités qui m’ont occupé durant cette semaine saint-toréenne ou encore quelques aspects de la vie dans cette toujours gigantesque ville qu’est Bamako. J’espère que vous avez tous récupérés vos impressionnantes facultés mentales probablement légèrement endommagées en ce début de semaine. Et sachez que j’ai bien pensé à vous et à toutes ces histoires dont je vais entendre parler pendant de mois sans les avoir vécues (Patrick Bruel et sa « Place des grands hommes » passe pour le moment sur l’ordi d’où se moment de légèrement nostalgie, mais rassurez-vous, il me suffit de tourner la tête vers la piscine pour me rappeler que préfère celle-ci à celle que vous avez connu pendant deux jours au chapiteau). Ce n’est plus une tartine que je vous envoie cette semaine mais carrément un pain complet que j’ai mis 3 jours à écrire.

Je suis aujourd’hui exactement à la moitié de mon séjour. Ca fait 19 jours que je suis ici, et il m’en reste autant.

Malheureusement le camping prévu pour le week-end passé n’a pas eu lieu parce que Malena, la plus jeune fille d’Alexis est tombée malade. Mais ce n’est que partie remise, et nous devrions nous y rendre ce week-end si il n’y a plus de problèmes de santé (pourtant Edouard, un jeune coopérant belge de l’UNESCO me jure que je ferais mieux d’aller à une méga fête qui a lieu tous les deux ans). J’ai donc passé un deuxième week-end dans la capitale. Ca m’a permis d’approfondir ma connaissance de la ville même si ça a plutôt mal commencé. J’ai entamé mes deux jours de congé par une matinée de … travail. Bien fait pour moi, je n’avais pas à traîner des heures sur msn le vendredi. J’ai bien été obligé de retranscrire mes deux dernières interviews à l’hôtel. Parmis ces enregistrement, je retrouvait celui réalisé au court de mon entretien avec Monsieur Youba Ba (j’adore son nom), directeur administratif et financier du ministère de l’éducation nationale. Celui-ci est un personnage haut en couleur (ce n’est pas un vilain jeu de mot), et on m’avait prévenu qu’il me serait difficile de lui arracher un rendez-vous. L’ayant attrapé au vol à la sortie de la fameuse réunion avec le ministre de la semaine passée, il m’a dit qu’il avait peu de temps pour moi, mais que si je le souhaitais je pouvais assister à une réunion sur l’aide budgétaire qui se tenait dans son bureau le lendemain. Bien sûr, c’était une belle opportunité pour obtenir des infos pour mon mémoire et j’étais donc présent ¼ d’heure à l’avance. Lui est arrivé ¾ d’heure en retard et m’a dit que la réunion avait été avancée et était donc clôturée depuis bien longtemps. Mais comme j’étais là et qu’il m’avait fait poireauté une heure, il a accepté de me recevoir seul. J’en ai profité et l’ai soumis à la questionnette pendant de longues minutes alors qu’une file géante patientait devant son bureau. Pendant cet entretien, les téléphones ont bien sonné une vingtaine de fois et il me répondait en parlant au téléphone ou en signant des papiers que sa secrétaire lui tendait (parfois les trois à la fois !!! Qui a dit qu’on dormait dans les ministères ?). J’ai appris par après que l’un des principaux défauts de cette administration est de ne rien déléguer et de considérer tout le monde sur le même pied, que ce soit la femme d’ouvrage ou le premier ministre qui téléphone. Pendant mes logues minutes d’attentes, j’ai quand même remarqué que la vie de fonctionnaire malien n’était pas des plus fatigante, les gens circulent partout et se félicitent pour les beaux vêtements (il faut dire que c’était vendredi, jour de la grande prière et que tout le monde est sur son 31), dorment dans le fauteuils à côté de moi,….

Bref, tout ça pour dire que j’ai travaillé samedi matin. L’après-midi, je souhaitais retourner au marché de Médine que j’avais traversé furtivement le week-end précédant. Le marché de Médine s’étend sur un quartier complet et est permanent. Quand je dis qu’il est permanent, ce n’est pas qu’il est ouvert tous les jours, mais que les vendeurs dorment sur leurs marchandises pour la surveiller. Il leur est bien sûr impossible de tout remballer pour quelques heures de sommeil. On peut trouver de tout au marché de Médine, de tout mais pas vraiment de qualité ou de propreté irréprochable. Ca peut varier de tissus africains et articles artisanaux à des chambres à air crevées, des crânes de singes, des perruches mortes, du poisson aux mouches (ou des mouches au poisson, c’est à vérifier……).

C’est sur ce marché que j’ai commencé ma semaine « contact avec les maliens » et que je me suis lancé dans quelques activités qui me faisaient de l’œil. J’ai ainsi pris part à ma première partie de kicker malienne. Après avoir regardé quelques parties en sirotant un Fanta (ceux qui étaient avec moi au Sénégal savent l’importance que ça représente pour moi en Afrique), j’ai défié un vendeur de café dans une partie au sommet. Je n’ai pas besoin de vous dire qu’un blanc qui vient faire une partie de baby-foot au marché de Médine, ça attire les foules. Je me suis donc très vite retrouvé entouré de nombreux enfants venus prendre une véritable leçon dans cette discipline particulièrement sportive (j’ai autant transpiré en une part qu’en un match de rugby). Ici, tout est beaucoup plus vite un sport qu’en Europe. Avant de donner le résultat du match, il est important d’essayer de dresser un portrait de ce kicker. Il est évidement totalement impossible de trouver 10 cm² de plat sur la surface de jeu et les joueurs ressemblent à des petits cylindres en bois. Ici, chaque joueur n’a pas l’équipe de sa couleur, mais j’avais droit à un échantillon des couleurs de l’arc-en-ciel. Et comme il n’y a pas d’embouts aux bars de jeux, il est temps de bien connaître ses lignes. Et si j’avais le malheur de me tromper, la graisse qui se retrouvait sur mes mains se chargeait de me remettre sur le bon chemin. Bref, les kickers sont certainement arrivé au Mali avec le même container que les taxis et les minibus. J’ai bien faillit me faire dégommer lors de cette part qui était plutôt mal embarquée. Mais dans un sursaut d’orgueil, j’ai réussi à recoller au score à 5-5 (le premier à 6 gagne), ce qui nous a offert une balle de match intense qui a tourné à mon avantage. Une clameur et des applaudissements ont alors émergé de la foule qui n’était étonnamment pas entièrement acquise à « mon ami Issa » Ier du nom. Les Diables de Belgique menait par 1 à 0 sur les Aigles du Mali. J’ai remis ça plus quelques jours plus tard juste à côté de l’hôtel. Deux jeunes du quartier ont bien essayer de me défaire chacun leur tour et puis tout les deux ensemble, mais rien n’y fait, la Belgique a aggravé le score et mène dorénavant 4-0 (ils me disent moins bonjour dans le quartier depuis ce jour là).

Après ce grand moment de sport, j’avais bien mérité un moment de détente. Je suis donc retourné chercher mon maillot pour honorer l’invitation que m’avait lancé Alexis (mon maître de stage pour ceux qui reçoivent mon mail pour la première fois. Invitation qui portait comme vous l’avez certainement compris sur une baignade dans la piscine. Je n’en ai pas encore parlé parce que je n’en voyais pas l’intérêt, mais Alexis n’a qu’une jambe. Il marche donc avec une jambe artificielle. Mais j’en parle aujourd’hui parce que bien que préparé, ça fait toujours un drôle d’effet quand on arrive à la piscine. Mais surtout je voulais vous raconter que j’ai quand même réussi à lui demander si il aimait skier, ce qui n’était pas vraiment des mieux placé de ma part je le reconnais.

Une bonne partie de la communauté belge de Bamako c’était donné rendez-vous à Torokorobougou cette après-midi puisque se trouvaient également dans la piscine en plus de toute la famille, Edouard un jeune bruxellois qui travaille pour l’UNESCO ainsi que Séverine également une jeune Bruxelloise qui revenait d’un séjour de 3 mois avec une ONG à l’intérieur du pays. Il y avait une ambiance, et la fraîcheur de la baignade n’a fait de mal à personne. J’ai eu l’occasion d’y goûter un thé à la citronnelle (je ne sais pas si

Le soir, j’avais fixé rendez-vous à Joséphine, la fille allemande au pair dont je vous avais parlé dans mon dernier mail, à 9h. D’après la description faite par Raquel (la femme d’Alexis), j’avais compris que c’était une fille timide qui malgré son long séjour à Bamako ne connaissait pas bien la ville et n’avait pas l’habitude de sortir. J’en fus pour mes frais lorsque j’ai voulu négocier le taxi et qu’elle m’a devancé en parlant le bambara (langue parlée par tous les maliens ici) couramment. J’ai alors compris que mes infos n’étaient pas tout à fait correctes et qu’elle connaissait en fait la ville comme sa poche et la moitié de ses habitants. Elle était en tout cas très sympathique et nous avons été faire connaissance au BlaBla bar. Là nous d’autres allemands puis des maliens se sont joints à nous. Nous nous sommes retrouvés au Montechristo, une boîte plutôt afro, jusque 5h du matin. Une bonne soirée, ça fait du bien!!!

Le lendemain, je me suis permis de me lever à 10h. J’avais prévu d’aller sur la colline de Koulouba, où se trouve le palais présidentiel. Mais avant ça, je souhaitais aller déjeuner – dîner avec des pâtisseries à l’école de boulangerie qu’on m’avait chaudement recommandée. J’ai repris le minibus vert avec lequel je ne suis de nouveau pas arrivé à la destination souhaitée. Je me suis retrouvé au milieu du grand marché du centre que je ne connaissais pas encore. Je me suis donc me balader pendant quelques heures afin de retrouver mon objectif de départ tout en découvrant de nouveaux quartier de cette capitale.

La chaleur était terrible. Je sais bien que je n’arrête pas de le répéter, mais ça empire de jour en jour. Ce matin, à 7h30, il faisait déjà 32°. Et nous ne pouvons plus ouvrir les fenêtres de la voitures pendant la journée (nous nous contentons de la climatisation) parce que les courants d’air formés sont brûlants et insupportables. Les trajets en taxis deviennent pénibles parce que sans clime, on préfère quand même le vent brûlant au four que sont les voitures. Il paraît que dans quelques jours, la température ne descendra même plus la nuit. Pourtant quand je vais chercher de l’eau légèrement fraîche avant de dormir, il lui faut moins d’une demi heure pour être chaude. A midi, ma chemise est à tordre rien qu’à marcher les 200 mètres qui séparent le bureau du restaurant. Alors que je n’avais une fréquentation qu’éparse de la piscine, j’y ai passé une heure par jour cette semaine. Les enfants de blancs ne peuvent pratiquement plus sortir des pièces climatisées et les maliens dorment encore plus qu’avant sous les arbres. Tout va au ralenti ici, et on m’a prévenu que ce serait pratiquement arrêté pendant le mois d’Avril.

J’en reviens à ma balade. Cet intermède vous fera comprendre à quel point j’étais heureux de m’asseoir dans cette école de boulangerie climatisée où j’ai pris mon déjeuner – dîner à 15h. ? Je me suis enfilé deux pâtisseries, une glace et deux granita. Je ne me suis pas senti souvent aussi bien qu’à ce moment et je sens que je vais passer beaucoup de temps à cet endroit dans les jours qui viennent. D’ailleurs, je fais parfois arrêter le taxi quand je passe devant afin de m’acheter une granita. Paradoxalement, ce pur moment de bonheur aura certainement été la cause de mon plus grand moment de détresse du séjour. Vous allez comprendre.

Je pris ensuite la direction de la colline de Koulouba en taxi avec la ferme intention de redescendre à pied à travers la nature, de partir à l’aventure en quelque sorte (mon père serait fier de moi). Et oui, on ne se refait pas : scout un jour,…… Déjà en visitant ce quartier de luxe, rempli de ministère et de services de la présidence, je passais le plus près possible de tous les arrosages automatiques afin de me rafraîchir. C’est à ce moment que commencent alors les problèmes car les quantités de sucre absorbées quelques minutes plus tôt produisent leur effet, et me donne une large soif. Malheureusement, impossible de trouver une bouteille d’eau, et je ne trouve qu’une bouteille de Sprite qui m’offre juste un sursis. A la recherche d’un sentier pour mettre mon plan d’aventure à exécution, je demande conseil à un ouvrier sur un chantier qui m’entraîne par-dessus barrières et sur des pentes plutôt raides. « Mon ami Issa » deuxième du nom, me laisse alors à moi-même en m’indiquant le chemin à suivre pour retomber sur la route goudronnée. Je tombe effectivement après quelques centaines de mètres à côté de la route. Mais ce que « mon ami » ne m’avait pas dit c’est que je devais franchir une petite falaise d’une dizaine de mètres et après ça, une clôture de 2/3 mètres. Ne choisissant pas la solution offensive je me suis décidé à suivre la piste en attendant un passage. La soif était revenue et ma bouche commençait à devenir atrocement sèche. Si le paysage était magnifique, au fur et à mesure que les kilomètres passaient (ou en tout cas, ça me paraissaient des km), je me tracassais du fait que personne ne savait où j’étais et que les secours (si ils existent dans ce pays) ne me retrouveraient jamais.

Heureusement le passage tant recherché est arrivé et j’ai pu regagner la route au bord de laquelle il n’était pas difficile de trouver une bouteille d’eau à a-fonner. J’ai par ailleurs impressionné les maliens par mes capacités d’a-fond… Deuxième volet de la rencontre avec les maliens, j’ai goûté le thé qu’ils se préparent au bord de la rue. C’est vrai que ce n’est pas recommander pour la santé, mais il fallait bien que je teste. Et comme la proposition était là, je n’ai pas refusé, et je n’ai pas passé les deux jours suivants dans la salle de bain. C’était plutôt très bon même. Expérience à rééditer donc !!! La fin du week-end fut consacrée à la piscine de l’hôtel.

Voila pour ce qui était du week-end. En ce qui concerne le boulot, j’ai rencontré cette semaine la coopération suédoise, puis j’ai assisté à une réunion entre tous les bailleurs de fonds à la Banque Mondiale. Celle-ci se faisait par le système de visioconférence avec des participants à Washington et en Ethiopie. Jeudi, j’ai rencontré la coopérante française, et certains savent que ce rendez-vous était important. Ensuite j’ai enfin pu interroger le responsable de la coopération de l’Union Européenne. Ce vendredi est la journée qui va marquer le départ de la deuxième partie de mon travail. Un atelier est organisé toute la journée pour évaluer les modalités de gestion de l’aide au développement belge. Je vais maintenant comparer les avantages et inconvénients des modalités utilisées par la Belgique. A partir de la semaine prochaine, je devrai faire quelques visites de projets sur le terrain. Pour le moment, les bureaux grouillent de monde, parce que tous les experts décentralisés sont revenus de toutes les villes du pays pour plusieurs formations et séances de travail au siège de Bamako. Je suis donc déplacé de place en place pour laisser se dérouler ces réunions.

Je vais maintenant écrire sur des sujets plus désagréables, mais ici, il faut bien que ça se fasse. Tout d’abord, je voudrais aborder la condition des personnes handicapées dans un pays comme celui-ci. Ils sont bien sûr livrés à eux-mêmes dans un environnement des plus difficile. Combien de fois n’ai-je pas vu des paraplégiques n’ayant pas de « chaise roulante » se déplacer sur les mains dans la rue ? Et ce n’est qu’un exemple parmis tant d’autres. On voit dans la rue des enfants parfois difformes alors qu’on sait que c’est du à des problèmes qui sont évité si facilement en Europe. Il y a un nombre incroyable d’enfants qui ont un nombril de la taille de mon poing.
Ces enfants toujours, qu’on retrouve en quantités infernales dans les rues à toutes heures en train de vendre de tout et de n’importe quoi. Beaucoup vendent des cartes de recharge pour GSM, en tout cas ici personne ne pourrait sortir comme excuse « je n’ai pas d’argent sur ma carte » pour éviter de prêter son gsm. D’autres vendent des mouchoirs, de l’eau, de faces de GSM, des cigarettes à la pièce,… Ceux qui mendient sans vendre, sont apparemment des enfants qui proviennent d’écoles coraniques et qui doivent ramener la recette pour payer les leçons.

Si ce n’est évidement jamais agréable, je suis habitué à cet état des choses, mais quelque chose auquel il est impossible de se faire, c’est la puanteur de certains endroits de la ville. De plus, je vous ai déjà parlé des crasses qui jonchent les rues, mais pas de la pollution de l’air. L’air dans les rues est difficilement respirable à certains endroits où quand je me trouve dans un taxi. Les voitures qui circulent ici sont de fameuses machines à polluer.

Durant mes parties de kicker, de dégustation de thé ou encore en taxi, j’ai eu un peu l’occasion de discuter avec les gens. Les maliens sont polygames, ils peuvent avoir quatre femmes en fonction de leur argent. Chaque femme a environ 6 ou 7 enfants, ce qui fait que des hommes ont ici 25 gosses. De quoi comprendre pourquoi il y a autant d’enfant dans les rues. Les femmes se font tout avec le bébé sur le dos, emballé dans un tissu, le tout tien par un nœud sur le ventre. Ce procédé me fait chaque fois très peur, pare exemple lorsqu’elles sont sur des mobylettes qui vont à plein gaz, ou lorsque elles se penchent en avant pour faire la lessive. Dès que l’enfant marche, il vagabonde tout seul comme un grand.

Point de vue nourriture, outre les pâtisseries, j’ai continué à fréquenter moins régulièrement les restaurants de bonne classe pour manger parfois dans des cabanes pas très ragoûtantes mais où l’ambiance est plus typique. J’ai ainsi rencontré dans un de ces petits restos, un jeune qui se dit guide touristique, qui dispose de sa voiture et qui me propose de me faire visiter quelques villes en peu de jours. Autour de moi, tout le monde m’assure que c’est un bon moyen pour visiter et qu’il ne faut pas s’inquiéter. Et comme dans ma situation, c’est difficile de prévoir un voyage avec des transports en commun puisque je ne peux pas prendre énormément de jours de congé, je pense que c’est plutôt une bonne solution. J’ai le numéro de GSM de « mon ami Issa » troisième du nom, pour le recontacter en cas de besoin. J’ai testé le MacBurger, vous savez que je vais chaque fois goûter le MacDonald local mais ici il n’yen a pas. Il existe juste cette copie qui utilise la même enseigne à un petit détail près et le principe. La différence, c’est que le bâtiment est moins propre, qu’il y a moins de monde, et que ça n’est pas du tout rapide (il était 9h, j’attendait depuis 20 min à table et la caissière est venue me dire : « J’espère que vous n’êtes pas pressé »).

Je vous ai parlé de mes amis Issa, ici il n’y a que 5 prénoms et 6 noms de famille à mon avis. On retrouve comme nom de famille les Coulibaly, Keita, Saïga, Traore,… Comme prénoms, Mamadou et Issa sont toujours bien à la mode. Un Coulibaly m’expliquait avec fierté que dans les quartiers, ils passaient de bonnes soirées parc que ils pratiquent la voisinasse. La voisinasse, c’est le fait de parler et de bien s’entendre même avec un Keita ou une autre famille. Je l’ai félicité pour cette trouvaille impressionnante. Comme quoi, le secret du bonheur n’est pas loin…. Imaginez que nous ne pratiquions pas la voisinasse à Liège,…..

Je vais maintenant vous laisser à vos nombreuses occupations. Je souhaite un excellent anniversaire à Martin, un bon travail sur ce très beau sujet qu’est le Mali à Thibault, de bons salons, un bon séjour au ski, une bonne fin de travail de Beaufays, une excellent réunion scoute,…. Et puis bien sûr, je fais de gros bisous à ma filleule et sa grande sœur.

Le Goral qui n’aimerait pas être un animal dans cette ville infernale

P.S. : La condition animale est ici proportionnelle à la condition humaine. Un exemple : les poules voyagent vivent pendues par les pattes accrochées au porte-bagages. Avec les bosses et secousses permanente lors des déplacements. Je suis pas certains que beaucoup arrivent vivantes (de plus vous avez maintenant pu voir les photos du zoo qui en disent long).

P.S.2 : Une petite phrase pour montrer que l’administration publique n’est pas un modèle d’efficacité (à mon avis, il n’y a pas grand monde qui a suivi les cours de Monsieur Herbiet dans les ministères maliens): « Ce document est au moins la preuve que quelqu’un a essayer de faire quelque chose » (Atou Seck, conseiller économique de la Banque Mondiale).

P.S.3 : J’ai attrapé un beau rhume. Ca doit être du au fait qu’il y a une différence de presque 15 degrés entre le bureau est l’extérieur.

P.S.4 : Si vous lisez cette ligne c’est que vous êtes très courageux, persévérant, intéressé, ou que vous n’avez vraiment rien à foutre de votre week-end……..

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La vie s’accélère………

Bonjour à toutes et à tous,

Après vous avoir pondu quelques tartines, j’ai prévu de me limiter fortement dans cet épisode. Plusieurs raisons me pousse dans cette direction et notamment le fait que celle de la semaine prochaine devrait être gratinée.

Le week-end passé fut une belle réussite. J’ai passé la soirée du Vendredi avec une partie de mes « collègues » au bar l’Apaloosa que certains connaissent déjà pour ses charmants côtés russes……….. On m’a dit à l’unif que c’était la nuit que j’en apprendrai le plus pour mon mémoire, et c’est vrai que les langues se délient plus facilement après quelques « Castels ».

L’évènement du week-end était bien entendu le camping en Pays Manding, à Sibi avec Alexis, Raquel et Francesca. Ce petit village ce trouve à environ 7O kilomètres de Bamako sur la « route » de la Guinée et se rejoint via une piste pas toujours en bon état. J’aurai roulé volontiers pendant des heures tellement ça me faisait plaisir de quitter la pollution de la capitale. Les paysages étaient absolument magnifiques et restent à ce jour certainement les plus beaux que j’ai eu la chance de voir. Le Pays Manding est la région des plus grands chasseurs (de véritables célébrités ici), mais ils ont tellement bien chassé qu’il ne reste pratiquement plus aucune faune dans le pays. Ils vont bientôt se retrouver avec les mangues pour seule ressource. Manguiers qu’ils ont a profusion. Je n’ai pu apercevoir que quelques vautours et autres très jolis oiseaux.

C’est arrivé à Sibi que les choses se corsent pour rejoindre l’arche, lieu bien connu des blancs qui vivent à Bamako. Le 4×4 fut mis à rude épreuve mais arriva à ses fins, non sans avoir été bloqué quelques minutes par des charrettes tirées par des ânes en pleine montagne. C’était impressionnant de voir des dizaines de femmes et enfants rejoindre leur village dans la montagne, village que nous savions extrêmement éloigné.

L’arrivée au campement paraissait enchanteresse, et la vue que nous avions sur la plaine et les Monts Mandingues depuis le sommet de notre rocher était éblouissante. Ca faisait beaucoup de bien de se retrouver retirer de toute l’agitation qui anime se pays. Mon père serait de nouveau fier de moi car après avoir installé la tente de la famille Hoyaux, je suis parti à l’aventure comme il a l’habitude de me le conseiller. J’ai été escalader l’arche et faire un long tour dans la brousse qui nous entourait.

La soirée fut consacrée à cuire allumer le feu, cuire les brochettes et discuter longuement sur le scoutisme. Je pense que Albatros (Alexis) est encore plus arraché que me moi à ce niveau là. Il adore le scoutisme et ses valeurs (comme il dit), et ne manque jamais une occasion de me le rappeler….

Evidement, à peine couché sous la moustiquaire un peu à l’écart de la famille, coincé entre deux rochers, une tempête se déclenche et a bien faillit m’emporter pendant mon sommeil rendu bien difficile par ses conditions. Le stress qui nous animait en pensant au feu qui se réveillait à cause de se vent n’était pas anodin. La sécheresse est sévère ici en pleine saison sèche et un feu de brousse peut démarrer en quelques secondes avec des conséquences dramatiques (les pompiers les plus proches se trouvent peut être à Abidjan parce que je n’en ai pas vu à Bamako………….. ). Cette crainte a poussé Raquel a verser nos derniers litres d’eau sur les braises et nous nous sommes retrouvés en pleine brousse, en pleine nuit sans eau, ce qui est plutôt difficile à vivre. Mais comme ma devise le dit ci bien, ça me fera des souvenirs…………

Frieda est arrivée le dimanche soir et j’ai été l’accueillir à l’aéroport. Je pense que nous n’avons pas beaucoup de points communs (elle n’aime pas le carré, Claude François, les scouts et passe ses vacances plutôt dans les hôtels de Barcelone que dans les bois avoisinants…) mais bon, elle n’est pas méchante.

Cette semaine plusieurs jeunes sont passés par l’hôtel, ce qui était assez sympa. J’ai ainsi pu passer des soirées avec un français qui fait un reportage sur les ONG actives au Mali, avec une hôtesse de l’air canadienne qui revenait de trois mois en brousse,… Cette dernière nous a raconté une multitude d’histoire sur la vie de village qu’on a du mal à croire depuis la capitale. De plus, elle n’avait pas que la conversation d’intéressante…… Evidement comme les gens restent rarement plus d’une nuit dans cet hôtel, tout ce monde est resté quelques heures et c’est de nouveau plus calme actuellement.

Pas grave, parce que c’est moi qui m’en vais maintenant. Et oui, demain je pars découvrir le pays à la vitesse de l’éclair !!! C’est d’ailleurs pour cette raison que ce mail part le jeudi et non le vendredi. J’ai recontacté le guide dont je vous ai parlé la semaine passée pour conclure un arrangement. Evidement, comme je voyage seul (Frieda n’a pas le temps de voyager en deux semaines), ça va me coûter les yeux de la tête…. Mais je pense que ce serait dommage de passer un mois au Mali sans avoir pris trois jours de tourisme. De plus, au bureau, tout le monde me conseille de partir parce que ça doit faire partie de « ma formation » et qu’il faut absolument que je voie l’intérieur du Mali.

Pour cette visite éclaire, je vais partir vendredi à 6h du matin en direction de Djenné afin d’admirer la grande mosquée qui est absolument extraordinaire d’après tous les touristes qui en reviennent. Après ça, on prendra la direction de Mopti (la Venise africaine) qui est situé au centre du delta intérieur du Niger. Je vais dormir chez le frère d’Issa (mon guide) et je préfère ne pas imaginer ce que je vais y manger…. Le deuxième jour, on a prévu une ballade en pirogue à Mopti sur le Niger, avant d’aller passer une nuit dans le Pays Dogon dans la famille de mon compagnon de route. Et bien sûr, retour le dimanche en faisant peut-être un arrêt par Ségou, une charmante ville pas trop éloignée de Bamako (350 Km !!). Ca devrait me faire dans les 2000 bornes en 3 jours dans des conditions qu’on va qualifier de typiques………. J’ai quand même regardé le type de voiture et je pense que les portières devraient tenir jusqu’à l’arrivée. J’ai bien demandé si il avait des pneus de rechange et tout à l’air en ordre. Enfin, Issa a l’air plutôt sérieux et de ne pas être un petit comique sans expérience (il est mieux habillé que moi et va en Europe le mois prochain, ce qui n’est pas rien pour un malien).

A peine revenu le dimanche soir, et je repars pour trois jours à Sikasso à la frontière avec le Burkina-Faso avec Marc Ziegler, consultant UNESCO, mais c’est pour le travail dans ce cas. La semaine prochaine, ce sera au tour de Koulikoro mais en une journée.

En ce qui concerne le travail, c’est moi qui enseigne à Frieda maintenant…….. Tout est toujours aussi intéressant, et je rédige et rédige encore (Virgi, tu ne pourras pas dire que je ne t’ai pas prévenue….). Pourquoi je me mets tout d’un coup à rédiger ? Simplement parce que, la CTB a prévu que je fasse une présentation de mes recherches et que je distribue un brouillon le 5 Avril, veille de mon départ, à l’ensemble des experts…….. Bon ce n’est pas gagné, et ça me met beaucoup la pression, mais je pense que la première session n’est plus si loin grâce à eux. De plus, comme Alexis veut intégrer mon travail dans le rapport final du Programme d’Investissement du Secteur de l’Education, j’ai de moins en moins le choix………

Le temps passe de plus en vite ici. La première semaine fut très longue, et j’ai maintenant l’impression d’être lundi alors que la semaine est presque finie. Je pense que je n’ai plus envie de rentrer…….et que je prolongerais bien si je ne partais pas en Moselle le 7, jour de mon retour.

Je vous laisse ici, parce que j’ai beaucoup de chose à faire avant de partir en brousse… Mais j’aimerais quand même replacer cette phrase de Moussa Kante, expert CTB, qui s’exprimait sur le problème que les bailleurs de fonds rencontrent pour pousser les maliens à s’approprier les projets de développement : « La main du receveur sera toujours en dessous de celle du donneur ». Et c’est malheureusement un problème difficile à résoudre.

A la semaine prochaine, pour l’épisode qui devrait normalement être le plus spécial de ce séjour.

Sébastien – Goral

P.S. : J’ai pleuré en lisant le Po-Ethique (journal de sciences po)!!!!

P.S.2 : De rire évidement…… Personne au bureau ne comprenait ce qui m’arrivait !!!

P.S.3 : Alexis m’a demandé de corriger ses fautes de français et de grammaire dans un rapport qu’il vient de boucler. Vous imaginez la concentration que j’ai du mettre dans cette tâche pour la mener à bien………… Heureusement, ce n’était pas en anglais !

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Ségou, Djenné, Mopti, Endié, Sikasso: 25OO kms

Chères amies, Chers amis,

Voici une cinquième semaine qui s’achève, certainement la plus belle, et déjà mon séjour touche à sa fin. Je peux maintenant dire que je sais à quoi ressemble le Mali. Cette semaine exceptionnelle fut marquée par la visite des principaux sites dignes d’intérêts au Mali (à l’exception de Tombouctou), par des séances de travail intensives, par environ 2500 km de route, des rencontres culturelles parfois étonnantes, par un match de foot et bien sûr par les inévitables soirées passées au bord de la piscine.

Sachez que je ne vous en voudrai pas si vous ne lisez pas ce mail (je n’ai pas le temps de le relire moi-même !!!) qui est particulièrement long. Mais je sais que certains passeront un mauvais week-end si ils ne le reçoivent pas.

Mon ami Issa ne m’avait pas fait faux bon le vendredi matin et était même près à 5h30 devant l’hôtel. Première surprise, on est pas deux mais trois. Casimir (pauvre homme), le petit frère de mon guide allait faire une partie du trajet avec nous. Apparemment, Issa aurait préféré voyager à côté de son frère, parce que il n’a pas arrêté de me proposer d’aller dormir à l’arrière de l’Opel Vectra que j’allais occuper trois jours. Evidement, il n’était pas dans mes intentions de voyager à l’arrière, derrière des vitres teintées, alors que je payais une fortune pour voir ce pays.

Nous avons atteint Djenné, notre première étape, vers midi, non sans avoir traversé un fleuve sur un bac et s’être embourbé dans le sable. Djenné est très réputée pour sa superbe mosquée et il faut dire que cette réputation est justifiée. J’ai connu dans cette petite ville ma plus belle arnaque de mon séjour malien. Un « guide touristique » s’est présenté à moi, pendant que je photographiais cette superbe mosquée, en se disant envoyé par mon chauffeur-guide, celui-ci était censé payer tous mes guides locaux. Je fais donc une visite éclair de cette ville car le temps m’était très compté, et à ma surprise je dois payer à la fin du tour de la ville. Après m’être acquitté des 10000 FCFA (15€) réclamé, je me suis retourné contre Issa afin qu’il me rembourse ces frais……. Evidement Issa ne connaissait absolument pas ce guide et j’en fus pour mes frais. Je venais de donner à cet arnaqueur l’équivalent d’un mois de salaire pour un habitant moyen de cette ville. Ma naïveté a provoqué de vives réactions dans le restaurant où le personnel m’a vraiment pris pour le dernier des imbéciles…….. et ils n’avaient pas tort. On ne m’y reprendra plus.

Je pense que tout étudiant architecte devrait aller faire un tour à Djenné pour étudier les matériaux de construction. Les habitants fabriquent leurs briques (…) avec de la terre qu’ils laissent pourrir avec de l’eau et des excréments d’animaux devant leur maison. Et toutes les années, ils repassent une couche de cette mixture sur les murs. Vous pouvez imaginer l’odeur qui règne dans cette ville (très jolie pour le reste). De plus, le guide m’a expliqué le système de toilette local : une tour de la hauteur de la maison est construite dans un coin de celle-ci, les habitants font leurs besoins dans cette tour pendant toute l’année et une fois par an on fait la vidange. Et il a osé me dire que quelques jours par an, quand ils « replafonent », le ville dégage une mauvaise odeur…. Toujours ce même guide-arnaqueur a encore osé me lâcher : « Ca ce sont les femmes Peuls, elles ont des anneaux dans les oreilles, le nez ou la langues pour les reconnaître, comme le bétail ». On reviendra sur la condition de la femme.

Quatre heures plus tard, nous sommes arrivés à Mopti, la Venise africaine, malheureusement la saison sèche n’est sûrement pas la meilleure saison pour visiter le pays et la région est très sèche. La sécheresse n’a tout de même pas vaincu le Niger et le Bani, ce qui m’a permis de faire un tour en pirogue dans le delta intérieur du Niger. C’est durant cette balade que je me suis retrouvé dans un campement Touareg (les habitants de la partie sahélienne du pays) habillé comme un conducteur de chameau et rebaptisé Atou Mohamed…. Je ne me suis pas attardé à Mopti, et j’ai été dormir à Sévaré dans une famille d’amis de Issa. C’est là qu’il a voulu me faire prendre une « douche africaine ». Vous pensez bien que ce n’est pas trois jours sans douche qui allaient me tuer, j’en ai vu bien d’autre. Mais je pense que je l’aurai vexé mortellement si j’avais refusé la douche avant d’aller manger. Je me suis donc retrouvé entre quatre murs avec une tôle touée pour porte. La douche était en fait une bassine d’eau, dont je ne pouvais apercevoir la couleur de l’eau dans la nuit (et je pense qu’il valait mieux pour moi), qui était posée à côté d’un trou s’avérant être les commodités locales. J’ai mis un peu d’eau sur ma figure, pour faire vrai, puis j’ai versé un peu d’eau dans le trou pour faire comme si je m’en étais servi et j’ai attendu 5 min dans un coin avant de sortir bien rafraîchi… Ces douches allaient devenir mon quotidien avant chaque repas pendant trois jours.

Un matelas était étendu pour moi sur le toit de la concession (nom de l’ensemble des petites pièces qui se trouvent autour d’une coure intérieure et dans laquelle cohabite généralement toute une famille, et celles-ci peuvent être très nombreuses). J’ai passé une très bonne nuit et le coq me réveilla aux aurores. Ce réveil était l’occasion d’observer d’en haut la vie et la composition de ces concessions. On retrouve ainsi sur environs 50 mètres² : 4 pièces, un couple de grands-parents, une partie de leurs enfants et beaux-enfants, une grosse vingtaine d’enfants dont 5-6 bébés, deux moutons, 4 brebis, 16 poules, 2 rats, un puit, 3 chats et j’en passe.

Evidement, on a retrouvé la voiture avec un pneu crevé, ce qui nous a retardé dans notre départ. Le programme de la journée était la visite du Pays Dogon, l’endroit à ne pas rater au Mali. Ce pays est situé le long d’une impressionnante falaise de 80 km de long, les villages sont divisés entre ceux situés au dessus sur le plateau et ceux qui se trouvent au pied de cette impressionnante falaise. Ces derniers villages étaient au départ construit dans la falaise. C’était des villages troglodytes mais les habitants se sont maintenant installés quelques mètres plus bas depuis qu’il n’y a plus d’animaux sauvages et de risques d’attaques d’autres ethnies. Les anciens villages sont encore utilisés dans certains cas et sont visités par les touristes qui aiment l’escalade dans mon style. Encore plus haut sure la falaise, on peut voir les maisons des pygmées, celles là sont majoritairement inaccessible pour moi. Les pygmées habitaient ce pays avant que les dogons ne les chassent et ils montaient dans leurs maisons (d’environ 1 mètre³) par des cordes. Les pygmées n’ont vraiment pas de bol, savez vous qu’il y a encore quelques dizaines d’année, on pouvait acheter un permis de « chasse aux pygmées »….

J’ai visité trois villages Dogon, dans lesquelles j’ai à chaque fois disposé d’un jeune guide très compétent. Cette région est réellement magnifique et j’ose à peine imaginer l’endroit pendant la saison des pluies, lorsque les ruisseaux traversent les villages et les cascades descendent la falaise. Ca me faisait un peu penser au village d’Astérix pour les nouveaux villages alors que les anciennes habitations troglodytes m’ont fait penser à la Mine de l’Allemand Perdu.

Dans le premier village je suis tombé sur un malheureux Coréen de Boston qui avait moins de chance que moi et dont le guide était tombé malade. Il était donc bloqué dans ce village depuis 2 jours et était sur le point de trouver une solution pour quitter le pays. Nous avons un peu discuté de nos séjours respectifs (en anglais bien sûr) et avons échangé nos coordonnées.

Je vais un peu m’attarder sur la culture et les coutumes des dogons qui valent le détour. J’ai parfois été un peu choqué par ce que mes différents guides me racontaient. On se croirait quelques siècles en arrière à certains moments. Tout d’abord les dogons sont comme tous les maliens polygames. La première femme d’un homme est choisie par son père. La fille est désignée à sa naissance alors que le garçon est déjà âgé d’une quinzaine d’année (parce que les femmes vieillissent plus vite que les hommes !!!! Vous allez comprendre pourquoi après). Tous les garçons que j’ai rencontrés étaient « fiancé » mais ne savaient pas avec qui. Ils le découvriront quand la fille sera prête à marier (vers ses 14 ans). Et après, on entend un jeune père dire : « La femme vient d’accoucher » en parlant de la naissance de son fils. Les relations amoureuses sont spéciales dans la région apparemment… Les filles doivent quitter le foyer pour aller dormir chez une vieille dame du village vers 12 ans jusqu’à leur mariage pour qu’elles arrivent vierges au mariage. L’honneur de la femme qui garde toute ses filles dépend du taux de réussite de sa mission……..

La circoncision et surtout l’excision sont encore presque toujours pratiquées sur les enfants. En ce qui concerne l’excision, ce sont les femmes qui perpétuent cette terrible mutilation alors que les hommes y seraient plutôt opposés. Il arrive que des pères de famille paient énormément à leur propre famille pour qu’on ne touche pas à leurs filles. Dans ces cas là, les filles ne peuvent jamais être laissées seules avec leur grand-mère qui se dépêcherait de s’exécuter. Malheureusement, plus de 80% des filles maliennes y passent encore. En ce qui concerne la circoncision, on m’en a beaucoup plus parlé, et je suis tombé au moment où elles venaient de se faire. Mon guide m’a emmené dans une case où sont enfermés les enfants qui vont bientôt « être des hommes ». Après être opérés avec un même couteau, dont l’état est plus que douteux d’après un villageois lui-même, les enfants doivent rester à environ 25 dans une pièce pendant 62 jours afin de les protéger contre les esprits. Ils restent là bas nus parce que le moindre vêtement est douloureux pour leur plaie. Et pour devenir des hommes, ils doivent sauter au dessus d’un brasier pour sortir de cette pièce.

Je ne suis plus un grand fan de notre bonne vieille religion catholique, mais je dois avouer que je préfère les communions européennes aux maliennes…

Les dogons sont encore en partie animistes, même si il y a de plus en plus de musulmans. Ce qui fait qu’ils m’ont fait visiter les lieux de sacrifices (dans les anciens villages troglodytes) sur lesquels ils égorgent leurs fétiches pour que leurs femmes aient des enfants, ou pour que la récolte soit bonne par exemple. J’ai bien été obligé de passer voir le grillot du village à qui il fallait donner quelques cents afin qu’il me jette des sors pour que mon voyage soit bon.

Je vous ai dit que les femmes vieillissent plus vite que les hommes dans ce pays !!! En parlant pendant une soirée avec quelques maliens, on comprend vite pourquoi. Alors que l’on parle de la condition féminine, ils disent tout naturellement que pour eux ce n’est pas encore pour demain. Eux, ils travaillent trois mois par an dans les champs et puis le reste de l’année, ils s’asseyent et ne bouge pratiquement plus sauf pour faire le thé, jouer au foot où à la belotte. La femme, elle, son rôle est d’être sur terre pour travailler toute la journée. Elles se lèvent donc vers 3h du matin pour aller chercher du bois dans la brousse pour faire tenir le feu de la journée, puis elles vont chercher de l’eau qui se trouve parfois à plusieurs km. Elles font tout ça avec le dernier bébé sur le dos en permanence bien sûr. Ensuite, il faut s’occuper du déjeuner, des enfants et après commencer le dîner. Rien que la préparation du dîner prend un temps dingue (ceux qui ont préparé le repas au Sénégal s’en souviennent). On retrouve encore dans la journée, la lessive, le nettoyage,…. Bref, elles vont dormir très tard pour recommencer la même chose 7 jours sur 7. Si c’était dans une B.D. que je voyais ça, je dirais avec beaucoup de cynisme que c’est là un monde de rêve…

Un autre exemple, pour savoir avec quelle femme un homme va passer la semaine, celui-ci fait manger un peu du plat préparer par une de ses épouses à une tortues. Si celle-ci en mange, c’est que la bouffe est bonne et qu’il peut passer la semaine avec, aussi non, il passe à une autre.

J’ai aussi eu droit à la visite du cimetière troglodyte. Pour ne pas « polluer la terre », ils avaient construit des cimetières dans des failles de la falaise. Je ne comprends d’ailleurs pas comment ils les atteignaient à l’époque. Mon guide m’a fait passer la tête par un trou dans lequel restaient quelques crânes et tibias. J’ai tout de même été étonné de voir la conservation de ces ossements, ce qui a poussé mon guide à m’avouer qu’ils en remettent quelques nouveaux de temps en temps pour les touristes…….

La journée a été remplie d’histoires de ce style qui sembles sorties de vieilles légendes.

Le soir, j’ai eu une envie de me balader seul dans la brousse. Nous sommes dans le Pays Dogon à l’entrée du Sahara et la terre commence à laisser sa place au sable. On m’avait averti de la présence de scorpions dans la région. Rien n’y fait, j’avais décidé de ne pas rester assis sur une chaise en attendant le souper. Je me suis enfoncé pendant près de 3/4 d’heure, mais tout droit sans faire de boucle, je voulais arriver au dessus de la dune que je pensais être proche. J’y suis arrivé, mais je n’avais pas vu la nuit tomber. Résultat en 10 minutes il a fait noir et je n’avais plus que la silhouette de la falaise pour me guider. Personnellement je savais par où aller ce qui m’empêchait de m’inquiéter. Mais ce n’était pas le cas de mon guide qui était plus inquiet et qui était parti à ma recherche avec des habitant de la concession où j’allais dormir quand je suis revenu. Il a même été dans un village Peul (une autre ethnie) pour voir si je n’y étais pas……….

Après une douche et un délicieux plat de riz au gras, j’ai de nouveau eu droit à la nuit sur les toits. J’avais déjà passé des nuits à la belle étoile dans beaucoup de pays d’Europe, mais je peux maintenant dire que c’est chose faite pour l’Afrique.

Le retour du Dimanche fut assez rapide. Nous sommes arrivés à Bamako vers 16h ce qui m’a permis de me ressourcer dans la piscine et de prendre une vraie douche européenne. Une seule halte durant le retour et elle n’était pas volontaire. Je m’étais légèrement assoupi lorsque je fus réveillé en sursaut par un boucan monstrueux. J’ai tout d’abord cru que le guide avait foncé à travers une des nombreuses douanes qu’on retrouve sur la route, et que les gendarmes nous tiraient dessus à la mitraillette. Mon réflexe a donc été de m’aplatir et de me protéger la tête. C’est après quelques secondes que j’ai compris que c’était un pneu qui avait éclaté. A cause du soleil, d’après le chauffeur !!! Il y a sûrement du vrai mais ça ne doit pas être l’unique raison. Il ne restait pas grand-chose du pneu et j’ai ainsi gagné une visite de Ségou, ville importante du Mali, pendant que le chauffeur achetait un nouveau pneu. Il a pas mal maîtrisé la voiture, et heureusement parce que on devait être a plus de 110 km/h à ce moment.

Le soir c’était le match de foot Mali-Togo qui était d’une importance capitale pour la qualification à la coupe du monde. Je m’étais dit que j’irai bien, un match de foot africain il doit y avoir de l’ambiance !!! Et effectivement il y en a eu. J’ai pourtant été découragé en passant devant le stade lorsque j’ai vu la file qu’il fallait faire pour rentrer dans le stade. Et c’est maintenant que je peux comprendre la chance que représentait cette file.

Le Mali a perdu par 1 – 2 alors qu’il a mené pendant presque toute la rencontre. Le dernier goal est tombé à la 93ème, je pense. Ce qui a provoqué une colère terrible des supporters qui ont envahi le terrain et qui ont prolonger dans la rue. Les manifestations de mécontentements se sont transformées en émeutes, et les dégâts sont énormes. Ils ont cassé tout ce qu’ils pouvaient dans les rues, abattu des statues, arraché tout les palmiers du centre, incendié des bars et restaurants (dont l’Eden Park, bar-resto sympa dans lequel j’aimais encore bien aller), saccagé la fédération de football et la résidence de l’équipe nationale, brûlé des pneus, cassé toutes les plaques de coopération (sauf la nôtre qui est nouvelle et qui a tenu le coup, pourtant on voit qu’on s’est acharné dessus) et les feux de signalisation,…. Un malien que j’ai rencontré par la suite m’a dit qu’il devait ramper dans sa cour pour ouvrir à des amis afin d’éviter des balles perdues. Et il ne pouvait évidement pas laisser ces amis dehors.

Moi, j’avais regardé le match jusqu’à dix minutes de la fin dans la rue puis j’étais allé dans la piscine (j’ai été plutôt bien inspiré), je pense qu’il ça ne devait être une chance d’être blanc dans la rue à ce moment là. C’est le lendemain que j’ai découvert le résultat. C’était assez étonnant d’entendre la réaction des gens les jours après. Alexis m’a demandé dans la voiture si je savais qu’il y avait eu une tornade pendant le week-end lorsqu’il a vu les premiers dégâts. A la CTB le personnel était mécontent parce que la cellule de crise de l’ambassade n’avait pas prévenu de ne pas sortir. Et par exemple, le représentant résident (directeur) de la CTB est allé cherché des gens à l’aéroport pendant la nuit (heureusement ça venait de se calmer). Ces personnes n’étaient pas spécialement rassurées par l’Afrique et il leur avait dit qu’il n’y a pas plus sûr que le Mali. La surprise fût plutôt grande pour elles….

La nouvelle est arrivée jusque dans le Soir de Lundi parce que j’ai reçu un mail de Rémi pour voir si j’étais toujours en vie. Heureusement, apparemment personne de la famille n’a vu ça. Je sens que ça en aurait inquiété certains.

Le lundi, je devais repartir pour Sikasso avec Marc Ziegler, un consultant qui évalue la Belgique, nous devions aller faire une évaluation d’un projet d’assainissement de cette ville de plus 200 000 habitants du sud du pays. Mon Périple du week-end m’a empêché d’être au courant du report de la mission ce qui m’a fait me pointer à 6h30 au bureau un jour férié et attendre bêtement qu’on vienne me chercher. J’aurai tout de même pu passer une journée de total repos au bord des piscines.

La mission était simplement déplacée au lendemain. En fait il s’est avéré que le responsable du projet à Sikasso (un malien de l’administration régionale) n’avait pas trop envie de nous voir débarquer. Il inventait donc des histoires pour que nous restions à Bamako. J’ai vite compris pourquoi il n’avait pas envie qu’on mettre notre nez dans ce projet. Je pense que ce projet représente à lui tout seul tous les problèmes de la coopération belge, il a tous les défauts des différentes modalités de coopération. En plus de trois ans (pour un projet qui devait durer 6mois), ils ont construit 300 puisard pour l’évacuation des eaux usées et acheté 20 charrettes et 40 ânes pour le ramassage des ordures. L’objectif, en plus de ceci, était de construire une décharge communale, des dépôts de transit, installer 1500 poubelles,….

Des situations malheureuse on manqué de nous faire mourir de rire. Lorsque dans une réunion, une responsable de coopérative féminine nous raconte ses mésaventures. Elle avait reçu, de différentes coopérations, 6 charrettes et 12 ânes pour les tirer. Il lui restait actuellement deux charrettes et aucun âne. Les pauvres bêtes étaient toutes mortes de faim et d’épuisement. Il faut dire qu’ils nourrissent à peine leurs bêtes et qu’ils les font travailler jusqu’à ce qu’ils tombent par terre. Ce qui donne comme résultat qu’un âne dure environ un mois dans la ville de Sikasso. Et ils nous racontaient tous que c’était le climat qui ne convenait pas aux ânes et qu’ils voulaient des tracteurs…. Ils ne savent peut-être pas que si il faut donner à manger à l’âne, il faut mettre de l’essence dans le tracteur.

Ces deux jours passés à Sikasso ont été très enrichissants. Ils m’ont permis de rencontrer une foule de gens et d’entendre leurs attentes et leurs problèmes quotidiens. On m’avait bien dit à Bamako que je ne pouvais avoir une bonne vision de la coopération sans rencontrer les bénéficiaires sur le terrain et sans aller voir directement dans une famille ce que la coopération belges a pu lui apporter. Nous avons rencontré dans une multitude de réunions tous les acteurs du terrain, des associations féminines qui balaient la rue volontairement au Maire de la ville, en passant par les associations (d’éboueurs) et les administrations régionales et communales.

J’ai cru que nous allions avoir des problèmes quand une femme s’énervait en nous demandant de lui donner un balai pour nettoyer sa rue… Bref, on a bien travaillé et on s’est bien amusé avec le consultant et le chauffeur qui sont très sympas.

Autant j’ai l’impression de réaliser quelque chose de super, d’aventureux avec ce stage, autant je me sens tout petit par rapport aux gens que je rencontre ici. A l’hôtel, je croise tout les jours des gens à qui il est arrivé bien d’autres choses que de marcher une heure dans le noir en brousse ou manger des riz en sauce. Pour reprendre quelques exemple : il y a actuellement à Seguere (mon hôtel) un belge qui a pris 6 mois de pause carrière pour rejoindre le Cameroun en vélo…….. Un autre belge (il n’y a que ça de toute manière ici) a faillit se faire bouffer par des hyènes en Mauritanie et celui avec qui il voyage a sa tête mise à prix en Côte-d’Ivoire. Et devinez où ils vont : faire un reportage en Côte-d’Ivoire…. Il y a beaucoup de gens qui reviennent de plusieurs mois dans un village de 90 habitants à 300 bornes de la première ville. Une autre belge qui travail ici pour le moment qui a vécu plusieurs mois dans tous les pays Afrique anglophone alors qu’elle a 25 ans. De plus, elle aime faire des safaris à pied et dormir à côté des lions en allumant un feu pour les écarter. Bref vous voyez que dans les longues discussions autour de la piscine, je me sens parfois bien petit en parlant de mon stage d’un mois dans un bureau climatisé de Bamako. Ca ne m’empêche évidement pas d’être ravi de mon expérience, ça me fait juste comprendre que j’ai encore beaucoup de choses à faire et à voir.

Le programme maintenant, si je trouve des fonds, va être consacré à profiter de mes derniers instants. Il y aune grosse fête ce week-end chez le représentant résident et j’ai invité Raquel et Alexis au resto ce week-end. Je repars lundi à Koulikoro, à 100 km au nord de Bamako, pour une autre évaluation de projet. Et mardi c’est le grand jour de la présentation de mes travaux. Une sorte de pré défenses orales du mémoire (et pas devant des profs qui connaissent à moitié le sujet……) en quelques sortes !!!

Question nourriture, j’en ai vu de toutes les couleurs cette semaine, et je pense souvent à certains amis qui auraient quelques difficultés d’adaptation à la gastronomie locale.

Je mes sens de plus en sécurité dans le quartier, tout le monde me connaît, et tous les gardiens prennent des nouvelles de ma santé tous les jours…

C’était certainement ma dernière grande tartine, nous nous retrouvons bientôt autour d’un bon barbec puisque apparemment la saison est lancée.

Bon week-end à tous,

Goral, Sébastien, Atou Mohamed,…

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